Vampire Waltz

France, XVème siècle. L’ordre de la Flamme Eternelle mène une guerre feutrée contre les vampires. La victoire appartiendra à ceux qui survivront à la Nuit...
 
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 L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]

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Eyrah Du Val

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Dim 1 Avr - 20:24

Ses pas étaient assourdis par l’épais tapis qui recouvrait le plancher de bois, mais je savais qu’il se dirigeait dans ma direction. J’esquissais un mouvement pour m’éloigner, mais malgré son état embrumé par l’alcool, il fut plus rapide que moi et m’attrapa le poignet d’une main ferme, me forçant à lui faire face.

« Il l’aime ? »

Je n’osai pas le regarder. Que pouvais-je répondre? Je sentais la colère qui grondait dans sa voix, mais en même temps, une certaine tristesse.

« Vous voulez me faire croire qu’il aime un monstre ? »

Était-ce si difficile pour les hommes de son genre de voir au-delà de l’enveloppe charnelle donnée à la naissance? Ma mère qui avait probablement reçu la même éducation que lui, avait appris à aimer celui qu’elle devait chasser. Elle avait vu la compassion dans ses gestes envers les mourants, de la douceur dans ses paroles à son égard et le bonheur dans ses yeux lorsqu’elle l’avait choisi. Elle me l’avait si souvent raconté, la voix et le cœur vibrant d’amour pour son époux. Ce n’était donc pas impossible, cela c’était déjà produit auparavant…

Sa poigne se renforcit et il m’attira contre lui. L’odeur de l’alcool m’emplissait le nez, mais je pouvais toujours percevoir son propre parfum. Je sentis mon chignon se défaire un peu plus, alors mes mèches s’échappaient, venant recouvrir une partie de mon visage.

« Un monstre, comme vous Dame Eyrah, qui doit blesser les gens pour se nourrir. »

Je sentis mon visage se crisper sous la douleur sourde qui envahissait mon poignet alors que sa poigne se resserrait une fois de plus. Je tentais de me dégager, mais en vain, alors que je sentais mes jambes devenir de plus en plus faible sous mon poids.

Je sentis une larme brûlante dévaler ma joue heureusement camouflé par mes cheveux rouges comme les braises qui avait brûlé dans l’âtre la veille. Je n’avais jamais accepté cette part de moi qui me forçait à faire du mal à Augustine, même si elle prétendait le contraire, tout en souriant pour me rassurer.

« Vous ne vous sentez pas mal à l’idée de faire souffrir encore et encore des humains que vous aimez ? Car vous êtes immortelle jeune fille ! Vous avez fait souffrir tellement de personne sans que vous vous en rendiez compte que c’est navrant. »

J’avais envie de lui hurler ma culpabilité qui ne cessait de me hanter jour et nuit depuis que j’étais assez âgée pour me rendre compte de ce que notre mode de vie impliquait. En ma mémoire revint quelques souvenirs de gens pleurant leurs disparus, mais malgré leurs visages inondés de larmes, certains nous remerciaient d’avoir abrégé les souffrances de ceux qu’ils aimaient, alors que même l’église semblait les avoir abandonnés. Ce n’était pas pour rien qu’on avait reçu l’appellation d’anges de la mort.

Il souleva mon menton et je conservais fixement mon regard sur la tapisserie. Je pouvais sentir son souffle sur ma joue, alors qu’il avait rapproché son visage du mien.

« Votre Famille à tuer tellement d’innocent et vous n’êtes même pas au courant. Le père de Louise, votre propre servante… Car que vous le vouliez ou non, vous l’avez-vous-même tué ! Vous ne vous en voulez pas ? Comment faites-vous pour rester dans cet état ? »

Je me forçais à le regarder cette fois-ci, alors que je sentais le coin de mes yeux brûlés sous les larmes naissantes. Mes lèvres tremblaient et je serrai les dents pour retenir ma colère. Il assumait alors qu’il ne savait rien, rien du tout!

J’avais tenu ma promesse, même si elle me fendait le cœur. Je ravalai le sanglot qui menaçait de sortir de ma gorge. Je me devais de rester forte.
Je ne devais pas montrer ma faiblesse devant cet homme où il l’utiliserait contre moi. J’avais malheureusement retenue ce trait de caractère de ma mère. Être élevée dans un milieu constitué principalement d’homme l’avait rendue plus forte, selon-elle. Plus têtue et plus fière aussi.

Il daigna enfin me regarder, alors que je lui jetais un regard méprisant pour me redonner contenance.

« Comment il peut aimer quelqu’un comme vous ? On nous a apprit à vous détester, toute notre famille est morte à cause de vous. C’est dans mon sang et dans celui de Warin, notre famille, notre Ordre est de vous détruire jusqu’au dernier. C’est notre malédiction…»

Il relâcha sa poigne et l’expression de son visage s’adoucit soudainement, comme s’il était un autre homme.

« Pardonnez-moi, Dame Eyrah. Assoyiez-vous, vous êtes plus pâle que la neige. »

Comment pouvait-il passer d’une émotion à l’autre aussi facilement? J’avais toujours l’envie de lui mettre une gifle et de faire tomber ses suppositions mal placés sur ma Famille et sur moi. La vague de colère s’estompa soudainement, remplacer par la faiblesse qui avait décidée de revenir en force. Le brûlement de ma gorge se fit plus intense, comme si j’avais avalé des charbons ardents, et je fermai les yeux, tout en le laissant m’aider à prendre place sur le bord du lit.

Du coin de l’œil, je pu voir son corps tanguer légèrement sous l’effet de l’alcool et je me surpris à prier pour qu’il ne s’effondre pas dans mes appartements. Je sentis son regard fixé sur moi et je lui rendis la pareille, ignorant ce qu’il comptait faire. Il releva soudainement sa manche gauche, la peau blanche parcourue de cicatrice. En un éclair, je compris ce qu’il voulait faire. Je voulais refuser de prendre son sang, mais mon instinct était plus fort que ma raison.

« Malheureusement, vous êtes aussi maudite. Vous êtes obligée à vivre pour l’éternité et voir le monde s’effondrer. Pour aujourd’hui, uniquement pour cette fois-ci, mordez moi et prenez mon sang souillé. »

Ma mâchoire se crispa. Je sentis mes crocs poindre sur mes lèvres, mais je tentais de me retenir. Le mordre, comme il le demandait, serait de lui donner raison sur ma nature monstrueuse.

Non, je savais déjà ce que j’étais et rien de ce que je ne pourrais faire y remédierait. J’étais née vampire et je mourrais vampire.

Je pris son bras entre mes mains qui paraissaient si frêles comparés aux siennes et à la musculature que je pouvais devinée sous la peau.

J’approchais lentement ma bouche, alors que mes crocs couleur perle tranchaient avec mes lèvres déjà vermeilles. Je sentais la salive s’accumuler dans ma bouche, alors que l’anticipation l’asséchait. Comme si mes papilles se demandaient quel goût aurait ce sang nouveau.

Mes lèvres frôlèrent le derme que mes canines transpercèrent aisément. La première goutte de sang explosa sur ma langue, comme un fruit mûr. Je fermais les yeux, oubliant momentanément ce qui se trouvait autour de moi. Mes crocs ressortirent de la plaie qu’ils avaient causée, alors que je continuais de boire le liquide chaud qui s’écoulait de cette dernière.

Il appartenait indéniablement à un homme, le goût étant plus fort et musquée que celui, plus délicat des femmes. Il était tout de même sucré, mais aussi, légèrement acidulé.

Je reprenais à peine mon souffle, alors que chaque gorgée apaisait la douleur de ma gorge et de mon ventre. Alors que le sang continuait de couler doucement, ayant pris soin de ne pas endommagé un vaisseau important, je sentis le tremblement de mes jambes cesser et le reste de mon corps se calmer. Un gémissement de satisfaction franchit bien involontairement mes lèvres et je sentis mes joues s’empourprées.

Je relâchai ma prise sur son bras que j’éloignai, regrettant presque de ne pas avoir su me retenir. Je n’étais pas repue, je savais qu’il me faudrait un corps entier pour cela, mais je ne pouvais tout simplement le vider de son sang.

Je me penchais pour déchirer à nouveau un morceau mon jupon, ce dernier tâché de sang n’étant déjà plus bon que pour le feu. J’enroulais soigneusement la bande d’étoffe autour de la morsure, serrant un peu plus fort que prévu pour empêcher le sang de continuer à s’écouler. Mes gestes étaient presque mécanique, l’ayant fait des centaines de fois auparavant, mais toujours sous le sourire de mon amie, alors que je tentais de me faire pardonner.

Je détournai légèrement mon corps pour éviter de lui faire face, ses paroles précédentes tambourinant encore dans mon esprit.

Je répondis, d’une voix tremblante :

«Vous m’avez demandé de ne pas invoquez certaines personnes devant vous. Je vous prierais de faire de même… Augustine était tout pour moi et… C’est elle qui m’a demandé de…»

Les mots ne voulaient pas sortir de ma bouche. Je savais que je m’effondrerais devant lui si j’osai le dire. Je terminai tout de même :

«Elle craignait trop ce que vous auriez pu lui faire subir…»

Ma main se porta bien involontairement à ma nuque, alors que la cicatrice du fer semblait encore brûler sous mes doigts. N’y pouvais plus, je me levai d’un bond, comme si je m’étais assise sur des aiguilles. Mes mains tremblaient de nouveau de rage, tout en serrant fermement mes jupes.

J’en avais assez. Assez de me faire traiter de monstre. Assez qu’on insinue des choses sur moi. Assez qu’on médise sur les gens que j’avais aimé.

Je me retournai vivement dans sa direction pour le fixer de mes yeux si étranges, presque maudit, le corps légèrement penché vers l’avant, une main fixé sur mon cœur battant, comme si cela l’empêcherait de sortir de ma poitrine. Des larmes brûlantes roulaient sur mes joues sans que je ne les en empêches.

Je m’écriai presque :

«Vous croyez vraiment que je suis sans cœur? Bien entendu que je m’en veux! Vivre tout en étant rongée par la culpabilité est mon fardeau… Et je l’ai accepté.»

Je repris mon souffle et continuai, d’une voix amère :

«Je ne peux m’empêcher de voir le visage des villageois, pleurant leurs disparus, alors même qu’ils nous remerciaient d’avoir abrégé leurs souffrances. À chaque fois que je ferme les yeux, je suis hantée par ceux que j’ai conduits vers la mort. Malgré le fait qu’ils l’accueillaient, je n’ai jamais pu être totalement en paix avec moi-même. C’est justement ce ressentiment qui à conduit mon père à instaurer les règles de notre Famille…»

Je m’arrêtai. De ce que j’avais fini par comprendre de lui, il n’était pas réellement quelqu’un qu’on pouvait résonner une fois qu’il avait une idée de fixée. Je détournai légèrement les yeux :

«Je dois faire avec. Si je suis née ici, c’est que Dieu ou peu importe qui décide de mon existe, en a voulu ainsi.»

Je me remis à le fixer, croisant mes bras autour de mon ventre, une vilaine manie que j’avais acquise lorsque je me sentais verbalement menacée.

«Mais je pourrais parier que même en seulement dix-sept ans d’existence, j’ai tuée moins de gens que vous…»

Je me retournai et marchai quelques pas en direction de la fenêtre pour regarder la cour, le rayon de soleil rendant mes cheveux encore plus flamboyant, presque illuminés de l’intérieur. Je croisais à nouveau les bras sur ma poitrine, ma pudeur reprenant soudainement ses droits. Je n’étais après tout qu’en simple corset, couvert de sang qui plus est. Je me sentais beaucoup mieux après voir étanché ma soif. Le goût de son sang continuait de hanter mes lèvres, alors que je les léchais discrètement. Je sentais l’énergie parcourir chaque cellule de mon corps, comme si la foudre m’était tombée dessus.

J’aperçu la carafe quasiment vide qui trônait sur la table basse en bois précieux. Je ferais en sorte que quelqu’un lui rapporte le restant du vin qui diffusait encore son parfum enivrant dans toute la pièce. Maintenant que je me sentais mieux, je pourrais peut-être goûter à ce qui restait dans ma coupe et vérifier par moi-même s’il était aussi délicieux qu’on le prétendait.

«Sortez, je vous en prie, pendant que votre état vous le permet encore…»

Spoiler:
 

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Lysandre Le Pieux

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MessageSujet: Re: L'endroit le plus sombre se trouve sous la bougie [Pv : Eyrah Du Val]   Dim 1 Avr - 20:42

Le contact des doigts sur son poignet le fit douter, il regarda d’un air rempli de doute la bouche pulpeuse se poser sur sa peau et les crocs se plantèrent dans sa chair comme deux petits poignards. Lysandre avait appréhendé la douleur, il en avait certes l’habitude mais il ne sentit quasiment rien, un picotement au début qui disparus lentement, surement dut à la quantité d’alcool qui l’avait ingurgité.

Lysandre se sentit rougir et fixa la fenêtre, observant du coin de l’œil des servants occupés dehors à sortir l’eau du puits. Il se sentit bête, idiot d’avoir proposé son bras. Il y avait du sang à volonté pour la vampire, il n’aurait jamais du donner le sien. Pourtant, il se sentait ni en colère ni triste. Ses pensées était uniquement sur Eyrah, il lui avait dit beaucoup trop de chose cruelle même si elle était son ennemi naturel.

Le gémissement de la jeune fille le fit sursauter et il baissa les yeux en fixant les joues cramoisies.

« Vous m’avez demandé de ne pas invoquez certaines personnes devant vous. Je vous prierais de faire de même… Augustine était tout pour moi et… C’est elle qui m’a demandé de…»

La bouche sèche de Lysandre refusa de s’ouvrir et il continua à fixer Eyrah.

«Elle craignait trop ce que vous auriez pu lui faire subir…»

Il comprit alors quelque chose. Aux yeux de la Flamme, les vampires étaient des monstres. Mais dans le camp des non-morts, c’était le contraire. C’était l’Archevêque le monstre, lui.
Il voulut faire un geste, maladroit certes mais exprimer… Exprimer quoi ? Il voulait faire quoi ? Être gentil envers elle ? Pourquoi ?

Alors qu’il avait tendit sa main blessé, Eyrah se releva et il se raidit. Essayant de cacher sa surprise. Il déglutit péniblement, la bouche encore plus sèche que le plus chaud des étés.

«Vous croyez vraiment que je suis sans cœur ? Bien entendu que je m’en veux ! Vivre tout en étant rongée par la culpabilité est mon fardeau… Et je l’ai accepté. Je ne peux m’empêcher de voir le visage des villageois, pleurant leurs disparus, alors même qu’ils nous remerciaient d’avoir abrégé leurs souffrances. À chaque fois que je ferme les yeux, je suis hantée par ceux que j’ai conduits vers la mort. Malgré le fait qu’ils l’accueillaient, je n’ai jamais pu être totalement en paix avec moi-même. C’est justement ce ressentiment qui à conduit mon père à instaurer les règles de notre Famille…»

Elle s’arrêta pour prendre son souffle et il se rappela de prendre le sien aussi. Lysandre essayait d’assimiler tout ce qu’il avait entendu. Si la jeune fille avait prit la peine de regarder son visage, elle aurait certainement vu de la honte et une forme de tristesse dans les deux yeux verts.

« Je dois faire avec. Si je suis née ici, c’est que Dieu ou peu importe qui décide de mon existence, en a voulu ainsi.»

Ses yeux verts analysèrent chaque mouvement du vampire, ne bougeant pas d’un seul centimètre.

«Mais je pourrais parier que même en seulement dix-sept ans d’existence, j’ai tuée moins de gens que vous…»

Elle s’éloigna de lui et lui avait reprit son faciès sérieux, de marbre, l’alcool étant définitivement partit de son crâne, il était redevenu maitre de lui-même. Il se trouva même plus lucide que d’habitude.

«Sortez, je vous en prie, pendant que votre état vous le permet encore…»

Il ne se fit pas attendre, tournant les talons d’un geste mécanique. Ses pieds allèrent plus vite qu’il ne l’aurait voulu vers la porte. Il posa sa main gauche sur la poignée et la tourna d’un geste rapide. Il ouvrit a bouche et tourna son visage, s’apprêtant à dire quelque chose mais se retint en enlevant son regard de la femme. Sortant de la pièce silencieusement.

Lysandre traversa le couloir, faisant signe aux soldats de reprendre leur place. Il marcha rapidement vers sa propre chambre et l’ouvrit avant de la refermer, s’appuyant contre le bois. Se laissant glisser vers le sol, se retrouvant seul dans une pièce trop silencieuse.

Un mois plus tard :

Lysandre descendit de sa jument alors que les trombes d’eau se déchainaient sur lui, derrière lui cinq soldats firent de même. Une fois ses pieds à terre, il ne put s’empêcher de gémir de douleur en se tenant le torse, tirant les rennes de Beatrice pour la mettre lui-même dans la grange malgré les demandes des serviteurs venus à sa rencontre. Une fois dans ce lieu, à l’abri, Lysandre laissa le palefrenier s’occuper de sa jument et il se dirigea alors paresseusement vers l’intérieur du manoir.

Avant même qu’il est pu ouvrir les portes, celle-ci glissèrent vers l’intérieur, Charles le majordome le regardait avec son air satisfait, lui faisant une révérence très poli alors que le plus jeune entrait en attrapant une serviette qu’un serviteur lui tendait. Se demandant si son majordome avait un quelconque don de voyance lui aussi.

« Votre Grâce, je suis heureux de vous revoir. Votre bain sera prêt dans une heure.
- Je n’avais même pas précisé quand je serais là…
- Un majordome se doit d’être au courant du retour de son maître.
- Tu m’épates.
- Merci Votre Grâce. »

Le sourire que se partagèrent les deux hommes fut sincère et Lysandre suivit les épaules légères son dévoué serviteur qui lui donna des nouvelles du manoir.

« Votre départ il y a un mois était un peu précipité si je puis me permettre.
- La Flamme éternelle n’attend pas, Charles.
- Certainement, mais la prochaine fois. Ne partez pas en pleine nuit… Surtout si c’est pour revenir blessé…
- Ce n’est qu’une égratignure.»

La main droite de Lysandre n’avait pas quitté son torse, une vilaine plaie étant venue séjournée pour quelques temps et qui serait surement suivit par une cicatrice d’une vingtaine de centimètres.

« Vous avez besoin d’un docteur ?
- Non, on s’est assez occupé de moi à la Capitale… » Lysandre ne précisa pas que c’était son père qui avait fait venir les meilleurs médecins des envions pour soigner la blessure causé par un coup de dague.

Il n’écouta que d’une demi-oreille les nouvelles, se rappelant de sa dernière journée ici, la discussion plus que tendue et alcoolisée avec Eyrah, la morsure et… sa fuite.

« Et donc, vous êtes d’accord ?
- Oui, oui… »

Car Lysandre avait fui, l’homme d’une trentaine d’année maintenant qui n’avait pas peur de combattre des vampires avait fuit une gamine. Il était parti la nuit même, presque sans prévenir vers la capitale et avait demandé à son père de faire un conseil avec les autres archidiacres, puis il avait sauté sur l'occasion d'une bataille, n'importe fut-elle. Celui-ci avait eu l’air de s’amuser en voyant l’air visiblement troublé de son fils. Lysandre avait gagné la bataille il y a quatre jours, ne laissant aucun survivant dans le groupe ennemi mais il avait eu la blessure à son torse comme trophée. Il avait du sang sur les mains, encore plus qu’avant désormais et ce sang ne voulait pas partir qu’importe le nombre de fois qu’il se lavait.

Lysandre ne regardait désormais plus devant lui et se prit le dos de son majordome en grognant.

« Damnation, Charles !
- Votre Grâce ne m’écoute pas.
- Si, évidemment… Tu parlais du bal de demain…
- Oui, vous avez donc entendu le fait que Monsieur de l’Aiguille est revenu la semaine dernière pour apporter la tenue à Dame Eyrah et faire les retouches. »
- Et ?
- Vous verrez par vous-mêmes… »

Charles ouvrit la porte de la bibliothèque et Lysandre regarda par-dessus l’épaule du vieil homme. Il fixa alors avec des yeux ronds le grand espace qui avait été fait dans la salle, tous les livres, tables et affaires de l’homme avait été poussés contre les bibliothèques afin de faire le plus d’espaces. Donnant un résultat certes rangée mais pas au goût de Lysandre qui tenait à ce que personne ne touche la pièce sauf lui. L’homme ayant une certaine façon de ranger ses livres (surtout en ne les rangeant pas). Lysandre entra dans la salle et ne put s’empêcher de sentir l’énervement froncer ses sourcils.

« Pourquoi avoir dérangée la seule pièce que j’apprécie dans cette demeure ?
- Pour entrainer Dame Eyrah, Votre Grâce…
- Entrainer ? Mais à quoi voulez-vous…. »

Lysandre se tourna vers les sièges près de la cheminée, cachée derrières des piles de livre, Marie la servante fit une révérence maladroite et à côté d’elle se trouvait Eyrah dans une robe rouge aux décorations en or.

Lysandre fixa la jeune fille dont il savait désormais son âge et se tourna d’un air sec vers le majordome.

« Il y a malentendu.
- Vous avez dit oui pour laisser Dame Eyrah venir avec vous, Votre Grâce.
- Je n’ai jamais… »

Lysandre se massa le front d’un air las, dans ses vêtements de guerre trempée, une serviette autour des épaules et les cheveux détachés et bouclant à cause de l’eau. Il tira une chaise et se laissa tomber dessus en fixant le majordome d’un air tiré. Sentant ses muscles se contracter sous la douleur quand il se posa contre le dossier.

« Vous et Marie sortez… Je veux m’entretenir avec Dame Eyrah.
- Bien Votre Grâce. »

Le majordome ouvrit la porte et laissa la jeune servante passer avant de fermer derrière lui. Lysandre tourna alors son regard vers la dernière personne dans la pièce, il semblait à cet instant en proie à une hésitation immense, une peur de parler irrationnelle.

« Vous pensez que c’est une bonne idée de venir à un bal ? »

Il fixa l’âtre de la cheminée d’où brulaient quelques buches, la chaleur était rassurante et reposante.

« Avec moi qui plus est… »

Il voulut rajouter quelque chose mais ce retint, attrapant les accoudoirs de la chaise et les serrant fortement de ses doigts. Sa tête retomba en arrière, contre le dossier et il ferma les yeux, ravalant sa fierté.

« Je suis désolé pour la dernière fois, je pense ne plus boire d’hydromel avant longtemps… Du moins en votre compagnie. »

Il se demandait actuellement s’il allait recevoir une réponse ou si elle ne lui pardonnerait pas. Mais à quoi pensait-il ? En quoi le pardon de sa vampire serait important, c’était lui le maître désormais ! Il n’avait pas besoin de son avis !

« Vous devriez aller préparer vos affaires si vous êtes toujours d’accord. Nous partons demain matin ! »
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