Vampire Waltz

France, XVème siècle. L’ordre de la Flamme Eternelle mène une guerre feutrée contre les vampires. La victoire appartiendra à ceux qui survivront à la Nuit...
 
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 L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]

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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Mar 20 Mar - 23:14

L’escalier en colimaçon plongeait profondément dans la carcasse de la Bastille, le soldat devant eux tenait une torche où la flamme vacillait comme si elle essayait de s’échapper de cette obscurité étouffante à l’odeur écœurante. Lysandre leva les yeux de façon amusée vers le plafond à quelques centimètres de sa tête, certains que des toiles d’araignées devaient maintenant faire partit de sa coiffure.

« Instaurons-nous une limite de taille pour les soldats qui doivent garder cet endroit ? »

Lisiard, quelques marches plus bas soupira en tournant son regard vers lui, les yeux verts du fils rencontrèrent ceux océan du paternel. Le soldat s’arrêta et les éclaira sans rien dire.

« Tu ne peux pas être sérieux quelques minutes Lysandre ? »

Un cri se fit entendre depuis les profondeurs lugubres, résonnant dans l’escalier ce qui fit sursauter le garde qui s’excusa immédiatement en reprenant sa descente sous le regard sombre de Lisiard et un sourire moqueur et discret de Lysandre.

« Avoues que cet endroit manque de joie de vivre.
- Ne t’inquiètes pas, tu auras le loisir de faire le pitre au bal de ce soir.
- Tu pourrais parler un peu mieux à ton supérieur. »

Lisiard claqua la langue et fit un signe au garde qui reprit sa descente sans rien dire sous le sourire de Lysandre. Les deux hommes à sa suite continuèrent tout aussi silencieusement avant que Lysandre ne se rappelle de quelque chose.

« J’ai fait un étrange rêve cette nuit.
- Tu m’en diras tant.
- J’étais dans un vieux manoir à l’abandon et un vampire est arrivé de nulle part. J’allais dégainer mon arme quand celui-ci m’a projeté contre une porte.
- Pauvre porte. »

Lysandre arrêta sa course en fronçant les sourcils.

« Tu t’inquiètes pour une vieille porte…
- C’était un rêve non ? »

Le sourire entouré de ride de Lisiard fit chaud au cœur de Lysandre, il continua sa descente tout en finissant son récit.

« Bref, malgré la douleur, je me relève et là, ce vampire me jette par la fenêtre.
- Pauvre fenêtre.
- Exactement.
- Et après ? »

Lysandre s’en souvenait très bien, parfaitement bien, il se rappelait que le vampire l’avait violemment mordu et l’avait transformé alors que l’archevêque était impuissant face à cette attaque. Lysandre s’était réveillé dans un sursaut avec une sensation de douleur dans la clavicule et un tremblement des mains effroyable.

« Je… je ne m’en souviens plus. »

Ils arrivèrent devant un portail, auquel se tenait un homme en armure comme gardien de l’entrée, il baissa son énorme hache et salua son compagnon d’arme ainsi que les deux hommes derrières mais de façon plus solennelle. La porte métallique s’ouvrit et ils pénétrèrent dans les cachots. Cet endroit était connu de peu de gens, seul des membres les plus influents pouvaient y pénétrer, certains hommes vouaient leurs vies uniquement à ce lieu sordide. Des bourreaux qui n’avaient comme seul travail de garder leurs prisonniers le plus longtemps en vie après les avoir torturés de façon inimaginable afin de leur faire cracher tout ce qu’ils savaient. Et parmi les prisonniers, peu pouvaient espérer voir de nouveau la lumière du jour car tout espoir était englouti par l’obscurité.

Ils furent menés jusqu’à une porte ou attendait un chasseur, il était en train d’aiguiser sa dague quand il les regarda avant de ranger son arme.

« Votre Grâce, voici le prisonnier. »

Une lourde porte en bois s’ouvrit et le soldat à la torche resta sur le pas de la porte, laissant entrer les deux hommes de hauts rangs. La salle était vide et froide à l’exception d’une chaise métallique où était attaché un homme, de bougies entreposés sur un présentoir, d’un tabouret plus loin et d’une table où était entreposés des instruments dont Lysandre n’avait aucune envie de savoir la douleur qu’ils procuraient, derrière lui se tenait un soldat avec le visage caché par une capuche qui raviva les braise dans un âtre. Les bourreaux ne montraient jamais leur visage car leur travail ne méritait aucune reconnaissance mais engendrait que de la haine et le dégoût. Lysandre laissa son père se placer devant le prisonnier tandis que lui préféra se coller au mur froid en pierre, observant les chevilles de l’homme attaché à d’épaisses chaines fixé au sol.

« Ils disent que tu veux tout nous avouer, alors parle. »

La voix était grave et sans appel, un ordre que l’on ne pouvait désobéir sans craindre le pire. Le prisonnier leva son visage et des canines sortirent de ses lèvres quand il se mit à sourire.

« Uniquement si j’ai l’assurance d’être libre après. »

Lysandre fit rouler ses yeux d’un air lassé en s’appuyant contre le mur froid et humide de la pièce, il voulait tellement que cela se termine vite. Ce n’était pas la première fois qu’un vampire disait connaître une information importante et capitale. En ce moment, beaucoup de vampire sortait l’excuse qu’ils savaient des choses sur le meurtre d’Ethelbert mais la plupart des informations étaient soit fausses, soit déjà connu de l’archevêque. Sans compter qu’ils demandaient tous d’être relâchés après, mais personne ne sortait vivant de cet endroit. Lysandre haussa la voix pour être bien entendu.

« Et tu n’auras plus aucun problème avec la Flamme éternelle, plus jamais. Belle offre n’est-ce pas ? »

Le vampire ferma les yeux quelques instants et prit une respiration avant de s’appuyer contre le dos de son siège.

« Je peux vous dire où se trouve la Famille. »

Lisiard tourna la tête vers Lysandre et celui-ci s’approcha, demandant au passage qu’on aille chercher une carte. Ils avaient entendu plusieurs rumeurs sur cette soit disant Famille, un groupe de vampire qui s‘entraidait et formait une sorte de communauté, certains affirmaient que des humains se joignaient à eux afin de devenir des vampires plus tard, un cercle vicieux de création de monstre.

« Continue. » Dit Lisiard avec un air sombre.

« Je faisais partie de cette famille depuis une soixantaine d’année.. »

Lisiard leva la main pour l’interrompre.

« Je n’ai aucune envie d’entendre ton histoire, je veux juste savoir où ils sont. »

Le vampire soupira, se disant que les humains n’avaient jamais été patients. Un soldat arriva avec une carte et le vampire montra le lieu.

« Ils se situent dans une demeure cachée par la forêt. Il y a plusieurs humains qui les aident dans les alentours, principalement ici et là. Et à cet endroit il y a une tour de guet en ruine qu’ils utilisent. »

Le père de Lysandre regarda la carte avec un air grave, il prit le papier et se leva, sortant de la salle en faisant signe à son fils qui s’avança vers la porte. Le vampire releva la tête et prit un air effrayé.

« Vous ne me libérez pas ? »
- Patience ! Souffla Lysandre avant de se tourner vers son père. Je te rejoindrais au bal.
- Ne te défile pas au dernier moment. »

Lysandre ricana avant d’hausser les épaules.

« Tu sais très bien que ce n’est pas mon genre. »

Il referma la porte et le bourreau s’approcha de lui.

« Archevêque ?
- J’ai encore quelques questions à lui poser, sois prêt à son refus de répondre. »

Le vampire recula sa tête, faisant une mine horrifié.

« Je vous ai tout dit !
- Non, pas tout n’est-ce pas ? »

Lysandre s’approcha et s’assit sur le tabouret, balayant son costume blanc pour le bal d’un air calme. Il remit son ruban rouge correctement autour de son cou. Fixant pendant quelques secondes sa main droite, gantée.

« Bien, on va y aller vite car sinon je vais encore me prendre des remarques sur ma capacité à bien m’entendre avec les gens de la cour. Tout d’abord, pour qu’elle raison tu trahirais ta chère famille ?
- Ils m’ont banni…
- Oh, et pourquoi ça ?
- Car j’avais enfreint la règle. »

Lysandre leva son sourcil, une mine curieuse se dévoilant sur son visage.

« Les monstres comme vous ont des règles ? Qu’est-ce donc ? »

Le vampire sembla s’énerver, son visage s’assombrit et il regarda l’humain devant lui avec un air mauvais, s’il avait pu à cet instant détruire le sourire de Lysandre, il l’aurait fait avec le plus grand plaisir mais il ne pouvait que répondre à cette question délicate.

« De... ne pas attaquer les humains innocents.
- Oh, je m’attendais à mieux… Bon, maintenant… »

Le bourreau se plaça à côté du vampire, tenant une barre de fer rougit par les braises.

« Je veux savoir une chose, rien qu’une alors écoute-moi bien car je déteste me répéter. Je cherche un humain qui ressemble à l’homme grognon qui est partit, il a la carrure d’un chevalier, les cheveux ébène et le regard bleuté. Il est certainement accompagné d’un vampire, une femme blonde qui dégage quelque chose de particulier, les as-tu vus ? »

Le vampire se mit à réfléchir, ses doigts se crispèrent contre le rebord et Lysandre remarqua qu’il lui manquait des ongles.

« Non, Votre... Votre Grâce, je ne les ai pas vu !
- Tu ne me mens pas j’espère ? Le fer rougi s’approcha du visage du vampire qui blêmit à vue d’œil en sentant la chaleur s’approcher de sa joue.
- La seule vampire avec quelque chose de particulier est Dame Eyrah ! »

Lysandre fit un geste de la main, il n’avait que faire des autres vampires, ils finiraient tous au bûcher ou pire. Le vampire se ressaisit, sentant que cela pourrait tourner à son avantage s’il divulguait l’information.

« Non, écoutez-moi ! Tout le monde dans la Famille sait qu’elle est spéciale ! Elle vous sera utile ! Elle peut voir l’avenir, elle a des rêves qui se réalisent ! »

Lysandre claqua de la langue, se levant d’un geste énervé et se dirigea vers la porte.

« Libérez-moi ! Vous avez dit que je n’aurais plus de problème avec vous ! »

L’homme se tourna vers le vampire, les flammes des torches se reflétant sur son visage.

« En effet, une fois que tu seras mort on ne pourra plus rien te faire. »

La porte se referma sur le cri de colère du vampire. Lysandre remarqua que le chasseur avait disparus, il avait été surement payé pour son travail et une nouvelle quête avait commencé pour lui. Lysandre dégagea une mèche de son visage avant de soupirer à l’encontre du soldat.

« Ce vampire est tellement idiot qu’il n’a même pas vu qu’on le faisait marcher. »

Le soldat se mit à sourire discrètement et emmena son maître vers les escaliers. Lysandre regarda le dos de l’homme tandis qu’ils montaient les marches.

« Que penses-tu des rêves divinatoires ?
- Je ne sais quoi penser votre Grâce, je n’en ai jamais fait. »

Lysandre se mit à rire quand la porte s’ouvrit et qu’il se retrouva dans la cave. Le soldat le regarda d’un air curieux.

« Évidemment, il faudrait que je pose la question à la fameuse Dame Eyrah. »
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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Mer 21 Mar - 0:09

La chaleur du brasier inondait mon visage et roussissait ma peau. La suie floconneuse s’écrasait sur mes joues et s’étendaient avec mes larmes, noircissant un peu plus mon visage. Je baissai les yeux sur mes mains couvertes de sang.

Le mien? Celui de quelqu’un que j’aimais? Je n’aurais pu le dire.

Les sons étaient étouffés par les ronflements infernaux des flammes. Des cris, non des hurlements, me parvenaient, diffus. Je n’arrivai pas à différencier les voix. C’était le chaos le plus confus. La grande peinture,  représentant la vingtaine de membres de la Famille, était maintenant léchée par l’incendie.

Une voix lui parvient, si proche comme si on avait murmuré dans le creux de mon oreille. Je ne réussissais pas à comprendre le sens de ses paroles, mais un frisson d’horreur me parcourut l’échine, avant qu’une vive chaleur et une douleur terrible à la nuque m’oblige à reprendre conscience.

J’ouvris les yeux en sursaut et je repris mon souffle, en nage. Mes joues me brûlaient, comme si j’avais réellement senti la chaleur des flammes.  Je savais que j’avais crié dans ma prémonition, mais j’ignorais si le son avait franchi mes lèvres. Je regardais autour de moi. Le soleil n’était pas très haut dans le ciel, mais il agressait quand même mes pupilles plus sensible qu’à l’accoutumé, dû à l’épuisement. Nous avions oublié de refermer complètement les rideaux, avant de nous recoucher. La lumière illuminait le visage endormi d’Augustine, faisait ressortir les reflets plus clairs de ses cheveux. Au moins, je ne l’avais pas réveillé avec mon agitation.

Parfois, je me demandais ce que cela faisait d’être humain…

Je me levai, ma robe de nuit me collant à la peau, sensation plutôt désagréable. Je me dirigeais vers ma fenêtre et l’entrouvrit, tout en restant dans l’ombre projeter par les épaisses teintures, laissant le vent frais me rafraichir. Je soupirais. J’avais le pressentiment que le moment que je redoutais temps serait pour bientôt. Peut-être pas le soir même, mais bientôt.

Je jetais un œil sur le cahier que j’avais taché d’encre la veille au soir. Je le laisserais tel quel. Cela ne servirait à rien de m’asseoir et de m’y morfondre en sombre pensées. Je devais plutôt convaincre ma famille de partir, au dû moins, se préparer au pire.

La brise fraiche continua d’entrer dans la pièce, malgré le fait d’avoir complètement refermé les rideaux, alors que je retirai ma chemise en lin et me nettoya le visage avec un morceau de coton et l’eau fraiche du pot à eau, posé sur la coiffeuse. Je marchais prudemment, tentant de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller la dormeuse dans mon lit, elle avait besoin de bien plus de sommeil que moi et de toute façon, je ne trouverais plus le sommeil pour un moment. Plus le temps avançait et plus cette même vision devenait réelle et des éléments plus précis semblaient s’y rajouter. J’étais inquiète, pour ne pas dire morte de peur. Mon monde allait se chambouler et j’étais impuissante, complètement impuissante et cela m’enrageais. Pourtant, tout le monde dans cette demeure connaissait l’étendu de mes dons et je ne comprenais pas pourquoi cette fois, personne ne me prenait au sérieux. C’était frustrant.

J’ouvris mon armoire et entreprit de prendre une autre chemise, une crinoline et le corsage le plus simple que je pouvais trouver, le genre qui se laçait tout seul, disons…

J’attrapais le long et épais châle couleur crème que j’avais laissé la veille sur le dosseret d’une chaise et le drapait sur ma chevelure de feu, projetant de l’ombre sur mon visage, avant de sortir et de refermer doucement la porte de ma chambre. Je m’emmitouflais dans une cape, masquant mes mains et le restant de ma peau au soleil brûlant. J’avais trop besoin d’air frais pour rester enfermé malgré la présence de l’astre solaire dans le ciel.

La demeure était silencieuse et plongée dans la pénombre, les lourdes teintures avaient été placées devant les fenêtres pour filtrer les rayons du soleil. Je sortis par la porte de derrière pour me retrouver dans une petite cour. On ne pouvait pas réellement qualifier cette étendue de jardin, puisqu’il n’était pas réellement entretenu, mais les plantes sauvages qui le composaient avaient une certaine cohésion et on pouvait apercevoir quelques sentiers qui se perdaient dans la végétation, chemins qui s’étaient formés au fil des passages et déambulations. Le ciel s’était rapidement couvert, les nuages d’un blanc floconneux m’aidant à supporter la lumière tamisée du soleil.

Je remarquai rapidement que je m’étais trompée en regardant par ma fenêtre, quelques instants plus tôt. Alors que je pensais que nous étions seulement qu’en début d’avant-midi et que je n’avais que peu dormi, c’était tout le contraire. En réalité, le soleil commençait sa course vers la nuit.
Certes, cette dernière ne surviendrait que dans plusieurs heures, mais cela restait quand même déroutant, ayant l’impression de ne pas m’être reposée du tout…

Perdue dans mes pensées, j’entendis à peine le bruit de pas qui se rapprochait et je finis par sortir de ma torpeur lorsque la voix de mon père résonna à mes oreilles :

-Eyrah, que fais-tu seule ici à cette heure?

Je me retournai en sursaut, pour apercevoir le regard intrigué et soucieux de mon paternel. Je répondis, d’une voix éteinte :

-Je ne trouve pas le sommeil, Père. Plus depuis plusieurs jours…

Il me présenta son bras à la main ganté, me faisant signe de marcher en sa compagnie. Lui aussi portait des habits des plus simples, mais un couvre-chef camouflait complètement son visage dans l’ombre. Il avait les yeux encore plus sensibles que moi…

Avec un léger sourire, il me dit :

-Je le vois bien, ma fille. Tu as une mine affreuse, on dirait… une vampire.

Je savais qu’il avait envie de rajouter autre chose et je me retiens de soupirer, tout en refrénant mon sourire. Mon père avait parfois un humour, disons-le, plus que douteux. Après quelques minutes de promenade qui nous conduisit vers le sous-bois, je brisai le silence et lui demandai :

-Et vous, Père. Que faites-vous dehors en cette fin d’après-midi?

Son visage sembla se décomposé, avant de redevenir impassible.

-J’ai longuement parlé avec ta mère ces derniers jours. L’état dans lequel tes visions te laisse ces jours-ci nous inquiètes. J’ai préféré prendre tes avertissements en considération et j’ai réussi à convaincre certains de m’aider à renforcer notre garde…

Il s’arrêta, posant son regard dans le mien, fixant mes yeux étranges avant de se détourner et de continuer :

-Mais tu sais comment certains sont. Ils y en a qui souhaitent par-dessus tout te faire mentir… Pour une fois, ils veulent te voir avoir tort. Mais ne pense pas que tes paroles sont tombées dans les oreilles d’un sourd, ma chérie. Nous sommes une dizaine qui prépare cette défense et la tour de garde est habitée, maintenant, autant durant le jour, par quelques humains sympathisant et la nuit, par nos membres. Nous avons communiquez avec les villageois environnant. Ils nous avertiront s’ils voient quelque chose…

Étrangement, je ne me sentais pas plus rassuré que je ne l’étais quelques heures auparavant. Je dirais que c’était peut-être même pire, maintenant que mes parents s’étaient fait à l’idée que nous serions attaqués.

-Tu devrais convaincre Augustine de partir, Eyrah.

Je levai les yeux en direction de ma fenêtre qu’on pouvait encore voir de là où nous étions.

-Vous l’a connaissez, Père. J’ai déjà tenté de lui parler, mais elle refuse de m’écouter. Elle est encore plus têtue que Mère, vous le savez très bien.

Son rire clair résonna dans le bois.

-Et ta mère a tout un caractère…

Il s’arrêta et me caressa tendrement la joue.

-C’est étrange comme tu lui ressembles et en même temps, pas du tout…

Je baissai les yeux et ne dis mot, savourant plutôt se moment rare avec mon paternel.

-Viens, ta mère doit être réveillée à présent. Rentrons, il se fait tard.

Nous reprîmes notre marche, retournant en direction de la demeure. Je levais les yeux vers le ciel, évitant la lumière directe du soleil, mais admirant la pureté de son bleu, toujours strié de nuages blancs qui viraient rapidement au gris. Je soupirai. Au moins, si quelque chose devait arriver dans les prochains jours, nous serions préparés…

Spoiler:
 


Dernière édition par Eyrah Du Val le Mer 21 Mar - 21:49, édité 1 fois
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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Mer 21 Mar - 14:30

Assit contre un arbre du jardin, un livre gribouillé de notes tombé sur l’herbe grasse du printemps, Lysandre semblait dormir le plus sereinement possible. Sa tête légèrement penchée sur son épaule laissait des mèches blondes glisser le long de sa mâchoire et de son cou. Sa chemise légèrement déboutonnée laissait voir une chaine en or où se balançait une croix au rythme de sa respiration calme. Seule sa main droite était gantée, cachant une blessure de tout regard indiscret.

Une ombre s’approcha doucement de l’homme qui était vulnérable à ce moment précis, la robe mauve glissa le long de l’herbe et vint se frotter au pantalon de l’homme. Louise s’accroupie en faisant attention à ne pas réveiller Lysandre, le fixant avec un air presque maternelle. Elle remarqua alors une des mèches qui venait de glisser le long de la joue de l’homme et tendit la main timidement pour l’enlever. Ses doigts glissèrent le long de la joue et elle repoussa la mèche doucement du visage calme quand elle croisa le regard émeraude. Elle cria et tomba en arrière du la surprise et sous le rire de Lysandre qui se rassit confortablement contre le tronc, fixant la jeune femme se relever et cacher ses rougeurs dans un mouvement de tête.

« Vous saviez que j’étais là, votre Grâce ! Pourquoi avoir fait semblant de dormir ?
- Je n’ai pas fait semblant de dormir, j’ai fait semblant de ne pas me réveiller.
- Il y a-t-il une différence ?
- Une nuance plutôt. Et si nous allions marcher ?
- Vous ne répondez pas à ma première question…
- J’ai un endroit à vous montrer. »

Il se releva en laissant son livre, tendit sa main vêtue de blanc vers la jeune femme qui se mit à sourire malgré l’impression de se faire avoir par le sourire d’ange de l’homme. Ils se promenèrent tranquillement dans les jardins, bras dessus bras dessous. Lysandre lui expliquait certains lieux que la jeune fille ne connaissait pas. Louise quant à elle, ne disait rien, n’osant pas demander pourquoi la disparition de Warin était passée sous silence après l’incendie ou plutôt pourquoi le frère de Lysandre était devenu un sujet tabou dans la famille Le Pieux. Les deux personnes arrivèrent dans les écuries à la plus grande surprise de Louise, elle se tourna vers Lysandre visiblement ravie de l’effet que cela avait produit sur la jeune femme. A l’intérieur, les palefreniers regardaient les deux personnes avant de se remettre au travail.

« Vous allez comprendre quand vous verrez Béatrice.
- Voir qui ? »

La curiosité piqua Louise qui se laissa diriger par l’homme. Ils s’arrêtèrent devant un box ou se trouvait une jument aussi blanche que neige. Lysandre lui tapota l’encolure en regardant la jeune femme avec un air ravie.

« Elle vous plait ?
- Elle est magnifique. »

Louise s’approcha à son tour de la jument et lui caressa délicatement le dessus du museau.

« Pourquoi Béatrice ? »

La jument bougea la tête, réclamant plus de tendresse de la part des deux individus. Louise fixa l’homme avec un air intéressé.

« Béatrice est la guide de Dante, tout comme lui, je me repose sur ma belle quand nous sur les routes. Elle a comme un sixième sens, les vampires lui font peur... appelons ça plutôt un instinct contre les monstruosités de la nature ! » Lysandre caressa la bête, lui parlant doucement.  « J’espère que tu me guideras dans la victoire dans les jours à venir.  »

« Votre Grâce..
- Oui, ma Dame ?
- Pouvons-nous aller dans un endroit plus… discret ?
- Bien entendu, ma Dame. »

Ils se retrouvèrent dans une allée de rose rouge, Lysandre marchant tranquillement, admirant la vue. Louise accrochée à son bras, avait le regard baissé, un air triste sur son visage.

« Pourquoi êtes-vous si songeuse ?
- Une question me tourmente…
- Une question dont moi seul peux apporter la réponse je présume. »

Lysandre s’arrêta de marcher, laissant la jeune femme s’assoir sur un bac de pierre blanche. Il s’assit à son tour en soupirant, étendant ses jambes de façon décontractée.

« Pour quelles raisons vouliez-vous voir mon père ? »

Lysandre pencha la tête en se mordillant la lèvre, répondant d’un air ennuyé.

« Vous êtes trop perspicace Dame Louise, vous me posez une question dont vous connaissez déjà la réponse. »

Les mains de la jeune femme serrèrent sa robe, elle détourna la tête pour ne pas croiser le regard émeraude de l’homme.

« Mon père n’est pas un soldat, il a une épée juste pour montrer son appartenance à la Flamme éternelle. En quoi serait-il utile pour votre future bataille ? »

Lysandre tendit sa main et attrapa délicatement le menton de Louise, croisant leur regard.

« Ma dame, j’ai besoin du Seigneur des Corneilles car il est le seul à pouvoir faire diversion avec les corbeaux. Cela est un avantage face aux vampires car il ne le connaisse pas. Votre père n’aura qu’un seul rôle dans cette histoire, faire croire que des oiseaux messagers vont vers un lieu opposé de notre position. Sans lui, je ne pourrais pas lancer l‘offensive. Vous me comprenez ? »

Elle hocha la tête et il sourit avant de se relever et de lui tendre la main.

« Je suis désolé mais je dois avoir une entrevue avec les archidiacres pour finir les préparatifs. Vous devriez rentrer chez vous avant que le soleil ne disparaisse. »

Louise monta dans la calèche, repassant les pans de sa robe pour enlever les froissements. Elle fixa le visage de Lysandre, son sourire avant de prendre son courage à deux mains.

« Votre Grâce, puis-je vous demander une faveur ?
- Bien entendu, ma Dame.
- Pourriez-vous me promettre que mon père retournera à ma mère, en vie ? »

Lysandre s’approcha de la jeune femme et lui prit sa main, l’embrassant délicatement.

« Je vous le promets. »

Quatre jours plus tard :

Dans le hall du manoir assombri par le mauvais temps, Lysandre faisait le cent pas pour essayer d’enlever les frissons qui parcouraient son corps. Il ne savait cependant pas si cela était dû au froid, à l’impatience ou à l’excitation. Son questionnement fut cependant interrompu quand un homme cria qu’un corbeau se dirigeait vers eux.

Lysandre fut un des premiers à sortir, suivit par quelques hommes et tous fixèrent le ciel comme un seul homme. Coupant le ciel grisâtre par ses ailes de jais, le corbeau se posa sur sa cage, se grattant l’intérieure des plumes avec son bec, accroché à sa patte, un petit tube de bois contenait ce que tous espéraient.

Voilà plusieurs heures qu’ils attendaient les nouvelles du Seigneur des Corneilles ainsi que de l’espion et Lysandre aurait certainement ordonné l’assaut le manoir s’il avait attendu encore un peu. Il regarda son Capitaine déplier le petit message et lui lire ce qu’il y avait d’écrit.

« Tout est en place, Votre grâce.
- Envoyez-lui le signal alors. »

Lysandre retourna dans la demeure, il fit signe à un servant qu’on le laisse tranquille et se dirigea vers sa chambre, songeur.

Plus loin se trouvait un village, c’était le seul lieu qui le séparait du manoir des vampires. Son plan était simple : Le Capitaine et la moitié de ses hommes traverserait le village pour que les espions des vampires signalent leur présence. D’un autre côté, le Seigneur des Corneilles enverrait des oiseaux messagers vers un lieu opposé du camp avec des messages falsifiés pour provoquer la confusion. Et l’archevêque ainsi que le reste des troupes passeraient par la forêt et attaquerait par le côté du jardin.

Lysandre se laissa tomber sur la chaise devant la cheminée allumée, fixant les flammes. Il avait réfléchit à plusieurs façons d’attaquer le manoir et d’exterminer les vampires et celle-ci lui semblait la plus apte pour utiliser tous les pions en sa possession. Dehors, il entendit le Capitaine donner des ordres aux soldats, se préparant tous pour le lendemain. Après avoir revu, analyser et cherché d’autres tactiques en cas de contretemps, Lysandre essaya tant bien que mal de dormir un temps soit peu.

A son réveil, son bain fut préparé, il se déshabilla et jeta ses vêtements sur le sol. Un valet les ramassa et prépara les vêtements pour la bataille, puis il disparut, laissant l’homme seul dans la pièce. Lysandre se laissa glisser dans l’eau chaude, la chaleur le relaxant instantanément avant d’aller combattre et il soupira de bien-être. Il plongea à moitié sa tête dans l’eau avant de passer sa main dans ses cheveux mouillés, l’eau leur donnant un aspect beaucoup plus bouclés qu’ils n’étaient d’ordinaire. Ses yeux voguant d’un élément à l’autre de la pièce jusqu’à regarder le lever du soleil par la fenêtre grande ouverte, se demandant si Warin voyait lui aussi ce spectacle magnifique de là où il était.  

Dans le hall baigné par le crépuscule, tous se préparaient, certains affutaient leurs épées, d’autre remettaient leurs armures correctement lorsque Lysandre arriva. Il se dirigea vers la porte, les chevaux attendaient leurs maîtres. Tous étaient des magnifiques hongres sauf celle en tête qui était la jument blanche de Lysandre, ce que Lysandre avait omni de dire à Louise était le fait qu’une jument sur un champ de bataille permettait d’avoir quelques avantages. Le Capitaine arriva, un casque sous son bras.

« Nous sommes prêt, Votre Grâce.
- N’oubliez pas que je veux la femme vampire du nom d’Eyrah vivante. »

Lysandre alla sur sa monture, et fut le premier à ouvrir la marche avant que les troupes se séparent comme convenu. La traversée du village devait attirer l’attention pour que les autres membres de la Flamme éternelle puissent bouger librement, le Capitaine avait carte blanche pour qu’on se souvienne de son passage. Lysandre observa certains soldats porter des torches et hocha la tête en se disant qu’il aurait peut-être du aller avec eux pour admirer le spectacle.

La route fut calme jusqu’à qu’ils arrivent dans la forêt, Lysandre caressait l’encolure de sa jument fixant les arbres d’un air attentif où seul quelques oiseaux du matin chantaient d’une voix claire. Soudain, un homme arriva vers eux, habillé comme un mendiant il venait d’un village voisin, il s’arrêta devant la troupe et baissa son genou à terre.

« Votre Grâce, les oiseaux ont été lâchés et se dirige vers la rivière et les ruines.
- Bien, rejoins le Seigneur des Corneilles discrètement et veille à sa protection.
- Entendu Votre Grâce. »

L’homme disparut aussi vite qu’il était arrivé et Lysandre fit avancer sa jument sous les bruits des autres chevaux. Il se rappela de la promesse qu’il avait faite à Louise et se mit à sourire discrètement.

Alors que le jardin du manoir était dans leurs champs de vision, la troupe le dépassa et attaquèrent en exploitant la surprise des habitants de la demeure.

Lysandre lui, continua à avancer lentement, regardant le jardin non entretenu mais qui donnait un aspect mystérieux à l’endroit, dans la demeure les cris se faisaient entendre. Tout se passait comme prévue et il en était fier, cette fierté lui brula la poitrine, lui tirant un sourire qui disparu aussi vite qu’il était apparu quand il vit un soldat s’approcher de lui. Lysandre parla d’un air sombre.

« Willgram, les as-tu vu ?
- Non, mon seigneur, aucune trace du Seigneur Warin et de la vampire.
- J’ai donc fait tout cela pour rien.. » Soupira Lysandre en contournant la demeure suivit du soldat.

La jument semblait paniquer au fur et à mesure qu’elle enjambait les corps des vampires et des soldats de la Flamme éternelle, cependant elle continua d’avancer sous les caresses de son maître qui l’encourageait. Le soldat marchant au côté de Lysandre lui résumait la situation : la plupart des vampires avaient été tués et la perte des soldats étaient peu importante, celui-ci fit un mouvement de tête pour signifier son attention mais son regard se portait vers les grandes portes centrales de la demeure. Il descendit de la jument et lui tapota l’encolure, donnant les rennes au soldat avant de se diriger vers l’intérieure de la bâtisse sous les regards vainqueurs des soldats et ceux remplis de haine des survivants. Lysandre s’arrêta à côté du Capitaine et lui parla, ne dédaignant même pas adresser un regard aux vampires.

« Le Seigneur des Corneilles ?
- Ils vont l’emmener ici, Votre Grâce. Que devons-nous faire des vampires restants et de l’humaine ? »

Lysandre fixa le Capitaine avant de répondre d’un air calme.

« Vous savez quoi faire. »

L’homme se tourna vers ses soldats, donnant des ordres.

« Préparez un bûcher, prenez tout ce qui peut servir ! »

Bientôt, le bruit que faisait les soldats en détruisant le mobilier remplit la demeure, Lysandre se rappela quelle sensation cela faisait de voir tout ce qu’on avait construit finir en fumée. Il repoussa cette pensée en faisant signe qu’il écoutait vaguement le Capitaine faire son rapport. Plusieurs maisons avaient brulées dans le village et cela avait servit de diversion parfaite, plusieurs vampires avaient d’ailleurs attaqués à cet endroit, essayant d’aider les villageois. Et d’autres c’étaient dirigés vers les oiseaux, tombant dans le piège en espérant attaquer le camp de la Flamme éternelle. Une fois finie, Lysandre s’avança dans le hall, dépassant le groupe de vampires enchainés sans poser une fois un regard sur eux. Il observa la demeure, et curieux il monta les marches en félicitant les soldats pour leur travail acharné.

Lysandre observa les pièces une par une, esquivant les hommes portant des morceaux de meubles, détruisant le mobilier avec un plaisir non dissimulé. Ses pas emmenèrent l'archevêque vers une autre chambre, quand il entra, une odeur de fleur embruma ses sens et il sourit en se dirigea dans la pièce de façon nonchalante. Son regard, amateur de lecture, se porta sur des livres qu’il feuilleta puis sur le bureau et plus précisément un carnet, Lysandre le prit et l’ouvrit, souriant en lisant les lignes. Puis il se dirigea vers une autre pièce, un autre chambre, et sans aucune honte ni discrétion, se mit à fouiller dans les documents, à la recherche d’un mot, d’une lettre, d’une missive qui avait un lien avec l’assassinat d’Ethelbert ou bien la fuite de Warin et de son amante immortelle. Il ne trouva pas ce qu’il était venu chercher mais ses mains attrapèrent un journal, les yeux émeraudes se mirent alors à lire quelques pages avant de fermer le cahier.

Il venait de faire une découverte forte intéressante.

Dans le hall, un cri aigüe se fit entendre, Lysandre qui descendait les marches fixa la seule humaine du manoir se débattre pour tenter d’échapper à son funeste destin. Les soldats qui tenaient la jeune fille la portèrent sans difficulté vers l’extérieur où un bûcher de fortune avait été installé. Le Capitaine observa le carnet que tenait l’archevêque, celui leva le petit livre à portée de vue des vampires et sourit en remarquant que la mère observa les pages reliés avec intérêt.

« Une trouvaille forte intéressante ! J’aime beaucoup votre don Dame Eyrah, mais cela nous aurons tout le temps d’en discuter. »

Son regard se porta enfin vers la vampire dont il venait de s’adresser, ses yeux émeraude rencontrèrent des pupilles ardentes dont il se sentit tout de suite hypnotisé. Son sourire s’effaça et il parla au Capitaine sans détacher son regard du jeune vampire.

« Mettez les tous dans le bûcher sauf Dame Eyrah et faîtes la observer le spectacle. »

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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Mer 21 Mar - 22:30

Je me réveillais en sursaut, le corps trempé de sueur, encore une fois. Il faisait noir dans la pièce dû aux épais rideaux qui recouvraient les fenêtres, mais un rai de lumière passait par l’interstice. Mû par un mauvais pressentiment, je me levais précipitamment et ouvrit les teintures avec force. Le ciel était encore bleu comme la nuit, mais par endroit l’horizon rose était parcouru de rouge et de noir. Je compris rapidement qu’il s’agissait d’un incendie.

Le village brûlait…

J’entendis des bruits de pas précipités et, toujours vêtu de ma robe de nuit, je m’élançais dans le couloir et la rambarde arrêta ma course. Je jetais un œil vers le bas, mais je n’avais pas un bon angle pour apercevoir le hall, deux étages plus bas. Je cherchais mes parents du regard, mais ne les vit pas. Mon ouïe, légèrement plus puissante que celle d’un humain, me permit d’entendre des murmures provenant de d’autres salles. Des voix se plaignaient des fuyards. Je soupirais, c’était inévitable que certains fuient devant la menace. Je compris, avec l’aide de leurs conversations, comment les soldats de la Flamme avait établi leurs attaques. La Famille avait été averti par un villageois qu’ils arrivaient, juste avant qu’ils ne brûlent les chaumières. Des corbeaux avaient été relâchés à l’opposé, mais ceux qui avaient été envoyés là-bas, croyant tomber sur le camp de la Flamme éternelle, n’étaient toujours pas revenus. Je priais pour que mon père ne soit pas parmi ceux-là…

Je fis volte-face lorsqu’une main se posa sur mon épaule. Malgré le visage familier d’Augustine, je n’arrivais plus à me détendre.

-C’est maintenant? Me demanda-t-elle, d’une voix chevrotante. Elle tentait de paraitre forte, mais je ne me laissais pas berner.

Je ne pris même pas la peine de lui répondre, je lui empoignais le bras avec, peut-être un peu plus de force que je ne l’aurais voulue et je me redirigeais vers ma chambre. Je fermai la porte derrière nous et continua d’entrainer mon amie jusqu’à mon armoire. Elle s’arrêta net et me dit :

-Eyrah… Et tes parents?

Je lui répondis brusquement :

-Ils sont assez vieux pour être en mesure de se défendre seuls…

Ce qui n’était pas le cas de la fragile humaine qui se trouvait à mes côtés.
La discussion que j’avais eu avec mon père datait d’il y a quatre jours déjà.

Quatre longues journées à me demander ce que je devais faire et comment je devais le faire. Un soir, alors qu’Augustine dormait, trop épuisée, j’avais eu une longue discussion avec mes parents. Le genre de conversation que je n’aurais jamais pensé avoir avec eux. Pour les vampires, je n’étais encore qu’une enfant, un nouveau-né qui n’avait rien vu du monde. Un petit qui savait à peine se servir de ses crocs. Mais cette nuit-là, ils m’avaient parlé comme si j’étais une adulte. Ma mère qui avait été humaine pas si longtemps auparavant, avait réussi à convaincre mon père que j’étais assez âgée pour pouvoir me débrouiller.

Ils m’avaient entretenu de leurs plans. Ils m’avaient dit que si jamais cela tournait mal, comme mes visions semblaient le laissez croire, que je ne devais pas tenter de les chercher. Que je devais prendre Augustine avec moi et sortir du manoir grâce aux passages. Ne pas me retourner, ne pas tenter de les aider. Je ne devais penser qu’à moi et à cette vie que j’avais voulu sauver alors que je n’étais qu’une enfant. Mon père m’avait indiqué comment me rendre jusqu’à l’un de ses contacts, dans un village plus éloigné que celui où nous nous rendions habituellement. J’aurais presque trois ou quatre jours de marche. Pour moi, ce n’était pas grand-chose, mais pour mon amie, c’était une toute autre histoire. On avait donc conclu de laisser des provisions sur le trajet que je devais emprunter. Un vampire de la Famille avait alors été appelé par mon père, et après qu’il lui ait parlé à l’oreille, ce dernier m’avait souri avant de partir à cheval. Il devrait laisser du pain, de la viande séchée et une outre d’eau dans des caches qui se trouvaient sur notre chemin. Au moins, Augustine pourrait manger. Moi, j’étais capable de me passer de sang, du moins, je l’espérais.

Cette nuit-là, je m’étais retenue de pleurer. J’avais passé un long moment dans les bras de ma mère qui avait tenté de me rassurer en chuchotant doucement à l’oreille. Leurs vies avaient été longues, et la mienne, trop courte. Je devais leurs survivre. C’était le lot des enfants. De vivre. Et celui des parents, de protéger. Si jamais ils s’en sortaient, ils m’avaient promis de revenir nous rejoindre.

Je touchais la croix en or pendu à mon cou, cadeau de ma mère. Oui, j’étais inquiète pour eux. Oui, j’aurais préféré rester à leurs côtés, mais ils m’avaient pratiquement supplié de rester en vie…

Je balançais une cape et une paire de bottes, avant d’en enfiler une à mon tour. Je ne me souciais pas du fait que nous n’étions pas tout à fait de la même taille. Nous n’avions pas le temps de retourner dans sa chambre.

Ayant terminé, je me retournai vers elle.

Ses mains tremblaient et elle avait du mal à attacher le vêtement. Je lui attrapais les mains et je tentais de la calmer en lui disant de respirer. Je terminai d’attacher la cape sur ses épaules

Au moment où j’ouvrais le passage, caché dans le mur de ma chambre, un énorme fracas nous parvient et des cris montèrent des étages inférieurs. Je me précipitai rapidement vers ma fenêtre et j’entrouvris légèrement les rideaux. Il y avait des soldats dans le jardin. Je refermai les teintures, espérant qu’ils n’avaient pas vu le mouvement.

Les yeux de mon amie s’écarquillèrent de panique. Le bruit sec d’une arbalète résonna. Je reconnaitrais ce son entre mille. C’était ma mère qui avait ressortit son ancienne arme de chasseresse. Quelle ironie.

-Viens.

J’attrapais de nouveau la main d’Augustine et l’entraina dans l’escalier étroit qui se perdait dans l’obscurité. Je refermais le passage secret derrière nous. Je pouvais facilement voir dans le noir et mon amie devait me faire confiance sur ce point. Des bruits de pas précipités et des voix d’hommes que je ne reconnus pas, semblaient se rapprocher et je remarquai soudainement le très faible interstice de lumière. Un brin de panique m’envahit.

J’avais mal refermé la porte camouflé.

Je me maudis intérieurement. Je priais pour qu’ils ne l’a trouvent pas. Mon amie sembla elle aussi s’en rendre compte et je sentis sa main serrée un peu plus fortement la mienne. On continua à descendre les marches le plus rapidement possible, tout en tentant de se faire discrètes.

-Eyrah…

C’était Augustine qui murmurait à mon oreille. Je soufflai :

-Qu’est-ce qu’il y a?

Sa voix se brisait alors qu’elle disait enfin les mots qui semblaient peser sur sa conscience depuis des jours :

-Si jamais ils nous rattrapent…

Je l’a coupai :

-Ils ne nous rattraperons pas.

Même moi, je n’arrivai pas à me convaincre. La brunette était perspicace, elle aussi, ne se laisserait pas convaincre.

-Je sais, mais si… s’ils nous rattrapent… Je t’en prie. Tues-moi.

Je me retournai pour voir son visage rouge et couvert de larmes brûlantes. Je restai là, incapable de dire un mot. Je ne pouvais que secouer la tête, en signe de négation. Je ne pouvais pas.

-Moi aussi, j’ai entendu les histoires qu’on raconte sur la Flamme Éternelle, Ey. Je sais ce qu’ils font aux vampires, mais aussi aux humains qui les accompagnent. Je ne veux pas finir sur le bûcher… Tous ces gens, ils pensent que les vampires sont dangereux et qu’ils devraient tous retourner en enfer… Pourtant, tu es la personne la plus gentille et attentionné que je connaisse… Je sais que certains vampires ne vivent que pour tuer, mais s’ils étaient tous comme vous…

Elle s’arrêta de parler, se rendant compte de ce qu’elle venait de prononcer.
Je posai mes mains sur ses joues humides et j’appuyais mon front contre le sien, je tentais de la calmer, du mieux que je pouvais.

-Ne t’en fais pas… Ils ne poseront pas la main sur toi.

J’eu soudainement une vision. Le grondement des flammes et un hurlement perçant qui tordit quelque chose dans ma poitrine. S’il n’y avait qu’une seule prémonition que je devais faire mentir, ça serait celle-là…

Nous étions presque arrivées à la fin de l’étroit couloir. Je voulais attendre qu’il n’y ait plus de bruit de l’autre côté avant d’actionner l’ouverture, pour que notre fuite soit la plus discrète possible. Il y avait tant de vampire, je priais qu’ils ne remarqueraient pas deux fuyardes…

Alors que nous allions nous tapirent dans le noir et attendre, malgré les cris et les sons de combat qui nous parvenaient étouffés, un rai de lumière vient nous aveugler, nos yeux déjà accoutumé à la noirceur.

Trois soldats, en armure noires, se trouvaient dans l’ouverture du passage. Ils nous ordonnèrent d’arrêter et de nous rendre, mais je ne les entendis pas. Je poussai Augustine pour qu’elle remonte le passage. Je pensais frénétiquement à un autre moyen de sortir du manoir, alors que nous montions les marches quatre à quatre, toujours poursuivit par les soldats.
Le jardin était impraticable, tout comme l’était probablement le chemin de devant.

Mon amie s’arrêta brusquement, alors que nous étions pratiquement rendues en haut, de retour vers ma chambre, vers notre point de départ.

Je m’arrêtais à mon tour, paniquée. Une dizaine d’hommes armés se trouvaient à l’entrée du couloir. Les autres qui nous poursuivaient arrivèrent dans notre dos. Ils nous avaient pris en souricière. J’attrapais vivement Augustine et je l’a plaquai dans mon dos, contre l’un des murs du corridor et je montrais des crocs en grondant. Je sentis la surprise de mon amie. Moi-même je m’étonnais, mais je ne pouvais m’en n’empêcher.

Ils pointèrent leurs armes sur nous, mais je m’en fichais. La seule chose qui m’importait, c’était de la protéger. Mais même pour moi, ils étaient trop nombreux. Malgré le fait que nous nous débattions, ils finirent par nous séparer de force, alors que la main d’Augustine lâchait la mienne pendant qu’elle pleurait et hurlait. De mon côté, je feulais et hurlais, tout en essayant de mordre tout ce qui se trouvait à ma porter. L’un des hommes qui avaient maitrisé mon amie s’exclama de surprise :

-Celle-ci, c’est une humaine!

Un autre lui répondit :

-Peu importe, elle brûlera comme les autres. Emmenez-les en bas.

Ils nous sortirent du passage secret et nous entrainèrent vers le hall. Ceux qui tenaient mon amie passèrent avant, entrainer une humaine était plus facile qu’une vampire folle de rage. Je me débattis avec plus de force, en hurlant de plus belle. Ma compagne s’écria, en pleurant, tout en tendant désespérément sa main libre vers moi :

-Eyrah!

Mais ils étaient trop forts pour elle et ils l’amenèrent avec les autres que je pouvais déjà voir. Ils étaient trois à tenter de me retenir et je voyais bien que je leur donnais plus de mal que ma frêle apparence le laisserait supposer. L’un d’entre eux se pencha et murmura à mon oreille :

-Eyrah, c’est bien ça? Tu as de la chance, c’est justement toi qu’on cherchait…

Je me tétanisais. Tout ce sang, cette douleur, toute cette horreur pour ça? Parce que la Flamme voulait mettre la main sur moi? Mais qu’est-ce qu’une vampire pouvait leur apport…

Je m’arrêtais soudainement de me questionner. Mon don. Mes visions, c’était ce qu’ils voulaient. Mais comment pouvaient-ils être au courant? Un doute m’assaillit. Le vampire que Père avant banni, se pouvait-il qu’il…
Non, je ne devais même pas me poser la question. C’était la seule explication possible.

On m’amena avec les autres et je pu voir mes parents. Ils étaient blessés, mais encore en vie. Augustine aussi, se trouvait déjà avec eux.

Un homme descendit de sa monture, blanche comme neige. Je n’osai pas le regarder, craignant ce que j’y verrais. J’avais rapidement compris qu’il était l’investigateur de ce raid contre ma famille. Je me retiens de gronder entre mes dents.

- Le Seigneur des Corneilles ?

- Ils vont l’emmener ici, Votre Grâce . Que devons-nous faire des vampires restants et de l’humaine ?

-Vous savez quoi faire.

- Préparez un bûcher, prenez tout ce qui peut servir !

Durant tout le temps que dura l’échange, je gardais les yeux baissés. La voix de cet homme résonnait au fond de moi. Grave, douce et un brin mielleuse. Je l’avais déjà entendu quelque part. La seule chose qui me venait à l’esprit, c’était l’une de mes visions, mais je n’étais pas certaine.

En quelques minutes à peine, les soldats de la Flamme Éternelle s’étaient mis à détruire le mobilier et le fracas du bois retentissait tout autour de nous. J’osai enfin lever les yeux vers mes parents qui se trouvaient un peu plus loin et ma mère me sourit tendrement. Son arbalète se trouvait en morceau à ses pieds. Le regard de mon père se joignit soudainement au sien. C’était un échange silencieux à trois, mais je pouvais y sentir tout l’amour qu’ils tentaient de me transmettre. Ils me demandaient de vivre.

C’était leur unique volonté et espoir.

Je vis les lèvres de ma mère bouger faiblement et ceux d’Augustine qui
tremblait entre ses sanglots. À l’expression horrifié que me lança ma mère pendant quelques secondes, je compris que mon amie venait de lui parler de la promesse que nous nous étions faites, quelques minutes auparavant.

Alors que le bûcher fut presque monté, un homme s’empara d’Augustine qui poussa un hurlement aigüe, alors qu’on l’a trainait vers l’extérieur.

-Une trouvaille forte intéressante ! J’aime beaucoup votre don Dame Eyrah, mais cela nous aurons tout le temps d’en discuter.

Il avait trouvé mon carnet, ainsi que le journal personnel de ma mère. Elle m'avait toujours formellement interdit d'y jeter un œil et je n'avais jamais osée, malgré ma curiosité.

Je sentis son regard se posé sur moi et par défi, je levais les yeux. Je savais l’effet que ma pupille carmin qui se mélangeait à mon iris bleuté faisait sur ceux qui l’apercevait pour la première fois et il était clair que cet homme était surpris.

-Mettez les tous sauf Dame Eyrah et faîtes la observer le spectacle.

Soudain, en un éclair, son visage me revient en mémoire. Oui, je l’avais déjà vu dans l’une de mes visions. Pas qu’une fois en plus. Mon étonnement devait se lire sur mon visage et je soufflai :

-Vous…

Le cri perçant de ma compagne me ramena à la réalité et je détournai le regard dans sa direction. Je remarquai qu’on me tenait un peu moins fortement, comme si les soldats derrière moi voulaient eux aussi, profiter du spectacle.

Mû par une force soudaine, je me débattis de leurs poignes et je réussis à m’en défaire. Je sentis qu’on tentait de me retenir par le bas de ma cape, mais d’un mouvement vif, je détachai la courroie et je sentis à peine l’homme s’écraser au sol, emporter par son mouvement.

Un autre soldat qui se trouvait sur mon chemin tenta de m’arrêter, mais je passai souplement sous son bras levé et j’enfonçais le coin de mon coude de toutes mes forces entre ses côtes. Le craquement qui suivit le fit hurler de douleur et il bascula sur le côté et il ne remarqua même pas que je venais de subtiliser la dague qui pendait à sa ceinture.

Le tout s’était passé si rapidement que le membre de la Flamme qui retenait mon amie ne semblait pas encore réalisé ce qui venait de se passer. Je le repoussai, comme s’il n’était pas plus lourd qu’un simple fétu de paille. Je n’avais jamais ressenti une telle puissance, mais l’adrénaline coulait à flot dans mes veines et tout autour de moi semblait bouger au ralentit. J’y voyais plus clair et j’entendais chaque son, chaque respiration, chaque battement de cœur autour de moi.

J’encerclais la taille d’Augustine. Sa respiration était fébrile, son cœur se débattait dans sa poitrine, comme s’il savait que sa fin était proche. Ses joues sentaient le sel, mais elle souriait. Elle me souffla, juste avant que je n’enfonce la dague entre ses omoplates, de façon à toucher son cœur :

-Merci.

La garde de l’arme tressauta une fois, avant que mon amie s’écroule entre mes bras. Mes jambes me lâchèrent et je terminai ma course à genoux sur le sol rocailleux. Je serai son corps chaud contre le mien et je laissai mes larmes brûlantes dévaler mon visage, alors que je hurlais ma peine. J’avais fait ce qu’elle m’avait demandé, mais c’était si pénible de l’admettre.

La voix de ma mère qu’on trainait aussi vers le bûcher me fit lever la tête. Je me sentais vidée et mon regard était brouillé, mais j’entendis tout de même ce qu’elle hurlait à l’intention de tous :

- Soyez maudit, vous et votre vision étriquée de notre monde. Vous tous et ces chasseurs qui m’ont vu naitre.

Son regard enflammé se posa sur l’homme blond qui sembla diriger la troupe. Sa voix se fit plus fielleuse. Je voyais enfin toute la profondeur du ressentiment que ma mère entretenait envers son passé.

-Vous, LePieux et les Mortegardes qui m’ont reniés pour avoir aimé… Vous finirez tous par brûlez aux Enfers avec nous.

Elle et mon père échangèrent un regard doux et tendre et sans que leurs gardiens ne puissent les en empêcher, ils baissèrent la tête.

Un bruit de verre brisé par leurs puissantes mâchoires me parvient. Mes parents, d’un mouvement presque synchronisé, rejetèrent leurs têtes vers l’arrière et avalèrent le contenu de la fiole qui pendait chacun à leur cou et qu’ils avaient tenue cachés des chasseurs de la Flamme Éternelle durant tout ce temps.

Je savais ce qu’elles contenaient. Le prêtre du village était venu la veille et les leur avaient remis. J’étais cachée à l’angle du mur et j’avais écouté leurs conversations. L’homme de foi avait remercié mes parents pour la protection qu’ils avaient apportés à leur village et il était repartit aussi rapidement qu’il était venu.

L’eau bénite que la fiole contenait accélérait et accentuait l’effet d’un violent poison, qui n’aurait jamais fait effet sur la constitution d’un vampire autrement. Cela ne prit que quelques secondes à peine et mes parents s’effondrèrent dans les bras des soldats qui ne semblaient pas comprendre ce qui venait d’arriver.

J’étais tétanisée, mais d’une certaine façon, soulagée… Les trois personnes que j’aimais le plus avaient choisi leurs façons de quitter ce monde.

La Flamme Éternelle avait perdu et nous avions gagnés, à notre manière puisqu’elle n’avait pu étendre son brasier.
Je levais les yeux vers cet homme qui avait hanté mes visions depuis des jours et je ne pus m’empêcher de lui sourire douloureusement.

Les flammes se mirent à rugir derrière moi. Un peu de suie se déposa sur mon visage. J’avais les mains recouvertes de sang et un hurlement assourdissant s’éleva derrière moi. Il provenait de l’une des vampires qu’on avait fait monter sur le bûcher.

Je laissai échapper un rire nerveux. Toutes mes visions venaient de se réaliser, encore une fois. J’avais simplement mal interpréter la dernière. Je n’avais pas réussi à les faire mentir. Je ne réussirais jamais à le faire.

Une vive douleur me donna l’impression que mon crâne allait se fendre en deux. La vision la plus intense, mais aussi la incompréhensible m'assaillit.

Je vis un homme, grand debout devant un âtre brûlant. Il semblait en colère, mais aucun son ne me parvenait, ce qui était étrange. Un grand vase, posé sur un bureau en bois, contenait une gerbe de magnifique rose blanche, leurs pétales semblant fantomatique dans lueur projetée du foyer. Dans un élan de colère qui semblait se diriger vers une personne que je ne pouvais voir, son bras s'agita et fracassa le vase, répandant l'eau et les fleurs au sol. Une gouttelette rouge alla se mélanger à l'eau. Puis une autre eet encore une autre... À la vue du liquide sanguin, ma gorge se serra et la vision cessa nette.

-Une colère, brûlante comme les braises du foyer... Les roses blanches tombant au sol... Douleur, sang...

J'avais sentis mes lèvres bouger, tentant de décrire ce que je voyais, sans pour autant que cela soit compréhensible. Tout devint noir autour de moi. La fatigue qui m’avait étreint ses derniers jours m’inondait, comme une chape de plomb.

La faim aussi, m’épuisait. Je n’avais rien avalé depuis des jours, préférant passer mon temps sur ma harpe, à me changer les idées. Je me sentis tombée vers le sol et les galets pénétrés légèrement ma chair, alors que je glissais vers l'inconscience.

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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Mer 21 Mar - 23:28

La voix douce de la jeune femme parvint à ses oreilles :

« Vous...»

Lysandre leva un sourcil, semblant attendre la fin de la phrase qui ne vint jamais. En effet, la seule humaine de la demeure semblait s’agiter de plus belle et Lysandre se tourna pour donner un ordre.

Sa voix ne fut même pas sortie de ses lèvres que la vampire était déjà vers l’entrée, brisant les côtes d’un homme qui tomba à terre dans un bruit sourd en criant de douleur. Alors que des hommes commencèrent à courir vers les deux femmes, Lysandre leva la main pour les arrêter, se demandant juste si la jeune vampire allait faire l’acte suprême. Il observa la dague s’enfoncer dans les omoplates de l’humaine et celle-ci sembla dire une dernière parole à sa seule amie.

Et si Warin faisait pareil le jour où Lysandre le retrouverait, s’il se laissait mourir dans les bras de sa belle sans que son frère ne puisse faire quelque chose ?
Si ce jour arrivait vraiment, Lysandre ne pensait pas être capable de vivre.

Les yeux émeraude fixèrent les deux femmes sur le sol, sa main droite cachée par son gant tremblait légèrement. Il serra les point et fit comme-ci cela ne l’avait aucunement touché, tout en faisant un mouvement de tête pour dégager une mèche de devant son visage.

« Capitaine, qu’attendez-vous pour mettre les autres vampires sur le bûcher ?
- Pardon, Votre Grâce. Emmenez-les ! »

Les gardes, plus aux aguets qu’auparavant, soulevèrent les vampires et les guidèrent vers le bois. Lysandre attendit que la Maîtresse de maison passe pour souffler d’un air sous-entendu.

« Ne vous inquiétez pas pour votre fille, je vais bien m’occuper d’elle… »

La femme qui n’avait montré que très peu d’expression pour rester digne, exprima dans un temps quasi infime de la peur et du regret pour son unique enfant. Elle se laissa cependant faire alors que Lysandre les suivait, un sourire discret sur les lèvres.

« Soyez maudit, vous et votre vision étriquée de notre monde. Vous tous et ces chasseurs qui m’ont vu naitre. »

Alors que les soldats l’attachaient sur le support, elle tourna son regard acide et plein de rage vers le Grand Prêtre qui la regarda sans sourciller.

« Vous, Le Pieux et les Mortegardes qui m’ont reniés pour avoir aimé… Vous finirez tous par brûlez aux Enfers avec nous. »

Ce fut à ce moment que Lysandre vit un objet brillant dans le cou de la femme, il reconnut cela comme une sorte de fiole mais ne dit rien par manque d’envie de détruire le tableau si dramatique. Ce n’était pas la première fois que des vampires se suicidaient afin d’échapper au bûcher. Regardant les deux amants mettre fin à leurs jours tout en soupirant de lassitude, cela lui semblait tellement pathétique qu’il se mit à regarder la seule vampire restante de la Famille. Le Capitaine à côté de lui jura sur ses hommes car ceux-ci n’avaient pas correctement fouillés les coupables.

Le regard d’Eyrah croisa celui de Lysandre et il observa le sourire narquois qu’elle luit fit. Il eut l’impression de voir une gamine, une enfant immature et il alla parler pour couper court au rire de la femme mais celle-ci se mit à se cambrer de douleur. Le Capitaine dégaina son arme et alla attaquer mais Lysandre le stoppa net, essayant de comprendre la situation tandis que les lèvres rosées de la jeune fille bougèrent en ne prononçant que des simples mots sans aucun lien. Lysandre se mordit les lèvres, essayant de faire abstraction des cris de douleurs des autres vampires brûlant vifs pour se concentrer sur la voix de la jeune femme.

« Une colère, brûlante comme les braises du foyer... Les roses blanches tombant au sol... Douleur, sang...»

Eyrah s’évanouit d’un seul coup et Lysandre la fixa sans bouger, le Capitaine fit le même comportement avant de voir des chevaux aux loin.

« Seigneur Lysandre, le Seigneur des Corneilles !
- Vas voir, je ne bouge pas. »

L’homme partit avec deux soldats vers les nouveaux arrivants. Quand le Capitaine revint, une expression de crainte se refléta sur son visage ce qui inquiéta Le Pieux.

« Archevêque, le Seigneur des Corneilles est…mort… »

Lysandre fronça des sourcils et se mordit la lèvre avant de regarder les flammes.

« Les vampires ?
- Oui, il semblerait qu’ils aient trouvés la cachette peu de temps après l’attaque et ils l’ont égorgés…
- Que des mauvaises nouvelles… »

Lysandre dégaina son arme et le Capitaine recula d’un pas, regardant la pointe de l’épée se posa vers la gorge sans défense de la jeune femme évanouie, la lame reflétant les flammes brûlant les derniers survivants de ce massacre.

« Votre Grâce ?
- Je m’attendais à mieux, je ne comprends rien à ce charabia de démon. Elle ne me sera jamais utile si ses visions sont toutes comme cela… Je hais tellement les vampires, je pensais que cette gamine serait un pion parfait pour tous les vaincre mais voilà qu’elle me déçoit déjà comme vous tous… Tu m’as aussi déçu, Edward… Je t’ai dis que le Seigneur des Corneilles devait rester en vie. »

La voix de Lysandre, malgré l’intonation calme semblait tellement menaçante que le Capitaine recula discrètement.

« Je prendrais toutes les responsabilités pour les erreurs des soldats, Votre Grâce. »

Lysandre baissa son arme et tourna son regard vers le Capitaine, une goutte de sueur coula sur le front de celui-ci.

« Je sais Edward, je sais…
- Je suis sincèrement désolé votre Grâce... »

Le Pieu rengaina son arme et tapota l’épaule du Capitaine d’un air calme.

« Mettez-la dans un charriot. Et quand ce sera le moment, rapporte la dépouille du Seigneur des Corneilles à sa famille en personne et explique leur ce qu’il s’est passé.
- Oui, mon Seigneur. »

Les soldats prirent le vampire et l’emmenèrent loin de Lysandre qui fixa le ciel d’un air calme. Il ferma les yeux et apprécia le souffle léger du vent accompagné de cendres. Les cris étaient toujours présents mais il ne s’en souciait pas ou plutôt, il avait pris l’habitude de voir des gens souffrir.

~*~


Lysandre se releva en sursaut, la transpiration collant ses cheveux sur son front, ses yeux essayant de s’habituer à l’obscurité de la chambre. Il tenta de récupérer une respiration calme alors que ses mains étaient toujours agrippées fermement dans les draps, ses doigts se détachèrent doucement des tissus et il passa une main dans ses cheveux en se calmant lentement.

Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas rêvé de son enfance, Lysandre ne savait même pas s’il pouvait appeler ça un rêve vu dans l’état cela le mettait. C’était toujours la même scène, celle où il se sentait heureux, lisant un livre puis les lettres se déformaient comme si elles redevenaient encres liquides et glissaient le long du livre et des mains de l’enfant. Devant lui, la cheminée devenait de plus en plus grande, semblant s’ouvrir droit sur l’enfer et Elle… elle sortait des flammes, tendant ses mains noircies par le feu en sa direction. Il ne pouvait pas s’échapper, pouvant juste regarder les mains se transformant en griffes et le lacérer comme des lames chauffées à blancs jusqu’à qu’il sente ses os, sa chair et sa peau fondre.

Et à ce moment-là, il n’y avait plus d’Archevêque ou de Flamme éternelle.
Juste un peureux qui se rendait compte qu’il finirait en enfer quoi qu’il arrive.

Lysandre se leva enfin et alluma une bougie, tentant avec peine de tenir debout et de reprendre complètement ses esprits. Sa main droite tremblait et ses jambes lui semblaient lourdes et paralysées. Il s’approcha de la soucoupe rempli d’eau à quelques pas et se rinça le visage, se regardant dans le miroir poli avant de grimacer.

« On dirait un fantôme »
pensa-t-il avant de s’habiller légèrement.

Il marcha dans le couloir éclairé par la lune se reflétant sur les fenêtres, ses pieds nus se crispèrent à chaque pas sur le sol gelé. Ils étaient revenus dans la demeure familiale afin de se reposer pendant son voyage du retour à Notre Dame. Lysandre n’avait même pas vu son père mais il savait où celui-ci pouvait se trouvait à cette heure-ci. Il se dirigea vers le bureau, connaissant les lieux même sans lumière.

Lysandre tapota doucement la porte et entendit un grognement, il soupira et entra dans la pièce, plissant les yeux sous la lumière agressive de la cheminée et des bougies dispersées de partout. Lisiard quand à lui leva enfin son nez de ses parchemins, fronçant les sourcils en regardant son héritier.

« Que fais-tu à cette heure-ci dans les couloirs ?
- Bonsoir ! Et c’est moi qui devrais te dire ça. Quand dors-tu, père ?
- Jamais à cause de toi, je voulais te parler justement. »

Lisiard grommela quelque chose d’inaudible et fit signe à son fils de s’assoir sur un des sièges devant la cheminée. Lysandre se laissa tomber, réajustant sa simple chemise et son pantalon en toile qu’il avait rapidement enfilés avant de remarquer une table ou trônait un bouquet de roses blanches. Il fixa les fleurs avant de se tourner vers son père qui venait de s’installer en face de lui et qui croisait les mains d’un air détendu.

« Pourquoi avoir ramené cette vampire ? Qui est-elle ? »

Lysandre soupira et posa ses mains sur les accoudoirs, penchant la tête légèrement en arrière.

« Elle est l’unique héritière de la Famille, ils ont tous péris. Et elle peut voir… l’avenir en quelque sorte.
- Lysandre… »

Son père se pinça l’arête du nez, exprima sa lassitude. Lysandre se redressa, plongeant son regard dans celui océan, laissant sortir un petit rire.

« Je savais que tu allais réagir comme ça.
- Tu y crois vraiment en plus ? Tu es Archevêque, un peu de sérieux !
- Je pense qu’on peut juste essayer pour voir si elle peut… »

Lisiard se leva, fronçant des sourcils et exprimant un début de colère.

« Quoi ? Retrouver ton frère ? Tu sais très bien qu’il a disparu ! Tu ne le reverras jamais ! »

Lysandre se mordit la lèvre, fixant les flammes, essayant de garder son calme.

« Si tu essayais juste de comprendre…
- Il n’y a rien à comprendre Lys, tu cherche un fantôme !
- Mon frère n’est pas mort…
- Tu devrais le considérer comme tel pourtant ! »

Le plus jeune se leva à son tour, parlant plus fort qu’il le pensait.

« C’est ce que tu fais ?! Tu te dis qu’il est mort ?!
- Il est parti avec un vampire ! Il ne peut pas revenir !
- Warin ne serait jamais parti si tu l’avais pardonné !
- Lysandre ! Tu n’as aucun droit de m’accuser !
- Si tu l’avais écouté quand il te disait que Mina était un monstre, il… »

Le coup partit, Lisiard sous la colère avait donné un violent mouvement de main vers le vase en porcelaine. Les conséquences furent instantanées, le vase se brisa et l’eau se déversa sur le bureau, faisant s’écraser les roses blanches dans un bruit discret. La main en sang, Lisiard fixait ses papiers et ses livres prendre l’eau sans rien dire. Un silence s’installa et le père soupira, sortant un mouchoir de sa poche pour se l’appuyer sur la plaie, regrettant son geste.

« Lysandre…
- Non, ne dis rien… C’est ma faute. »

Lysandre fit le tour du bureau et attrapa le mouchoir, l’attachant correctement sur la main meurtrie. Lisiard alla parler mais le regard de Lysandre croisa le sien.

« Elle l’avait vue.
- Quoi ?
- Le vampire, elle a dit quelque chose avant de s’évanouir… quelque chose comme une dispute en pleine nuit… les fleurs et du sang. »

Lisiard soupira et se gratta le menton.

« Tu es d’un têtu…
- Il faudrait juste que tu l’as voie.
- Et s’il s’avère vrai... Qu’elle ait des visions… des prémonitions ? Tu crois qu’on pourrait l’utiliser pour la Flamme.
- Ça peut-être faisable… Si on comprend comment ça marche. »

Lisiard continua à réfléchir et retourna dans son siège, se massant le front.

« Bien Archevêque, il faut qu’elle séjourne dans un endroit sans attirer l’attention pour l’instant, la demeure ou tu es allé pour l’attaque par exemple. Tu penses pouvoir trouver une excuse pour y séjourner pendant quelques jours.
- Ça va être faisable.
- Si elle est inutile, tues-la. Pas de risque, tu m’entends ? »

Lysandre hocha la tête et commença à s’avancer vers la porte.

« Lysandre.
- Oui, Père ?
- Si elle a une information sur Warin, fais-le-moi savoir.
- Bien Père. »

Lysandre referma la porte, se retrouvant de nouveau dans le couloir. La lune fut cachée par quelques nuages qui masquèrent le visage de tristesse de l’homme. Quand la lune éclaira de nouveau l’endroit. Lysandre marchait calmement. Il devait se reposer pour faire la route le lendemain.
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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Jeu 22 Mar - 0:29

Des flammes qui rugissaient. L’odeur du sang qui imprégnait tout.
L’amertume de la cendre. Et les hurlements incompréhensibles qui me vrillaient les tympans. Des images étranges se mélangeaient dans mon esprit. Je savais qu’il ne s’agissait pas de visions, ce n’était que des réminiscences des derniers événements. Ma tête était lourde et j’avais le cœur au bord des lèvres.

J’allais replonger dans l’obscurité et l’oubli rassurant de l’inconscience, mais une gerbe d’eau glaciale me percuta de plein fouet. Mon cri de stupeur se figea dans ma poitrine, comme s’il y avait gelé. Mes cheveux dégoulinaient autour de mon visage et ma chemise de nuit collait à mon corps frigorifié.
Le clapotis des gouttelettes résonnaient en écho dans la pièce. Ainsi que le rire d’une personne, d’un homme.

Je tentais d’ouvrir les yeux, mais je restai tout de même dans l’obscurité.
Ne comprenant pas ce qui m’arrivait, je tentais de bouger la tête et un tissu rêche me gratta les joues. On m’avait bandé les yeux. Je sentais la panique m’envahir. Les muscles de mes bras étaient engourdis, à force d’être retenu vers l’arrière par les liens qui ceinturaient mes poignets.

L’homme, a qui appartenait le rire qui avait résonné un peu plus tôt, commença à me parler, presque doucement :

-Tu dois te demander où tu es, n’est-ce pas, vampire?

Il ne semblait pas attendre de réponse, avant de continuer :

-Tu es entre les mains de la Flamme Eternelle et c’est tout ce que tu as besoin de savoir…

-Qui êtes-vous?

Ma voix était faible. Il répondit simplement :

- Je suis ton bourreau.

Le dernier mot roulait presque amoureusement dans sa bouche. Mon estomac se tordit de frayeur. Un bourreau. Avais-je donc vécu toute cette horreur pour être exécuter par la suite.
Sa voix s’éleva à nouveau :

-Tu sembles inquiète… Ne t’en fais pas, je serais exceptionnellement gentil avec toi. Tes nouveaux maîtres ne veulent pas que je t’abîme. Trop.
Je sentis un doigt rugueux passer sur ma joue.

-Je dois l’admettre, tu as un très joli minois.

Alors que mes yeux étaient aveugles, mes autres sens tentaient de prendre la relève. J’entendis le bourreau s’éloigner de moi. Il provoquait des bruits étranges dans mon dos. J’ignorais ce qu’il manipulait, mais des frissons parcouraient ma peau. Mes mains tremblaient et suaient.

Il revient dans ma direction. Je sentis quelque chose de brûlant goutté sur la peau nue de mon épaule, ma chemise étant retombée sur le côté. Je me mordis la lèvre pour m’empêcher de crier. Un bouillonnement faible me parvient et l’odeur agressa soudainement mon nez sensible.

De l’eau bénite.

Je tentais de m’éloigner des gouttes brûlantes qui continuaient de tomber sur mon épaule, mais mes liens me retenaient fermement sur la chaise en bois dur. Après une trentaine de gouttes, un gémissement de douleur franchit finalement mes lèvres.

Il semblait qu’il n’attendait que cela. Il s’approcha de mon oreille et dit :

-Et si nous commencions?

Le sceau d’eau glacé me réveilla. En réalité, je ne dormais pas réellement.
Dès que j’étais sur le point de sombrer dans le sommeil, le bourreau me balançait une rasade glaciale.

Depuis combien de temps j’étais là?

Des jours, des semaines? Je l’ignorais. J’avais complètement perdu le fil des événements.

Quelques temps auparavant, j’avais goutté à la morsure du fouet. Après seulement trois coups, je m’étais évanouie. Mon corps affaiblit et sous-nourri n’avait pas résisté très longtemps, au grand désarroi de mon bourreau. Il avait par la suite relevé ma tête et tenté de me faire avaler du sang de porc. Il était épais et avait un goût de boue dans ma bouche. J’avais le cœur au bord des lèvres. À peine quelques minutes plus tard, j’avais vomi le tout. Je n’y arrivais pas.

À ce moment, j’avais presque crû mourir. Je n’étais pas assise sur la chaise, mais suspendue au plafond par les poignets. Mon dos me brûlait et je sentais mon sang chaud qui coulait le long de mes cuisses, avant de goutter au sol. Le son qu’il provoquait était en train de me rendre folle. Peu de temps après, c’était du sang frais, humain, qui avait coulé dans ma gorge.

Où mon bourreau se l’était procuré? Je devais l’avouer, en ce moment-là, je m’en étais contrefiché. J’avais avidement bu le sang. J’avais soupiré de délice au moment où les blessures de mon dos commencèrent à cicatriser.

Si j’avais de la chance, il ne me resterait aucune marque ou peut-être, que de fine ligne blanchâtre.

Mais ces événements semblaient dater d’une éternité déjà et mon ventre criait à nouveau famine.

Parfois, le bourreau s’asseyait tout près et me brossais doucement les cheveux, avant de les natter, tout en me racontant dans les moindres détails, les tortures qu’il aimait infliger aux autres vampires qu’il avait retenu captif. J’avais, à un moment, dit qu’il avait dû avoir des enfants, ou du moins, une femme, pour être capable de coiffer des cheveux de cette façon. Il m’avait répondu que oui, une jolie petite fillette. Morte, tuée par des vampires. Il avait ensuite enchainé sur comment il aimait leur arracher un ongle, et puis deux, pour ensuite attendre qu’ils guérissent et recommencer le tout.

Le son de sa voix était maintenant gravé dans ma mémoire…

J’étais de nouveau assisse sur cette chaise, diablement inconfortable. J’entendais le bourreau tourner quelque chose dans le feu qui flambait dans mon dos. Il me dit, de cette voix doucereuse qui me faisait frissonner :

-Tu pars aujourd’hui, ma mignonne. Quel dommage, on s’amusait bien, tu ne trouves pas?

Je l’entendis sortir une longue tige métallique des braises et une sueur froide me parcourut. Il s’approcha de moi et repoussa ma chevelure tressée. L’une de ses mains se mit à tenir fermement ma tête. Une chaleur s’approcha de ma nuque et je fus comme tétanisée.

La brûlure fut insupportable et je hurlai. Un jet d’eau bénite fit bouillonner ma peau endommagée par l’argent chauffé à blanc. La douleur était atroce. Je compris rapidement l’utilité de l’eau sainte. Ce marquage ne quitterait jamais ma nuque…

J’avais à peine réagit lorsque des Sœurs étaient venue s’occuper de moi. Elles m’avaient lavée et changée. Les yeux toujours bandés, j’avais docilement suivit les soldats qui m’avait reconduit vers l’extérieur.
J’inspirais l’air frais de la nuit à pleins poumons. Quelle différence après l’air humide et vicié du sous-sol.

J’avais l’impression d’être déconnecté de mon corps et de suivre simplement ce qu’on m’ordonnait, comme une marionnette.

On m’avait retiré mon bandeau et je me retrouvais maintenant seule dans une pièce joliment décorée, mais simple. Je n’avais qu’une idée en tête. Que le lit semblait terriblement attirant. Ne prenant même pas la peine d’ouvrir les couvertures, je m’y couchai en boule et je m’endormis.

Spoiler:
 
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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Jeu 22 Mar - 14:30

Ils arrivèrent dans la demeure à la nuit tombée, Lysandre avait choisi cet endroit à la demande de son père car il était un peu éloigné de la capital mais il pouvait facilement rejoindre en une journée de cheval en cas de problème. Il posa pied à terre, caressant l’encolure de Béatrice avant de laisser un palefrenier s’en charger. Il y avait peu de servants, une dizaine grand maximum et ils étaient les personnes les plus dignes de confiances que le majordome de la famille avait choisit. Des servants, cuisiniers et autres qui étaient gracieusement payés et par conséquent, ne parleraient jamais des événements qui risquaient de se dérouler dans le manoir. L’homme s’approcha du chariot qui l’avait suivit, donnant quelques ordres aux deux soldats avant de partir vers la demeure, réclamant un bain et un dîner.

Pendant que ses couverts coupaient la viande tendre de biche, Lysandre écoutait vaguement ce que disait une servante. Seul le fait de savoir que la jeune femme immortelle dormait dès à présent dans sa chambre lui suffisait. La pièce était gardée par deux gardes et des barreaux empêchaient toutes tentatives de fuite vers l’extérieur. Les yeux émeraude se posèrent sur une missive tandis qu’on lui servit du vin et qu’on le débarrassait des plats. Les nouvelles étaient de son Père qui l’informait de quelques détails et banalités sans conséquences. Il voulu poser le papier mais remarqua une petite note à la fin de la page, une phrase toute simple qui fit naître un froncement de sourcil énervé sur le visage de Lysandre.
J’ai donné ta position à Dame Louise, laisse la séjourner quelques jours avec toi.

Lysandre froissa la lettre en boule et la jeta dans le feu sous un monologue de parjure incompréhensible pour les servants présent à ce moment-là mais qui aurait fait blêmir les archidiacres. Afin de se dégourdir les jambes et d’oublier la nouvelle fort peu réjouissante, il fit un tour de la demeure sous la pleine lune avant d’aller dormir. Il s’aventura dans les jardins, observant les fleurs sauvages avant de se diriger vers les bords de la demeure, cherchant à voir si l’endroit pourrait être facilement attaqué ou non car Lysandre pensait que certains membres de la Famille avait survécu et étaient peut-être à la recherche de la jeune femme.

Il s’assit enfin sur le rebord d’un puits, appréciant le silence de la nuit ou il n’y avait que lui et une chouette pour signaler leurs présences. Lysandre sortit alors le petit carnet qui appartenait à sa prisonnière, tournant les pages sans toutefois réussir à lire à cause de l’obscurité, il tourna les pages jusqu’à tomber sur la dernière écrite où une tâche d’encre cachait la fin du récit. Depuis qu’il avait le carnet en sa possession ainsi que l’autre journal, Lysandre les avait lu un bon nombre de fois, essayant de trouver des détails sur d’autres groupes de non-vivants mais rien pour celui d’Eyrah, seulement les récits d’une jeune femme qui avaient des rêves devenant réalités. Il se mit à bailler et ferma le bouquin, soufflant dans le silence de la nuit une vieille valse qu’il avait entendu pendant un bal…

~*~

« Votre Grâce… »

Un rayon de lumière vint brusquement éclairer le visage de l’homme qui poussa un soupire en regardant la servante. Celle-ci lui fit un sourire des plus adorables et lui mit les vêtements de la journée sur le lit avant de partir aussi discrètement qu’elle était venue.

Lysandre s’habilla doucement, essayant de réveiller tout ses sens sans succès. Une fois dans son costume bleu, il sortit de sa chambre et tomba nez à nez avec un vieux majordome. Le plus ancien ajusta le nœud du ruban de Lysandre avant qu’ils se dirigent tout deux dans le salon.

« Dame Eyrah ?
- Elle dort toujours, Votre Grâce.
- Bien.
- Dame Louise doit arriver aujourd’hui, dois-je préparer une chambre ? »

Lysandre s’assit et but un verre de vin avant de faire un geste nonchalant.

« Non…
- Bien, autre chose ?
- Ne laisse plus les servantes entrer dans ma chambre.
- Cela ne se reproduira plus, Votre Grâce. »

Lysandre mangea le minimum et après avoir lus quelques missives et répondu à certaines d’entre elles, il se dirigea vers la chambre de sa fameuse prisonnière. Il salua les deux gardes et leurs fit signes de prendre congé le temps qu’il s’entretienne avec Eyrah. Une fois les deux hommes partis, il attendit un peu, réfléchissant à quelques choses et ouvrit doucement la porte avant de la refermer tout aussi silencieusement.

Il pénétra dans la pièce assombris par les rideaux de velours, seul un léger trait de lumière coupait la pièce et se terminait vers le visage de la jeune femme qui dormait toujours à poing fermé, du moins, son visage paisible le laissait penser. Lysandre s’approcha doucement vers le lit, marchant sur les draps qui étaient tombés à terre quand la jeune femme avait du se tourner. Il s’assit sur le bord du lit, approchant sa main gantée vers les cheveux de feu sans faire attention s’il réveillait ou non la personne. Les doigts glissèrent dans la chevelure et il plissa les yeux, affichant un air triste sur le visage.

« Pourquoi, vous qui êtes des créatures du démon, devez être aussi beau que des anges ? »

Ses doigts enveloppés par le gant glissèrent vers le visage, glissant le long des os de la mâchoire jusqu’à s’approcher des lèvres du vampire où il enleva quelques mèches pour mieux regarder le visage.

« C’est donc à quelqu’un comme toi qu’il s’est épris… »

Un bruit de calèche se fit entendre et il se releva et s’approcha des rideaux, tirant juste un peu les tissus pour voir Louise descendre de la voiture. Lysandre referma le peu de rideau ouvert en soupirant et tourna le regard sur la forme toujours allongée dans le lit. Il aurait voulu faire tellement de chose mais la situation était contre lui, il maudit la nouvelle arrivante et sortit de la chambre sans même parler. Il referma la porte derrière-lui et fit signe aux gardes de surveiller la chambre.

« Si elle se réveille et qu’elle est prêtre, emmenez-la dans la bibliothèque.
- Oui, Votre Grâce. » dit un des soldats.

Lysandre se retourna vers les deux hommes, montrant un visage étrange.

« Soyez toujours prêt à vous battre.
- Entendu, Archevêque. » Dit l’autre soldat en inclinant la tête.

Lysandre hocha la tête et partit dans le couloir, essayant de faire bonne figure.

« Votre Grâce ! » Dit le Majordome en s’approchant. « Dame Louise a décidé de vous attendre dans la bibliothèque. »

Lysandre soupira excessivement en se massant le crâne.

« Pourquoi les femmes me gênent toujours ? »

Le vieil homme se mit à sourire dans sa barbe.

« Et bien, sans elles, le monde serait beaucoup plus morne.
- Sans doute… Mais surtout plus paisible… »

Il traversa le manoir en réfléchissant de façon à ce que Louise parte le plus vite possible, Lysandre ne comprenait toujours pas pourquoi son père l’avait envoyé ici mais lui ne voulait pas que la jeune femme innocente s’implique dans cette histoire et encore moins qu’elle voit Eyrah et qu’elle se fasse des idées.

Il poussa la porte de la salle et écarquilla les yeux devant le tableau face à lui auquel il était très peu habitué. Louise était toute de noir vêtue, sa robe assez longue se mêlait à son voile qu’elle portait sur le visage et qui cachait ses yeux si expressifs. Ses mains gantées de dentelles tout aussi sombres tenaient son médaillon en or. Elle tourna son visage vers l’homme qui venait de rentrer. Lysandre fit un pas en avant, regardant la jeune femme visiblement au bord des larmes, installée dans un siège près de la fenêtre.

« Votre Grâce, j’espère que je ne vous dérange pas… »

Lysandre esquissa un sourire et s’approcha de la jeune femme, attrapant la main délicate de la femme pour l’embrasser comme ferait un chevalier à sa reine.

« Vous ne me dérangez jamais, Dame Louise. »

La jeune femme pencha la tête, son visage cachée par le voile ne laissait rien paraitre mais Lysandre imaginait très bien les joues et les yeux rougies de la demoiselle. Il s’assit sur un siège en face d’elle. Servant des verres de vin qu’elle refusa, il but une gorgée et parla d’une voix douce et mielleuse.

« Je suis navré de ne pas être venu vous voir et assister aux événements mais je devais partir pour une mission.
- Je comprends… La Flamme éternelle a besoin de son Archevêque. »

Lysandre plissa les yeux, observant la jeune femme qui lui semblait infiniment distante envers lui. Il se rappela des derniers évènements et se mordit la lèvre d’un air ennuyé.

« Vous m’en voulez, Dame Louise ? »

La jeune femme leva son visage vers lui, la question avait du la surprendre.

« Pardon ?
- Je n’ai pas tenue la seule promesse que je vous ai faite. Pour cela, je… »
- Lysandre, ne vous en voulez pas ! » Coupa soudainement Louise.

Lysandre écarquilla les yeux et observa la jeune femme, ses mains gantées de noires serraient les plis de la robe.

« Oh… » L’homme sourit et se caressa le menton finement rasé.

« Je ne m’attendais pas du tout à ce que vous m’appeliez sans titre honorifique.
- Je suis désolé d’avoir été malpoli, Votre Grâce.
- Ne vous excusez pas… C’était… plaisant. Nous nous connaissons depuis quelques temps déjà, bien avant que je devienne le dirigeant de la Flamme éternelle. »

Le visage de la jeune femme se releva et l’homme sentait les deux yeux chocolat le fixer. Lysandre se dit qu’il ne savait vraiment pas parler avec les femmes, et encore moins les jeunes filles endeuillées dont il avait promis de protéger le père, il se leva pour se servir un autre verre, admirant en même temps la vue que lui offrait la grande fenêtre.

« Votre Grâce ?
- Oui, Dame Louise.
- Mon père… son… sacrifice a-t-il était… bénéfique ?
- Votre père a permis la victoire de mes troupes, il est un héros pour la Flamme éternelle et restera dans la mémoire de tous les soldats qui ont participés à cette bataille. »

Lysandre baissa les yeux vers la table, observant la coupe de vin quand il entendit les froissements du tissu. Quand il se tourna, Louise était devant lui, le voile enlevé de son visage laissait voir la peau délicate de la jeune femme, ses pommettes rougies par les larmes pendant des jours et ses yeux brillants de tristesse. Ses lèvres rouges, entre-ouvertes laissèrent échapper un seul mot.

« Merci… »

Lysandre tendit sa main droite et la posa sur le visage de la jeune femme, caressant la joue avec son gant.

« Louise… »

Il se pencha doucement vers les lèvres tandis que Louise fermait les yeux d’où perlaient deux larmes. Les lèvres de Lysandre allèrent caresser celle de la jeune femme quand on tapa à la porte, ce qui fit sursauter les deux personnes.

Louise rougit en reculant vers sa place initiale tandis que Lysandre attrapa son verre et parla d’une voix rauque.

« Entrez. »
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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Ven 23 Mar - 7:31

Pour la première fois depuis des jours, je me sentais bien. Je sentais la chaleur du soleil sur mon visage, mais je n’osai pas bouger malgré l’inconfort. Le matelas de plume était si confortable après la dureté du bois que j’avais enduré pendant je ne sais plus trop combien de temps.

J’étais encore prise dans les limbes de ce sommeil réparateur, lorsque j’entendis la porte s’ouvrir. Malgré tous mes efforts, je ne réussis pas à me réveiller complètement. Je gardais donc les yeux fermés, vacillant à la frontière entre l’éveil et le sommeil.

Je sentis à peine la main recouverte de lin qui passa dans mes cheveux.

« Pourquoi, vous qui êtes des créatures du démon, devez être aussi beau que des anges ? »

La voix était douce et mélancolique. Elle semblait provenir de si loin. La main ganté descendit le long de mon visage et repoussa quelques mèches qui s’y étaient collés.

« C’est donc de quelqu’un comme toi qu’il s’est épris… »


De quoi parlait-il? J’étais à nouveau sur le point de glissé dans un sommeil sans rêves. Mais un bruit de sabots et le cri d’un cocher me réveilla complètement. Je restai sans bouger, sachant que je n’étais toujours pas seule dans la pièce et j’attendis patiemment. La porte se referma enfin et j’ouvris les paupières. Les rideaux avaient été tirés, plongeant la pièce dans la pénombre. Je me levai du lit, encore raide d’avoir si peu bougée. Mon regard balaya la pièce où je me trouvais, je n’avais pas vraiment prêté attention à mon environnement lorsqu’on m’y avait conduit.

Je remarquai rapidement les barreaux aux fenêtres et ma mâchoire se serra. Certes, je n’étais plus retenue à une chaise par des liens rugueux, mais je restais toujours prisonnière.

Le haut lit en baldaquin, aux teintures couleurs crème, occupait une bonne partie de l’espace. Des bougies éteintes étaient posés sur un meuble au pied du lit. Les poutres du plafond étaient basses, mais délicatement gravées. Dans un coin se trouvait une coiffeuse surmonté d’un haut miroir. Je m’en approchais

Des robes étaient posées sur le dosseret du siège rembourré. Je caressai le velours de la première, lorsqu’on frappa doucement à la porte. Je me retournai, surprise, pour voir une servante entrée, une cruche d’eau à la main.

Elle resta figée quelques secondes dans le cadre de porte, probablement étonnée de me voir debout, avant que la porte qui se referme dans son dos ne l’a sorte de sa stupeur. D’un pas rapide, elle déposa la cruche sur la table de chevet, avant de se tourner dans ma direction. La pauvre fuyait mon regard, comme si elle craignait que je ne lui saute dessus pour la dévorer.

Pour détendre l’atmosphère tendue, je lui demandai d’une voix douce :

-Comment t’appelles-tu?

Elle osa enfin lever les yeux vers moi, mais elle eut un réflexe de recul en apercevant mes iris particulier. Semblant se rendre compte qu’elle avait été impolie, elle fit une révérence et répondit :

-Marie, ma Dame.

Un nom commun. Je claquais ma langue contre mon palais, provoquant un
léger bruit sec. Je marmonnais :

-Je suis loin d’être une Dame…

La servante resta quelques secondes sans bouger, avant de se relever. Son regard se porta sur les vêtements derrière moi et puis revient sur ma personne.

-Auriez-vous besoin d’aide pour vous habillez?

C’était une question toute simple, mais elle m’apporta une étrange tristesse. Il n’y avait qu’une seule personne qui m’avait habillé et elle n’était plus de ce monde. Je m’en étais assurée…

Je ne fis qu’hocher la tête. Je n’avais plus vraiment envie de parler. La jeune servante s’activa, comme si avoir quelque chose d’aussi commun que de m’aider à me vêtir pouvait l’aider à oublier que je n’étais pas humaine.

Je me retournai et retira la chemise avec laquelle j’avais dormi. Je sentis le
regard de Marie sur mon dos, maintenant marqué. Grâce au sang, les trois marques de fouet avaient bien cicatrisés et semblaient anciennes, même si ce n’était pas réellement le cas.

Je réenfilais une autre chemise en vitesse, avant de laisser la jeune fille lassé le corset. Sa forme plate écrasait ma poitrine et l’a faisait remonter vers ma gorge. Je n’avais jamais porté ce modèle en particulier et cela me paraissait si étrange.

Je choisis une robe en lin bleu sombre, faute de noir parmi la sélection. Les manches étaient longues et fines. Le col était carré et souligné par une bordure dorée. La taille était finement dessinée par une dentelle dorée et mince. La coupe de la jupe était un peu vieillotte, mais elle me plaisait. Je n’aimais pas la nouvelle mode en tonneau qui nous empêchait presque de marcher normalement. La robe était étonnamment légère et confortable.

Une fois habillée, je me retrouvai assise devant la coiffeuse, avec la servante qui brossait mes longues mèches couleur feu. Alors qu’elle releva mes cheveux pour en faire un chignon, un petit cri se figea dans sa gorge.

Je n’avais pas encore osé regarder la marque au fer qu’on m’avait laissé. Je levai les yeux vers le miroir et je croisai le regard de Marie. Son expression était étrange, comme si elle ne savait pas ce qu’elle devait ressentir.

Elle termina sa besogne, sans rien demandé, alors que je pouvais voir qu’elle brûlait de me poser des questions. Elle s’inclina à nouveau avant de sortir de la pièce.

Alors que je me retrouvais seule, je me tortillais pour tenter de voir ma nuque, sans grand succès. Je soupirai et je défie le chignon haut. Je repoussai ma chevelure sur mon épaule droite, avant de l’a tressé en une longue natte qui descendait jusqu’à mes hanches.

Assise, je regardais autour de moi, ne sachant pas trop quoi faire. Je ressentais la présence des soldats à ma porte et les barreaux à ma fenêtre me retiraient toute tentative d’évasion.

Mes pensées vagabondèrent à une autre chambre, à une époque qui me semblait désormais si lointaine.

La porte s’ouvrit de nouveau et cette fois-ci, ce fut un vieil homme qui entra. D’après sa tenue, j’en conclus qu’il devait s’agir d’un majordome. Son regard sur moi fut rapide et il dit, d’une voix neutre :

-Vous êtes habillée. Bien. Suivez-moi, le jeune maitre vous attend dans la bibliothèque.

L’un des soldats en garde était aussi entré à la suite du serviteur et d’après son expression, j’étais mieux de suivre sans faire d’histoire. Je me levais donc, avant de me diriger vers la sortie, tout en jetant un coup d’œil aux gardes qui ne dédaignèrent pas lever les yeux vers moi. Le majordome passa devant moi et je fus suivit de près par les deux hommes en armures.

Je tentais de mémoriser les couloirs alors que nous nous dirigions vers la salle de lecture. À quelques mètres de la porte en bois ouvragé, le serviteur s’arrêta et se retourna dans ma direction, avant de me tendre une petite boite.

-Il m’a aussi demandé de vous rendre ceci.

J’attrapais délicatement la boite entre mes mains fines et je l’ouvris doucement. La croix en or brillait sous l’éclat des bougies et je sentis une larme roulée le long de ma joue, alors que mon cœur se serra. Je retirai la chaine de son écrin, avant de l’attacher à mon cou. Le bijou de ma mère retrouva aisément sa place au creux de ma gorge et son contact familier me rassurait. Je soufflai un merci en direction du vieil homme qui me répondit simplement :

-Ce n’est pas moi qu’il faut remercier, mademoiselle…

Et il se détourna, avant de toquer à la porte.

Une voix étrangement rauque résonna de l’autre côté :

« Entrez. »

Le serviteur entra en premier dans la pièce, et les deux soldats se postèrent en garde de chaque côté de la porte.

Je n’entendis pas ce qu’il dit à son maitre, mais à son signe, j’entrais lentement dans la bibliothèque, le regard baissé et le cœur qui battait la chamade. Je clignais plusieurs fois des yeux, la lumière soudaine agressant mes yeux sensibles et je m'avançais un peu plus, tout en évitant les rayons dorés.

-Désirez-vous autre chose, votre Grâce?

Mais je n’écoutais pas la réponse, alors que le serviteur prenait congé.
J’avais levé les yeux vers cet homme qui m’avait tout arraché et mon ventre se gorgea de colère. Mes mains tremblaient alors que je serrais les poings et la mâchoire de rage. Mon regard glissa à la femme, tout de noir vêtue qui se tenait en retrait, avant de retourner sur lui.

Je fixai ses iris émeraude avant de souffler entre mes dents :

-Vous ignorez à quel point je me retiens de vous tuer en ce moment…

Ma main glissa à la chaine pendue à mon cou. Je fermai les yeux, avant d’inspirer profondément. Je fis la révérence la plus gracieuse que je pouvais faire et je dis:

-Mais je tenais aussi à vous remercier pour m’avoir rendu ce bijou…

Je ne tenais pas à lui dire quelle valeur je lui accordais. La tête toujours baissée, je ne tenais pas à recroiser son regard, j’attendis leurs réactions.

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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Ven 23 Mar - 15:18

Alors que le majordome entra dans la pièce, Lysandre soupira en essayant de prendre un air plus naturel et par conséquent, se resservit un verre de vin tout en écoutant l’homme de confiance.

« Votre Grâce, Dame Eyrah est là. »

Les deux hommes entendirent les plis de la robe de Louise se froisser, signifiant qu’elle venait d’avancer vers eux.

« Fais-la entrer…»

Lysandre fixa l’ouverture de la porte, trouvant soudain que son cœur battait trop vite pour la situation. Etait-il excité par le fait de voir une femme qui devait lui en vouloir ou alors… était-il amusé parce qu’il était sûr que Louise allait réagir à cette histoire riche en quiproquos ? Sa question resta en suspend quand il vit la jeune femme entrer dans la pièce, il observa longuement son corps. Analysant chaque détail, les cheveux soigneusement coiffés, le médaillon qui se tenait fièrement sur la gorge et la robe… Une robe magnifique, fabriquée pour l’une des personnes dont la famille Le Pieux considéré comme un être sacré. Il releva son regard vers celui indescriptible de la femme, essayant de cacher un sourire qui pourrait être mal interprété.

« Vous ignorez à quel point je me retiens de vous tuer en ce moment… »

Lysandre but une gorgée de son vin, se sentant à cet instant infiniment puissant quand il regarda la prisonnière… sa prisonnière faire une révérence.

« Mais je tenais aussi à vous remercier pour m’avoir rendu ce bijou… »

L'archevêque but une autre gorgée avant de faire un signe au majordome.

« Prépare une chambre pour Dame Louise, je pense qu’elle aura besoin de repos après tous les événements à venir.
- Bien Monsieur. »

Celui-ci sortit après avoir fait une révérence des plus rapides. Lysandre s’adressa au vampire, un sourire tirant ses traits.

« Je n’ose même pas imaginer la haine que vous tenez à mon égard mais vous n’êtes pas la seule à avoir perdu des êtres chers dans cette histoire. Et si vous alliez toutes les deux vous asseoir, tout cela va être fort en émotion et je crains que l’une de vous s’effondre. »

Lysandre se tourna vers la table, faisant dos à Eyrah, se réservant sous les regards interrogateurs de Louise. Il attendit que les deux femmes soient installées pour les rejoindre, s’asseyant dans son siège en sirotant son verre, Louise prit alors la parole, observant l’autre femme d’un air suspicieux.

« Votre Grâce, qui est cette Dame ? Il ne me semble pas l’avoir vu lors de bal. »

Lysandre prit une gorgée de vin, se demandant s’il devait vraiment tout dire ou cacher les informations. Il observa Eyrah quelques secondes avant d’opter pour les grandes lignes.

« Voici Dame Eyrah, c’est la dernière rescapée de la mission que j’ai du mener. »

Son regard croisa celui de Louise qui sembla comprendre la gravité de la situation car son visage devenant plus pâle qu’il ne l’était déjà. Elle se tint la poitrine comme si son cœur allait exploser puis elle tourna un regard rempli de colère vers l’autre femme assise devant elle, Lysandre étant heureux de n’être pas la cible de Louise.

« C’est un vampire ?! Mon Père à été tué à cause d’elle ? »
- Oui. Souffla le seul homme de la pièce.
- Mais comment pouvez-vous laissez un monstre être libre de ses mouvements ? » Exprima Louise de façon plus familière qu’elle n’aurait du, montrant à Eyrah qu’elle ne la tenait pas le moindre du monde dans son cœur, ni ses semblables.

La réponse était simple, tellement simple pour Lysandre qu’il ne comprenait pas pourquoi il devait le dire à haute voix. Mais il pensa que l’autre femme, jusqu’à présent silencieuse se demandait aussi la raison de sa liberté presque entière. Il posa son verre sur la table à côté de lui, croisant les mains comme le faisait son père.

« Parce que je ne considère pas Dame Eyrah comme un danger potentiel, j’ai tué assez de vampires dans ma vie pour savoir en gérer une. De plus, j’ai beaucoup de choses à lui demander et je pensais que cela serait plus… aimable de ne pas l’enchainer comme un vulgaire animal. N’est-ce pas une bonne intention, Dame Eyrah ? »

Lysandre tourna la tête vers elle, la fixa avec un sourire des plus amusés. En vérité, le sceau qui était sur la nuque de la jeune femme ne signifiait qu’une chose : Qu’elle appartenait à Lysandre. Même si elle réussissait à s’enfuir, elle ne pourrait jamais oublier que l'archevêque lui avait tout enlevé et rien ni personne ne pourrait faire disparaître la marque dans son cou. Mais il ne dit rien de cela, trouvant plus amusant de laisser planer le doute, Louise ne sembla quand à elle pas satisfaite de la réponse et elle se leva sous le regard surpris de Lysandre qui s’attendait à une sorte d’attaque de la jeune femme envers le vampire. Mais rien ne vint, Louise semblant réfléchir avant qu’elle ouvre les lèvres.

« Je vais prendre congé pour le moment, Votre Grâce. »

Il esquissa un mouvement de tête et se leva, raccompagnant la jeune femme jusqu’à la porte de la bibliothèque. Avant qu’elle ne sorte, il se baissa vers son oreille et souffla.

« Me feriez-vous quand même l’honneur d’un dîner en ma compagnie ? »

La jeune femme sembla réfléchir avant d’esquisser un sourire.

« Toujours, Votre Grâce. »

L’homme attrapa la main vêtue de noir et embrassa le dos puis il sourit en ouvrant la porte :

« A ce soir, Louise.
- Oui, Lysandre. »

La porte se refermât et l’homme ne put s’empêcher de soupirer, ne comprenant jamais comment réagissait les femmes. Louise avait semblé être prête à frapper Eyrah mais elle n’avait rien fait. Lysandre se rassit sur le siège, il jeta son regard vers Eyrah.

« Vous ne m’avez toujours pas répondu. »

Il croisa ses mains, fixant de nouveau la robe avant de lâcher avec un sourire.

« Cette robe vous va à ravir. »

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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Dim 25 Mar - 19:53

« Je n’ose même pas imaginer la haine que vous tenez à mon égard, mais vous n’êtes pas la seule à avoir perdu des êtres chers dans cette histoire.
Et si vous alliez toutes les deux vous assoir, tout cela va être fort en émotion et je crains que l’une de vous s’effondre. »


J’avais toujours la mâchoire serrée et j’haussai un sourcil. Certes la femme semblait avoir plus de chance de s’évanouir que moi, vu son teint pâle. Je préférais me taire et je pris place sur une chaise, la plus éloignée possible des deux humains présents dans la pièce. Je sentais le regard suspicieux de la femme et je n’hésitais pas à l’a regardé dans les yeux et je sentais que cela l’a perturbait, tant ils étaient étranges. Je me retenais presque de sourire de satisfaction.

«Votre Grâce, qui est cette Dame ? Il ne me semble pas l’avoir vu lors de bal. »

Le contraire m’aurait bien étonné…

L’homme, Lysandre si j’avais bien compris, me regarda, comme s’il cherchait à savoir ce qu’il allait lui répondre. Mais j’évitais plutôt de croiser son regard. Il ne m’intimidait pas, mais cela m’évitait de me mettre encore plus en furie que je ne l’étais déjà.

« Voici Dame Eyrah, c’est la dernière rescapée de la mission que j’ai dû mener. »

Un coup d’œil à la Dame et je vis son visage devenir aussi pâle que du lait frais. J’entendais son cœur qui s’emballait dans sa poitrine. Je pouvais sentir sa colère et son dégoût envers moi.

« C’est un vampire ?! Mon Père à été tué à cause d’elle ? »

« Oui. »

« Mais comment pouvez-vous laissez un monstre être libre de ses mouvements ? »

Je me mordis la lèvre inférieure. C’était plutôt choquant d’être catégorisé de monstre, alors que toute ma vie, j’avais vécu avec des valeurs totalement différentes de celles des assassins qui s’en prenaient aux innocents.

« Parce que je ne considère pas Dame Eyrah comme un danger potentiel, j’ai tué assez de vampires dans ma vie pour savoir en gérer une. De plus, j’ai beaucoup de choses à lui demander et je pensais que cela serait plus… aimable de ne pas l’enchaîner comme un vulgaire animal. N’est-ce pas une bonne intention, Dame Eyrah ? »

J’avais envie de lui faire ravaler son sourire et mes mains se crispèrent sur ma jupe. Je sentais le sceau sur ma nuque me brûler, comme si on venait de me marquer à nouveau. La femme se leva soudainement, comme si elle avait été longtemps assise sur des aiguilles. Elle prit un air pincé avant de dire, tout en semblant peser ses mots :

« Je vais prendre congé pour le moment, Seigneur Lysandre. »

Le dénommé se leva à son tour et dans un élan de galanterie, il raccompagna la dame jusqu’à la porte. Je préférais ne pas écouter leurs conversations, même si j’aurais pu y trouver des informations. Les yeux fermés, je respirais, tentant de me calmer. Je jouais avec la chaîne pendue à mon cou, d’une main distraite.

J’entendis la porte se refermée et j’ouvris à nouveau les yeux, alors qu’il posait son regard sur moi.

« Vous ne m’avez toujours pas répondu. »

Non. Parce que je n’en avais pas eu la chance… Ou l’envie.

« Cette robe vous va à ravir. »

J’haussai un sourcil et je jetai un regard à la robe. Je continuai involontairement de jouer avec mon pendentif et je levai légèrement la tête, imperceptible défi, avant de répondre :

-Je vous remercie… Mais à votre ton, j’en déduis qu’elle devait appartenir à quelqu’un d’important pour vous.

Je me penchai un peu vers l’avant, le fixant du regard :

-Votre mère, peut-être?

Je me relevai soudainement, repensant aux paroles qu’il avait eu. Je sentais de nouveau la rage montée. J’évitais consciemment son regard, le portant plutôt sur les livres qui tapissaient les murs. J’avais croisé les bras autour de ma taille, geste inconscient pour me réconforter.

-Vous savez tout comme moi que vous n’aurez pas besoin de liens en acier pour me retenir.

Mon ton devenait de plus en plus acerbe.

-Les chaines invisibles que vous avez créées…

Je tremblais de rage et de douleur. Je sentais un léger feulement franchir mes lèvres. Si j’avais écouté seulement mon instinct de vampire, j’aurais déjà tenté de le tuer. Mais, une voix dans ma tête, celle de mon père, me rappelait quelles valeurs mes parents avaient tentés de m’inculqués. Il n’était pas armé. Mais il n’était pas innocent non plus.

Je continuais de regarder les livres et je dis, en retenant un rire sarcastique :

-Vous avez, certes, combattu bien des vampires avant moi. Mais jamais vous ne vous êtes retrouvé en présence de l’un d’eux qui pouvait prédire le moindre de vos gestes.

Je bluffais. Je ne pouvais pas voir absolument tout.

Je me retournai vivement pour le fixer à nouveau dans les yeux et je crachais :

-Un jour, vos actions se retourneront contre vous.

Je me rapprochai d’un pas vif et je plaquais fortement mes mains sur la table en bois et je me penchai dans sa direction, ne cessant de le fixer dans les yeux, sans même cligner des paupières. La mâchoire serrée, je dis, d’un ton que je voulais menaçant :

-Je vais faire en sorte de vous renvoyez en triple ce que vous m’avez fait... Je vais vous faire vivre un enfer, Votre Grâce...

Je prononçais les derniers mots sur un ton se voulant insultant. Ils sonnaient drôlement dans ma bouche et je me dis que je n'allais plus jamais les employer pour désigner cet homme qui m'avait tout pris.
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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Dim 25 Mar - 22:23

Il observa Eyrah tandis qu’elle le défiait du regard, des yeux si beaux et pourtant Lysandre essaya de s’en détacher, attendant non sans impatience une remarque piquante de la part de la jeune femme.

« Je vous remercie…Mais à votre ton, j’en déduis qu’elle devait appartenir à quelqu’un d’important pour vous. »

La tête de Lysandre tomba sur le côté, essayant de cacher un gloussement. A cet instant, il était comme un enfant en train de tirer sur une nappe, essayant de déclencher la chute d’un vase de cristal.

« Votre mère, peut-être ? »

Lysandre alla répondre quand la jeune vampire se leva. Lui par contre, bougea le moins possible, essayant de ne pas succomber à son entrainement de chasseur de vampire qui le poussait à prendre une arme aiguisé, qu’importe soit-elle pour se défendre. Il fit rouler ses épaules et s’enfonça plus dans le dossier de son fauteuil, prenant un air des plus décontractés tout en admirant la beauté de la jeune femme, même si son regard dérivait vers le bas du corps.

« Vous savez tout comme moi que vous n’aurez pas besoin de liens en acier pour me retenir. » Sa voix devint plus acide quand sa phrase commença. « Les chaines invisibles que vous avez créées… »

Le torse de Lysandre se rempli d’air quand il se sentit fier, son égo se gonfla et il ne put s’empêcher de ricaner discrètement. Voilà un sentiment qu’il adorait observer, la haine que la jeune femme ressentait à son égard était comme un rayon de miel pour lui. Sucré mais pas écœurant, du moins pour l’instant…

« Vous avez, certes, combattu bien des vampires avant moi. Mais jamais vous ne vous êtes retrouvé en présence de l’un d’eux qui pouvait prédire le moindre de vos gestes. »

Lysandre écarquilla les yeux en fixant la jeune femme. Il n’avait pas du tout pensé à cette possibilité, cela le prenait sur le vif et il se demanda si cette menace (où du moins cela lui semblait être une menace dissimulée) se révélait vrai ou fausse et si dans le cas ou Eyrah pouvait vraiment prédire les actions des gens, comment cela pourrait lui être utile.

« Un jour, vos actions se retourneront contre vous. »

Avant que Lysandre ait put répondre à cette dernière provocation, Eyrah se rapprocha rapidement de la table et posa ses main dessus ce qui fit grimacer Lysandre en sachant que le mobilier appartenait à sa famille depuis longtemps et donc, avait beaucoup d’importance pour son père. Mais ses pensées s’envolèrent rapidement quand son regard d’homme se posa sur le décolleté timide de la jeune femme avant qu’il ne s’oblige de regarder l’être immortel dans les yeux. La voix qui sortit des lèvres rosées fut menaçante :

« Je vais faire en sorte de vous renvoyez en triple ce que vous m’avez fait... Je vais vous faire vivre un enfer, Votre Grâce. »

Les lèvres de Lysandre s’entre-ouvrirent et un rire involontaire sortit de sa bouche alors qu’il se plaqua les cheveux en arrière d’un air des plus détendus. Il s’arrêta tout aussi rapidement de rire, se penchant légèrement vers la jeune femme sans quitter son regard.

« Me faire vivre un enfer ? Vous êtes encore une enfant, vous ne savez même pas ce que c’est. Et ce que vous avez vécu n’est rien d’autres qu’une infime partie de ce que je peux vous faire subir. »

Il s’assit correctement, appréciant la tension qui venait de se créer entre lui et elle. Il sentait le frisson de l’adrénaline lui parcourir l’échine.

« Oubliez le fer rouge, les sangles, les chaines et le feu, maintenant c’est moi votre bourreau. »

Sa main se tendit brusquement vers le visage de la jeune femme et il lui tint le menton avec force comme s’il avait put lui briser la mâchoire. Ses doigts froids caressèrent la peau de porcelaine sans enlever de sa force.

« Dame Eyrah, c’est votre esprit que je peux détruire et nous savons tout deux que personne ne pourra le réparer. »

Lysandre relâcha doucement la pression de ses doigts et se releva, fit un sourire des plus aimable en réajustant ses vêtements tout en observant la jeune femme debout. Il parla en ramassant son verre, le finissant d’un trait.

« Essayez de vous protéger de mon prochain geste… »

Lysandre jeta violemment le verre contre la cheminé, le bruit du verre coupant la fin de sa phrase. Il se mit à sourire en ne lâchant pas le regard de la jeune femme, celle-ci s’attendait à tout sauf à ce qu’il allait faire.

« Alors ? »

Il tendit ses mains et attira le corps du vampire vers lui, posant dans un délai très court ses lèvres contre celles de la jeune femme. La pression fut rapide et sans aucune émotion particulière, Lysandre admira juste le visage expressif d’Eyrah avant de relâcher son étreinte brusque et de reculer d’un pas si jamais la jeune femme voulait lui donner une gifle ou n’importe quel autre geste en représailles. Il sourit :

« Vous semblez des plus surprises, Dame Eyrah. Pourtant vous disiez pouvoir prédire mes gestes. Ce n’était que des paroles en l’air ? »

Il écarta les bras comme s’il voulait démontrer à la terre entière mais surtout à la jeune femme qu’il ne la craignait pas, qu’il ne craignait personne. Son sourire disparut comme le souvenir des lèvres douces sur les siennes.

« Maintenant que le petit spectacle est finit. Je vous donne trois règles que vous ne devrez jamais briser. Je suis clair ? »

Lysandre n’attendit pas de réponse mais leva un premier doigt.

« Premièrement, mes ordres sont absolus. »

Il leva un deuxième doigt en s’approcha d’un pas.

« Deuxièmement, ne parlez à personne d’autres que moi de vos rêves divinatoires ou je ne sais comment vous les appelez. »

Il fit un autre pas et se retrouva tout proche à nouveau du visage d’Eyrah.

« Et en dernier, ne me parlez plus jamais de ma mère ou un autre membre de ma famille sans mon consentement. »

Lysandre attrapa le visage du vampire dans ses deux mains, la tenant en coupe en la fixant d’un air calme, sa voix se fit de nouveau mielleuse.

« Si vous m’obéissez et que vous ne brisez pas ses règles. Vous pourrez vivre librement dans la demeure et les extérieurs, les servants vous traiteront comme une Dame et personne ne vous regardera comme un monstre mais comme un être vivant digne de ce nom. »

Sa main nue et celle gantée caressaient de leurs pouces les pommettes de la jeune femme tandis que sa voix se fit plus grave, comme un murmure rempli de haine.

« Mais si vous désobéissez, je ne dirais rien et j’attendrais le bon moment. Que cela soit une semaine, un mois ou un an, qu’importe ! Et quand vous aurez ne serait-ce qu’une confidente ou un ami parmi les membres de la maisonnée, je vous obligerez à le tuer de la plus douloureuses des manières qu’il soit. Et seulement après ça, je vous ferais vivre un enfer que vous ne pouvez pas imagine et cela même dans vos pires cauchemars. Est-ce clair ? »

Lysandre lâcha sa prise et se dirigea vers la sortie, ouvrant la porte avant de s’arrêter pour ajouter.

« Si vous me cherchez, je serais dans mon bureau… Ce fut un plaisir de discuter avec vous, Dame Eyrah. »

Lysandre sortie de la pièce avec un sourire, laissant la porte se refermer sur la forme féminine seule dans la bibliothèque.
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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Lun 26 Mar - 1:45

Je restai surprise devant son rire, chose qui semblait si déplacé en ce moment. Il replaçait ses cheveux, comme si mes menaces ne l’atteignaient pas et glissaient sur lui, comme l’eau sur les plumes d’un cygne. C’était rageant.

« Me faire vivre un enfer ? Vous êtes encore une enfant, vous ne savez même pas ce que c’est. Et ce que vous avez vécu n’est rien d’autres qu’une infime partie de ce que je peux vous faire subir. Oubliez le fer rouge, les sangles, les chaines et le feu, maintenant c’est moi votre bourreau. »

Quelque chose dans son ton me fit trembler. Sa main bondit vers mon visage et malgré mes réflexes, je ne pu y échapper, encore trop surprise. Il tenait mon menton d’une poigne ferme, alors que ses doigts caressaient doucement ma joue.

« Dame Eyrah, c’est votre esprit que je peux détruire et nous savons tous deux que personne ne pourra le réparer. »


Je restai debout, sans bouger et n’osant dire un mot. Au plus profond de moi, je le savais. Le vrai monstre dans la pièce ce n’était pas moi…

À côté de lui, je n’étais qu’une petite fille, fragile comme une poupée de porcelaine, et mon impuissance m’effrayait.

« Essayez de vous protéger de mon prochain geste… »

Le bruit de verre éclaté me sortit de ma torpeur et je restai perplexe devant ses paroles. J’avais mentit sur mes pouvoirs et maintenant, j’étais acculé au pied du mur. Je pouvais voir l’avenir, c’était vrai. Mais pas l’avenir immédiat…

« Alors ? »

J’esquissai un pas vers l’arrière. Je ne savais pas ce qui m’attendait, mais je ne souhaitais pas le découvrir. La chaise se trouvait dans mon chemin et je ne pu reculer plus. Ses bras m’attrapèrent et j’écarquillai les yeux lorsque je sentis ses lèvres sur les miennes. C’était rapide et je m’étais figée, tendue comme la corde d’un arc. Dans un réflexe, ma main s’était élevée, mais il avait déjà reculé, comme s’il se doutait que j’avais la forte envie de le gifler.

« Vous semblez des plus surprises, Dame Eyrah. Pourtant vous disiez pouvoir prédire mes gestes. Ce n’était que des paroles en l’air ? »

Mes poings se serrèrent et je sentis mes ongles pénétrés la chair tendre de ma paume. Comment avait-il pu oser… Je tremblais à nouveau de rage. Ma poitrine se soulevait au rythme de ma respiration frénétique et mon cœur se débattait dans ma poitrine, comme s’il voulait en sortir. Toute cette colère était déroutante pour moi, moi qui avais toujours été calme et posée. Mais pour le moment, je n’arrivais pas à exprimer autre chose que cette fureur sourde.

« Maintenant que le petit spectacle est finit. Je vous donne trois règles que vous ne devrez jamais briser. Je suis clair ? »

Il leva un doigt et son ton se fit plus impérieux.

« Premièrement, mes ordres sont absolus. »

Il leva un deuxième doigt et se rapprocha d’un pas. J’avais le réflexe de reculer, mais mon pied qui s’était dirigé vers l’arrière s’arrêta dans son élan

« Deuxièmement, ne parlez à personne d’autres que moi de vos rêves divinatoires ou je ne sais comment vous les appelez. »

Il s’approcha à nouveau et il se retrouva tout près de mon visage. Je pouvais pratiquement voir chaque détail de son iris couleur d’émeraude.

« Et en dernier, ne me parlez plus jamais de ma mère ou un autre membre de ma famille. »


Il attrapa mon visage entre ses mains, alors que je tentais de me dérober. Je voulais éviter son regard, mais mes yeux revenaient sans cesse aux siens

« Si vous m’obéissez et que vous ne brisez pas ces règles. Vous pourrez vivre librement dans la demeure et les extérieurs, les servants vous traiteront comme une Dame et personne ne vous regardera comme un monstre mais comme un être vivant digne de ce nom. »

Sa voix changea soudainement et se fit plus menaçante.

« Mais si vous désobéissez, je ne dirais rien et j’attendrais le bon moment. Que cela soit une semaine, un mois ou un an, qu’importe ! Et quand vous aurez ne serait-ce qu’une confidente ou un ami parmi les membres de la maisonnée, je vous obligerez à le tuer de la plus douloureuses des manières qu’il soit. Et seulement après ça, je vous ferais vivre un enfer que vous ne pouvez pas imaginer et cela même dans vos pires cauchemars. Est-ce clair ? »

Je restai tétanisé. La panique courait dans mes veines comme un poison violent. Mon souffle s’était bloqué dans ma gorge.

Il me lâcha et se dirigea vers la sortie.

« Si vous me cherchez, je serais dans mon bureau… Ce fut un plaisir de discuter avec vous, Dame Eyrah. »

Lorsque la porte se referma, mes genoux me lâchèrent. La main sur mon cœur qui se débattait frénétiquement, comme s’il avait eu peur de s’arrêter, je tentais de reprendre mon souffle. Une larme de terreur roula sur ma joue. Je tremblais à nouveau, mais toute rage m’avait quitté.

Je courbais le dos jusqu’à appuyer ma poitrine sur mes genoux. J’avais posé le front sur le plancher de bois ciré. Je restai dans cette position, pendant je ne savais trop combien de temps.

Une seule chose était claire dans mon esprit. Il avait montré son vrai visage, sous ce masque de politesse et de paroles mielleuses. Il était plus démoniaque que moi.

Après de longues minutes à calmer mes tremblements, je me relevai enfin. Je respirai profondément pour reprendre contenance. Je me tournai en direction de la bibliothèque et je pris le premier livre relié de cuir qui me tomba sous la main. Autant faire passer cette longue attente en prétendant que je choisissais un titre.

Je regardais rapidement le titre. Un recueil de poésie. Je n’avais jamais réellement apprécié…

Je sortis de la pièce, sans un regard en direction des deux soldats qui attendaient et prit, ce qui à ma mémoire, semblait être le chemin pour retourner dans les appartements qu’on m’avait désigné.

J’y restai des heures durant, regardant le soleil se coucher lentement. Je ne le fixai pas directement, mais j'aimais voir le ciel se teinter de couleurs, toutes plus flamboyantes les unes que les autres...

J’avais eu du mal à ouvrir la fenêtre entre les barreaux de fer, mais après de longues minutes, j’avais finalement réussis à atteindre la traverse et à ouvrir la croisée. L’air frais et chaud de la fin d’après-midi pénétrait dans la pièce et me faisait le plus grand bien, alors que je continuais de faire les cent pas.

J’allais user le tapis, à force.

Alors que l’obscurité tombait sur le jardin, le bruit des couverts provenant de l’étage inférieur me parvient, rappelant à mon esprit à quel point j’étais affamée.

Je pris place sur la chaise de la coiffeuse et je posai une joue sur le marbre froid du meuble, en soupirant. J’avais déjà bu l’eau de la carafe en porcelaine et la gorge me tenaillait. J’avais pratiquement envie de me mordre le bras, mais somme toute, ça ne reviendrait à pas grand-chose. Mon propre sang avait le même goût que celui de l’eau dans ma bouche.

On toqua soudainement à la porte, et avant même que j’ai pu répondre, une servante entra. Il s’agissait de celle-là même que j’avais côtoyée un peu plus tôt. Marie.

Elle portait une carafe et une coupe. Au moins, elle n’avait pas apporté de nourriture…

Elle les déposa sur une autre table et s’inclina avant de briser le silence :

-Je vous ai apportez du vin.

Elle s’arrêta quelques secondes avant de continuer :

-Je ne savais pas si vous pouviez manger, alors…

Elle semblait mal-à-l’aise. Je l’a coupais en répondant :

-Merci…pour le vin.

Je me servais une coupe. Ce n’était pas du sang, mais l’alcool me changerait peut-être les idées pendant les heures à venir.

-Tu as bien fait… Je ne peux pas consommer de nourriture… disons, humaine.

Je lui fis un sourire triste. J’avais déjà essayé, de manger dans l’assiette d’Augustine, par pur curiosité. J’avais eu le plus grand mal à avaler, tant le goût était écœurant, et à conserver la bouchée dans mon estomac. Ce que je n’avais pas réussi à faire. Je n’avais pas osé y retoucher depuis.

J’avalais une gorgée du vin rouge. Je n’étais pas friande de cette boisson, mais elle apaisait quand même, d’une certaine façon, les douleurs de ma gorge asséchée.

Je soupirai et c’est alors que la jeune servante me posa une question qui me laissa surprise :

-Aviez-vous une quelconque activité pour passer le temps, ma Dame?

-Pardon?

Elle semblait étonnée de ma réponse. Elle jeta un coup d’œil en direction du livre que j’avais négligemment posé sur mon lit, avant de continuer :

-Vous savez, hum… De la broderie ou de la peinture?

Elle semblait intimidée. Comme si elle ne savait pas si elle avait la permission de poser ce genre de questions.

Je pris une autre gorgée de vin. Avec un peu d’imagination… Non, je ne devais pas penser au sang, cela ne rendrait le tout que plus pénible.

Je posais le regard sur la servante, maintenant rouge de honte. Elle devait surement penser qu’elle avait été trop loin, puisque je prenais un temps fou à répondre.

-Oui, je sais brodée, mais je ne suis pas très douée… Je… Je préfère la musique…

J’avais dit le dernier mot sur une toute petite voix. Mais je voyais bien l’effet qu’avait ma réponse sur Marie. La curiosité se lisait sur chaque trait de son visage. Elle finit par poser la question qui semblait brûler ses lèvres :

-Vous jouez d’un instrument. Lequel?

Son enthousiasme s’entendait dans son ton de voix. Elle semblait vouloir dire quelque chose, mais attendait aussi ma réponse.

Je me mordis la lèvre avant de dire, dans un murmure :

-La harpe…

Son engouement sembla soudainement diminuer. Elle baissa la tête :

-Je ne crois pas que nous ayons un tel instrument ici…

Son regard alla vers l’embrasure de la porte, où une autre servante lui faisait signe. Elles devaient rejoindre les autres, pour les prochains services du diner.

Elle fit une révérence avant de s’éclipser et je me retrouvai à nouveau seule. J’allumai les bougies de la pièce, pas parce que j’en avais de besoin, je voyais parfaitement dans la noirceur, mais seulement pour m’occuper.

Je lus quelques poèmes du livre que j’avais pris au hasard. Ils étaient mièvres et chevaleresque. De la pure poésie moyenâgeuse du siècle dernier.

J’avais alors entreprit de vérifier chaque coin de la chambre, touché chaque pierre, déplacé chaque objet.

Mais il n’y avait rien. Pas de passage dérobé ou de pièce cachée. C’était d’un ennui…

Je m’assis sur le lit, le dos appuyé contre l’un des montants. Je m’installai, comme si j’avais mon instrument fétiche de posé sur mon épaule, avant de me mettre à jouer dans l’air, comme si je pinçais réellement les cordes. Je chantonnai les notes.

Je sortis de mes pensées et la lune était haute dans le ciel, couvert de nuage. La nuit était bien avancée et cela faisait longtemps qu’on n’entendait plus un son dans le manoir. Je remarquai une robe de nuit neuve qu’on avait déposée sur la commode. Je n’avais même pas remarqué la servante qui était passée. C’était pour dire à quel point j’avais été concentré, comme quand je jouais réellement.

Je levai et je me versai un autre verre de vin. Je le bu rapidement, avant de commencer à me tortiller pour atteindre les cordages qui retenait la robe en place. L’enlever était bien plus simple que de la mettre. Je finis par retirer le corsage et je poussai un soupir de soulagement, étant maintenant plus libre de mes mouvements.

Je revêtis la robe de nuit, mais je ne me sentais pas ensommeillée. J’avais déjà dormi une bonne partie de la journée, ainsi que de la nuit précédente.

Ma vue se brouilla soudainement et les images assaillirent mon esprit.
Intéressant…

Je me dirigeai vers la porte et je l’entrouvris. Les deux soldats de garde étaient les mêmes que ceux qui m’avait accompagné durant la journée. Je sentis l’odeur caractéristique de la bière dans leurs flasques et ils étaient quelques peu somnolent, vu l’heure avancée de la nuit. Je me demandai quand ils allaient se relayer.

Je me glissai furtivement entre eux deux, mais à peine j’eu fait quelques pas dans le couloir que l’un m’apostropha :

-Où allez-vous?

Je répondis rapidement, prise de court :

-À la bibliothèque.

Il semblait suspicieux. Je n’avais jamais été très douée pour mentir et cela se voyait sur mon visage, alors je rétorquai :

-Vous pensez réellement que je tenterais de m’enfuir habillée de la sorte?

Ce qui était la vérité…Je fis un geste en direction de ma robe de nuit et de mes pieds nus.

J’aurais au moins pris la peine de mettre des bottes. Il semblait soudainement se détendre. Alors qu’il allait se lever, je voyais bien qu’il tanguait de sommeil, je continuai :

-Je connais le chemin, vous n’êtes pas obligé de m’accompagner.

Il se rassit, visiblement soulagé de pouvoir prendre un peu de repos.
Je pris le chemin de la seule autre pièce du manoir que je connaissais. Tout était silencieux et calme et on n’entendait que les bruits de la nuit. Une fois rendue, je commençais à me fier à mon instinct de chasseresse et à mon nez.

Après quelques instants de marche, je me retrouvai en face d’une autre porte ouvragée. J’entrais doucement et la lueur d’une bougie mourante envahit le couloir. Je refermais derrière moi. Je me trouvais dans ce qui devait être un bureau. Je soupirai, avant de dire :

-J’aurais bien voulu vous tuez dans votre sommeil…

Je m’arrêtais quelques secondes avant de continuer :

-Cessez de simuler, votre respiration et les battements de votre cœur vous trahissent.

Non, il ne dormait pas et je le savais. J’avais suffisamment dormit avec une humaine pour en reconnaitre les signes.

Je m’appuyais contre l’angle du mur, les bras croisée sur mon ventre.

-J’ai eu une vision. Ils sont cinq. Ils ont suivi la carriole de…

Je m’arrêtais, le temps de retrouver son nom dans ma mémoire. J’étais certaine de l’avoir entendu le prononcer :

-Dame Louise lors de sa venue ici. Ils veulent attendre l’heure précédant l’aube. Une fenêtre des cuisines est restée ouverte, c’est par là qu’ils vont entrer, mais c’est dans le Hall que vous aurez plus de chance de les coincés…

Durant tout ce temps, j’avais gardé les yeux baissés, comme si j’étais intéressée par les détails du tapis qui chatouillait la plante de mes pieds nus.

Ces vampires étaient des assassins, des meurtriers sans foi, ni lois. Cela ne me dérangeait pas plus que cela de les vendre.

-Pour répondre à votre question... Oui et non. Mon don a lui aussi ses limites. Je ne vois pas le futur immédiat, seulement le proche ou le lointain...

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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Lun 26 Mar - 14:10

« Vous semblez ailleurs, Votre Grâce. »

Il leva la tête, observant avec des yeux ronds Louise qui se mit à sourire. Les mains de l’homme attrapèrent les couverts servants à la viande et il la coupa lentement.

« Toutes mes excuses Dame Louise. De quoi me parliez-vous ?
- De Béatrice, l’avez-vous emmenez ici avec vous ?
- Oui, évidemment. Je ne me sépare jamais d’elle. »

Lysandre mit un morceau de faisan dans sa bouche, regardant la jeune femme tout en  sentant une gêne s’installer dans la pièce tout comme le silence. L’homme n’avait aucune idée de comment il devait tenir une conversation à une dame. Faire peur, menacer et être violent, il s’avait le faire comme s’en était rendu compte Eyrah mais être courtois, faire rire et être doux… Lysandre n’avait pas encore réussit à trouver le mode d’emploi. Il entendit la voix de son père, qui se serait moqué de lui en lui disant que si les femmes étaient un champ de bataille, Lysandre serait déjà mort une centaine de fois… minimum.

Il s’éclaircit la voix et posa son verre de vin qu’il avait prit un peu plus tôt,  affichant un sourire des plus discrets sur son visage tandis qu’il essayait de formuler une invitation cohérente. La fatigue de la journée n’aidant pas son cerveau à assembler les mots dans son esprit.

« Voudriez-vous…
- Faire une balade à cheval, demain avec vous ? Oui, avec plaisir ! »

Un silence se fit dans la pièce, laissant juste un Lysandre surprit et une Louise aux anges qui se mit à rire tout en rougissant.

« A moins que vous pensiez à autre chose ?
- Non, vous m’avez juste enlevé les mots de la bouche.
- Votre Grâce, je commence à vous connaître. »

Deux servantes arrivèrent et débarrassèrent les couverts dans des cliquetis.

« Je ne sais pas si je dois m’en inquiéter ou non. » Dit Lysandre en sirotant son verre.

La servante la plus proche de Lysandre, se tourna vers lui quand il l’appela.

« As-tu servi Dame Eyrah ?
- Oui, Votre Grâce.
- Bien…
- Votre Grâce ?
- Oui ?
- Dame Eyrah m’a dit qu’elle jouait de la harpe… Serait-il possible… »

La timidité de la servante l’empêcha de finir sa phrase. Ce fut Louise qui parla :

« Je ne savais pas qu’elle jouait de la musique, j’aimerais bien l’entendre ! »

Lysandre haussa ses sourcils d’un air interrogateur en direction de son invitée avant de faire un geste de la main en direction de la servante.

« Parles-en à Charles pour qu’il s’en occupe.
- Bien Votre Grâce. »

La servante partit avec un sourire heureux sur le visage sous le regard fatigué de Lysandre avant qu’il soit dérangé par Louise qui semblait d’une humeur joviale tout d’un coup.

« Et si Dame Eyrah venait avec nous demain ?
- Se promener ? Pourquoi ?
- Et bien… Cela pourrait me permettre de faire connaissance avec elle et de la voir sous un autre jour. »

Les yeux verts croisèrent ceux chocolat de la jeune femme. Essayant de percer à jour les réelles intentions de Louise.

« Qu’essayez-vous donc de faire ? dit-il avec une voix lasse.
- Moi ? Rien dont vous devriez vous inquiétez, Votre Grâce.
- Mais vous manigancez quelque chose…
- Peut-être bien ! »

La jeune femme se leva de table, repassant sa robe bleu roi qu’elle avait mise pour l’occasion. Elle se mit à sourire avant de faire une révérence et de disposer pour la nuit, laissant Lysandre seul dans la pièce. Celui-ci observa la porte fermée avant de se forcer à se lever et de se diriger dans son bureau tout en baillant sans gêne.

Cela faisait maintenant plusieurs heures qu’il écrivait, que cela soit à l’intention de ses archidiacres, pour faire part de ses commentaires et donner des ordres pour les prochaines semaines mais aussi bien le guider dans des excursions que la Flamme éternelle devait faire dans les mois à venir. Il était en train d’écrire à son père à cet instant précis, lui donnant un compte rendu plein de sarcasmes sur la venue presque non désiré de Louise et sur le fait qu’une femme était difficile à gérer alors deux… quand il posa sa plume.

Se posant contre le dossier de son fauteuil en observant son bureau, des livres étaient entreposés de partout, des parchemins se mélangeaient entre eux et prenaient la poussière dans les coins de la pièce… Seule son épée faisait tâche dans ce lieu, posé contre un autre fauteuil près de la cheminée éteint depuis des heures. Lysandre posa ses mains contre son torse, essayant de se reposer l’esprit quelques secondes en fermant les yeux, les quelques bougies l’empêchaient toutefois de s’endormir réellement quand la porte toqua.

« Votre Grâce, j’ai ce que vous avez demandé. »

La voix du majordome fit ouvrir un œil à Lysandre qui regarda l’homme poser une bouteille rempli d’un liquide sombre sur le peu d’espace non couvert de la table basse. Le plus vieux fit une révérence avant de sortir. Alors que Lysandre se laissa de nouveau bercer par le sommeil, la porte se rouvrit sous le visage tiré du Grand Prêtre.

« Dois-je vous rappeler que vous avez un lit pour dormir dans de bonnes conditions ?
- Je sais, Charles… Je sais…
- Bien. Bonne nuit, Votre Grâce. »

La porte se referma et Lysandre soupira lourdement avant de fermer de nouveau les yeux…

« J’aurais bien voulu vous tuer dans votre sommeil… »

Lysandre ne put s’empêcher de grimacer, la flemme et la fatigue prenant le dessus sur sa patience déjà limitée.

« Cessez de simuler, votre respiration et les battements de votre cœur vous trahissent. »

Lysandre entre-ouvrit un œil, fixant la vampire avant de se demander intérieurement s’il pouvait continuer à se reposer ou s’il allait se faire déranger jusqu’à qu’il s’effondre de fatigue. Il s’installa en soupirant, essayant de garder ses sens en alerte, se rappelant de l’endroit où était entreposé son épée puis son regard se posa vers la tenue d’Eyrah qui se mit à parler.

« J’ai eu une vision. Ils sont cinq. Ils ont suivi la carriole de… Dame Louise lors de sa venue ici. Ils veulent attendre l’heure précédant l’aube. Une fenêtre des cuisines est restée ouverte, c’est par là qu’ils vont entrer, mais c’est dans le hall que vous aurez plus de chance de les coincer… »

Le sérieux prit place rapidement après cette annonce sur le visage de Lysandre. Il réfléchit rapidement à un plan de défense. Il s’était attendu à une attaque, une attaque de la part de la Famille ou de quiconque voulant aider la jeune femme prisonnière des griffes de l’Archevêque, Lysandre se pinça l’arête du nez, débâtant intérieurement sur les bons choix à faire.

« Pour répondre à votre question... Oui et non. Mon don à lui aussi ses limites. Je ne vois pas le futur immédiat, seulement le proche ou le lointain... »

Lysandre releva la tête, fixant la jeune femme avant de se relever. Il se dirigea sans un mot devant la cheminée, prenant son épée et attacha le fourreau à sa ceinture. Ses yeux se portèrent sur sa cape posée sur le dossier d’une des chaises et il la prit avant de se diriger vers la vampire, lui tendant le tissu.

« Vous allez attraper froid en restant habillé comme ça. Une servante va venir allumer la cheminée dans un moment. Restez ici… »

Le ton de sa voix n’était pas comme dans la bibliothèque, elle n’était certes pas douce et attentionnée mais elle était calme et un brin fatigué. Il attendit que la vampire se couvre et il se dirigea vers la porte avant de se rappeler de la venu du majordome.

« La bouteille sur la table basse devrait vous intéressez. Vous devez avoir soif… »

Sa main se posa sur la poignée et il ouvrit la porte avant de souffler le plus doucement possible.

« Merci. »

Il sortit de la salle et se dirigea dans les cuisines, surprenant les servants et les autres habitants de la maison qui mangeaient. Il leur expliqua rapidement la situation et les tâches de chacun. Les femmes devaient rester avec Louise ou alors se cacher dans la cave, le majordome devait faire le tour rapide des chambres et autres pièces, fermant correctement les fenêtres et portes à clefs, seule la fenêtre de la cuisine allait rester ouverte pour que les intrus puissent y entrer. Et les soldats (qui se comptaient sur les doigts d’une main autre que celle de Lysandre) allaient attendre avec l’archevêque dans le hall pour l’attaque surprise. Alors que tous se préparaient, Lysandre attrapa le bras d’une servante qu’il reconnu comme celle du souper et qui se prénommait Marie et lui souffla doucement à l’oreille.

« Allez dans mon bureau et allumer le foyer, restez avec Dame Eyrah, elle vous protégera.
- A vos ordres, Votre Grâce. »

La jeune femme partie discrètement et Lysandre ne put s’empêcher de sourire. Il alla ensuite dans le hall en compagnie des soldats et tous attendirent dans le silence des plus totales. Lysandre sentait bien entendu l’odeur particulière de la bière qui s’échappait de ses hommes, il espéra au plus profond de lui que ceux-ci étaient toujours en condition de se battre ou alors six tombes allaient être creusés.

La fatigue commençait à les emporter, tous attendaient, tendus comme la corde d’un arc, la venue des vampires mais leurs corps réclamaient des besoins et le sommeil en faisait partie. Lysandre n’était pas épargné et il se surprenait à se réveiller de temps en temps, se demandant quand il avait fermé les yeux. Chacun avait sa technique pour rester éveiller, certains se concentraient sur une tâche ou une pensée, d’autres se pinçaient, quelqu’un même souffla une blague qui fit faire des sourires crispés…

Un cliquetis attira leurs attentions, le bruit sourd de bottes se posant doucement sur le sol après avoir enjambé la fenêtre. Les mains des membres de la Flamme éternelle se portèrent vers les gardes des épées. Ils attendirent que les intrus soient dans le hall et Lysandre fit un signe de la main qui fut rapidement suivit par les cris des soldats sous un soupire de l’Archevêque.

L’élément de surprise fut un point fort pour le groupe de Lysandre, un vampire tomba à terre dans une flaque de sang quand les autres dégainèrent leurs armes. Les coups s’échangèrent, le cliquetis des épées résonnèrent dans la grande pièce, sous les insultes et les grognements. Un soldat tomba à son tour, essayant tant bien que mal de survivre à l’ouverture béante que l’épée de son ennemi lui avait fait dans le ventre. Mais les vampires avaient ni l’expérience ni l’entrainement des soldats qui permit aux humains de prendre rapidement le dessus mais ils étaient rapides et pleins de ressources.

Alors que l’aube commençait à peine, le dernier vampire tomba sur le sol, s’étranglant dans son propre sang qui sortait de sa gorge ouverte. Cela avait duré moins d’une vingtaine de minutes mais pour les humains, cela avait demandé beaucoup d’énergie.

Les servants arrivèrent quand le silence fut de nouveau total, les femmes s’occupèrent des deux blessés humains tandis que les autres tirèrent les corps sans vies vers l’extérieur. Attendant les ordres de Lysandre pour savoir quoi en faire qui se tourna vers eux pendant qu’un jeune serf s’occupa d’allumer les bougies non loin de lui.

« Brûlez les vampires, enterrez le notre. »

Quand Lysandre tourna la tête, il sursauta en regardant le majordome qui était apparu comme par magie devant lui.

« Et bien Votre Grâce. Dois-je demander à ce que l’on vous prépare un bain avant que vous alliez dormir ? »

Lysandre baissa la tête vers ses habits maculés de sang, ceux des vampires étaient plus sombres que les humains, cela avait toujours intrigué Lysandre mais à cet instant, il ne s’en souciait guère. Il haussa les bras, ne se sentant pas capable d’argumenter contre le vieil homme. L’homme devant lui sourit de façon des énigmatiques comme à son habitude et il partit vers un groupe de servant pour leur donner des ordres. Lysandre quand à lui, se dirigea vers sa chambre, croisant une servante et l’arrêta.

« Cette après-midi, demande à ce que l’on prépare trois chevaux. Les Dames et moi allons nous promener.
- Mais vous ne vous reposez pas ?
- Je dormirais quand je mourrais. »

Lysandre se mit à rire en se dirigeant vers sa chambre, laissant la servante perplexe. Après un bain des plus relaxant et avoir modifié le contenu de la lettre pour son père, il put enfin se poser dans son lit alors que le jour s’était déjà levé depuis un moment. Lysandre ferma les yeux et le sommeil vint aussitôt à lui, l’emportant dans des rêves dont il ne se souviendrait pas.

Ce fut une voix familière qui le tira de son sommeil ainsi qu’une vague de lumière le fit grimacer. Il ouvrit péniblement les paupières, observant le dos du vieux majordome qui continuait à tirer les rideaux sans cacher un amusement évident.

« Votre Grâce, le déjeuner vous attends dans votre bureau.
- Bien…
- Et les palefrenier sont en train de s’occuper des chevaux pour votre ballade avec Dame Louise et Dame Eyrah. Le temps est nuageux, parfait pour l’état de Dame Eyrah.
- Hum…
- Et une harpe arrivera d’ici quelques heures de Paris, je la fais installer directement dans la chambre de Dame Eyrah ?
- Oui.
- Sur ce, je vous laisse vous préparer. »

Charles le majordome sortit de la pièce, laissant un Lysandre complètement léthargique dans ses draps. Après une poussé de motivation et d’énergie qu’il puisa dans ses dernières ressources, il s’habilla et s’approcha du miroir. Remarquant à cet instant précis qu’il avait une griffure dans le cou, du aux vampires de la veille, ses doigts se posèrent sur les traits rougeâtres où le sang avait déjà coagulé avant de s’attacher les cheveux en sa queue de cheval habituelle.

Après un repas rapide dans son bureau, Lysandre dévala les escaliers de l’extérieur de la bâtisse et se dirigea vers les écuries où se trouvait déjà les deux femmes. Il les salua d’une révérence tout en souriant comme à son habitude.

« Mesdames, bien le bonjour. »

Louise le salua à son tour mais Lysandre n’écouta pas, se dirigeant vers la jument blanche qui s’approchait ainsi que deux palefrois. L’un était gris pommelé et l’autre était d’une robe isabelle. Il laissa les femmes choisir chacune leurs montures et monta sur la sienne, flattant l’encolure de sa jument de toujours.

« Je vais vous emmener aux ruines, vous allez adorer la vue. » Dit Lysandre en lançant sa jument vers un petit sentier derrière la demeure suivit des deux femmes.

A vrai dire, même s’il entendait les voix féminines derrières lui, il n’y faisait pas attention. Essayant de se rappeler de tous les évènements de la veille pour essayer de comprendre comment marchait les visions d’Eyrah. Celle-ci lui avait donné plus de détails que la prochaine fois, et si toutes ses visions étaient comme cela, Lysandre allait pouvoir gagner beaucoup de batailles.

« Dame Eyrah, qu’est-ce que cela fait d’être un vampire ? »

Lysandre se tourna vers les deux femmes en affichant un air des plus surpris, son cheval étant à la même hauteur que les deux autres bêtes. Il se demanda pourquoi Louise posait une question aussi délicate.

Ils arrivèrent devant les ruines d’un ancien château dévoré par la végétation. Lysandre descendit de sa monture et apprécia la vue. Il alla parler mais la jeune femme posa une autre question avec un sourire des plus innocents.

« Ou plutôt, qu’est-ce que cela fait de boire du sang ? »

L’archevêque fronça les sourcils en pensant à Warin, seul avec une vampire qui devait se repaitre de son sang de noble. Il se tourna vers Eyrah, semblant attendre lui aussi une réponse qui pourrait le consoler même s’il savait que la peine et la colère serait toujours là malgré les réponses.
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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Lun 26 Mar - 17:32

Il releva la tête, soudainement intéressé par mes paroles. Sans dire un mot, il empoigna son épée et me tendit sa cape. Je restai surprise. Le fond de l’air s’était rafraîchit avec la nuit tombée, mais j’en avais même pas pris conscience.

« Vous allez attraper froid en restant habillé comme ça. Une servante va venir allumer la cheminée dans un moment. Restez ici… »


Il semblait las.

« La bouteille sur la table basse devrait vous intéressez. Vous devez avoir soif… »

Je venais de revêtir la cape, malgré le fait que je ne pouvais pas réellement attrapé froid, lorsque mon regard se posa sur la carafe. La lueur de la bougie faisait briller le liquide sombre. Trop foncé pour être du vin… Serait-ce…?

« Merci. »

Je restais perplexe devant la porte qui venait de se refermer, n’étant pas certaine de ce que j’avais entendu.

Je n’en fis pas de cas et je m’approchai de la bouteille de cristal. Je retirai doucement le bouchon et l’odeur frappa immédiatement mes narines. Ma gorge se crispa. Il s’agissait réellement de sang. Je regardais autour de moi, ne trouvant point de verre ou de coupe où verser le précieux liquide.
Tant pis.

Je pris la carafe entre mes mains et je bus directement au goulot. Les premières gorgées coulèrent dans ma gorge comme du miel, soulageant enfin ma faim. Je sentis mes crocs poindre sur mes lèvres, malgré le fait que je n’avais rien à mordre. Je m’arrêtai quelques secondes pour respirer, sentant enfin un brin d’énergie parcourir mon corps.

Je recommençai à boire. Il n’en restait que le tiers lorsque la porte s’ouvrit doucement. La voix de Marie s’éleva dans la pièce :

-Le maitre m’a demandé d’attendre avec vous, ma Dame. Je vais allumer le…

Au son de sa voix, je m’étais pratiquement étranglé avec la rasade que je venais de prendre. Elle s’était figée à la vue de la bouteille et du liquide qui colorait mes lèvres et mes crocs.

Je reposai la carafe, avant de me lécher furtivement la bouche. La jeune servante sortit soudainement de sa torpeur et se dirigea sans un mot en direction du foyer qu’elle alluma prestement, le visage penseur.

Alors qu’elle tisonnait les braises, elle dit faiblement :

-Je… Je comprends, vous savez… Je pense...Vous aussi, vous… devez-vous nourrir… Ça serait injuste de vous privez…

Elle se retourna pour me regarder et je lui souris doucement.

-Merci.

Elle détourna les yeux, le temps que je termine le contenu de la bouteille.

J’étais bien plus affamée que je ne l’avais pensé, à prime abord. Je me sentais enfin rassasié et je soupirai de soulagement. Ne plus avoir l’estomac qui criait famine était un sentiment fort agréable. J'avais toujours eu du mal avec les périodes de jeûnes, comme s'il m'était impossible de me passer de sang, contrairement aux autres membres de ma famille.

Je m’approchai du foyer et désignant un siège, je demandai à Marie :

-Je peux?

Elle sembla étonnée et rétorqua vivement :

-C’est vous la Dame ici, je n’ai aucunement le droit de vous dire ce que vous pouvez ou de pouvez pas faire, voyons!

Marie se rendit soudainement compte du pourquoi de ma question, à savoir si elle était à l’aise que je m’assise près d’elle, après ce qu’elle venait de voir.

Rouge de gêne, elle hocha la tête et je pris place près du feu. Il n’était pas trop chaud et c’était suffisant pour chasser l’humidité de l’air nocturne.
Toujours assise sur le tapis, elle se tourna dans ma direction et dit :

-Il semblerait que des vampires vont attaquer prochainement. Je me demande bien comment Sa Seigneurie a pu le savoir.

Je l’a regardai dans les yeux et répondis simplement :

-C’est moi qui l’ai averti…

Elle semblait perplexe, mais n’osa pas demandé plus. Le silence s’installa dans la pièce, coupé seulement par le bruit des flammes qui craquaient dans l’âtre.

J’ouvris les yeux lorsque la jeune servante ouvrit à nouveau la bouche pour me questionner :

-Dites, ma Dame. Quel âge avez-vous, réellement?

C’était une question somme toute anodine et je ne pus m’empêcher de laisser s’échapper un rire léger.

-Pourquoi, réellement?

Marie répliqua rapidement :

-Bien, si vous avez cette apparence, c’est qu’on doit vous avoir mordu lorsque vous aviez un certain nombre d’année et….

Je l’arrêtai, voyant où elle tentait d’en venir. Je lui dis :

-J’ai 17 ans. Réellement. Je suis née vampire. Personne ne m'a mordu.

Elle ouvrait et refermait la bouche, comme un poisson qu’on aurait tiré hors de l’eau. Après une dizaine de secondes de silence, elle s’excusa :

-Pardonnez-moi… C’est que… D’après ce que mon père m’a raconté… Tout les vampires ont été transformé un jour ou l'autre... alors..

La pauvre bégayait des excuses et en réponse, je lui fit un léger sourire et répondis :

-Il n’y a pas de mal… Je suis une anomalie, même pour les miens...


Le silence s’installa une fois de plus entre nous deux. Le regard perdue dans les flammes, je laissai mon esprit vagabonder dans mes souvenirs. Douloureux, certes, vu que je ne revivrais plus jamais ce bonheur en compagnie de ma famille.

Ce fut le bruit des combats à l’étage inférieur qui me sortit de mes pensées. Je jetais un coup d’œil en direction de Marie qui dormait à poings fermés, roulée en boule sur le tapis. Les flammes n’étaient plus que des braises. Je restai sans bouger, écoutant attentivement ce qui se passait dans le Hall. Je me levai lorsque je n’attendis plus rien et je réveillais la servante qui me regardait d’un air ensommeillé.

-C’est terminé. Tu peux redescendre.

Elle s’inclina, un peu maladroitement, et s’éclipsa dans le couloir et je l’ai suivi de près, retournant à ma chambre, après avoir remis la cape sur le dossier d’une chaise. Une fois de retour dans mes appartements, je m’allongeais sur mon lit et entreprit de dormir quelques heures. L’aube pointait à peine et je refermais les teintures du lit pour empêcher le soleil de me déranger durant mon sommeil. Avoir passé la nuit debout m’avait permis de retrouver mon rythme normal.

Quelques heures plus tard, j’entendis quelqu’un ouvrir les rideaux qui me maintenaient dans la pénombre et je plissai le nez, attendant que la lumière du soleil ne me frappe, mais la douleur ne vient pas... Le temps devait être couvert.

Je me retournai sur le côté, cachant mon visage dans les oreillers. C’est la voix de Marie qui me fit ouvrir les yeux :

-Ma Dame, vous devez vous levez. Le Seigneur Lysandre veut que vous l’accompagniez, ainsi que Dame Louise, pour une balade à cheval.

Je me levai en position assise et je soupirai. Ce n’était pas pour me convaincre, mais avais-je réellement le choix?

Je sortis du lit en me frottant les yeux. Je m’assis devant la coiffeuse et je laissai ma servante me brosser les cheveux, pendant que je passais un linge humide et tiède sur mon visage ensommeillé.

Elle tressa ma longue chevelure et attacha la natte autour de ma tête. De cette façon, la tresse ne se balancerais pas dans mon dos durant la chevaucher, mais cela avait le désavantage de montrer la marque de ma nuque.

Je me vêtis rapidement d’une jupe noire, d’une chemise en lin blanc et un surcot bleu nuit, serré à la taille. Je me sentais plutôt inconfortable habillé ainsi, sachant quelle activité j’allais faire.

Disons que les rares fois où j’avais monté, trouvé un cheval n'ayant pas peur d'un vampire étant pratiquement impossible, j’était vêtu d’un pantalon de cuir et non pas d’une jupe…

Je descendis en direction de l’écurie, toujours accompagné de deux soldats, différents cette fois.

J’étais la première arrivée et le jeune garçon d’écurie me salua timidement, me montrant les deux bêtes destinées aux femmes.

Je m’approchai du premier, un palefroi à la robe isabelle qui se rebiffa immédiatement en reculant, les yeux rempli de terreur.

Je m’éloignai, gardant une distance sécuritaire avec les animaux. Ils n’avaient pas été entrainés pour ne pas craindre les vampires, c’était même tout le contraire. Je m’approchai doucement du deuxième, qui avait une magnifique robe gris pommelé.

Il hennit nerveusement, tout en reculant de plusieurs pas et je m’avançai lentement, murmurant des mots doux pour l’apaiser.

Lorsque je fus à la hauteur de ses naseaux, je sortis une pomme d’une poche et, malgré sa réticence, l’animal s’empressa de la croqué. Après sa friandise, il baissa la tête, cherchant probablement si j’avais caché un autre fruit dans mes jupes. Je lui flattais doucement l’encolure, continuant de le rassurer. Je n’allais certainement pas le manger et je tentais de lui faire comprendre qu’il n’avait rien à craindre de moi. Je sentais sa peau qui tremblait sous mes caresses et j'entendais son énorme coeur qui battait la chamade dans sa poitrine. J'étais plus habile avec les chats...

Pendant que je tentais d’apprivoiser le hongre, Dame Louise m’avait rejointe et ne m’adressa pas un mot, préférant discuter avec un palefrenier plus âgé.

Le garçon d’écurie, celui qui m’avait salué lors de mon arrivé, nous demanda timidement comment nous allions monter. Louise répondit rapidement qu’elle prendrait une selle amazone, comme s’il s’agissait de quelque chose d’évident. Lorsqu’il se tourna vers moi, je lui répondis simplement que je monterais normalement.

Quelques minutes plus tard, alors que le garçon était partit avec les
chevaux pour les seller, le Seigneur Lysandre arriva et s’inclina.

« Mesdames, bien le bonjour. »

Les chevaux revenaient, cette fois, accompagnée d’une très belle jument blanche que j’avais, il me semblait, avoir déjà vu…

Je retournai auprès de la bête grise, flattant délicatement son front et je laissai ma main glisser le long de son poitrail alors que je me plaçai à sa gauche. Je plaçais un pied dans l’étrier.

J’empoignai le devant de la selle et je montais en un élan. Je replaçais mes jupes, et j’attendis que le palefrenier aide la Dame à monter grâce à un tabouret, ne pouvant le faire seule.

Une fois tout le monde en selle, nous primes la direction d’un sentier qui se perdait dans le boisé.

- Je vais vous emmener aux ruines, vous allez adorer la vue.

Disciplinez, nos chevaux suivirent la jument de tête, sans que nous ayons réellement besoin de les contrôler, même s'ils essayaient de se tenir le plus loin possible de moi. Après quelques minutes de silence, à écouter les bruits familiers de la forêt -comme cela m’avait manqué- Dame
Louise entreprit de me faire la conversation ce que je trouvais bien étrange, vu sa réaction de la veille à mon égard.

-J’ai ouïe dire que vous jouiez de la harpe?

Je continuai de regarder droit devant moi, en répondant :

-En effet.

-Depuis combien de temps?

Je réfléchis un moment avant de répondre :

-Depuis mes six ou sept ans, je crois.

Elle continua :

-Qui vous a appris? Votre mère?

J’hochais la tête en signe de négation.

-Ma mère n’était douée qu’avec un seul instrument et c’était son arbalète… Ou ses dagues.
C’est un homme, un villageois venu d’Irlande, je crois, qui m’a appris… Pourquoi toutes ses questions?


Elle sourit avant de répondre :

-Rien, j’étais seulement étonnée d’apprendre qu’un être comme vous savait jouer d’un instrument aussi délicat…

Je restai perplexe et ne répondis pas à sa provocation voilée.

-Dame Eyrah, qu’est-ce que cela fait d’être un vampire ?

Je fixai la Dame, d’un air surpris. Il semblerait que je n’étais pas la seule dans cet état d’ailleurs. Je ne répondis pas immédiatement, cherchant les mots justes. Les ruines d’un ancien château, envahis par les plantes grimpantes et autres végétations se montrèrent à notre vue.

Les chevaux s’arrêtèrent et Lysandre descendit de sa jument blanche. Alors que j’allais répondre, Louise me coupa et demanda, avec un sourire innocent plaqué sur les lèvres :

- Ou plutôt, qu’est-ce que cela fait de boire du sang ?

Je souris, voyant peut-être où elle voulait en venir. Je descendis à mon tour de cheval et tout en tenant la bride de ma monture, je me tournai en direction de la Dame et lui dis, en l’a regardant droit dans les yeux, lui renvoyant sa question :

-Qu’est-ce que cela vous fait d’être humain?

Elle sembla surprise de ma réponse, ne sachant quoi répondre.

-C’est exactement cela. Je suis étrangement née ainsi, et vous êtes nées comme vous êtes. Je ne ressens pas la différence, puisque contrairement à d'autres, je ne l'ai jamais connue.

Je tournai mon regard en direction des ruines, la vue était vraiment très jolie. Je continuai :

-Pour ce qui est du sang, ça doit me faire la même chose que lorsque vous mangez un morceau de rôti ou de faisan… Ce n’est que de la nourriture, avec un goût qui varie selon chaque personne. Mais contrairement à vous-je l’a regardai à nouveau dans les yeux- je sais qui m’a offert ce repas et j’en témoigne tout le respect que je peux y donner. Je n’ai jamais tué d’innocent et surtout pas par plaisir, si c’est réellement ce que vous voulez savoir. Il s’agissait toujours de moribond et nous avions la bénédiction de la famille. Ainsi, leurs aimés cessaient enfin de souffrir…

Elle émit un rire étrange et murmurai, croyant que je ne l'entendrais pas

-Un vampire avec des principes...Mensonges.

Je souris, me rappelant quelque chose qu’Augustine m’avait dit un jour :

-Et puis si cela peut vous soulagez, il parait que lorsque la personne est consentante, c’est plutôt plaisant…

Pour ce dernier point, je n’étais pas certaine. Peut-être que mon amie ne m’avait dit une telle chose seulement pour que je ressente moins de remords à la mordre.
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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Lun 26 Mar - 20:32

En regardant descendre Eyrah de sa monture, Lysandre se demanda si la situation allait dégénérer. Et il n’avait ni l’envie, ni la patience pour calmer la situation qui risquait de s’envenimer, il tapota l’encolure de sa jument avant de lâcher les rennes, sachant que sa monture aller rester dans le coin pour brouter en compagnie de l’autre cheval d’Eyrah. Louise quand à elle était toujours sur son palefroi, les épaules hautes et le regard pétillant comme une conquérante devant son trophée.

« Qu’est-ce que cela vous fait d’être humain ? »

Lysandre ne put s’empêcher de sourire devant la mine des plus surprises de Louise. Il tourna la tête, essayant d’empêcher un rire de sortir de ses lèvres.

« C’est exactement cela. Je suis étrangement née ainsi, et vous êtes nées comme vous êtes. Je ne ressens pas la différence, puisque contrairement à d'autres, je ne l'ai jamais connue. »

Il se demanda ce qu’il se serait passé s’il était né vampire ou pire… s’il était né femme. Son imagination commençant à déborder, il se gratta sa gorge d’un air distrait en fixant les ruines. Son regard se portant vers un groupe d’oiseau ayant fait leurs nids dans une vieille tour en ruine.

« Pour ce qui est du sang, ça doit me faire la même chose que lorsque vous mangez un morceau de rôti ou de faisan… Ce n’est que de la nourriture, avec un goût qui varie selon chaque personne. Mais contrairement à vous-je l’a regardai à nouveau dans les yeux- je sais qui m’a offert ce repas et j’en témoigne tout le respect que je peux y donner. Je n’ai jamais tué d’innocent et surtout pas par plaisir, si c’est réellement ce que vous voulez savoir. Il s’agissait toujours de moribond et nous avions la bénédiction de la famille. Ainsi, leurs aimés cessaient enfin de souffrir…»

Lysandre tiqua à un élément des paroles d’Eyrah.

« Et puis si cela peut vous soulagez, il parait que lorsque la personne est consentante, c’est plutôt plaisant… »

Les yeux émeraude se tournèrent vers le visage du vampire, fixant la jeune femme pendant quelques instants avec un sentiment de dégout et d’incompréhension. Les pensées vers son frère était toujours présentes et il ne savait pas s’il devait être heureux ou non que Warin trouve du plaisir dans le fait de servir de repas. Son expression bien que discrète n’échappa pas à Louise qui se mit à sourire et clamer.

« Il est plaisant de se faire mordre ? Que le diable m’emporte si cette fabulation est vraie !
- Dame Louise, vous allez trop loin. Dit Lysandre en fronçant des sourcils, sentant sa patience être à bout.
- Je n’ai rien fait de mal, c’est juste un vampire. Qui est assez bête pour accepter de ce faire mordre par… ces choses.
- Louise.. La voix de l’homme était presque brisée, il se massa sans faire attention la main droite.
- Pourquoi prenez-vous la défense de cette vampire ? C’est à cause d’eux si…
- Cela suffit ! »

Lysandre avait crié sans réellement sans rendre compte, les chevaux furent tout aussi surpris et s’agitèrent vers les ruines. Lysandre fixa le visage embarrassé de Louise qui détourna son regard alors que l’homme retint les rennes du palefroi sur lequel elle se trouvait, calmant la bête.

« Je vous pensais différent, Votre Grâce. »

Il ne put s’empêcher de sourire à cette remarque, répliquant par la même occasion avec une voix sèche.

« N’attendez jamais rien de moi, je vous décevrai toujours. En tant qu’archevêque comme en tant qu’humain.
- Je m’en rappellerai… »

Lysandre fixa l’horizon, essayant de trouver un sujet pour alléger l’ambiance qui était lourde mais rien ne vint. Il sentit dans son dos le regard mystérieux d’Eyrah mais il ne réussit pas à trouver un sujet qui puisse convenir aux deux partis. Il se dit de ne plus jamais laisser les deux femmes ensembles dans une pièce. Ce fut Louise qui se mit à rire discrètement sous le regard des plus curieux de l’homme.

« Votre Père m’avait prévenu que vous seriez brusque avec moi.
- Je ne sais pas comment je dois prendre le fait que mon père vous donne des conseils. » Dit Lysandre avec un sourire.

La main de Louise se posa sur celle de l’homme, elle porta un regard lourd de sens à l’encontre de l’autre jeune femme mais un bruissement se fit entendre prêt du trio.

« Un renard ? » Demanda Louise, en fixant les ruines remplis de végétation.

Lysandre quand à lui porta son regard vers sa prisonnière pendant quelques temps, essayant de voir si elle savait quelque chose puis il mit sa main à sa ceinture quand un nouveau bruissement plus proche se fit entendre. Cependant sa main ne rencontra que du vide, Lysandre avait oublié son épée à la demeure.
Chose qu’il ne faisait jamais d’habitude.
Etait-ce la fatigue qui l’emportait ?
Ou alors la nouvelle venue.
Il se maudit intérieurement, il avait certes toujours un petit poignard accroché à sa cheville mais face à un animal plus gros qu’un renard ou plus agressif, il n’avait guère de chance. Surtout que des loups trainaient dans ce coin de la France et avaient de moins en moins peur de l’homme. Il alla donner une directive à la femme aux cheveux de feu mais un bruissement se fit de nouveau entendre et sortit des fourrés deux femmes.

« Qu’avez-vous fait de nos amis ? Demanda la première, la voix rauque.
- Quels amis ? » Demanda Louise, serrant plus fort les rennes de son palefroi. Celui-ci d’ailleurs commença à s’agiter, soufflant plus fort de ses naseaux.

Lysandre ne répondit pas, essayant en tant que stratège de chercher une solution, une alternative à une attaque qui semblait imminente. Il remarqua que les deux personnes étaient habillées comme des vagabonds, comme les vampires qui avaient voulu les attaquer peu avant l’aube.

« Votre Grâce, que faisons-nous ? Demanda Louise
- Où sont nos amis ?! » Cria la femme en s’approchant plus. L’autre quand à elle, fixait juste le cheval avec un air étrange sur le visage.

La première femme qui semblait la plus téméraire s’approcha d’un pas et Lysandre remarqua les canines acérées, il se mit à soupirer, essayant de trouver les mots pour ne pas que la situation s’aggrave.

« Vous n’avez plus d’amis.
- C’est un noble ! Un chasseur de vampire ! » Cria la femme.

Le vampire se mit à s’énerver et crier, Lysandre comprit à cet instant qu’il n’avait peut être pas utilisé les bons termes et fit alors un pas de côté. Frappant le palefroi où se trouvait Louise pour le faire partir aux triples galops alors que le vampire fou de rage courrait vers eux. Il n’eut même pas le temps de réagir qu’il remarqua que la femme agressive ne venait pas vers lui mais vers l’autre celle aux cheveux de feu.

« Eyrah ! »

Lysandre sortit rapidement son poignard et le lança droit dans le dos du vampire, la faisant tomber en avant. Cela ne la tuerait peut-être pas mais la ralentirait pour que la prisonnière de l’Archevêque puisse s’échapper.

« Espèce de monstre ! »

La voix féminine enrouée surpris Lysandre et à peine se retourna t-il dans sa direction que la vampire lui sauta dessus comme un félin, essayant de le mordre à la jugulaire. Lysandre essayait tant bien que mal d’échapper aux canines qui s’approchaient dangereusement de sa peau, il donna un coup de poing dans les côtes de la femme et essaya de la repousser. C’est alors qu’elle changea de tactique et au lieu de s’attaquer à la gorge de Lysandre, lui mordit violemment la main droite.

Le Pieux réagit tout aussi rapidement, se dégageant la main en donnant un coup avec son poing de libre, ce qui la fit tomber le côté. Il se positionna alors sur le corps de la femme qui tentait de reprendre ses esprits et ses deux mains se posèrent sur le coup mince du vampire.

« Pitié ! » Gémit-elle.

Lysandre ne dit rien, fixant juste le monstre assoiffé de sang dans les yeux tout en serrant ses doigts de plus en plus fort pendant des secondes qui lui semblèrent une éternité. Il continua de l’étrangler même quand la jeune femme ne se débâtit plus. Lysandre regarda le corps de la jeune femme et se souvint qu’il y avait encore un autre ennemi. Il se leva tant bien que mal en se massant la main, son gant blanc devenant au fur et à mesure rouge sombre, il se tourna vers Eyrah et l’autre femme avant de sourire en fixant la scène.

« J’imagine que vous allez bien, Dame Eyrah. »
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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Lun 26 Mar - 21:35


« Il est plaisant de se faire mordre ? Que le diable m’emporte si cette fabulation est vraie ! »

Elle est probablement vrai… Ou pas, pour ce que j'en savais.

« Dame Louise, vous allez trop loin. »

En effet…

« Je n’ai rien fait de mal, c’est juste un vampire.Qui est assez bête pour accepter de ce faire mordre par… ces choses.»

Pardon? Je vis soudainement rouge et je commençai à m'imaginer en train de mordre le cou gracile de la femme pour lui apprendre une bonne leçon, lorsque la voix de l’Archevêque me sortit de mes pensées...

« Cela suffit ! »

J’assistai à leur échange sans dire un seul mot. Je me sentais blessé par les paroles de Dame Louise. ‘’Juste un vampire’’. Comme si je ne pouvais pas ressentir d’émotion, seulement parce que je suis née avec des crocs et une alimentation limitée, c’était… Rageant.

Le cri soudain du Seigneur Lysandre fit fuir les chevaux en direction des ruines. Les rennes de mon palefroi me glissèrent entre les doigts. Je laissai l’animal aller. Dans le pire des cas, il connaissait instinctivement le chemin pour rentrer jusqu’à son écurie.

« Je vous pensais différent, Votre Grâce. »

Il répliqua d’une voix sèche :

« N’attendez jamais rien de moi, je vous décevrai toujours.En tant qu’archevêque comme en tant qu’humain »

« Je m’en rappellerai… »

Je ne savais plus où me mettre. Cette conversation ne me concernait plus réellement. Je laissais mon regard vagabonder sur le paysage magnifique et sauvage. Une légère brise vint soulever le bas de mes jupes. Il sentait bon et frais, comme l’était cet après-midi d’été. Je tournais mon regard pour fixer le dos de cet homme qui me retenait contre mon gré.

J’aurais pu profiter de ce moment pour m’échapper. Il n’était pas armé et ce n’était pas à pied qu’il me rattraperait. Je levai ma main, effleurant la marque dans mon cou. Je pouvais m’enfuir, mais pour aller où? Je ne connaissais rien des environs. Je savais que nous étions proches de Paris, mais je n’étais jamais allée à la capitale. J’ignorais même dans quelle direction se trouvait cette dernière de plus, mon apparence ne passait pas inaperçu.

Louise se mit à rire, les yeux pétillants, toujours bien assise sur sa docile monture.

« Votre Père m’avait prévenu que vous seriez brusque avec moi. »

« Je ne sais pas comment je dois prendre le fait que mon père vous donne des conseils. »

Un bruissement dans les fourrés attira mon attention, me détournant du geste ambiguë et du regard étrange que m’envoyais l’autre femme présente. J’humais l’air, mais celui-ci était à contre sens.

« Un renard ? »

Non. Les renards étaient malins, tout comme les animaux plus gros. Ils savaient qu’ils devaient se tenir loin de créature comme moi, qui pouvait aisément mettre fin à leur vie.

Je maudis mes visions. Elles ne venaient jamais quand j’en avais réellement besoin.

Mon regard glissa en direction de la main de Lysandre qui ne rencontra que du vide au niveau de sa ceinture. Il n’avait pas apporté l’épée qui avait trôné fièrement dans son bureau la veille. Un autre mouvement dans les buissons laissa apparaître deux femmes. Le vent tourna soudainement de direction, alors que des nuages noirs comme de l’encre s’amoncelaient au Sud et je perçus enfin leurs odeurs. Des vampires. En cavale depuis un certain moment, au vu de leurs apparences misérables.

« Qu’avez-vous fait de nos amis ? »

Sa voix était rauque, étrange dans la bouche d’une femme.

« Quels amis ? »

C’était Louise qui avait parlé d’une voix fluette. Elle ne semblait pas encore prendre l’ampleur de ce qui était en train de se passer, mais son cheval, nerveux, lui avait parfaitement compris.

Je sentais leurs faims, comme si elle suintait par tous les pores de leur peau. Elles étaient affamées et perdues, ce qui les rendait encore plus dangereuses.

Mon corps s’était tendue. Je savais qu’elles n’hésiteraient à pas s’en prendre à l’un des leurs si c’était pour manger. Ce genre de vampire n’avait aucune morale.

« Seigneur Lysandre, que faisons-nous ? »

« Où sont nos amis ?! »

Je suivais l’échange, attentive au moindre mouvement brusque qu’elles auraient pu commettre.

« Vous n’avez plus d’amis. »

Ça c’était une très mauvaise idée…

« C’est un noble ! Un chasseur de vampire ! »

En une claque sur sa croupe, la monture de Louise s’élança au triple galop,
évitant les vampires enragées. Je vis la Dame s’accrocher fermement à l’encolure de l’animal. Je l’a plaignais presque, la selle à cornes n’était pas faite pour galoper…

« Eyrah ! »

Lorsque j’entendis mon nom être hurler, je reportai mon attention sur la vampire téméraire qui s’était élancé dans ma direction. J’entendis un poignard siffler. Il se ficha dans le dos de celle qui m’affrontait, ce qui lui laissa une grimace de douleur sur son visage pâle. Alors qu’elle fonçait vers moi, je ne fis que reculer un pied et souplement, je passai sous ses bras tendus comme des serres. Je tournais sur moi-même, mon corps frôlant le sien et j’aboutis dans son dos. Elle semblait des plus surprises. Le vent souffla dans mon dos, souleva quelques mèches qui s’étaient défaites de ma coiffure.

La brise parvint à la vampire qui se retourna en me regardant étrangement. Elle dit, de sa voix rauque :

-Tu es comme moi. Tu es aussi une vampire! Que fais-tu avec ce chasseur?

Son ton était pressant et accusateur. Un regard en direction du Seigneur Lysandre m’appris qu’il se débattait avec l’autre vampire qui tentait de lui mordre la jugulaire.

-Ce n’est pas par choix…

Elle ouvrit les bras, souriant cruellement et dévoilant ses crocs aiguisés.

-Alors vient avec nous! Aide-moi à tuer cet homme et tu pourras partir!

Je l’a détaillais de bas en haut, avant de rétorquer :

-Je ne fais pas alliance avec des assassins.


Un cri de rage s’échappa de ses lèvres et elle s’élança à nouveau vers moi. J’appliquais le savoir que ma mère m’avait transmis, mais j’avais le mérite d’être un peu plus vive que les humains de la Guilde.

Je glissai à nouveau sous son bras. L’idiote ne protégeait même pas ses flans. Du plat de la paume, je lui envoyais un coup dans les côtés qui lui coupèrent le souffle. Elle tenta de me griffer, mais j’attrapais sa main pour frapper au niveau de l’articulation du coude qui craqua. La vampire s’effondra au sol, autant affaiblit par ses blessures que par son manque d’alimentation.

Je retirai la lame d’entre ses omoplates, pendant qu’elle me grondait après, incapable de se relever. Son souffle était court, j’avais dû frapper ses côtes plus fortement que je ne l’avais cru.

« J’imagine que vous allez bien, Dame Eyrah. »

Je levai la tête en direction de celui qui venait de me parler. La vampire au sol se mit à gronder de plus belle.

-En effet, je vais parfaitement bien.

Elle siffla entre ses dents, tout en se relevant sur ses genoux :

-Traitresse!

Je lui répondis simplement :

-Je préfère être une traitresse qu’un assassin sans foi, ni loi. De plus, entre vous et moi, c’est moi qui serai encore en vie ce soir…

Je lui enfonçais la lame profondément dans les côtes gauches, atteignant facilement son cœur qui cessa de battre en quelques secondes.

Je me rappelais, lorsqu’enfant, j’avais vu mes parents tués des vampires pour la première fois. Je n’avais pas compris à ce moment-là, pourquoi ils avaient mis fin à la vie d’être comme nous.

Mais il s’agissait d’un vampire dangereux, complètement ivre de sang et qui avait tué une bonne dizaine de personnes avant de se faire prendre par les membres de la Famille qui avaient juré de protéger les villages avoisinant la demeure. Ils n’avaient fait que rendre justice aux familles des victimes. Un vampire incapable de se contrôler ne méritait pas de rester vivant…

Je plongeais la lame du poignard dans la terre pour le nettoyer de son sang. Je me relevai et secouai mes jupes avant de me diriger vers le Seigneur Lysandre, sans le quitter des yeux. Je lui rendis son poignard, garde vers l’avant. Après l’avoir déposé, disons-le, un peu brusquement dans ses mains, je lui dis :

-Vous semblez surpris.

C’était plus une remarque qu’une question. Probablement qu’il ne s’attendait pas à ce que je sache me défendre de la sorte. Je me retournai en direction des chevaux qui revenaient vers nous au petit trot.
Je continuai :

-Ma mère était membre de la Flamme Éternelle, avant. Pour elle, il n’était pas question que sa fille ne sache pas se défendre seule…

J’attrapais les rennes de ma monture et je lui flattais l’encolure pour la calmer puisqu’elle piaffait nerveusement.

Je jetais un coup d’œil en direction des deux cadavres de vampire. Le boisé était assez épais, alors y mettre le feu ne serait peut-être pas une bonne idée.

Un roulement de tonnerre mit fin à mes pensées. Les orages étaient courants en cette fin d’été.

-Nous devrions nous dépêcher à rentrer ou nous finirons tremper jusqu’aux os…

Quel dommage pour cette balade…

Je remontais d’un bond sur ma monture, attendant que le Seigneur fasse de même.
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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Lun 26 Mar - 22:04

Lysandre s’avançait vers les deux vampires mais en gardant tout de même une distance de sécurité, il ne savait pas comment se déroulait le cycle de la soif de sang des vampires et son gant imbibé de sang pouvait se retrouvait fatal pour lui. S’en sans rendre compte, la respiration de Lysandre était devenue plus calme et plus détendue quand il avait vu que sa jeune protégée était en sécurité et savait se défendre.

L’autre vampire, à terre, grondait comme un animal sauvage. Lysandre ne lui adressa même pas un regard mais son air des plus satisfaits et amusés suffisait en lui-même pour exprimer sa victoire.

« En effet, je vais parfaitement bien. »

La main blessée de Lysandre glissa derrière son dos tandis qu’il se mit à faire son éternel sourire en direction des deux femmes. C’est à ce moment-là que l’homme remarqua le poignard dans la main d’Eyrah.

« Traitresse ! Dit la vampire sauvage.
- Je préfère être une traitresse qu’un assassin sans foi, ni loi. De plus, entre vous et moi, c’est moi qui serai encore en vie ce soir… »

Eyrah acheva l’autre membre de son espèce et Lysandre ne put qu’exprimer de la surprise. Pourquoi n’avait-elle pas profité de l’attaque pour s’enfuir avec les autres vampires. Echapper à Lysandre mais surtout à la Flamme éternelle. Etant l’unique héritière, Eyrah pourrait facilement remettre en place un clan de vampire comme fût la Famille. Soit la jeune femme avait accepté son sort comme outils de Lysandre le Pieux, soit elle avait un plan derrière la tête, ce qui semblait le plus vraisemblable pour l’Archevêque. Elle tendit l’arme blanche et Lysandre fixa l’objet avant de tourner son regard vers la jeune femme.

« Vous semblez surpris. »

Lysandre haussa des épaules d’un air nonchalant, sachant qu’il n’avait aucunement besoin de répondre à cette remarque. Il fixa les deux bêtes revenir, une fois le danger passé et il se dirigea vers les deux chevaux, suivant Eyrah quand celle-ci parla.

« Ma mère était membre de la Flamme éternelle, avant. Pour elle, il n’était pas question que sa fille ne sache pas se défendre seule… »

Lysandre s’approcha de sa jument, lui caressant lui aussi l’encolure avant de se tourner vers le ciel de plus en plus sombre quand un grondement sourd et menaçant vient des nuages.

« Nous devrions nous dépêcher à rentrer ou nous finirons tremper jusqu’aux os… »

L’archevêque baissa son regard vers les corps sans vies des deux femmes.

« Les animaux feront le nettoyage. » Dit-il avec une voix dénuée de toute émotion.

Lysandre monta à la suite de la jeune femme sur la monture. Commençant à avancer à la même allure qu’Eyrah. Il se massa la main, engourdie et douloureuse mais n’enleva pas pour autant son gant. Essayant de cacher de façon inconscient son passé qu’il tentait lui-même d’oublier.

« Je connais tout du passé de votre mère, elle était une femme intelligente. Faire partie de la Flamme éternelle… Ce n’est pas facile d’être une femme dans ce milieu, elle aurait pu aller loin si… »

Lysandre posa son regard vers Eyrah, regardant son visage de jeune femme et essaya de l’imaginer enfant. Il se dit que cela aurait peut-être été plus facile de la manipuler et de l’utiliser si elle avait était grande comme trois pommes.

« Si elle n’avait pas rencontré un jour son ennemi naturel. Mais je ne vous apprends rien, surement. »

Lysandre ne put s’empêcher de soupirer, se demandant comment son frère avait put suivre lui aussi cette voie. Il aurait put tout gagner, une femme, un pouvoir conséquent, hériter de la famille Le Pieux et le voilà en cavale, hypnotisé par une bête sanguinaire.

« Cela me semble tout droit sortit d’un conte pour enfant ou d’histoires entre gamines… Il faudra que je fasse attention, j’ai l’impression que les vampires peuvent prendre le cœur des humains en un claquement de doigts. » Dit-il comme pour lui-même avant de rire.

Ils arrivèrent vers les écuries, deux palefreniers sortirent pour s’occuper des bêtes, quand le vieux majordome arriva avec une épée dans les mains, l’air visiblement perplexe suivit de la servante Marie. Lysandre descendit de la jument, cachant sa main dans sa poche et prenant un air des plus amusés.

« Et bien Charles, pourquoi tiens-tu cette arme ? Tu vas te couper…
- Votre Grâce, Dame Louise est arrivée aux triples galops et à peine à telle posé pieds à terre qu’elle s’est évanouie donc j’ai pensé qu’il vous étiez arrivés malheur à tous les deux. »

Lysandre se mit à rire discrètement avant de reprendre son sérieux sous le regard du majordome. Celui-ci donna son arme au palefrenier, le chef des servants ne semblant pas très à l’aise avec les lames, il tapa dans ses mains vers Eyrah.

« Dame Eyrah, votre harpe est arrivée, j’espère que vous avez l’habitude de jouer d’un instrument bas de 26 cordes car c’est le seul que j’ai pu trouver. Marie ! Emmène notre Dame pour la changer. Monsieur...
- Je sais me débrouiller tout seul, Charles. » Dit Lysandre en partant vers les grandes portes de la demeure.

Une fois dans son bureau, Lysandre se posa contre son siège, fixant le ciel de plus en plus sombre et ou l’orage grondait comme un animal sauvage. Feuilletant le journal de la mère d’Eyrah tout en essayant de faire abstraction du bandage fait à la va vite sur sa paume droite, le seul bruit qui faisant écho dans la pièce fut le tapotement des gouttes de pluie contre les carreaux et le crépitement du feu. Un bruit de cris d’hystérie de Louise et de conversations des servantes pour calmer la jeune femme se firent entendre et Lysandre soupira, se demandant quand est-ce que la maison serait calme.

« Quand elle sera partie… » Souffla t-il.

Lysandre porta son regard sur la harpe vers les sièges, se disant qu’il la ferait changer de place le lendemain. Apparemment, les servants n’avaient pas très bien entendu le lieu ou devait se trouver l’instrument de musique car le bureau de l’Archevêque ne semblait pas être l’endroit de prédilection pour jouer de la musique. Il se leva, soudainement curieux et se dirigea vers l’objet en question. Admirant le travail fait sur les boiseries, les détails sur l’instrument représentaient des roses et des lierres ce qui n’était certes pas au goût de l’homme mais il portait un profond respect pour celui qui avait fait ça. Ensuite, ce fut le tour des cordes, Lysandre ne savait pas en quel animal c’était fait mais l’utilisation de boyau pour jouer de la musique le rendait perplexe.

« Et après, ce sont les soldats qui sont cruels… »

Lysandre tendit ses doigts vers les cordes, créant un son sans aucune mélodie mais tout de même assez doux pour ses oreilles. Il n’allait certes pas y jouer, car il ne savait pas mais juste le fait de faire glisser ses doigts sur les cordes fines et fragiles le rendait amusé et curieux de comment cet instrument marchait.

Il voulu entendre un morceau et demanda à une servante qui passait par là de faire venir Eyrah. Il s’installa dans son fauteuil, attendant la jeune femme alors que dehors, la pluie ne semblait ne jamais s’arrêter. Quand la porte s’ouvrit, Lysandre se mit à sourire, regardant la jeune femme tout en lui désignant l’objet dont elle savait y faire du menton. Sa main droite caché sous le bureau.

« Me feriez-vous le plaisir de jouer une mélodie ? »
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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Mar 27 Mar - 4:12

« Les animaux feront le nettoyage. »

J’hochais imperceptiblement de la tête, c’était en effet la seule solution possible. L’Archevêque monta sur sa jument et prit les devant, mon palefroi suivant docilement l’allure du cheval de tête. Une odeur de sang me parvint et j’aperçus du coin de l’œil le gant blanc qui avait viré au rouge qu’il tentait de dissimuler.

« Je connais tout du passé de votre mère, elle était une femme intelligente. Faire partie de la Flamme éternelle… Ce n’est pas facile d’être une femme dans ce milieu, elle aurait pu aller loin si… »

J'avais remarqué qu'il avait pris le carnet de ma mère durant l'attaque de notre résidence. N'avait-il aucune honte de lire les écrits privés d'une femme? Je notais mentalement de le récupérer plus tard.

Je ne connaissais pas vraiment la Flamme et ceux qui en faisait partie. Ma mère m’avait seulement appris à me défendre, comme on lui avait appris quand elle était enfant.  Mon incapacité à utiliser une arbalète correctement l’avait d’ailleurs plutôt déçu. Heureusement pour elle qu’Augustine c’était révélé plus doué que moi dans ce domaine…

J’avais les yeux fixés sur la route, mais je sentais le regard du Seigneur posé sur moi et je me demandais bien à quoi il pouvait penser.

« Si elle n’avait pas rencontré un jour son ennemi naturel. Mais je ne vous apprends rien, surement. Cela me semble tout droit sortit d’un conte pour enfant ou d’histoires entre gamines… Il faudra que je fasse attention, j’ai l’impression que les vampires peuvent prendre le cœur des humains en un claquement de doigts. »

Je me retiens de répondre. En quoi aimer pouvait-il être malsain? Parfois, je ne comprenais pas les humains…

Au détour du boisé, je finis par apercevoir les écuries et le manoir. Ma monture s’ébroua lorsque l’un des palefreniers s’approcha et attrapa mes rênes. Je descendis souplement de cheval et je remarquai le majordome, ainsi que Marie qui semblaient nous attendre.  

« Et bien Charles, pourquoi tiens-tu cette arme ? Tu vas te couper…


« Maître, Dame Louise est arrivée au triple galop et à peine à telle posé pieds à terre qu’elle s’est évanouie donc j’ai pensé qu’il vous étiez arrivés malheur à tous les deux. »

Entre temps, Marie s’était approché de moi et semblait vouloir s’enquérir de mon état de santé. Je fis un geste pour le montrer que je n’avais strictement rien. Lorsque Charles frappa dans ses mains, je sursautais légèrement sur place et je tournai mon regard dans sa direction.

« Dame Eyrah, votre harpe est arrivée, j’espère que vous avez l’habitude de jouer d’un instrument bas de 26 cordes car c’est le seul que j’ai pu trouver. Marie ! Emmène notre Dame pour la changer. Monsieur...»

« Je sais me débrouiller tout seul, Charles. »

J’étais restée sans bouger, surprise. Une harpe? Je sentis Marie qui m’entrainait vers la demeure. Au moment de passer le porche, je sentis de grosses gouttes froides s’écraser sur ma tête. Je me tournai vers la servante pendant que nous gravissions les marches qui menaient à l’étage.

-Que voulait-il dire par «ma harpe est arrivée»?

Elle se retourna dans ma direction, tout sourire, les yeux brillants d’excitation :

-C’était un secret! Lorsque vous m’aviez parlé que vous jouiez, je suis allée informer Charles et voilà, il a fait venir l’instrument directement de Paris.
J’ai eu du mal à ne pas vous en parlez hier soir…

Lorsque j’entrai dans ma chambre, une large et profonde bassine fumante m’attendait.

-J’ai fait préparer un bain, j’ai pensé que vous alliez être recouverte de poussière en revenant…

Je ne pensais pas que vous reviendriez si rapidement, alors l’eau est encore très chaude.

Je remerciai la servante et je me déshabillais, avant de me glisser dans le liquide bouillant.

C’était agréable, malgré la chaleur. La pluie résonnait fortement contre les carreaux des fenêtres et le tonnerre roulait dans le ciel. Je regardais autour de moi, cherchant la harpe du regard. Mes doigts me démangeaient et j’avais la pressante envie de jouer. Peut-être l’apporteraient-ils dans mes appartements un peu plus tard?

Après m’être lavée, je sortis du bain et je m’habillais rapidement d’une robe simple, d’un rouge profond.

Marie me sécha les cheveux avant de me les tresser et elle me demanda des détails sur ce qui s’était produit dans le boisé. Je ne voulais pas lui révéler que j’avais froidement tué un membre de ma propre race, alors je lui racontais donc l’incident dans les grandes lignes.

Le silence se fit entre nous deux lorsqu’on entendit les cris hystériques de Dame Louise et je me retiens de rire.

-Ma Dame, vous ne devriez pas rire d’une telle situation, Dame Louise est…

Elle ne semblait pas être en mesure de trouver les bons mots et elle se tut. Quelques instants plus tard, une servante toqua à la porte et entra dans la pièce. Elle n’osa pas lever les yeux dans notre direction et nous dit simplement que l'Archevêque me convoquait dans son bureau.

Je tournai mon regard en direction de Marie qui souleva les épaules, comme pour montrer qu’elle n’était pas plus au courant que moi.
Je sortis de la chambre et l’un des soldats posté en garde me suivit jusqu’au bureau. Je cognai deux fois pour m’annoncer, avant d’entrer. Le regard du Seigneur Lysandre était posé sur moi et il souriait. Je me demandais soudainement ce qui pouvait lui passer par la tête. Il me désigna d’un geste, l’instrument qui reposait dans un coin de la pièce.

« Me feriez-vous le plaisir de jouer une mélodie ?

Je souris imperceptiblement, sentant la fébrilité me gagner. J’hochais la tête pour donner mon accord, souhaitant plus jouer pour moi-même que pour lui, avant de me diriger vers l’instrument. Je passais une main tremblante de joie sur le bois de rose sculpté. La caisse de résonance était délicatement peintes de roses et de vrilles, les même dessins ayant été pris dans le bois de l’arche et sur les côtés de la caisse. On pouvait y voir tout
le soin que le Luthier y avait mis, pour en faire un magnifique objet de grande qualité.

J’avais hâte de faire résonner l’instrument

Je pris place sur l’un des sièges et j’appuyais la harpe, étonnamment légère, sur mon épaule droite. Je fis résonner chaque corde séparément, appréciant leurs sons et l’ajustant grâce aux chevilles si elles n’étaient pas parfaitement accordées.

Je pinçais les cordes et d’instinct une mélodie me revint. Le son était clair et apaisant. Un sourire flottait sur mes lèvres, je me sentais bien.

https://www.youtube.com/watch?v=WTe6t6eyUQ4

C’était une musique au rythme quelque peu changeant, parfois plus rapide et entrainant, parfois plus doux.

Au bout de quelques minutes, j’arrivais au bout de la partition que je connaissais par cœur et je glissais mes mains sur toutes les cordes, provoquant un mélodieux crescendo. Je posai mes mains à plat sur l’instrument, faisant du même coup cessé la vibration.

Je levai la tête et je remarquai, dans l’embrasure de la porte, une dizaine de visages qui me regardaient. Je ne pus m’empêcher de rougir. Je n’avais jamais joué pour autant de personnes. En fait, le plus souvent, j’étais soit accompagnée d’Augustine qui s’assoyait sur le tapis et brodait pendant que je jouais ou bien, je me retrouvais seule dans la pièce.

Une voix s’éleva parmi les serviteurs massés à l’entrée.

-N’avez-vous pas du travail?

À la simple intonation de Charles, tous se dispersèrent, comme une volée de moineau. Je tournai mon regard en direction de l'Archevêque et dis :

-Le contenu de ces lettres ne va pas vous plaire… Et, ce n'est qu'un conseil, mais la sécurité du prochain festival de la Capitale devrait être renforcée...

Pendant que je jouais, j’avais eu une brève vision. Pas très net, mais je venais d’en communiquer l’essentiel. De plus, je ne voulais pas tout révéler devant Charles. J'ignorais jusqu'à quelle mesure les serviteurs étaient au courant pour mes dons.

Le Majordome entra dans la pièce après avoir fait fuirent tous les employés, sauf les gardes en poste. Il tendit deux missives à son maitre :

-Elles viennent tout juste d’arriver par coursier, Monsieur. L’une de votre père et l’autre… Du Roi.

Je n’écoutais pas le reste de l’échange et je retournai plutôt à mon instrument. Je pinçais à nouveau les cordes, mais de manière plus douce.
La sonorité de la harpe en était grandement diminuée, rappelant une brise légère qui soufflait dans les feuilles ou le clapotis discret d’un ruisseau.

https://www.youtube.com/watch?v=qvyijUMqp_U

Spoiler:
 
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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Mar 27 Mar - 15:36

Dans sa robe rouge sombre, la jeune femme traversa rapidement la pièce pour se trouver vers la harpe sous le sourire des plus amusés de Lysandre. Celui-ci s’installa correctement dans son siège, observant le spectacle qui allait commencer. Eyrah plaça la harpe à hauteur de son épaule et la mélodie envahit la pièce pour s’échapper vers le couloir, dehors, la pluie sembla moins bruyante comme pour que toute la demeure puisse entendre la mélodie.

Lysandre continuait à observer la jeune femme si particulière, le sourire aux lèvres, celle-ci semblait apprécier le petit présent et Lysandre ne savait pas vraiment s’il avait accepté la harpe pour faire plaisir à Eyrah ou bien si cela était comme pour autre chose.

Alors qu’il voulut se lever pour s’approcher plus proche de la musicienne, son regard se porta vers la porte entrebâillée ou sortait une dizaine de tête de servants, ceux-ci semblaient eux aussi apprécier la mélodie et ils croisèrent le regard de leur maître qui leur fit signe de rester le temps de la chanson.

La musique prit fin lentement, sous les soupires des servants qui en voulaient encore et sous l’éternel sourire de Lysandre qui se retenait de demander un encore. Eyrah se mit soudainement à rougir en remarquant ses spectateurs et l’homme mit une de ses mains à sa bouche étouffant un rire moqueur qui aurait surement pas plut à la dame. Une voix grave et connu de tous se fit soudainement entendre dans le couloir :

« N’avez-vous pas du travail ? »

Les servants disparurent aussi vite qu’ils étaient venus et Lysandre regarda la scène quand la voix d’Eyrah se fit entendre :

« Le contenu de ces lettres ne va pas vous plaire…Et ce n’est qu’un conseil, mais la sécurité du prochain festival de la Capitale devrait être renforcée… »

Lysandre ne répondit pas, retenant juste les informations avant de regarder Charles entrer dans la pièce, tendant deux lettres qui ne l’enchantaient guère.

« Elles viennent tout juste d’arriver par coursier, Monsieur. L’une de votre père et l’autre…Du Roi.
- Bien, va me chercher du vin.
- Entendu. »

La musique se fit tout doucement entendre alors que la porte se referma pour ne plus que les serviteurs trop curieux viennent assister au spectacle. Lysandre posa la lettre du Roi sur le bureau, ne travaillant pas directement pour lui. Il n’avait donc pas l’obligation de l’ouvrir en premier. Et puis, la lettre qui allait surement ne pas lui plaire venait surement de son paternel, il détacha donc la ficelle collé à la cire et sortit une seule feuille. Au plus ses yeux glissèrent le long du papier taché d’encre, au plus ses sourcils se froncèrent devant le sarcasme et les moqueries couchés sur papier. Si son père ne lui disait pas grand-chose d’important, le tenant juste informé des évènements, il y avait cependant des phrases qui touchaient l’égo et la patience de l’Archevêque : J’espère que ta protégée profites de la magnifique vue qu’offre la demeure et je suis sûre qu’elle respire la joie de vivre quand elle sait qu’elle va passer sa vie à être sous tes ordres (qui doivent certainement être des plus lassants). A-t-elle des informations sur Warin ou bien la laisses-tu d’abord prendre ses aises dans tes quartiers ? Ou alors est-ce la jeune et innocente Louise ?

Lysandre plia la lettre et la plaça sous un livre, essayant de garder bonne allure et il ouvrit la deuxième missive, lisant rapidement la lettre lui ordonnant de façon implicite de venir à une audience des plus importantes. Curieux, Lysandre essaya de relire la lettre en regardant s’il n’y avait pas d’information caché mais rien que sa curiosité pouvait se satisfaire.

Le majordome toqua à la porte et entra, tenant un plateau ou trônait deux verres et une bouteille en cristal remplis d’un liquide dégageant une odeur des plus reconnaissables. Le majordome posa le plateau et fit le service, posant sur une petite table à côté de la demoiselle tandis que Lysandre attrapa le sien.

« Fait préparer une calèche, quelle soit prête le plus vite possible.
- Bien. J’imagine que Béatrice restes ici.
- Oui…
- Votre absence sera longue ?
- Deux ou trois jours, je ne compte pas m’attarder trop longtemps dans la capitale.
- Je comprends Votre Grâce »

Lysandre regarda le majordome, celui-ci semblait étonnamment curieux, lui qui ne voulait jamais se mêler des affaires de ses maitres.

« Charles… Qu’est-ce que tu manigances ? »

Le majordome se redressa sur lui-même avant de pointer de façon courtoise, mais polie Eyrah de la main.

« Et bien, vu que Dame Eyrah n’a pas de garde-robe personnelle, j’avais décidé de faire venir Monsieur de l’aiguille mais vu je vais attendre votre retour. »

Le visage de Lysandre se mit à blêmir et un air dégouté vint sur sa tête sous le sourire du Majordome. Monsieur de l’aiguille, au nom des plus significatifs était un être assez étrange et extraverti pour cette époque malgré son génie en matière de couture. Si son goût pour les tissus et les couleurs plaisaient toujours car il savait comment assembler les vêtements selon les saisons et les personnalités des gens, son caractère des plus farfelus agacait pas mal de clients. Et Lysandre n’échappait pas à la règle des humains, essayant d’avoir le moins de contact avec lui pour garder une santé mentale normale.

« Fais le venir pendant mon absence !
- Mais Votre Grâce, vos vêtements aurait aussi besoin d’un coup de neuf.
- J’en prendrais à la Capitale, ne t’occupe pas de moi !
- Bien. »

Le majordome se dirigea vers la sortie avant de s’arrêter, tournant son regard vers Eyrah. Il appréciait bien sûr la musique mais ne voulait pas que son maître le surprenne en train de complimenter le fameux vampire.

« Ah, Votre Grâce ! Dame Louise à décider de rester encore quelques jours en plus à la demeure. »

Lysandre n’eut même pas le temps de répondre que la porte se referma, il s’enfonça encore plus dans son siège, faisant tourner le vin dans son verre en pensant au futur voyage. Il ne put s’empêcher de soupirer toute son flegme avant de se rendre compte qu’il n’était pas tout seul dans son bureau. Il se tourna vers la jeune femme et fronça les sourcils.

« Pourriez-vous… »

Lysandre arrêta sa phrase, essayant de trouver une autre façon de le dire. Il posa le verre sur la table et se releva, s’approchant d’Eyrah avant de se mettre devant elle, caressant le bois de la harpe de façon discrète. Sa main droite dans sa poche.

« Est-ce possible que vous ne vous battiez pas avec Dame Louise pendant mon absence ? »

L’homme n’avait non seulement aucune envie de partir mais il avait encore moins envie de retrouver sa demeure en morceau parce que les deux femmes en seraient venues aux mains. Il tapota la harpe, ne sachant soudainement pas comment se comporter. Il recula et se dirigea vers la porte, décida d’aller se préparer pour sortir.

« Ah, et faîtes attention à ce diable de couturier… »

Il ouvrit la porte et tomba nez à nez avec deux servantes, la première était facilement reconnaissable et la deuxième était un jeune apprenti de la maison. Les gardes eux, se remirent rapidement en position.

« Marie… Qu’est-ce que vous faites là ? »

La servante se redressa, gênée et chercha en rougissant une excuse. Même si Lysandre savait que c’était pour écouter la harpe, il soupira et ouvrit la porte plus grande, laissant passer les deux femmes avant qu’il jette un regard noir aux soldats.

« Entrez aussi mais rappelez-vous que vous êtes en service.
- Oui, Votre Grâce ! »

Les deux hommes hochèrent la tête et entrèrent dans le bureau. C’était d’ailleurs la première fois que Lysandre voyait autant de personne dans sa pièce fétiche, à croire qu’Eyrah commençait à changer son monde. Sur cette pensée, il se maudit intérieurement et se dirigea vers ses quartiers, refermant la porte en la claquant.

Devant une grande fenêtre, habillé tout de noir et de bleu, Lysandre, l’air visiblement énervé et impatient fixait l’extérieur où la pluie ne semblait pas s’arrêter. Autour de lui, les danseurs et les autres invités s’agitaient, parlaient et riaient. Alors qu’il était en pleine réflexion des plus sombres, une main se posa sur son épaule et une voix paternelle se fit entendre malgré le bruit environnant.

« Tu as l’air tellement de mauvaise humeur que tu fais fuir toutes les dames. »

Lysandre tourna juste la tête vers son père, le regardant avec un air des plus irritables.

« Je pensais que c’était une urgence…
- Le Festival est d’une grande importance. »

Le plus jeune soupira sous le rire moqueur du plus sage.

« J’ai remarqué que la garde avait été renforcée, très bonne initiative.
- Tu me complimente ? Demanda Lysandre, l’air partagé entre la surprise et le doute.
- Ne prends pas tes grands airs, je trouve ça juste plus judicieux vu les personnalités présentes. »

Lysandre regarda la salle, parmi les danseurs se trouvaient des membres importants de la Flamme sacrée dont un membre de la famille du Pape, mais aussi des membres de la famille Royale.

« Comment va Louise ?
- Bien… Je pense. Souffla Lysandre avant de prendre un verre de vin tendu par un serviteur, son père fit de même.
- Tu penses ? Une jeune femme dort sous ton toit et tu ne sais pas comment elle va ?
- Je suis Archevêque pas tavernier. »

Lisiard regarda son fils, celui-ci sirotait son vin avec un air des plus satisfaits sur son visage car il arrivait à exaspérer son père en moins de quelques minutes.

« Ah, je te jure… Et ta fameuse protégée ?
- Je ne sais pas, elle est étrange.
- Elle n’a pas essayé de s’enfuir ?
- Non, aussi surprenant que cela puisse être.
- Elle doit savoir qu’elle n’a aucun choix, elle a eu des visions ?
- Oui, elles se sont révélées exactes et… étonnamment précises.
- Bien… essayes d’en des informations cruciales et… parles lui de Warin.
- Entendu. »

Un serviteur s’approcha d’eux et souffla à l’oreille de l’Archevêque qui partit sous le regard ennuyé de son Père.

Le bruit des sabots sur la route, les roules grinçant par moment et faisant faire des mouvements brusque à la calèche était la seule chose qui s’entendait dans cette région de la France. Lysandre essayait de ne pas s’endormir dans son habitacle, regardant la route, la forêt et se laissant éblouir par les rayons de soleil qui lui avait étrangement manqué. Après quelques heures de route, la calèche s’arrêta enfin devant la demeure et Lysandre en descendit, s’étirant de tout son long devant les grandes portes. Il bailla et monta les quelques marches, les portes s’ouvrirent pour laisser place au majordome qui le salua.

« Et bien Charles, je dois t’avouer que j’avais peur de retrouver la demeure en ruines.
- Bien le bonjour Votre Grâce ! Tout c’est bien passé ? Dit le majordome en faisant abstraction de la remarque.
- Oui, comme d’habitude.
- Je vous laisse vous reposer dans vos quartiers alors, la route à été surement longue.
- D’accord. »

Lysandre gravit les marches du grand escalier et se retrouva dans le couloir, sans réfléchir, il ouvrit la porte et se stoppa net, la surprise se reflétant sur son visage.

« Oh, Bonjour… »
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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Mer 28 Mar - 0:58

Je continuai de jouer doucement, pendant que le Seigneur Lysandre lisait les missives qu’il venait tout juste de recevoir. Après quelques minutes, Charles revint, un plateau contenant une carafe de vin ainsi que deux coupes, dans les mains.

Il me versa un verre, avant de servir son maître. Je fixai la coupe pendant quelques secondes, avant de retourner à mon instrument. Le son m’avait tellement manqué, je prendrais le vin plus tard…

« Fait préparer une calèche, qu’elle soit prête le plus vite possible. »

« Bien. J’imagine que Béatrice restes ici. »

« Oui…»

« Votre absence sera longue ? »

« Deux ou trois jours, je ne compte pas m’attarder trop longtemps dans la capitale. »

« Je comprends Votre Grâce »

Béatrice? Je compris soudainement qu’il s’agissait de la jument de l'Archevêque... Quel drôle de nom pour un animal.

La pluie continuait de tapoter contre les fenêtres du manoir et je préférais de pas suivre la conversation ou plutôt, je la suivais d’une oreille distraite.

« Charles… Qu’est-ce que tu manigances ? »

« Et bien, vu que Dame Eyrah n’a pas de garde-robe personnelle, j’avais décidé de faire venir Monsieur de l’aiguille, mais je vais attendre votre retour. »

Je levai la tête à l’évocation de mon prénom. Même si je ne regardais plus les cordes, mes doigts continuaient de les pincer de manière automatique. Je remarquai le visage blême et dégoûté du Seigneur Lysandre. Ce maître couturier devait être particulièrement étrange pour susciter une aussi vive réaction.

Je grimaçais intérieurement. J’avais toujours pu choisir mes propres vêtements et je savais que dans ce petit univers qu’était celui de la noblesse humaine, c’était les couturiers qui, d’une certaine façon, prenaient ce genre de décisions. Laisser un étranger me dire ce qui m’allait et ne m’allait pas était… curieux…

Peut-être changerais-je d’idées lorsque je verrais les créations de cet homme, après tout.


« Fais le venir pendant mon absence ! »


« Mais Votre Grâce, vos vêtements aurait aussi besoin d’un coup de neuf. »

« J’en prendrais à la capitale, ne t’occupe pas de moi ! »

« Bien.»

La dernière note de la mélodie résonna longuement dans la pièce et j’en profitais pour prendre une gorgée de vin avant de me remettre à jouer. Il était doux et sucré, d’un beau rouge velouté.

« Ah, Votre Grâce ! Dame Louise à décider de rester encore quelques jours en plus à la demeure. »

Le serviteur sortit finalement de la pièce et le Seigneur soupira fortement. Je me remis à pincer les cordes, entama une musique un peu plus rythmé et difficile, mais toujours aussi douce.

Je sentis son regard sur moi, mais je conservai les yeux fermés, déterminée à ne pas lui prêter attention. Je devais me concentrer uniquement sur la mélodie changeante et envoûtante.

« Pourriez-vous… »

Je continuai de jouer, imperturbable, alors qu’il caressait les veloutes habilement sculpté dans le bois de rose

« Est-ce possible que vous ne vous battiez pas avec Dame Louise pendant mon absence ? »

J’ouvris enfin les yeux pour les lever dans sa direction. Je murmurai dans un souffle, mes doigts continuant toujours la mélodie, comme s’ils avaient leurs volontés propres :

«Cela ne dépend pas que de moi…»

Je le suivais des yeux alors qu’il sortait de la pièce.

« Ah, et faîtes attention au ce diable de couturier… Marie… Qu’est-ce que vous faites là ? Entrez aussi mais rappelez-vous que vous êtes en service. »

« Oui, Votre Grâce ! »

J’avais suivit la conversation en réprimant un sourire. La curiosité de Marie était incorrigible. Je lui souris alors qu’elle s’approchait, accompagné d’une jeune fille que je n’avais jamais vue.

Je terminai la chanson en faisant résonner toutes les cordes. Marie me présenta la jeune servante en formation, répondant au nom de Danielle. Devant le regard pétillant des jeunes femmes, je leurs proposa d’essayer l’instrument.

Danielle répondit timidement à la négative, d’un hochement de tête, mais Marie ne se fit pas prier pour s’asseoir sur le tabouret. Je déposai le lourd instrument sur l’épaule et je lui montrai comment placé ses doigts. Je sirotai ma coupe de vin tout en me retenant de rire devant la mine concentré de la servante qui peinait à aligner deux notes.

Quelques instants plus tard, alors que la pluie martelait les carreaux, la servante proposa d’apporter l’instrument dans mes appartements. Les deux soldats en garde s’empressèrent d’empoigner la lourde harpe, fier comme des coqs devant les deux jeunes femmes. Pour ma part, j’avais les yeux rivés sur l’objet, m’assurant que dans leur empressement, ils ne l’abîmeraient pas.  

Une fois la harpe déposée dans ma chambre, ils retournèrent à leur poste devant la porte, mais je perçus le regard de l’un deux sur la jeune Danielle.
La jeune servante s’excusa, ayant des tâches à terminer en cuisine avant la tombée de la nuit. Pour sa part, Marie prit place derrière moi, alors que je mettais remise à jouer après m’avoir changé en chemise de nuit, brossant mes boucles couleur de feu.

«Pardonnez-moi, ma Dame. Je vais devoir y aller pour la nuit…»

La voix de Marie me sortit de ma torpeur. Je regardais par la fenêtre, assombrie par la pluie et le soir qui était tombée.

«Je ne pensais pas qu’il était si tard. Tu peux disposer.»

Je me remis à mon instrument, jouant plus doucement, maintenant qu’il était si tard. Le son m’avait tellement manqué et me permettait de vider mon esprit. Malgré mon calme, des larmes brûlantes dévalèrent mes joues.

Je me rappelais lorsque Augustine s’asseyait sur le tapis pour broder pendant que je jouais. Elle disait que je l’inspirais et elle était bien plus douée que moi dans ce domaine.

J’enchainais les musiques, l’une après l’autre, jusqu’à ce que mes doigts engourdis demandent grâce. Plus aucun son ne me parvenait du manoir et les chandelles baignaient dans leurs cires, presque éteintes. Je soulevai le lourd instrument de mon épaule et je me dirigeai vers la fenêtre sombre, où la pluie continuait de se déverser. Elle était entrouverte et un vent frais de fin d’été s’infiltrait à l’intérieur. Je pris place sur le rebord, ma tête appuyée contre les barreaux froids, les genoux contre ma poitrine, observant l’eau qui coulait le long des carreaux.

Je ne sût pas quand je m’endormis, mais à un moment où je me sentais vaciller entre l’éveil et le sommeil, j’entendis la porte s’entrouvrir. Une lumière vacilla derrière mes paupières closes, mais je n’arrivais pas à bouger. Le peu de sommeil que j’avais eu, après avoir passé la nuit éveillée la veille, me rattrapait.  

Deux voix s’élevèrent, mais je ne compris que partiellement leurs conversations :

«Elle s’est endormie…»

«Mais quelle perspicacité…»

La première voix émit une insulte sourde à l’égard du deuxième avant de reprendre :

«On ne devrait pas la laisser dormir comme ça, au coin de la fenêtre. Imagine qu’elle tombe malade pendant notre garde, l'Archevêque nous remettrait ça sur le dos…»

«Ne te fais pas avoir par son minois angélique, c’est un vampire, nom de dieu. Elle pourrait t’égorger comme un porc si l’envie lui prenait. Ça ne tombe jamais malade, ces créatures là...»

Je sentis qu’on me soulevait de mon appui avant de me déposer sur le matelas en plume. Je manquais quelques bribes de la conversation :

«Elle a presque l’air humaine…»

«Tu n’étais pas là lorsqu’elle a été capturé, cela se voit. Elle est tout sauf humaine. On n’était pas assez de trois pour la retenir, une vraie furie. C’est elle qui a cassé les côtes de Maurice. D’un simple coup de coude. Tu sais pourtant comme il est costaud, et il portait sa cuirasse, pardis! C’est un démon je te dis.»

Les voix semblèrent s’éloignées et je ne compris pas ce que la première
répliqua. Alors que la porte se refermait et que mon esprit retombait définitivement dans le sommeil, j’entendis la deuxième voix répliqué :

«Ah, toi et ta faiblesse pour les femmes…»

Le jour était bien entamé, mais la pluie continuait de marteler les carreaux, et ce, plus fortement que la veille. Je me tournais dans mon lit, cachant ma tête dans mes oreilles de plumes en soupirant, soudainement prise d’un élan de paresse.

C’est le rire qui résonna dans la chambre que me fit ouvrir les yeux. Je soulevai ma tête lourde pour fixer mon regard sur la servante qui m’observait. Je murmurai, les lèvres sèches :

«Marie…»

Elle cacha son rire derrière sa main.

«Désolée, ma Dame. Je ne voulais pas vous réveillez.»

Je m’assis contre le montant de lit et demandai :

«Quelle heure est-il?»

Elle fit une révérence, au moment où la porte s’ouvrait sur la jeune apprentie, Danielle qui portait une carafe d’eau.

«Passé midi… Normalement, le maitre de l’Aiguille aurait dû venir aujourd’hui, mais les routes sont impraticables à cause de la pluie… Vous n’avez donc rien de prévu à votre emploi du temps… et comme vous sembliez tant apprécier votre lit…»

Elle se retient de rire devant l’autre servante. Marie était plutôt taquine, après avoir passé sa gêne initiale des premiers jours. C’était plaisant d’avoir quelqu’un avec qui discuter qui vous considérait comme une personne normale et non pas comme un monstre qui risquait de la dévoré à n’importe quel moment. Comme Augustine.

Les deux servantes se précipitèrent vers moi. Marie, un brin de panique dans le regard, me demanda :

«Vous allez bien? Vous vous êtes faites mal quelque part?»

Je fronçais les sourcils, ne comprenant pas pourquoi elle me posait ce genre de question. Ce fut Danielle qui répondit à mon interrogation silencieuse :

«Vous pleurez…»

Je frottai ma joue avec la paume de la main pour découvrir une larme scintillante et salée.

Je secouai la tête et sourit d’un air triste, pour les rassurer. Je ne m’étais même pas rendue compte que les larmes s’étaient mise à couler.

«Ce n’est rien, juste un mauvais souvenir…»

Ma façade avait momentanément craquée. Je devais paraitre forte dans cette demeure où vivaient des gens qui souhaitaient ma mort. Je ne pouvais pas leur montrer cette faiblesse…

Je devais seulement attendre le bon moment et les laisser croire que j’étais inoffensive. Je n’avais rien contre les serviteurs comme Marie, qui n’exécutaient que les ordres…

Mais ma rage et ma tristesse grondaient toujours sous la surface calme que je laissais paraitre et ce n’était pas en quelques - semaines? Jours? - que ces dernières allaient disparaître.

La journée passa lentement, sous la grisaille. Le manoir n’était parcouru que de murmure, comme si même les serviteurs étaient atteints par la morosité du temps extérieur. J’avais essayé de passer le temps comme je le pouvais, en lisant un livre que j’avais trouvé dans la bibliothèque, un peu plus intéressant que le premier que j’y avais pris. En fin d’après-midi, j’étais finalement retournée sur ma harpe. Marie s’occupait de faire l’inventaire de ma garde-robe, mettant de côté les articles qui ne faisaient pas. Cela serait plus simple par la suite de déterminer ce qui manquait et de dresser une liste pour le couturier, avait-elle dit.

Je soupirai en jouant les yeux fermés. Je devais pincer les cordes depuis au moins une heure lorsque j’entendis la porte de la chambre s’ouvrir.

J’entrouvris les yeux pour voir Charles, le majordome, déposé une carafe d’eau et un verre sur la table basse. Soudainement,  un parfum de femme monta directement à mes narines et je reconnu sa porteuse. Si elle était pour venir me narguer jusqu’ici…

«C’est donc vrai, ce que j’ai entendu dire. Vous jouez comme un ange…»

Je ne relevai pas le sarcasme, continuant de jouer. Mais les mains de
Louise se plaquèrent sur les cordes, stoppant net la mélodie.

«Regardez-moi quand je vous parles.»

J’ouvris les paupières pour fixer mes pupilles rouges comme le sang dans les yeux de l’humaine qui me toisait de haut. Elle lâcha mon instrument pour reculer de quelques pas, effrayé par mon regard inhumain. Elle avait dû oublier la singularité de mes yeux. Sa servante qui l’a suivait de près laissa échapper un glapissement terrifié et recula nerveusement.

Je pris finalement la parole, pensant mes mots.

«Je ne vous doit absolument rien… Je vous prierais de quitter cette chambre, vous n’y êtes pas la bienvenue.»

Elle retient un ricanement. Cette femme avait plusieurs visages et à moi, elle ne me laissait voir que son masque de mépris et de haine.

«Vous dites que vous ne me devez rien… Mais à cause de monstre tel que vous, j’ai perdu la dernière personne qui comptait à mes yeux! Mon père est mort à cause de…»

Elle s’arrêta de parler, alors que des larmes de rage perlaient au coin de ses yeux. Pour ma part, j’avais remis la harpe à sa place et je m’étais levée d’un bond. J’étais aussi en colère qu’elle. Je lui répondis, vrillant mon regard dans le sien :

«Votre Père était un chasseur et il connaissait les risques de son métier. Vous avez peut-être perdu votre parent à cause d’être comme moi, mais pour ma part, c’est plus d’une vingtaine de personne chères à mon cœur que des hommes comme votre père ont lâchement assassiné dans leur propre demeure.»

Je n’avais pas levé le ton et c’était ce qui me rendait encore plus menaçante. Ma voix ressemblait plus au sifflement de la vipère qu’au chant du rossignol. Je ne lui laissai pas le temps de rétorquer et je m’approchais d’elle, alors qu’elle tentait de s’éloigner, mais comme un lapin embusqué, elle s’était figée.

«Si la Flamme ne nous avait pas attaqué, votre père serait encore en vie. C’est à eux que vous devez reprocher sa mort, pas à moi… Nous ne faisions que nous défendre. N’importe quel humain qui aurait vu son domaine attaqué aurait réagi de la même façon. »

Elle s’exclama :

«Il est du devoir de la Flamme Éternelle d’éradiquer tous les vampires!»

Je lui tournai le dos en répliquant :

«Vous mettez tous les vampires dans le même panier. Vous nous avez attaqués alors que nous avions fait vœux de ne jamais nous en prendre aux humains sans leurs permissions. Maintenant, par la faute de votre maudite Flamme Éternelle, les villageois que nous avions jurés de protéger vont probablement mourir eux aussi…»

«Les humains qui protègent des monstres ne valent pas mieux qu’eux… Vous dites que vous n’avez jamais tué d’humains sans aucunes raisons et pourtant, des soldats m’ont dit que vous avez planté une dague dans le dos de la seule humaine de votre maison. Trahis par ceux qui l’avait recueilli, j’espère qu’elle br…»

Avant même qu’elle ne termine sa phrase j’avais revu le visage couvert de larmes et de suie de mon amie, alors que la vie quittait ses yeux. Des larmes brûlantes dévalaient mes joues. J’avais empoigné le verre sur la table basse et je m’étais retournée d’un bloc, balançant son contenu à la figure de la femme. Je m’écriais :

«Ne médisez plus jamais sur Augustine ou n’importe quel autres membres de ma famille! Ou cela ne serait pas de l’eau qui trempera votre chemisier la prochaine fois, mais votre sang…»

J’entrouvris les lèvres sur mes crocs saillants, alors que je sentais les veines apparaîtres sur ma peau, et Louise recula, horrifier, avant de balbutier :

«Vous… vous n’oseriez pas…»

Je rétorquais entre mes dents :

«Vous voulez parier?»

Elle se retourna et sortit, vive comme un courant d’air, sa suivante sur ses talons. Lorsque ses boucles disparurent derrière la porte, ma colère retomba d’un coup et je m’effondrais sur mes genoux.

Mon regard glissa sur Charles et Marie qui étaient restés silencieux durant tout l’échange. Je me relevai, les bras croisés sur ma poitrine, alors que la servante s’était précipitée pour éponger l’eau qui imbibait le tapis.
Je dis, d’une voix chevrotante :

«Sortez. Tous…»

Marie se releva et me glissa un regard désolé, avant de quitter la pièce. Alors que le Majordome allait faire de même, je lui dis :

«Charles… Je vous en pries, pas un mot de cet incident au Seigneur Lysandre.»

L’homme s’inclina et répondit :

«J’ignore de quel incident vous voulez parler, mademoiselle.»

Et il sortit, comme si de rien n’était. Je me précipitai vers la serrure pour la verrouiller. Mon dos glissa le long de la porte et, enfin seule, je laissai libre cours à ma peine.

Un faible rayon de soleil me chatouilla le visage et je me cachais rapidement les yeux avec ma manche. Je sentis qu’on me secouait et j’entrouvris les yeux pour apercevoir Marie qui me souriait.

«C’est la matin, ma Dame… Par tous les Saints, vous avez une mine affreuse. Je vous fais préparer un bain…Vous portez encore vos vêtements de la veille.»

Je lui envoyai un regard intrigué et lui demandai :

«Comment as-tu…»

Elle me coupa en me montrant la clef dans sa main.

«Vous aviez verrouillé la porte hier et Charles nous a ordonné de vous laisser un peu seule.»

Elle me tendit sa main pour m’aider à me relever et je me sentis raide d’avoir sommeiller dans une position plus qu’inconfortable. Ma poitrine me faisait souffrir dû au corset avec lequel j’avais dormit.  

Elle me déshabilla pendant que Danielle et d’autres servantes remplissaient avec de l’eau bouillante, la cuve qu’elles avaient fait porter dans la pièce.  Marie attacha mes cheveux en un chignon haut, considérant qu’ils n’avaient pas besoin d’être lavés. Lorsque la cuve fut pleine et que l’eau arrêta de fumer, j’entrai dans le bain en soupirant. J’appuyais la tête contre le coussin placé sur le rebord et ferma les yeux.

«Détendez-vous, je reviens dans une vingtaine de minutes … Le maitre de l’aiguille arrive bientôt, je dois aider à préparer son arrivée.»

J’hochais la tête et conserva les yeux fermés. Je ne sais pas combien de temps je restai ainsi, mais lorsque l’eau commença à refroidir, j’entrepris de me laver rapidement. Pratiquement dès que j’eu terminé, la porte s’ouvrit doucement sur la servante, tenant un épais tissu de bain entre les mains.

Alors que je me levai, dos à la porte et que Marie déroula le drap de bain pour  envelopper mon corps menu, la porte s’ouvrit à nouveau.

« Oh, Bonjour… »

Je me figeais au son de la voix familière, l’eau dégoulinant le long de mon dos blanc comme le lait et marqué au fouet, alors que mon regard s’était tourné en direction de la silhouette masculine. Marie s’était aussi figée dans une expression de surprise. Après quelques secondes qui avaient semblé duré une éternité, je pris soudainement conscience de ma nudité et en poussa un hoquet de surprise, je m’empressai de me rasseoir dans la cuve, le visage maintenant aussi rouge que ma chevelure de feu. Mais mon pied dérapa sur le fond en bronze et je glissai entièrement dans l’eau. Je ressortis en reprenant mon souffle et en crachant l’eau savonneuse qui s’était glissée dans ma bouche, mes cheveux collés à mon visage brûlant.  

«Ma Dame, vous allez bien?»

Le tout s’était passé si rapidement…

Mais Marie n’attendit même pas ma réponse pour se précipiter vers le Seigneur Lysandre qui se tenait toujours dans l’embrasure de la porte. Elle le poussa dans le dos en lui intimant de sortir. Je l’entendis murmurer :

«Je vous en pries, faites comme si vous n’aviez rien vu…»

Elle claqua la porte derrière lui avec empressement et soupira contre le montant.

Elle s’empara du drap de bain qu’elle avait fait tomber et tenta de me faire sortir de l’eau. Je secouai la tête, les bras autour de me genoux.

«Vous ne pouvez pas rester dans ce bain pour toujours, ma Dame.»

Elle m’aida à sortir, alors que je restai muette comme une tombe. Marie défit mes cheveux détrempés et les essora.

«Au moins, nous avons deux heures avant l’arrivée du maitre couturier pour vous séchez et vous préparez…»

Finalement, deux heures plus tard, on entendit effectivement les sabots et le roulement d’une calèche dans la cour. La servante regarda par la fenêtre et dit :

«Oui, c’est bien lui qui arrive…»

Elle se plaça à nouveau derrière moi pour terminer mon chignon. Je ne portais qu’une simple robe en coton brut, aux longues manches et attaché par un lacet sur le devant.  

Je suivis Marie jusqu’à la pièce où se trouvait le couturier. J’entrais dans la pièce après qu’on m’ait annoncé et je pris place sur une chaise, ne sachant pas vraiment où me mettre, ni ce que je devais faire d’ailleurs. Jamais personne ne m’avait habillé auparavant.

L’homme se retourna pour me saluer et sembla se figer devant ma chevelure, disons-le, plutôt singulière.

«Ah, justement la Dame que je désirais voir!»

La porte s’ouvrit quelques instants plus tard et le couturier afficha un large sourire.

«Entrez, prenez place!»

Je n’osai même pas me retourner pour connaitre l’identité de la personne qui venait d’entrer. D’une certaine façon, je le savais déjà…
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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Mer 28 Mar - 13:42

En regardant le corps visiblement nue d’Eyrah, Lysandre se demanda comment il avait put autant se tromper de chambre. Il mit ça sur le compte de la fatigue et voulut s’excuser quand la jeune femme exprima sa surprise et tomba dans la bassine.

Même si Lysandre avait du mal avec les femmes, il savait à ce moment-là qu’il ne devait absolument pas rire devant cette scène des plus comiques. Il se mit donc à se mordre violemment les lèvres, observant la scène sans toutefois bouger pour voir si elle ne s’était pas blessé ou bien tout simplement sortir en faisant comme si rien ne s’était passé.

« Ma Dame, vous allez bien? »

La servante se tourna vers Lysandre et gonfla ses joues quand elle le vit commencer à rire. Elle le força à sortir et avant de fermer la porte, lui murmura avec les joues rouges d’embarras.

« Je vous en pries, faites comme si vous n’aviez rien vu…
- Je ne pense pas en être capable… »

Marie prit un air exaspéré sous les rires de Lysandre et lui ferma la porte au nez tandis qu’il continuait à rire en se dirigeant correctement vers sa chambre. Juste avant d’entrer dans celle-ci, il croisa Charles avec un pichet d’eau qu’il allait apporter à Louise.

« C’est rare de vous voir de si bon humeur.
- Ce sont juste les nerfs qui lâchent, Charles. »

Lysandre ouvrit la porte de sa chambre quand la voix du vieil homme se fit de nouveau entendre.

« Si vous compter dormir, essayer le lit, il parait que c’est un meuble très confortable.
- Merci du conseil, Charles. » Dit Lysandre avant de refermer la porte.

Sans même prendre le temps de se déshabiller correctement, Lysandre se jeta sur son fameux lit et quitta ses chaussures, les lançant dans un endroit inconnu de la chambre. Il ferma les yeux, esquissant un sourire au souvenir d’Eyrah et la fatigue l’emporta.

« Votre Grâce… Votre Grâce, le couturier de l’Aiguille vous attend. »

Lysandre n’ouvrit même pas les yeux, fronçant juste les sourcils.

« Fais le attendre un peu…
- Votre Grâce, faire attendre un maitre aussi renommé que Monsieur de l’aiguille n’est pas très recommandé.
- Je viens de rentrer d’un voyage, je peux quand même..
- Il est avec Dame Eyrah. »

Lysandre se leva d’un bond, remettant ses vêtements rapidement tout en cherchant ses chaussures sous le regard impassible du majordome qui se caressa la barbiche d’un air des plus détendu.

« Votre Grâce, pourquoi êtes-vous si pressé ? J’avais cru comprendre que cela ne posait pas de problème que Dame Eyrah soit avec Monsieur de l’aiguille. »

Enfilant avec difficulté sa première botte, Lysandre tourna son visage d’un air énervé et impatient.

« Justement, je n’avais pas pensé qu’il pourrait lui parler de moi ! Déjà qu’elle me voit comme… Ah ! Je vais me faire ridiculiser par ce… Ah ! Foutu botte ! Tant pis ! »

Lysandre envoya valser la dite chaussure à l’autre bout de la pièce, partant de sa chambre pieds nus sous le regard amusé de Charles.

Marchant avec une vitesse se rapprochant de la course, Lysandre arriva en quelques minutes devant la porte de la chambre d’amis, il ne frappa même pas et entra telle une bête sauvage dans la pièce.

« Entrez, prenez place! »

Lysandre fit quelques pas dans la pièce, fixant l’homme devant lui. Donatien de l’aiguille n’était pas couturier pour rien : ses longs doigts semblaient avoir leurs volontés propres, toujours en train de bouger comme des pattes d’araignée. Son visage fin au nez en trompette lui donnait un air des plus sournois alors qu’une élégante petite barbiche brune venait accentuer son menton pointu qui se levait avec un air des plus narcissiques devant Lysandre. Les yeux émeraudes de l’Archevêque fusillèrent ceux chocolat de l’homme qui élargit son sourire tout en se caressant les mains.

« Palsambleu Lysandre, tu as vraiment besoin de moi !
- Pas de blasphème ! » Lança Lysandre d’un air des plus énervés.

L’homme s’approcha aussi rapidement qu’une vipère de Lysandre, observant dans les moindres détails la tenue froissée du chasseur de vampire.

« Comment peux-tu aller voir le Roi dans cette tenue ?
- Tu sais très bien que j’ai une tenue officielle pour aller…
- Oui, oui ! On sait ! Répondit le couturier en levant la main, se dirigeant vers Eyrah.
- Ne me coupe pas la parole, Donatien… »

De l’aiguille ne l’écoutait pas, s’approchant d’Eyrah avec un sourire aux lèvres.

« Vous êtes magnifique ! Vous ressemblez à un renard ! Non un oiseau ! Un cardinal rouge ! Merveilleuse petite bête si fragile et si rare ! Non mieux ! Une pivoine ! Vous avez déjà une pivoine de Chine ? Magnifique fleur ! Oui, une fleur médicinale ! Elle enrichit le sang je crois, enfin les chinois disent qu’elle consolide le Yin mais je divague, levez vous et déshabillez-vous pour que je vous regarde ! »

Alors que le couturier alla poser ses mains sur la jeune fille afin de l’aider à se déshabiller, Marie toujours présente dans la pièce prit un air affolée et posa une main sur l’épaule du vampire tout en faisant un regard sous-entendu au couturier.

« Allons derrière les paravents Monsieur de l’aiguille ! »

Le couturier prit un air des plus attristés en regardant Eyrah.

« Vous ne devriez pas avoir honte de votre corps mais l’exposer à la vue de tous, vous êtes une réelle beauté ma chère ! Et ce n’est pas Lysandre qui va me contredire ! »

Lysandre tourna le visage vers le mur, comme pour échapper à cette scène dont il ne voulait pas faire partie. Le couturier se mit à rire et Marie aida Eyrah à se déshabiller à l’abri du regard de Lysandre, derrière le paravent. Donatien, sans gêne suivait les deux jeunes femmes disant qu’un artiste était obligé de voir sa toile vierge pour pouvoir la peindre, il sortit ses instruments dont Lysandre ne connaissait ni les noms, ni les utilités.

« Lysandre, restes ici car c’est toi qui passe à la casserole après ! »

Ne servant visiblement à rien à part être ridiculisé, Lysandre s’assit sur le fauteuil. Regardant avec un air faussement détachés le paravent en fer forgé où une tapisserie blanche et rose décorait l’intérieur, empêchant de voir les corps des personnes qui discutaient.

« N’ayez pas peur jeune femme, je ne vous ferrais rien de louche ! Marie ! Ne me regardez pas comme ça, il faut bien que je mesure son tour de taille ! Et bien, vous avez de quoi rendre jalouse certaines femmes ma chère ! » S’exclama le couturier suffisamment fort pour que Lysandre entende tout.

Lysandre se calla un peu plus dans le siège, regardant les dessins roses représentant des fleurs.

« Oh ! C’est normal que Dame Louise soit jalouse, vous êtes très mince ! Elle doit se sentir tellement menacée par votre beauté supérieure à elle… Et l’intelligence aussi !
- Je ne te savais pas hypocrite.. Grogna Lysandre, ne voulant pas entendre la langue de vipère du couturier.
- Tout le monde l’est ! » Clama Donatien Marie, soulevez lui les quelques mèches qui trainent, je ne veux pas lui abimer sa si jolie chevelure… Mais ! C’est… Palsambleu !
- Pas de blasphème… » Souffla Lysandre machinalement.

Le couturier sortit du paravent et s’approcha vers Lysandre qui fronça les sourcils en se demandant quelle mouche avait piquée De l’aiguille.

« Tu as brûlé cette pauvre fille ! Pesta Donatien.
- Je ne l’ai pas brûlé… Je l’ai marqué. Répondit Lysandre en affichant un sourire.
- Ne joues pas sur les mots ! Vous les hommes ! Dès que vous avez quelque chose, vous avez peur qu’elle s’échappe et vous mettez une étiquette dessus ! Pauvre enfant !
- Tu es un homme… Dit Lysandre en se relevant, sentant l’impatience le gagner.
- Et puis, je croyais que l’Archevêque ne pouvait pas se marier ! Et voilà que je te trouve avec deux femmes dans le manoir ! Beugla De l’aiguille en agitant les bras.
- Ce n’est pas ce que tu crois…
- Ah, quelle est ton excuse ? C’est ta maîtresse ? Tu n’as pas honte ?
- Ce n’est pas ma maîtresse !
- Tu as repris nos vieilles habitudes alors ! Elle n’est pas un peu jeune pour toi ?
- Donatien… Avec tout le respect que je te dois…
- Ah, ne me parles pas de respect quand tu brûles une pauvre enfant ! Espèce de Pyromane !
- C’est un vampire ! Je la marque pour ne pas qu’elle s’enfuit ! » Cria Lysandre avant de se frotter l’arrête du nez.

Donatien baissa les bras et les croisa en silence, Lysandre se demanda si ce moment de calme aller durer longtemps ou si le couturier allait partir en criant au monstre quand celui-ci ouvrit la bouche.

« Oh ! Une vraie ? Comme dans les rumeurs ? Merveilleux ! Je n’en avais jamais vu ! Et ça n’excuse pas le fait que tu l’as blessé ! Pauvre fille !
- Tu sais qu’elle nous entend… » Souffla Lysandre.

Le couturier se retourna vers le paravent et leva les bras en l’air comme s’il venait d’avoir l’illumination.

« Ma chère ! Pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt ? Pas de cachoterie entre nous !
- Il faudrait lui laisser le temps de parler… Tu ne t’arrêtes jamais ! Clama Lysandre en se repositionnant dans son siège.
- Non, je suis un moulin à parole mais je dis des choses intéressantes ! Pas comme une certaine demoiselle dans cette demeure qui n’a fait que me parler de vous ma chère et de toi, le Pyromane !
- Je ne veux pas savoir…
- Je ne parlais pas à toi, Archevêque ! Mais à ma nouvelle Amie ! Dis moi, ma chère, qu’elle couleur te plairait ? Du rouge ! Comme tes cheveux ! Ça mettrait en avant ce magnifique collier ! Ah, mais il faudrait des fils d’or pour faire un rappel…»

La voix du couturier se fit de nouveau entendre mais Lysandre n’écoutait pas, ses yeux fermés, il s’était décidé à se reposer pendant quelque minutes. Il avait certes peur que le couturier révèle à la vampire que Lysandre et Warin avait connu le couturier dans les quartiers chauds de Paris et connaissait très bien les deux frères.

Lysandre posa son coude sur l’accoudoir, se cachant les yeux avec sa main droite. Il se rendit alors compte qu’il avait oublié de mettre son gant, exposant sa blessure à la vue de tous, il observa le vide que faisait son doigt manquant avant de soupirer et de se laisser porter par la fatigue alors que le moulin à parole couturier continuait à parler..

Spoiler:
 


Dernière édition par Lysandre Le Pieux le Mer 28 Mar - 19:15, édité 1 fois
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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Mer 28 Mar - 19:09

« Palsambleu Lysandre, vous avez vraiment besoin de moi ! »

« Pas de blasphème ! »

Je tournai légèrement la tête, suivant la conversation du coin de l’œil. Le couturier avait porté son regard sur les vêtements de l'Archevêque et ne semblait clairement pas impressionner par ce qu’il voyait.

« Comment pouvez-vous aller voir le Roi dans cette tenue ? »

« Tu sais très bien que j’ai une tenue officielle pour aller… »

« Oui, oui ! On sait ! »

« Ne me coupe pas la parole, Donatien… »

Le couturier ne prit pas la peine de répondre et s’approcha de moi, un large sourire qui ne me disait rien qui vaille, accrocher aux lèvres.

« Vous êtes magnifique ! Vous ressemblez à un renard ! Non un oiseau ! Un cardinal rouge ! Merveilleuse petite bête si fragile et si rare ! Non mieux ! Une pivoine ! Vous avez déjà vue une pivoine de Chine ? Magnifique fleur ! Oui, une fleur médicinale ! Elle enrichit le sang je crois, enfin les chinois disent qu’elle consolide le Yin, mais je divague, levez-vous et déshabillez-vous pour que je vous regarde ! »

Son flot de paroles m’avaient étourdie et je ne suivais plus vraiment ce qu’il disait. J’avais compris qu’il me comparait à un oiseau… J’étais effectivement en cage. Par contre, je n’avais strictement rien compris de son charabia sur la Chine. Je n’étais d’ailleurs pas une jeune fille fragile comme il le supposait.

Comme je n’avais pas réellement suivit, je ne compris pas sur le coup l’indignation de Marie, alors qu’elle posait une main affolée sur mon épaule. Je devrais peut-être suivre un peu plus les conversations et être un peu moins dans mon esprit.

« Allons derrière les paravents Monsieur de l’aiguille ! »

« Vous ne devriez pas avoir honte de votre corps mais l’exposer à la vue de tous, vous êtes une réelle beauté ma chère ! Et ce n’est pas Lysandre qui va me contredire ! »

J’avais l’impression d’être une étrangère qui suivait une conversation qui ne l’a concernait pas, alors que j’en étais le sujet principal. Marie m’aida à me relever de ma chaise, et me dirigea vers le paravent. Le devant était une délicate tapisserie de fleurs blanches et rose et l'endos, une fine laque provenant directement de Chine.

Elle défit le lacet de ma robe et me l’a retira, me laissant en corsage et en jupe. Lorsque le couturier passa à son tour derrière le meuble délicatement peint et je perçus vaguement un air peiné passé sur son visage. Comme si j’allais me mettre à nu devant un étranger…

Le souvenir du matin me revient en mémoire et je ne pus m’empêcher de rougir, par honte. Je secouai la tête, pour en chasser le mauvais souvenir.

« Lysandre, restes ici car c’est toi qui passe à la casserole après ! »

Donation de l’Aiguille s’approcha avec son galon à mesurer. Un simple ruban marqué. Il commença par mesurer des pieds à la tête et je l’entendis marmonner :

«Zéro virgule huit toise….»

Il marqua ses chiffres sur un bout de papier, avant de continuer avec ses autres mesures. Alors qu’il venait de prendre l’envergure de mes bras, il se passa le ruban autour de ma taille et répliqua en voyant le regard noir de ma servante :

« N’ayez pas peur jeune femme, je ne vous ferrais rien de louche ! Marie ! Ne me regardez pas comme ça, il faut bien que je mesure son tour de taille ! Et bien, vous avez de quoi rendre jalouse certaines femmes ma chère ! Oh ! C’est normal que Dame Louise soit jalouse, vous êtes très mince ! Elle doit se sentir tellement menacée par votre beauté supérieure à elle… Et l’intelligence aussi ! »

Je jetai un simple regard à Marie qui cessa immédiatement de rire. Le couturier continua son travail, prenant la largeur de mes épaules.

« Je ne te savais pas hypocrite... »

La voix du Seigneur Lysandre sonnait comme un grognement. Donation rétorqua vivement, alors qu’il s’apprêtait à mesurer la circonférence de mon cou :

« Tout le monde l’est ! Marie, soulevez lui les quelques mèches qui trainent, je ne veux pas lui abîmer sa si jolie chevelure… Mais ! C’est… Palsambleu ! »

Il laissa tomber son galon et je plaquais ma main sur ma nuque, alors qu’il sortait de derrière le paravent, rouge de rage.

« Vous avez brûlé cette pauvre fille ! »

« Je ne l’ai pas brûlé… Je l’ai marqué. »

Je fermais les yeux en soupirant. Je commençais déjà à en avoir assez. Je regardais Marie d’un air suppliant et me fit signe que non. Elle me chuchota à l’oreille :

«Cela serait un grave manque de bienséance que de quitter ce rendez-vous, ma Dame. Vous devez rester jusqu’à ce que le maitre de l’Aiguille dira qu’il aura terminé…»

« Ne joues pas sur les mots ! Vous les hommes ! Dès que vous avez quelque chose, vous avez peur qu’elle s’échappe et vous mettez une étiquette dessus ! Pauvre enfant ! »

« Tu es un homme… »

« Et puis, je croyais que l'Archevêque ne pouvait pas se marier ! Et voilà que je vous trouve avec deux femmes dans votre manoir ! »

« Ce n’est pas ce que tu crois… »

« Ah, quelle est votre excuse ? C’est votre maîtresse ? Vous n’avez pas honte ? »

J’écarquillai les yeux. Cette remarque était de trop. Ce fut Marie qui me retient par le bras, m’empêchant de quitter l’ombre du paravent et la pièce, du même coup. Je croisai les bras sur ma poitrine, écrasée par le corset plat que je portais et je serai discrètement les dents, contenant ma rage.

« Ne n’est pas ma maîtresse ! »

« Tu as reprit nos vieilles habitudes alors ! Elle n’est pas un peu jeune pour toi ? »

« Donatien… Avec tout le respect que je te dois… »

« Ah, ne me parlez pas de respect quand vous brûlez une pauvre enfant! Espèce de Pyromane!»

« C’est un vampire ! Je la marque pour pas qu’elle s’enfuit ! »

Le silence tomba finalement entre les deux hommes, lourd comme une chape de plomb.

« Oh ! Une vraie ? Comme dans les rumeurs ? Merveilleux ! Je n’en avais jamais vu ! Et ça n’excuse pas le fait que tu l’as blessé ! Pauvre fille ! »

Je restai surprise devant sa réaction. La plupart des humains normaux fuyant devant la seule mention du mot vampire, alors que lui, s’en réjouissant. Décidément, il était étrange.

« Tu sais qu’elle nous entend… »

Finalement, on notait ma présence…

Donatien revint, un large sourire plaqué sur son visage. Cela ne me disait rien qui vaille.

« Ma chère ! Pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt ? Pas de cachoterie entre nous ! »

« Il faudrait lui laisser le temps de parler… Tu ne t'arrêtes jamais ?

« Non, je suis un moulin à parole mais je dis des choses intéressantes ! Pas comme une certaine demoiselle dans cette demeure qui n’a fait que me parler de vous ma chère et de toi, le Pyromane ! »

« Je ne veux pas savoir… »

« Je ne vous parlez pas à toi, Archevêque ! Mais à ma nouvelle Amie ! Dis-moi, ma chère, qu’elle couleur te plairait ? Du rouge ! Comme tes cheveux ! Ça mettrait en avant ce magnifique collier ! Ah, mais il faudrait des fils d’or pour faire un rappel…»

Je restais surprise et sans mots devant la soudaine familiarité du couturier. J’attrapai une mèche qui s’était échappée et me chatouillait le visage. J’hochais la tête et dis d’une petite voix :

«J’aime bien le marine, ainsi que le bronze et… et ne me tutoyez pas… »

Une seule personne l’avait fait dans mon existence et jamais plus je ne laisserais quelqu’un m’approcher d’aussi près. De L’aiguille me coupa, enthousiasmé, malgré mon reproche :

«Bien entendu! Le bleu irait parfaitement avec vos yeux!»

Il repartit dans son monologue et je ne l’écoutais plus, alors qu’il plaçait des échantillons d’étoffe devant moi pour ensuite les placés dans diverses piles dont il semblait le seul à comprendre la logique. Il semblait mettre de côté les roses, les mauves et autre teintes semblables, pour ne garder que les bleus, les verts, les rouges et les couleurs comme l’or et le bronze. Il tendit un jaune moutarde et je secouai vivement la tête, une expression claire de dégoût était lisible sur mon visage. Cette couleur était hideuse…

«Quel dommage que vous ayez des goûts si sobre, mon amie! Il m’est arrivé quelque chose lorsque j’étais en compagnie de la Duchesse de Lancraie, une gentille femme, mais qui…»

La tête commençait à me tourner sous son flot de parole incessant. La soif me tenaillait depuis quelques heures, mais je m’étais retenue d’en glisser un mot à qui que ce soit. Ma patience commençait à avoir ses limites. Je n’avais pas l’habitude d’entendre quelqu’un jacasser sans arrête de la sorte. Je me pinçai l’arête du nez, tentant de faire diminuer la douleur qui me vrillait les tympans.

«Donatien, taisez-vous deux minutes, par pitié.»

Marie posa une main sur mon épaule :

«Ma Dame vous vous sentez bien?»

Je secouai la tête et la servante me força à prendre place sur le seul siège présent derrière le paravent, froissant au passage les brocards pour me faire de l’espace.

«Je vais aller chercher de l’eau… Ou préférez-vous du vin?»

Non, je ne voulais aucun des deux. L’un comme l’autre ne me soulagerait pas, bien au contraire.

Donatien, ne semblant pas comprendre la complexité de la situation dans laquelle j’étais plongée, me plaça une coupe remplie d’eau entre les mains. Pendant quelques secondes, je fixai mes pensées sur le liquide qui s’agitait en petites vaguelettes dans le verre.

Je relevai la tête :

«Pardon?»

Le couturier venait de me poser une question, mais je n’avais pas compris un traitre mot.

«Je vous demandai depuis combien de temps connaissiez-vous Lysandre?»

«Je…»

Je ne pouvais pas dire qu’en réalité, j’avais vu le Seigneur dans certaines de mes visions avant son attaque sur ma famille et ma demeure. En réalité, j’avais perdu le compte des jours pendant mon emprisonnement.

C’est Marie qui me sauva par sa réponse :

«Dame Eyrah n’est ici que depuis neuf jours, Maitre Donatien.»

Calculant mentalement, je réalisais qu’il me manquait des journées. Que j’avais probablement dormit…

Je remarquai l’étincelle qui s’illumina dans le regard du couturier. Il se pencha vers l’avant et dit, d’un ton plus bas, comme s’il racontait le dernier ragot de l’heure :

«Alors je dois vous racontez comment j’ai rencontré Lysandre et Warin!»

«Qui?» demandai-je.

«Warin, le frère de Lysandre! Il ne vous en pas jamais parlé? Pourtant, il le cherche partout et…»

Je n’entendais plus ce que Donatien disait. Mon mal de tête s’était soudainement intensifié. Les sons et les images fondirent comme la cire d’une chandelle. Je me levai soudainement de ma chaise. Étourdie, je titubais comme si j’avais bu à m’en saouler. Je me pris les pieds dans mon jupon et je tombais sur le côté, m’accrochant à la seule chose disponible. Le paravent. Celui-ci, sous mon poids céda et tomba sur le plancher ciré, dans une terrible cacophonie.

Je me retrouvai à genoux sur le paravent et mon regard se posa sur le seigneur Lysandre, avant que celui-ci disparaisse derrière le décor qui prenait place tout autour de moi.

Il faisait sombre et un faible feu craquait dans l’âtre, ne répandant par contre, aucune chaleur. Un homme se tenait dans l’embrasure d’une haute fenêtre, à demi caché par les lourdes teintures en velours. Une femme s’approcha par derrière et lui enlaça la taille, fixant aussi son regard sur l’horizon.

«Warin…»

-Warin, nous allons devoir quitter cet endroit bientôt. La Flamme Éternelle doit déjà être sur notre piste.
L’homme tourna son regard en direction de la femme qui avait posé sa tête sur son épaule.

-Tu as raison…

«…Le nord de la France…»

-… et ce manoir, ne sont plus un endroit sûr.

-Warin, où pourrions-nous allez?

Il se retourna pour enlacer la femme et posa son menton sur sa tête, alors que l’obscurité tombait sur la forêt entourant la demeure.

Ma voix résonna en écho avec celle de Warin :

«Quelque part où Lysandre ne pensera pas à nous chercher…»

Un rire, léger comme une clochette en cristal s’éleva dans la pièce. Des crocs blancs comme de l’ivoire scintillèrent dans la demi-pénombre.

Le reste de la conversation s’évanouit aussi rapidement qu’une mèche que l’on souffle, alors qu’une légère odeur de sang me parvenait. Provenait-elle de la vision ou du monde réel?

Je battis des paupières et je me retrouvai dans la pièce maintenant familière. Je sentais trois regards pesés sur moi, alors que je n’étais même pas certaine de ce que je venais de dire. Une douleur sourde assaillit mes paumes et je les regardai pour y voir des écorchures. Je m’étais probablement couper les mains sur la laque brisée du paravent.

Je fixai le sang sur mes mains et tout semblait devenir rouge, alors qu’une forte soif m’étreignit soudainement la gorge, m’empêchant presque de respirer. Mon souffle devint court et j’ouvris la bouche, dévoilant mes crocs saillants.

J’entrevis Marie du coin de l’œil qui tenait ce qui ressemblait à une couverture dans ses mains, probablement pour cacher le fait que je me retrouvai en corsage devant son seigneur. Je grondai :

«Ne. T’approche. Pas.»

L’ordre était sec, presque brutal. Elle recula d’un pas, visiblement effrayé. Je devais me faire violence pour ne pas attaquer l’un des trois humains présents dans la pièce. Je plaquai une main sur ma gorge douloureuse, alors que ma respiration se changeait en sifflement. Je fermai les yeux et je mordis violemment mon avant-bras. Je savais que cela ne servait à rien, que mon propre sang ne me permettrait pas d’étancher ma soif, mais seulement l’action de mordre dans quelque chose, malgré la douleur, m’apaisait.

Je me relevai difficilement, après avoir décroché mes crocs de ma chair. Je n’osai pas jeter un regard en direction de ceux qui se trouvaient dans la pièce et je sortis en courant, me précipitant vers mes appartements, laissant des traînées de sang derrière moi.

Je me réfugiai dans ma chambre à coucher, ne prenant même pas la peine de bien refermer la porte derrière moi et je me blottis dans le coin opposé à la sortie, mordant à nouveau mon bras pour me calmer…
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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Mer 28 Mar - 19:25

Un bruit lourd le réveilla, Lysandre allait se plaindre comme à son habitude mais aucun mot ne sortit de ses lèvres quand il fixa Eyrah à terre. Il se releva de sa chaise dans un éclair et s’approcha de quelques pas alors que Donatien commençait à paniquer et s’agiter de partout à la recherche d’aide.

« Lysandre, appelle un docteur !
- Ce n’est rien Donatien ! Calme-toi par tous les diables ! »

Alors que Lysandre essayait de détacher les mains de Donatien autour de son bras, Marie s’approcha de sa maîtresse, essayant de la réveiller quand la vampire ouvrit ses lèvres et dit un nom.

« Warin »

Donatien et Lysandre se regardèrent avant de s’approcher de la femme à terre. Donatien ne savait pas trop réagir, il était actuellement figé entre deux émotions, la peur et la curiosité. Lysandre avait quand à lui un air plus grave sur le visage, il s’accroupit devant la femme, remarquant qu’elle ne le voyait même pas.

« … Le nord de la France…
- C’est une sorcière ou une vampire ? Qu’est-ce qu’elle fait ? » Demanda Donatien en faisant le signe de la croix sur sa poitrine tout en paniquant. Marie alla le calmer, les yeux remplies de larmes, sa voix tremblait quand elle parlait et tous les deux se mirent à parler en même temps.

« Taisez-vous vous deux ! » Cria sans le vouloir Lysandre, se sentant tellement impuissant devant la vampire.

Il aurait tout donné pour être à sa place à ce moment-là et voir son frère, voir s’il allait bien. Son cœur battait tellement vite qu’il avait l’impression qu’il allait sortir de sa poitrine. Il voulut parler à Eyrah, demandait ce qu’elle voyait exactement, y avait-il toujours cette vampire avec son frère ? Ou était-il ?

« Quelque part où Lysandre ne pensera pas à nous chercher… »

Lysandre se releva et regarda autour de lui, se sentant soudainement bizarre. Est-ce Warin qui venait de parler ? Son frère le détestait-il tellement qu’il ne voulait pas qu’on le retrouve.

Alors qu’Eyrah reprenait conscience, Lysandre ne pensait plus à rien, il regardait juste la chevelure de feu en sentant une rage immense contre le monde entier et contre lui-même dans son esprit. Il avait envie de tout détruire autour de lui, rien n’était plus horrible que de comprendre qu’une des dernières personnes de sa famille ne voulait pas de lui.

« Ne. T’approche.pas. »

Marie recula et serra la couverture contre elle, sa peur se changea en tristesse quand Eyrah partit a tout allure hors de la chambre et elle hésita à la poursuivre. Donatien ne disait rien, il regardait juste à intervalle Lysandre puis Marie, attendant surement des explications.

Lysandre tapa dans ses mains, faisant sursauter les deux autres individus qui le regardèrent avec des yeux ronds.

« Bien, Dame Eyrah n’étant plus là, j’imagine que notre rendez-vous est terminé, Donatien.
- Lysandre..
- Et bien sûr, tu ne parleras à personne de ce qu’il vient de se passer, sinon ce serait de la trahison envers la famille Le Pieux et tu sais ce que ça signifie. »

Donatien voulut parler avec son panache habituel mais il se retint, il se mit à faire une révérence et sourit tout en se caressant la barbiche. Lysandre s’approcha de lui et posa sa main sur l’épaule du couturier.

« Merci.
- Lysandre, ce n’est pas pour toi mais pour ma nouvelle amie. Ne lui fais pas de mal sinon tu auras affaire avec mes aiguilles !
- Je m’en souviendrais ! » Répondit Lysandre avec un sourire sincère pour répondre à celui de son vieil ami.

Donatien prit son chapeau et sa veste sur une chaise et s’approcha de Marie pour l’embrasser sur la joue avant de partir de la pièce de façon théâtrale. La servante s’essuya discrètement la joue mais Lysandre remarqua que ce n’était pas par rapport au baiser du couturier mais par rapport à des larmes qui coulaient sur sa peau. L’Archevêque sentit de la peine pour la jeune fille et il soupira, il alla parler quand Charles apparut devant l’embrasure de la porte. Le majordome s’approcha et posa une main paternelle sur l’épaule de Marie, son sourire accentua les nombreuses rides qui parsemaient son visage.

« Marie, une servante des Le Pieux ne pleure pas quand sa maîtresse la gronde.
- Pardon, Charles. Dit Marie en reniflant. Pardonnez-moi, Votre Grâce. »

Lysandre soupira une nouvelle fois, sentant ses épaules se dénouer des sentiments négatifs qui l’avaient oppressés.

« Ce n’est rien Marie, prends ta soirée et reviens demain avec ton sourire. Tu t’excuseras à Eyrah plus tard. »

La jeune fille acquiesça et partie en compagnie de Charles qui continuait à la rassurer. Lysandre resta dans la pièce, seul, regardant le paravent à terre et les débris qui jonchaient le sol. Un bruissement se fit entendre derrière lui et quand il se retourna, le visage de Louise souriant lui fit face.

« Vous semblez surpris, Lysandre.
- Je... Je croyais que c’était quelqu’un d’autre. Marmonna l’homme avant d’étendre ses lèvres dans un sourire faux. Vous allez vous en aller aujourd’hui, c’est cela ?
- Oui, je viens vous dire au revoir.
- Je vais vous accompagner. »

Lysandre tandis son bras et la jeune femme s’y accrocha tout en lui parlant avec un sourire aimable. Même si Lysandre lui parlait et l’écoutait, son esprit était ailleurs, cherchant le sens des mots prononcés par Eyrah. Ce fut une douleur aux pieds qui le fit sursauter et fixer les graviers sur le sol.

« Oh, j’avais oublié que je n’avais pas mes chaussures… »

Louise se mit à rire et monta dans la voiture, approchant son visage de la fenêtre.

« Vous êtes tête en l’air, Lysandre. Serait-ce le signe que vous êtes amoureux ? »

Cette fois-ci se fut Lysandre qui se mit à rire, il embrassa la main tendue de Louise et fit un clin d’œil.

« C’est un secret ! J’ai été heureux de vous avoir à mes côtés, Louise, même si cela à été court.
- Moi aussi, Lysandre. J’espère que vous viendrez pour le bal dans un mois quand… votre souci aura disparu. »

Les deux personnes se fixèrent, sachant tous les deux de quel « souci » Louise faisait illusion. Lysandre fit un pas en arrière et exécuta une révérence tout en affichant un sourire énigmatique, signe qu’il venait d’avoir une idée des plus sournoises.

« Je serais ravi de vous revoir lors du bal, Dame Louise. »

Les chevaux partirent aux trots, laissant Lysandre seul dehors alors que le soleil était au plus haut dans le ciel. L’homme fit demi-tour et entra dans la demeure, refermant les portes derrières lui. Il s’approcha d’un servant et lui souffla un ordre avant de partir vers les escaliers, alors qu’il se dirigeait vers son bureau. Ses pas hésitèrent et il changea de direction, se retrouvant devant une porte alors que le servant apporta un pichet de vin spécial. Lysandre lui prit des mains et le congédia avant d’entrer dans la chambre sans cérémonie.

« J’ai pensé qu’un peu de vin vous ferez plaisir. »

Il referma la porte avec son pied, étant heureux que Charles ne soit pas là pour le gronder et fixa la vampire devant lui qui se mordait le bras. Il fit comme si de rien n’était et regarda ailleurs tout en gardant un sourire des plus joviaux.

« Avez-vous déjà bu de l’hypocras ? »

Il posa le pichet sur une petite table et s’assit dans un fauteuil devant la cheminée depuis longtemps éteinte. Il prit deux verres non loin et servit la boisson dans les deux récipients ou une odeur de cannelle et de vin s’échappa.

« Dame Eyrah, venez vous asseoir s’il vous plait. Le sol n’est pas l’endroit le plus agréable de cette demeure pour se reposer et je m’y connais. »

Même si ça semblait être une invitation, cela était évidemment un ordre de la part de l’Archevêque. Il but une gorgée de la boisson avant de fixer Eyrah, et de tourner son regard vers le bras meurtri de la jeune femme.

« Vous devriez me dire quand vous avez faim… soif… enfin vous me comprenez. Dame Eyrah, la façon dont vous avez agit tout à l’heure montre que vous avez vraiment envie de liquide vital alors parlons rapidement et vous aurez tout le sang que vous voulez après. »

Il prit une autre gorgée avant de faire tourner le liquide dans son verre, admirant la couleur rouge sombre de la boisson à base de vin, de sucre, de cannelle et de gingembre. En vérité, Lysandre n’avait pas de difficulté pour trouver du sang frais, il savait exactement où aller et à qui demander sans que l’on pose de questions. Il préférait cependant garder cette information pour lui et faire comme si le sang était une denrée rare qu’Eyrah devait mériter.

« Pouvez-vous me parler de votre rêve en détail ? L’endroit ressemblait à quoi ? Et les personnes ? Vous avez prononcé le prénom Warin.. Cette personne avait-elle l’air en bonne santé ? Etait-il par hasard accompagné par une vampire, une femme incroyablement belle, blonde ? »

Lysandre se rendit compte qu’il s’était approché d’Eyrah comme s’il était prêt à lui sauter dessus. Sa voix devait sûrement trahir son inquiétude et il se racla la gorge et fini son verre avant de se resservir sans attendre la vampire. L’alcool brûla sa gorge et réchauffa son corps et Lysandre se souvint qu’il était n’avait pas eu de repas de la journée. Etre à jeun et boire de l’alcool ne faisait pas bon ménage.

« Devrais-je aller chercher des accompagnements ? Un moine nous a offert du fromage de son monastère en gage de sa gratitude et je pense qu’il serait délicieux avec ce vin… Aimez-vous le fromage ? »

Lysandre alla se lever mais il se rassit, se rappelant d’un élément des plus importants. Apparemment, l’alcool commençait à monter à la tête de notre Archevêque.

« Les vampires ne mangent pas c’est vrai… A que votre monde est triste Dame Eyrah… Vous ne pouvez même pas apprécier les délicieuses pommes… »
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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Sam 31 Mar - 19:46

La porte s’ouvrit et je ne relevai pas la tête, je savais qui venait d’entrer seulement à l’odeur qu’il dégageait…

« J’ai pensé qu’un peu de vin vous ferez plaisir. »

Silence.

Mon sang chaud dégoutait le long de mon menton et tâchait mes jupes, mais ne m’apportait aucun soulagement.

« Avez-vous déjà bu de l’hypocras ? »

Non… et je n’avais d’ailleurs aucune idée de quoi il pouvait bien parler.

Du coin de l’œil, je le vis prendre place dans le fauteuil et versa le vin dans deux coupes. Une légère odeur d’épice s’éleva, mais je n’étais pas douée et je n’arrivais pas la reconnaitre. Je me souviens qu’Augustine utilisait cette épice dans ses plats sucrés, comme les tartes qu’elle redistribuait aux villageois, après en avoir mangé une part. Si ma mémoire ne me jouait pas de tour, elle l’a nommait cannelle…

« Dame Eyrah, venez-vous assoir s’il vous plait. Le sol n’est pas l’endroit le plus agréable de cette demeure pour se reposer et je m’y connais. »

Pendant quelques instants, je me pris à l’idée de le contrarier et de rester assise là où j’étais. Je finis tout de même par me lever, difficilement, mon corps protestant sous ma demande. Je n’étais pas restée longtemps au sol, mais je me sentais affaiblit par les évènements de la journée. Si la faim n’avait pas été si grande, je me serais probablement assoupie avant son arrivée.

Je pris place dans le siège qui semblait m’être destinée, sentant son regard sur le bras que j’avais violement mordu. Il ne saignait déjà plus, pas de quoi en faire tout un drame…

Je pris la coupe restée intouchée sur la petite table et j’y goutai du bout des lèvres. Ce n’était pas mauvais, mais dès que j’en pris un peu plus, le brûlement de ma gorge s’intensifia et ma soif avec. Ce n’était peut-être pas une bonne idée.

« Vous devriez me dire quand vous avez faim… soif… enfin vous me comprenez. Dame Eyrah, la façon dont vous avez agi tout à l’heure montre que vous avez vraiment envie de liquide vital alors parlons rapidement et vous aurez tout le sang que vous voulez après.»

Je soupirais intérieurement. Si seulement il avait déjà connu la faim, même seulement un jour dans son existence, il parlerait peut-être différemment.

De plus, son ton et ses paroles sonnaient étrangement à mes oreilles, comme s’il possédait une information qu’il était le seul à connaitre et que cela le réjouissait.

Je préférais me laisser dépérir plutôt que de devoir lui supplier du sang…

« Pouvez-vous me parler de votre rêve en détail ? L’endroit ressemblait à quoi ? Et les personnes ? Vous avez prononcé le prénom Warin... Cette personne avait-elle l’air en bonne santé ? Était-il par hasard accompagné par une vampire, une femme incroyablement belle, blonde ? »

Je tentais de faire remonter la vision, mais au moment où elle devient plus claire, je remarquais à quel point il s’était rapproché et j’esquissai un mouvement pour m’éloigner, les images s’échappant de mon esprit comme de l’eau filant entre les doigts.

Je bus à nouveau pendant qu’il se resservait, mais je sentis le puissant alcool me monter à la tête. Cette boisson était bien plus forte qu’un vin ordinaire. Tentait-il de m’enivrer?

« Devrais-je aller chercher des accompagnements ? Un moine nous a offert du fromage de son monastère en gage de sa gratitude et je pense qu’il serait délicieux avec ce vin… Aimez-vous le fromage ? »

Sa question me prit au dépourvu, alors que j’avais pris la sage décision de laisser l’hypocras de côté. Il esquissa un mouvement pour se lever, mais se reprit place rapidement dans son siège. C’était peut-être lui-même qu’il chercher à saouler…

« Les vampires ne mangent pas c’est vrai… Ah que votre monde est triste Dame Eyrah… Vous ne pouvez même pas apprécier les délicieuses pommes… »

Pendant une seconde, mes yeux glissèrent vers mon verre à moitié plein. J’avais tellement soif, mais me vautrer dans l’alcool n’aiderait pas à ma situation et je le savais. Je répondis :

«Vous devriez demandez avant d’assumer. Les fruits sont bien la seule chose tolérable que je peux avaler. Ils sont… sucrés et chaud comme le soleil…»

J’avais murmuré la dernière phrase, perdue dans le souvenir d’un doux après-midi d’été où Augustine et moi s’amusions à cueillir de délicieux petits fruits rouges qu’elle nommait framboise. C’était peut-être bien mes préférés, leur beau rouge ressemblait à une goutte de sang sous la lumière du soleil. Jamais, par contre, je ne l’avouerais à cet homme, c’était ma gourmandise cachée.

«Par contre, votre… Fromage… Comment pouvez-vous manger quelque chose qui sent si horriblement mauvais?»

Je ne m’attendais pas vraiment à une réponse. Je n’avais jamais, au grand jamais osé prendre un morceau de fromage, cadeau que certain villageois offraient parfois à Augustine. L’odeur de rancis qui s’en dégageait était tout simplement infect.

Plutôt que de le laisser répondre, avec son ivresse qui semblait s’intensifier au fur et à mesure qu’il buvait le vin d’épice, je me concentrais à nouveau sur la vision que j’avais eue, rejouant le fil des images dans mon esprit. La scène sembla se figée, alors que je me déplaçais dans la pièce, me rapprochant de la fenêtre et du couple, par la même occasion. Je pouvais presque voir et compter les grains de poussière illuminés par les flammes brûlant dans l’âtre. Jamais je n’avais eu un aussi grand contrôle sur mes visions. Habituellement, je ne pouvais pas les rappeler à moi, alors qu’elles s’échappaient de ma mémoire, ne me laissant qu’une impression générale.

Parfois, par contre, elles étaient aussi nettes et précises que cette dernière et même si je l’aurais voulue, je n’aurais pu l’oublier… La vision que j’avais eue peu de temps avant la destruction de ma famille faisait partie de celles-ci.

« Ils sont dans une demeure, sombre, à l’abandon, mais pas depuis longtemps… Entourée par une forêt de pins et d’érable. La femme est comme vous la décriviez, très belle et blonde comme un champ de blé…»

Je revis à nouveau les crocs d’ivoire se planter dans l’épaule tendre de l’homme, alors qu’aucune surprise n’apparaissait sur son visage. Après le moment fugace de douleur passé, il semblait se détendre, laissant son amie comblée sa soif…

Son regard était doux, mais désireux, alors qu’il déposa un baiser léger sur la tempe de la vampire, ne pouvant pas bouger pleinement temps qu’elle avait ses crocs dans sa chair.

Cette partie de la vision était nouvelle ou du moins, elle me semblait l’être, n’y ayant probablement pas assez porté attention la première fois qu’elle m’était apparue.

«Il l’aime…»

Soudainement, la vue du sang me ramena brutalement à la réalité, alors que je me pliais en deux sur le coup de la douleur qui me vrillait les tripes et la gorge. Je me levais rapidement, n’ayant pour seul objectif de m’éloigner. La tête prise dans un étau, je m’accrochais au baldaquin de mon lit qui se trouvait le plus près de moi. Mes jambes étaient faibles et tremblaient, comme si j’allais défaillir et m’effondrer sur place.
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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Dim 1 Avr - 16:59

«Vous devriez demandez avant d’assumer. Les fruits sont bien la seule chose tolérable que je peux avaler. Ils sont… sucrés et chaud comme le soleil…»

Lysandre écarquilla les yeux, se demandant s’il devait se sentir content d’avoir enfin une réponse de la jeune femme. Il sirota une gorgée, perdu dans les pensées et amusé d’avoir une leçon sur le régime alimentaire des non-morts.

« Par contre, votre… Fromage… Comment pouvez-vous manger quelque chose qui sent si horriblement mauvais ? »

Il tourna son regard émeraude vers elle, sentant un sourire se former sur son visage. Il se retint de rire et sa mâchoire lui fit mal. Il posa son verre, il avait définitivement trop bu. Cependant, le fromage c’était très bon et en grand amateur de celui-ci, Lysandre se promit d’en manger dès qu’il pourrait. S’il arrivait à se lever sans voir la terre tourner.

« Ils sont dans une demeure, sombre, à l’abandon, mais pas depuis longtemps… Entourée par une forêt de pins et d’érable. La femme est comme vous la décriviez, très belle et blonde comme un champ de blé…»

Le sourire se mua en un visage de tristesse, Lysandre ne s’attendait pas à retourner aussi vite dans le vif du sujet. A vrai dire, la conversation avait semblait très agréable jusqu’à qu’ils arrivent à Warin. Lysandre se sentit bête de penser cela sachant qu’il avait demandé lui-même des détails.

« Il l’aime…»

Une dague invisible se planta dans le torse de Lysandre et se tourna encore et encore, creusant dans un trou déjà béant. Il alla réagir quand Eyrah se leva et se dirigea avec difficulté vers le lit. Il la regarda avant de bouger, ses pensées étaient sur Warin à ce moment-là. Comment était-il arrivé à aimer un monstre ?

Lysandre s’appuya sur les accoudoirs et se releva, ses poings semblaient être attaqués par des millions d’aiguilles et il se dirigea d’un pas lourd vers la jeune femme. Sa main droite gantée attrapa le poignet de la jeune femme et il la tira pour qu’elle soit face à lui.

« Il l’aime ? »

Sa voix se brisa presque. Il avait l’impression que de l’eau bouillante lui brûlait la cervelle.

« Vous voulez me faire croire qu’il aime un monstre ? »

Il tira le poignet contre son torse, approchant la femme contre lui. Il sentit le parfum de la vampire, les cheveux de feu se glissaient entre les deux corps.

« Un monstre, comme vous Dame Eyrah, qui doit blesser les gens pour se nourrir. »

La voix de Lysandre se fit de plus en plus forte. Sa poigne, même si elle était moins forte sous l’emprise de l’alcool devait être tout de même douloureuse.

« Vous ne vous sentez pas mal à l’idée de faire souffrir encore et encore des humains que vous aimez ? Car vous êtes immortelle jeune fille ! Vous avez fait souffrir tellement de personne sans que vous vous en rendiez compte que c’est navrant. »

Avec son autre main, il prit le menton de la vampire, l’approchant plus de son visage. Sa voix passa de colère à l’incompréhension, se faisant moins virulente mais ses mots étaient toujours aussi blessants.

« Votre Famille à tué tellement d’innocent et vous n’êtes même pas au courant. Le père de Louise, votre propre servante… Car que vous le vouliez ou non, vous l’avez-vous-même tué ! Vous ne vous en voulez pas ? Comment faites vous pour rester dans cet état ? »

Sa voix se tut à la dernière syllabe et il baissa ses yeux dans ceux hypnotisant de la jeune femme.

« Comment il peut aimer quelqu’un comme vous ? On nous a apprit à vous détester, toute notre famille est morte à cause de vous. C’est dans mon sang et dans celui de Warin, notre famille, la Flamme qui brûle dans notre cœur nous ordonne de vous détruire jusqu’au dernier. C’est notre malédiction…»

Il lâcha enfin le poignet, se massant sa main gantée qui semblait se transformer en pierre.

« Pardonnez-moi, Dame Eyrah. Assez-vous, vous êtes plus pâle que la neige. »

Il l’aida à se positionner confortablement sur le lit avant de fixer sa main. Elle lui faisait tellement mal qui lâcha un soupire de douleur. Lysandre regarda autour de lui, l’alcool faisant voguer sa vision, il avait l’impression d’être sur une barque dans un lac d’obscurité malgré le soleil qui éclairait la pièce. Il retourne son regard vers Eyrah, la fixant pendant quelque temps avant de lever la manche de son bras gauche. Lui tendant d’un air songeur sa peau parsemée de cicatrices dût aux entrainements et combats.

« Malheureusement, vous êtes aussi maudite. Vous êtes obligée à vivre pour l’éternité et voir le monde s’effondrer. Pour aujourd’hui, uniquement pour cette fois-ci, mordez moi et prenez mon sang souillé. »
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