Vampire Waltz

France, XVème siècle. L’ordre de la Flamme Eternelle mène une guerre feutrée contre les vampires. La victoire appartiendra à ceux qui survivront à la Nuit...
 
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 [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]

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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Mer 21 Mar - 22:52

Ses bottes se stoppèrent net et elle tenta de faire abstraction de la boue qui les maculait. Paris n’avait pas changé depuis son départ. La ville était toujours aussi sale et malodorante, surtout dans les bas-quartiers. Anastasia avait passé quelques mois dans la demeure familiale des Mortegarde, dans le Comté d’Angoulême, puis sa résolution l’avait reconduite sur les routes en direction de la capitale. Là-bas, elle espérait trouver des informations sur Lucian et enfin apprendre où se trouvait son mentor. Elle était certaine que son père lui dissimulait des informations à ce sujet. Elle savait lorsqu’il tentait de lui mentir. Alan s’était toujours montré trop honnête, ce que Brunehilde son épouse avait toujours considéré comme une preuve de faiblesse. La chasseuse savait également qu’elle ne parviendrait pas à lui tirer les vers du nez. Et que s’il ne lui disait rien, c’est que quelque chose de grave se tramait. C’est la principale raison qui avait poussé Anastasia à entreprendre ce voyage. Faire la route, seule, l’inquiétait quelque peu, mais elle s’était arrangée pour accompagner des marchands lorsqu’elle le pouvait.

De longues semaines s’était écoulées jusqu’à ce qu’elle ne gagne enfin Paris, ses remparts et ses murs de pierre… et sa boue.

Anastasia remonta légèrement le bas de sa robe pour marcher. Elle n’avait pas revêtue sa tenue de chasseuse, afin de ne pas attirer l’attention sur elle. Elle avait rabattu le capuchon de sa cape sur son visage et arpentait les ruelles mal famées de la ville, à la recherche de l’un de ses informateurs. Malheureusement, force était de constater qu’en son absence, les rues de Paris avaient complètement changé de place !

Oui, c’était la seule explication possible à ses yeux. L’idée que ce soit elle qui ne parvienne tout simplement pas à retrouver son chemin –peut-être parce qu’elle était dotée d’un sens de l’orientation déplorable- ne lui avait même pas traversé l’esprit.

« Je suis sûre que cette taverne se trouvait ici ! » s’exclama t-elle, excédée de se trouver à nouveau face au même mur… vide.

Un soupir fendit les lèvres de la dame. A force d’aller et venir, elle avait fini par attirer l’attention de quelques badauds qui lui jetaient à présent des regards louches. Il faut dire qu'elle était un peu trop bien vêtue pour ce quartier là...
Inconsciemment, Anastasia porta sa main à sa croix en argent. Et puis, elle avait toujours sa dague, dissimulée sous sa cape.
L’un des hommes à la trogne patibulaire qui la dévisageaient depuis de bonnes minutes déjà commença à s’approcher, forçant la dame à reculer. Sous son capuchon, elle tenta d’esquisser un plan rapide. Elle ne souhaitait pas engager un combat, préférant éviter un conflit inutile.
Alors qu’elle commençait à s’esquiver le plus rapidement possible, Tasia heurta de plein fouet une personne qui arrivait au croisement de la rue. Son nez mit un peu de temps à se remettre du choc, avant qu'elle ne s’aperçoive qu’il s’agissait d’un homme. Sans même prendre le temps de l’observer, son cerveau tournait à plein régime et elle sut qu’elle venait de trouver le moyen de se sortir du pétrin, sans avoir à transpirer.

« Oh ! Vous voilà enfin, mon ami ! je vous ai cherché partout ! », s’exclama t-elle en saisissant d’autorité le bras de l’homme.
A voix basse et à l’intention de l’inconnu seulement, elle ajouta :
« Je vous en prie, jouez la comédie avec moi. C’est une question de vie ou de mort. »

Pour rajouter un peu plus de poids à ces mots, elle regarda plus ou moins discrètement par-dessus son épaule pour voir si le type louche s’était arrêté ou non.

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Dernière édition par Anastasia Mortegarde le Mar 15 Mai - 22:58, édité 1 fois
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Jeu 22 Mar - 18:05

Le temps des adieux était arrivé, la femme se retint de pleurer avec difficulté, cachant la moitié de son visage dans son mouchoir. Sa longue chevelure brune volait dans un tourbillon, obéissant seulement à la volonté du vent. Les mouettes criaient chaotiquement au-dessus de sa tête, comme une danse maladroite, elles volaient en ronds tout en suivant l’animation du port de leurs petits yeux ronds. Les yeux de la femme exprimaient tout l’amour et l’inquiétude que pouvait ressentir une épouse quand elle voyait son mari quitter le port. Sur le pont du bateau, penché en avant, l’homme lui faisait un signe de main avant de disparaitre, occupé à faire son nouveau rôle de marin.

Decebal trouvait cette scène tellement belle qu’il avait en tête d’écrire une chanson une fois arrivé à la taverne. Il s’avança, capuche sur le visage vers la femme qui se tenait toujours au bord de l’eau. Fixant le bateau disparaitre parmi d’autres embarcations comme si elle n’était plus qu’un fantôme hantant le port.

« Pardonnez-moi, ma Dame, mais vers où par ce navire marchand ?
- Vers Venise. »

La femme essuya une larme qu’elle n’avait pas réussi à contenir. Decebal croisa les bras sur son torse, soupirant en se rappelant le bon vieux temps.

« Ah, Venise et ses nombreux bordels. Un magnifique coin pour prendre du bon temps pas trop cher !
- Pardon ? »

La femme se tourna vers lui, son visage avait pris une couleur écarlate, elle ne ressentait désormais plus la tristesse mais une colère terrible. Comme si le barde avait dit tout haut ce qu’elle craignait le plus. Decebal recula d’un pas, tendant ses mains comme pour montrer qu’il n’avait rien fait de grave. Deux marins portant leurs caisses de marchandise passèrent à côté d’eux, riant ouvertement de la situation.

« Je disais ça comme ça, je ne dis pas que votre mari va aller dans une maison close ! »

La claque fusa.

Decebal, l’orgueil encore blessé par cette mésaventure arrivée le matin marchait parmi les ruelles des bas quartiers de Paris celle qu’il devait rencontrer. Il avait reçu quelques temps après, un message de sa correspondante et la joue douloureuse, le barde était partit en direction des quartiers pauvres de la capitale. Ses bottes marchaient parmi les détritus, le foin et la boue, l’odeur était tout aussi infecte que la vision du sol où il se déplaçait mais Decebal n’était pas le moins du monde rebuté par l’apparence scandaleuse de l’endroit. Sa capuche toujours sur son visage empêchait les passants de voir son apparence si particulière et il refit le nœud de sa cape tout en cherchant la taverne où il devait rencontrer Eveline.

Cela faisait maintenant plusieurs mois qu’il l’avait rencontré, la femme lui avait confié faire partie de la "Famille". Ce n’était pas la première fois qu’il entendait parler de clan de vampire français. D’ailleurs, la dernière fois qu’il avait entendu parler de ces vampires, le lendemain, il en était devenu un.

Quand il avait sauvé Eveline d’un chasseur de vampire (en l’assommant avec sa mandole, cassant le manche par la même occasion) lors d’une balade près de sa demeure. La pensée que cette histoire pourrait se retourner contre lui avait traversé son esprit. Mais rien ne changeait Decebal après ses presque cent ans passés sur terre et il avait offert le confort de sa demeure à l’immortelle, écoutant ce qu’elle avait sur le cœur avec en fond, les grattements d’une mandole réparée et d’un bon feu de cheminée.

Apparemment, les vampires n’avaient pas assez de se battre contre la Flamme éternelle qu’ils se chamaillaient aussi entre eux. Eveline était une messagère pour le chef actuel de la Famille. Decebal avait à ce moment-là apprit que le maître de ce clan était un dénommé Adrien Du Val. Le barde n’avait pas tardé avant de se moquer du nom de famille avant qu’Eveline ne lui rappelle que son nom à lui était presque imprononçable car Eveline avait un accent chantant tellement prononcé que ses mots les plus simples se déformaient presque sous sa langue.

Mais une chose était clair, Adrien connaissait l’Ancien qui avait une dette envers Farkas. Decebal devait alors rencontrer le Chef de la Famille pour retrouver le vampire plus vieux et ainsi mettre toute l’histoire qui concernait son père au clair.

Les deux vampires s’étaient séparés, Eveline devant faire son devoir dans le fin fond de la Sud de la France et Decebal restant chez lui pendant plusieurs jours. Attendant que sa nouvelle amie vienne le rejoindre pour qu’il puisse faire route ensemble. Mais il y a quelques semaines, Eveline lui avait dit de le rejoindre au Port de Paris car un grand danger la menaçait. N’attendant pas une seule seconde, Decebal avait déposé une gerbe de fleur sur la tombe d’Yseult et était partit vers une nouvelle aventure.

Un cri se fit entendre au loin, le faisant revenir dans la ruelle boueuse où il était désormais. Decebal se demandait vers qui demander son chemin, personne n’avait envie de se faire embêter et cela se voyait à des kilomètres.

Alors qu’il tournait à un croisement, cherchant une personne un peu plus accueillante que les autres. Quelqu’un lui rentra dedans. Le bon côté avec le fait que Decebal était grand était qu’il n’avait pas souffert du choc, contrairement à la personne en capuche.

La voix douce de la femme surprit Decebal quand elle lui apprit qu'elle le cherchait de partout. Decebal savait que quand une femme le cherchait, c'était soit parce qu'il avait fait une bêtise, soit parce qu'il allait en faire une. Il fixa la capuche puis une main lui attrapa le bras et il fronça les sourcils. S’apprêtant à parler quand la femme parla de nouveau.

La femme tourna légèrement la tête après sa phrase, inquiétant Decebal et celui-ci suivit ce geste, fixant un homme au visage sale, une barbe non taillé et en train de se gratter le torse, attendant la moindre occasion pour s’approcher. Decebal posa sa main sur celle de la femme qui lui tenait son bras, penchant son visage vers elle pour lui parler calmement. Il avait bien assez de soucis comme ça, pas besoin de rajouter un problème en plus.

« C’est moi qui vous ai cherché, ma Dame. Allons plus loin si vous le voulez bien. »

Decebal marcha calmement, emmenant la femme sous ses pas assuré. Le barde se mordit la lèvre, se disant qu’il allait certainement regretter de perdre du temps comme ça car il devait retrouver Eveline au plus vite. Sa dernière missive était écrit à la va vite et Decebal savait ce que cela signifiait…

Au détour d’une minuscule ruelle, il lâcha soudainement l’inconnue et fit quelques pas en arrière pour voir si l’homme louche les suivait mais personne à l’horizon à part une poule qui picorait la boue, fixant de temps en temps les alentours.

« Bien tout danger est écarté ma Dame. »

Decebal s’approcha alors de la femme, se grattant la joue tout en observant la magnifique robe.

« Vous ne devriez pas errer dans un quartier comme celui-ci seule. Si on ne s’était pas croisé, vous auriez pu mal finir… »

Decebal se toucha le torse, se rappelant de l’événement.

« Enfin, si vous ne mettiez pas rentré dedans. »

Il fit une légère courbette poli, sachant qu’il ne verrait certainement jamais le visage de cette noble inconnue.

« Ce fut un plaisir d’avoir sauvé une demoiselle en détresse. Sur ce, adieu ! »

Il tourna les talons d’une geste rapide, sentant sa mandole se cogner dans son dos avant de s’y balancer à chacun de ses pas. Il sortit de la ruelle sombre avant de sortir la missive. Fixant les quelques mots puis fit demi-tour et pencha sa tête vers la ruelle ou se tenait par chance encore l’inconnue.

« En vérité, j’ai moi aussi besoin d‘aide ma Dame. »

Il s’avança vers elle en tendant son morceau de papier ou n’était qu’écrit le nom de la taverne.

« Sauriez-vous ou se situe cet endroit ? C’est une affaire d’une extrême urgence qui pourrait bientôt être une question de vie ou de mort. »

Decebal sourit sous sa cape, levant le menton d’un air amusé.

« Comme vous. »

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Dernière édition par Decebal Sutarefson le Jeu 22 Mar - 21:51, édité 1 fois
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Jeu 22 Mar - 20:55

Par chance, le plan de la chasseuse fonctionna comme elle l’avait prévu.

« Je le veux bien », répondit-elle.

Anastasia pressa le pas pour ne pas se faire distancer par son sauveur (malgré lui). Comme il avait de longues jambes, le suivre n’était pas une mince affaire, mais à cet instant précis, elle était prête à le coller comme son ombre s’il le fallait. Tout ce qu’elle souhaitait, c’était s’éloigner au plus vite de cet horrible individu qui la suivait.

Lorsqu’ils atteignirent une ruelle étroite, Anastasia se dressa sur la pointe de ses pieds pour vérifier que la menace était belle et bien écartée. Elle laissa échapper un soupir de soulagement, tandis que l’homme prit la parole. Il semblait en être arrivé aux mêmes conclusions qu’elle.

« Et je vous en sait gré, Messire. Louée soit votre bonté. »

Il s’approcha alors d’elle et elle recula de deux pas. Elle avait bien dit « sa bonté », alors elle espéré qu’il n’allait pas tenter d’en profiter pour faire un geste envers elle. Finalement, il se contenta de la réprimander comme une enfant.

« Oui, je vous en remercie », répéta t-elle un peu agacée par la remarque.
A croire qu’il s’adressait à quelqu’un d’irresponsable… Bon, elle ne lui donnait pas totalement tort dans le fond, mais elle aurait souhaité qu’il insiste un peu moins.

Il lui rappela alors le fait qu’elle lui était rentrée dedans et Anastasia ne put s’empêcher de rougir. Elle demeura interdite, ne sachant quoi lui dire, mais de toute façon, l’homme semblait pressé de partir. Elle répondit à sa courbette par une brève révérence.

« Adieu, Messire. »

Quel étrange rencontre, se dit-elle alors qu’elle venait tout juste de remarquer la mandole dans son dos. Se pourrait-il que cet homme courtois soit un barde ? Cela expliquerait son langage bien au-dessus de ces quartiers boueux.
Anastasia le regarda partir, puis elle observa la rue, soudainement rattrapée par la réalité.

« Où suis-je ? », murmura t-elle, le visage blanc comme un linge.

Lorsqu’elle pivota, elle fit de nouveau face à l’homme à la mandole, qui était revenu sur ses pas. Face à ce retournement de situation inattendu, elle se contenta de l’écouter posément. Ah… s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, elle ne pouvait refuser. Chevaleresque dans l’âme, Anastasia voulait bien lui prêter assistance en retour, mais elle ignorait encore qu’il allait poser une question à la personne la moins apte à lui porter secours. Au pire, elle n’aurait qu’à lui indiquer n’importe quelle direction en priant très fort pour qu’il s’agisse du bon chemin. Quelque part, elle se sentit coupable à cette pensée. Non non, cet homme l’avait tiré d’une situation ennuyeuse, elle devait faire en sorte qu’il trouve le lieu qu’il cherchait. En plus, c’était une question de vie ou de mort…
Elle parcourut du regard le papier qu’il lui tendait et son cœur rata un battement.

« Oh ! mais c’est l’endroit que je recherche également ! » , s’exclama t-elle.

La chasseuse lui rendit gracieusement le morceau de papier, tout en relevant légèrement le menton.

« Je pourrais tout à fait vous y conduire… si malheureusement, la taverne n’avais pas changé d’endroit durant mon absence », ajouta t-elle avec une moue désolée, mais surtout avec une conviction drôlement gonflée.  

La mauvaise foi d’Anastasia n’avait point de limite. Cela dit, une pensée lui traversa l’esprit. Si cet homme possédait un meilleur sens de l’orientation qu’elle, peut-être trouverait-il plus facilement la taverne du Gobelet du Gobelin. Elle n’avait qu’à l’accompagner et ainsi elle n’aurait plus à chercher dans ce dédale rempli de rustres. En plus, avec sa haute stature, il empêcherait probablement d’autres malotrus de s’approcher d’elle. Pourquoi se salir les mains quand on pouvait l’éviter, n’est-ce pas ? Ben voyons…

La dame sourit d’un air avenant.

« Nous n’avons qu’à chercher ensemble ! Et puis, comme vous l’avez si bien dit, il serait dangereux pour moi d’errer seule dans ces quartiers. »
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Jeu 22 Mar - 22:02

« C’est vrai ? Quel soulagement ! »

Decebal se dit deux choses pendant que la jeune femme lui rendit sa missive, la première fut que le destin était de son côté car elle pourrait le conduire jusqu’à la taverne rapidement. La deuxième était qu’il avait de la chance, beaucoup trop même…

« Changé d’endroit… Vous êtes sûre ? C’est rare qu’une taverne déménage… »

Il avait pensé trop vite.
Decebal avait été soulagé trop rapidement avant que la fatalité ne vienne lui donner un coup de pied dans la cheville pour le rappeler à l’ordre, il aurait dû en avoir l’habitude au bout d’un moment, il aurait même du développer un genre de sixième sens mais Decebal n’apprenait jamais.

A la proposition de la dame de s’accompagner, il accepta. Pas parce qu’il avait plus de chance de trouver la taverne, ce qui était évidemment perdu d’avance vu l’impression que lui faisait cette femme. Mais il se dit que si juste en se perdant dans les quartiers, elle avait manqué de se faire attaquer, alors il n’osait même pas imaginer ce qui arriverait dans une taverne.

Et puis, vu sa robe et sa cape, peut-être que cette noble dame avait quelques pièces sur elle, histoire de payer à boire au bon vieux barde.

« Très bien, faisons comme ça ! »

Il commença à marcher et sortit une nouvelle fois de la ruelle, cette fois-ci, il y avait un peu plus de personne dans une des rues principales où ils se trouvaient tout deux et Decebal ralentit l’allure, comme Yseult lui avait appris il y a des années, marchant à la même vitesse que la femme pour ne pas qu’elle est l’air pressée. C’est-à-dire aussi que le vampire faisait quand même des grands pas avec ses longues jambes. Son cousin s’en était toujours plein !

« Au fait, je me nomme Decebal Sutarefson. Mais nommez-moi juste Decebal ! Et comme vous le voyez, ce que j’ai dans mon dos est mon outil de travail. Je suis Barde depuis bientôt prêt de...»


Decebal se stoppa, se rendant compte que dire ses années d'expériences seraient peut-être étranges.

« Barde depuis tout gamin ! A croire que je suis né avec une mandole à la main ! » Il se mit à rire bruyamment, faisant tourner le visage d'un passant en le croisant.

Le nez en l’air, fixant les maisons collées les uns aux autres. Decebal observa un volet en bois abimés s’ouvrir et une femme sortir sur le rebord de la fenêtre, jetant un seau dans une ruelle.

« Et vous ma Dame, comment dois-je vous appeler ? »

Anastasia donc, Decebal pensa tout de suite que c’était un magnifique prénom. Un prénom parfait pour une chanson. Si seulement le vampire pouvait voir en entier le visage de la jeune femme afin de se faire une idée de ce qu’il pourrait mettre dans sa mélodie. Mais il se voyait mal se pencher vers elle pour lui enlever sa capuche, peut-être qu’une fois dans la taverne, il pourrait la voir. Mais pour cela, il devait d’abord la trouver !

« Donc, si notre taverne a changé de place. C’est que vous y êtes déjà allé avant. Est-ce que vous vous rappelez de quelque chose qui pourrait nous aider à la trouver ? »

Decebal s’arrêta brusquement et tira la femme vers lui avec plus de force qu’il ne l’aurait voulu. Un homme s’effondra alors devant eux, le nez en plein dans la boue, celle-ci fut éclaboussé autour du corps ivre, tâchant les bottes en cuir usés de Decebal et malheureusement, aussi la robe et la cape de la femme.

« Un homme ivre, nous sommes sur la bonne piste, Dame Anastasia. »

Decebal avait dit cela en regardant vers la droite, fixant une ruelle tout aussi dégoûtante que les autres. Il lâcha alors sa prise sur la damoiselle, se demandant si il devait vraiment la laisser entrer dans la taverne qu’ils cherchaient.
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Jeu 22 Mar - 23:26

Il semblait dubitatif. Il ne la croyait pas.

« Allons, pourquoi vous mentirais-je ? », dit-elle en haussant les épaules d’un air parfaitement innocent.

Par chance, l’homme accepta sa proposition et Anastasia fut satisfaite de son argumentation, sans se douter qu’il avait peut-être dit oui pour d’autres motifs.

« A la bonne heure ! »s’exclama t-elle.

Elle failli ajouter « vous ne le regretterez pas ! », mais cela faisait peut-être un peu trop et surtout, cela ne ressemblait en rien au vocabulaire d’une noble dame. Il ne fallait pas que son côté aventureux ne transparaisse trop, auquel cas son sauveur pourrait la laisser se débrouiller seule.

Elle lui emboîta le pas, difficilement dans un premier temps, mais très vite, il ralentit pour se trouver à sa hauteur. La jeune femme avait craint durant un instant de devoir se mettre à courir.

Tandis qu’elle lui jetait un regard en biais, Anastasia se fit la réflexion qu’elle ne savait rien de cet homme, hormis le fait qu’il était probablement un ménestrel. Elle ne connaissait même pas son nom et ne le lui avait même pas demandé, ce qui était très impoli compte tenu du fait qu’il l’avait aidé.
Mais alors, comme s’il avait lu ses pensées, l’inconnu se présenta. Elle n’était pas certaine d’arriver à retenir son nom. Elle n’avait jamais rien entendu qui ressemble à cette série de syllabes complexes. Elle essaya néanmoins de se le répéter dans son esprit, dans l’espoir d’arriver au moins à le prononcer correctement. En tout cas, il était bel et bien un barde.
Le dénommé Decebal marqua une pause et Anastasia haussa un sourcil. En réponse au rire bruyant du barde, elle lui offrit un léger sourire.

« Et bien, enchantée de faire votre connaissance, Messire Decebal. Pardonnez-moi si je ne le prononce pas bien. »

Anastasia observait les lieux, cherchant à se repérer. En vain. Elle espérait encore que Decebal n’avait pas perçu son absence totale de sens de l’orientation, histoire de paraître quand même un minimum crédible. Non parce que « demoiselle en détresse qui se perd en faisant le tour d’un arbre », ça faisait quand même beaucoup !

La question du barde la rappela à l’ordre.

« Oh, veuillez m’excuser, je ne me suis même pas présentée ! Vous pouvez m’appeler Anastasia. »

Il était bien entendu hors de question qu’elle lui donne son nom sans en savoir davantage à son sujet. Certains chasseurs commençaient à être connus des vampires. Par chance, ce n’était pas son cas, mais la famille Mortegarde était en revanche réputée pour son lien étroit avec la Flamme Eternelle.

« Oui je m’y suis déjà rendue, il y a environ six mois de cela. Je me rappelle… »

Elle hésita un moment, cherchant un élément particulier. Decebal devait attendre et elle restait là, le doigt suspendu, les lèvres pincées, à la recherche d’un souvenir qu’elle avait très probablement oublié.

« … d’hommes ivres », conclut t-elle, un brin dépitée. « Malheureusement, je crois que c’est mon souvenir le plus vivace. »

Elle voulut rajouter quelque chose, mais Decebal la tira brusquement vers lui. Anastasia ne s’y était pas attendue et elle manqua de trébucher, laissant échapper un cri de surprise, tandis qu’un homme s’effondrait à leurs pieds. Elle aurait aimé trouver quelque chose d’intelligent à dire, mais elle ne parvint qu’à rougir, embarrassée par la situation. Elle ne fit même pas attention à la boue qui maculait maintenant le bas de sa robe.
Decebal ne semblait pas plus perturbé que ça, puisqu’il continua à parler comme si de rien n’était, mais Decebal n’était pas une noble dame élevée dans le respect des convenances. Elle se racla nerveusement la gorge, lorsqu’il la lâcha enfin.

« Vous voyez, je vous l’avais bien dit », déclara t-elle, s’arrogeant tout le mérite de leur bonne progression.

Ils remontèrent plusieurs ruelles et Tasia ne faisait même plus attention à l’état de sa robe. Au point où elle en était… Ils croisèrent quelques mendiants, un chien errant et des gamins qui jouaient avec des morceaux de bois. Une vieille femme se tenait sur le perron de sa maison rudimentaire. Lorsqu’ils parvinrent à sa hauteur, elle leur offrit un sourire édenté. Anastasia décida de s’en approcher pour être sûre du chemin qu’ils empruntaient.

« Dites-moi, madame, où peut-on trouver le Gobelet du Gobelin ? »

La vieille ne répondit rien. Un long silence s’ensuivit et Tasia finit par se tourner vers Decebal avec un sourire un peu crispé, le genre d’expression qui voulait dire « vous ne le voyez peut-être pas mais je gère la situation ». Discrètement, elle donna une pièce à la vieille femme et celle-ci pointa un doigt à la peau rêche en direction d’une allée. Elle répéta plusieurs fois le même geste.
Anastasia la remercia d’un signe de la tête, puis elle enjoignit Decebal à la suivre.

« Alors, quel genre de chansons compte votre répertoire, Messire Decebal ? », demanda t-elle dans le but de faire la conversation durant le peu de trajet qu’il leur restait à faire.

Elle s’écarta pour laisser passer un groupe d’enfants qui se poursuivaient en criant.  
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Ven 23 Mar - 15:10

Devant la déclaration de la dame devant l’homme ivre toujours couché face contre boue, Decebal se dit qu’il avait fait une étrange rencontre. Pas la plus étrange, ça ne risquait pas, mais cette Anastasia semblait être un sacré numéro. Ils commencèrent à remonter la ruelle et le barde se dit pour lui-même que ça ne le dérangeait pas de connaitre désormais une femme avec un caractère si particulier, du moins le peu qu’il avait vu pour l’instant.

Les mendiants étaient nombreux dans cette partie de la ville, Decebal le savait mais ça lui faisait toujours un pincement de cœur de voir des gens dans cet état. Il se demanda s’il devait donner une pièce à l’un d’eux quand un des mendiants cracha de façon très peu distingué devant le barde. Le visage remplis de dégoût, Decebal annula toute tentative de faire une bonne action envers cet homme.

Un chien errant passa alors à côté d’eux, ses côtes visibles montraient son manque de nourriture, son pelage qui avait dû être autrefois d’un beige éclatant était désormais pleins de trous et de tâches plus ou moins sombres. Au passage des deux compagnons, les yeux noirs de l’animal fixèrent le vampire et il retroussa les babines tout en se collant au mur, la queue entre les jambes. Mais le plus animal des deux fut certainement Decebal sous sa capuche, heureux que personne ne puisse voir son regard où on aurait pu le mettre sur le bûcher à la seconde suivante. Il tourna la tête et continua le chemin tout en reprenant son visage habituel, souriant.

« Oh, une vieille dame ! Elle saura certainement la route ! » S’exclama-t-il en pointant la vieille femme du doigt.

Ce n’était pas très poli mais personne ne se souciait vraiment des étiquettes dans cette partie de la ville. Alors qu’Anastasia décida de parler à la vieille femme, Decebal regarda du coin des enfants en train de jouer. Il sentit de la jalousie, n’ayant jamais eu de bon rapport avec les enfants qu’il croisait lors de ses voyages avec Gautier. Les petits humains étaient cruels, beaucoup plus que les adultes car ils ne s’empêchaient pas de dire ce qu’ils pensaient tout haut et qui faisait mal.

Le visage que fit la dame vers Decebal avait l’air d’être un appel à l’aide. La vieille femme devait surement la menaçait, après tout, ils étaient dans les quartiers les plus sombres de la ville, même une vieille dame pouvait être agressive. Le barde posa ses mains sur ses hanches, essayant de dire par ce geste « Je viendrais vous sauver si besoin ! »

Heureusement, Anastasia s’en sortit sans aucun mal car la plus vieille (enfin, si personne ne comptait Decebal) pointa du doigt une destination. La dame continua alors la marche, sa robe subissant les attaques vicieuses de l’état catastrophique du chemin à chaque pas, le barde à ses talons. Et ce fut d’ailleurs sur son travail qu’il fut interrogé.

« Mon répertoire comporte tous les types de musiques. Cela ne dépend que de mes spectateurs et de mon envie du moment. »

Il observa les enfants passer avant de faire un mouvement de bras, sa mandole glissa vers son torse et il la plaça correctement. Pinçant des cordes dans les aigues dans une mélodie très douce et très lente.

« Je peux vous jouer la plus belle des histoires d’amours comme la plus triste. »

Ses doigts se déplacèrent et la musique changea de registre, devenant  rythmé comme celle qu’il jouait souvent aux tavernes des ports.

« Mais aussi des récit d’aventure, de quêtes et de vengeance. De rois qui partent à la guerre et de chevalier sans peur dont on a oublié le nom y a très longtemps. »

Il tapota sa mandole et posa ses mains dessus comme par habitude, s’en servant d’appui. De temps en temps, un de ses doigts venait gratter une corde pour faire un petit son qui accompagnait les bruits de leurs chaussures dans la ruelle et de l’ambiance des alentours.

« Mais dans ce genre d’endroit, ce serait plus des chansons que des oreilles nobles n’aimeraient pas entendre. Il ne faut pas être très bien éduqué pour me demander de les jouer. »

Il fixa des passants avant de sourire, sachant que ce qu’il allait dire allait peut-être être mal vu par une dame telle qu’Anastasia. A vrai dire, Decebal n’avait jamais fait attention à son rang, il était un comte malgré ce qu’on pouvait penser.

« Cependant, la dernière catégorie est ma préféré. C’est toujours très amusant de chanter en compagnies de marin et d’hommes ivres morts les chansons les plus obscènes. »

Decebal se rappela du bon vieux temps, quand il était encore humain et qu’il arrivait avec Gautier  dans les ports. Qu’importe la ville, qu’importe la langue, il suffisait qu’il prenne sa mandole et chante et même si les spectateurs ne comprenaient pas ce qu’il chantait, ils étaient tous satisfaits, chantonnant et tapant des pieds et des mains au rythme des mélodies. Decebal finissait toujours dans des états lamentables le lendemain, prenant la mer et vidant son estomac dans l’eau salé.

« Mais je vous rassure, Dame Anastasia. Je ne fais pas ça pour l’argent, d’ailleurs, un vrai artiste ne demandera jamais des pièces ! Si je joue ma musique, c’est pour la passion avant tout ! »

C’était vrai, Decebal n’avait quasiment jamais gagnée de l’argent avec sa musique parce qu’il ne demandait pas de pièce, juste un endroit où dormir en échange, et de la nourriture et des boissons quand il pouvait en apprécier les sensations. Il avait eu aussi la chaleur d’une amante en plus, une sorte de bonus appréciable.

« Mais assez parlé de moi ! Que faîtes-vous dans ce lieu, Dame Anastasia. Je vous avoue que c’est surprenant de voir une personne de la noblesse chercher une taverne dans les bas-fonds de Paris. »

Le côté curieux de Decebal faisait surface après avoir installé une certaine amicalité avec une personne. Ce n’était pas forcément volontaire mais ça lui permettait de savoir à quel niveau de problèmes il s’engouffrait.

« Ne me dîtes pas que c’est juste pour découvrir les bas-quartiers ou je risquerais d’être vexé. » Dit-il avec un sourire, sa phrase n’était pas à prendre au sérieux.

Decebal avait tellement parlé qu’il n’avait pas remarqué qu’ils étaient arrivés dans une rue ou l’agitation était visible. Il fronça les sourcils, se demandant si ce brouhabra était dû à la taverne qu’il recherchait ou bien si quelque chose de plus grave allait leur sauter en plein visage.

« La vieille dame vous avez dit que c’était par ici ou nous allons droit vers un mésaventure ? »
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Ven 23 Mar - 21:43

Decebal semblait être quelqu’un de très bavard, mais la jeune femme ne s’en plaignit pas. Elle était habituée à la compagnie d’hommes peu loquaces, ce qui devenait assez lassant à la longue, bien qu’elle n’ait jamais eu aucun mal à faire la conversation pour deux.

« Vraiment ? », lança t-elle dans un sourire tandis qu’il répondait à sa question. « J’adorerais entendre une chanson sur l’un de ces chevaliers », s’amusa t-elle.  

Il s’était mis à pincer les cordes de son instrument, produisant des sons qui venaient de temps à autre égayer la morosité des lieux. Alors qu’il lui confiait le type de répertoire qui faisait fureur dans le coin, la dame le dévisagea simplement en se demandant ce que les oreilles nobles ne pouvaient entendre. Il ne tarda pas à éclairer sa lanterne et la jeune chasseuse ne put s’empêcher de piquer un fard sous sa capuche. Si Sœur Eugénie entendait cela…

« O-oui, je suppose que ce doit être fort…distrayant. »

A nouveau, elle se racla la gorge, comme elle le faisait chaque fois qu’elle se sentait dans l’embarras.

Decebal tenta tout de même de la rassurer sur ses « nobles » raisons d’artiste passionné. Elle lui adressa un regard dubitatif, à moitié convaincue. Ce n’était pas vraiment qu’elle refusait de le croire, mais la vie d’artiste ne devait pas toujours être évidente et rechercher quelques piécettes en plus pour le souper lui semblait bien naturel. Du moins, elle l’imaginait, car Anastasia n’avait jamais manqué de rien. Cela ne l’empêchait cependant pas de demeurer sensible aux maux des plus démunis. Si elle n’avait pas grandi aux côtés d’Isolda, peut-être se serait-elle montrée moins charitable. Machinalement, elle toucha de nouveau sa croix en argent.

« Il doit être plaisant d’avoir une passion », conclut-elle d’une voix plus faible.

Jusqu’ici, elle trouvait la conversation de Decebal plutôt plaisante. Mais ça, c’était avant qu’il ne lui pose des questions plus indiscrètes, le genre de questions auxquelles elle savait qu’elle allait devoir répondre par le mensonge, ce qui –en principe- était proscrit dans le code d’honneur des chasseurs de vampires.

« Je suis une personne surprenante », répliqua t-elle en y mettant le plus de dignité possible.

Elle décida de se donner l’image de la dame charitable. Elle avait remarqué que cela fonctionnait toujours plutôt bien auprès des civils.

« Être noble ne signifie pas que l’on doit ignorer les petites gens. Mais vous avez raison, je suis ici pour une raison bien précise. Je suis à la recherche de mon… père. »

Elle avait marqué une courte hésitation, ne sachant trop comment désigner Lucian. Cette version là lui parut la plus probable, sans compter que durant son adolescence, Lucian avait fait office de deuxième père pour elle.

Elle aurait voulu jauger la réaction de Decebal, mais premièrement elle ne voyait pas son visage, et deuxièmement, du grabuge interrompit leur discussion.

« Et bien au moins, vous aurez largement de quoi composer une nouvelle chanson », répondit-elle aux interrogations du barde. « Venez, allons au moins voir de quoi il s’agit. Si vous avez peur, restez derrière moi, je vous protègerai », ajouta t-elle avec un sourire malicieux, occultant totalement le fait que c’était plutôt Decebal qui l’avait protégé jusqu’à présent que l’inverse.

La dame remonta légèrement les pans de sa robe pour s’avancer un peu plus vite parmi la foule. Il fallut un peu jouer des coudes pour se faufiler, aussi s’effaça t-elle pour laisser –lâchement- passer Decebal, bien plus grand qu’elle. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour regarder par-dessus de son épaule.

« Messire Decebal, regardez, c’est la taverne », souffla t-elle dans le dos du barde. « Vous voyez, je vous ai porté chance. »

En réalité, elle se sentait soulagée d’avoir trouvé le lieu qu’elle recherchait. Malheureusement, cela signifiait aussi que leur route allait se séparer à moins que le destin n’en décide autrement.

Le regard de Tasia fut soudainement attiré par une femme, à l’entrée de la taverne qui poussait de grandes exclamations vindicatives. Elle semblait en colère contre un homme, lequel se grattait la barbe d’un air exacerbé.

« Mais puisque je vous répète, mademoiselle, que je n’ai pas fait exprès de renverser ma chope sur vous ! »

Anastasia connaissait cette voix. C’était son informateur ! Oh non, elle ne pouvait décidément pas s’approcher de lui tant qu’il attirait l’attention comme ça ! Elle allait devoir attendre que la situation se calme et que Decebal soit parti, sinon elle devrait dire adieu à toute discrétion.  
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Ven 23 Mar - 22:50

Decebal ne put s’empêcher de rire à la remarque d’Anastasia, il imaginait très mal la femme essayé de le protéger. Il suivit tout de même la femme au noble cœur de près, le fait qu’elle cherche son père avait touché Decebal mais il ne lui avait pas dit. Ils étaient peut-être plus semblables qu’il ne l’avait cru...

Alors que le géant du duo avait pris les devants pour tracer le passage pour son acolyte de quelques heures. La voix d’Anastasia se fit entendre derrière lui, le fait qu’il pouvait voir qu’ils étaient enfin devant la taverne le rassura. Savoir maintenant si c’était grâce ou non à Anastasia était une autre question dont il ne voulait pas répondre à autre voix, par peur de blesser sa nouvelle amie.

« Il faut juste passer devant les deux ivrognes qui se battent et… » Decebal s’arrêta en fixant avec de grands yeux la femme à la chevelure brune qu’il connaissait que trop bien.

« Mais puisque je vous répète, mademoiselle, que je n’ai pas fait exprès de renverser ma chope sur vous ! »

Eveline était aussi belle qu’une déesse, Decebal l’avait d’ailleurs déjà complimenté sur ce sujet mais la femme n’avait pas rougie, Eveline avait ri en disant que ce genre de compliment ne marchait pas sur elle, car en tant qu’ancienne prostituée, elle avait déjà entendue toutes les remarques du monde à son égard, bonnes comme mauvaises. Sa chevelure brune qui volait tout autour de sa poitrine et de son dos montrait qu’elle venait à peine de sortir de la taverne, ayant oublié de se protéger contre le soleil. Elle portait comme lors de la première rencontre avec le barde ses bottes montantes imposantes et son corset si serré que personne ne pouvait douter qu’elle avait la taille très fine. Cependant, une tâche se faisait voir sur la cape beige qu’Eveline portait dans ses mains, expliquant l’origine de la dispute.

« J’ai retrouvé celle que je cherchais. » La voix de Decebal était morne, comme s’il savait que ce ne serait pas simple de calmer la jeune vampire, il se tourna vers Anastasia et plissa les sourcils d’un air inquiet, sachant qu’elle ne verrait pas son visage.

« Allez-vous mettre en sécurité, ça pourrait vite dégénérer… »

« Espèce de Coquebert ! Je vais te foutre une baffe ! Ma cape mordiable ! » L’accent chantant d’Eveline déformait les mots.

Les rires des spectateurs indiquèrent qu’ils aimaient particulièrement le spectacle et qu’aucun d’eux ne semblaient prêt à arrêter la dispute.

« Vous voyez ? »

Dommage que la femme avait un caractère si mauvais que personne ne voulait rester à ses côtés en publique. Decebal se déplaça rapidement, poussant les derniers humains sur sa route, il connaissait très bien Eveline et savait comment elle réagissait quand elle s’emportait. Le sang ne devait absolument pas couler maintenant, en pleine journée et dans Paris même dans les bas-quartiers. Decebal ne pouvait pas assommer tous les témoins, il n’avait pas assez de mandole pour ça.

« Je vais t’enfoncer ta choppe tellement profond dans ta gorge que tu ne seras…
- Eveline ! »

Decebal cria en faisant les derniers pas vers eux, attrapant le poignet de son amie qui s’apprêtait surement à joindre geste et parole, l’interrompant surement pour le mieux. Les yeux noirs de la femme se tournèrent vers lui mais elle ne sourit pas et aucun signe apparent qu’elle voulait se calmer n’était visible sur son visage. Decebal nota les veines sur son front et dans son cou qui pulsait, elle était à deux doigts d’exploser et de montrer ce qu’elle était vraiment. Et maintenant que Decebal s’était affiché comme étant une connaissance, son identité à lui aussi allait être compromise.

« Il a sali ma cape ce…. Boursemolle ! Elle secoua son bras pour que Decebal lâche son emprise, ce qu’il fit, ne voulait pas plus envenimer la situation.
- Calme toi…
- Que je me calme ? Moi Eveline de la Grive ! Je ne me calmerais pas avant de lui avoir fait comprendre qu’on ne sali pas ma cape ! »

Elle se tourna vers le pauvre homme qui était plus la victime qu’Eveline et lui donna une gifle avait même que  Decebal n’ai pu réagir. La claque fusa tellement fort que le bruit fit taire les rires des ivrognes en train de regarder ce qu’il se passait. Le pauvre homme tomba à terre sous le visage blême du barde pendant qu’Eveline riait en posant ses mains sur ses hanches.

« Et ce n’est que le début ! Tu vas pleurer ta mère, merdeux ! »

Decebal enleva la mandole de son dos et la garda dans sa main gauche puis il se pencha vers elle avant qu’elle ne continue son carnage et l’attrapa de façon à la porter sur son épaule droite. Elle n’attendit pas et lui tapa le dos, secouant les jambes dans tous les sens, Decebal faillit se prendre un coup de botte boueux dans le visage mais ne dit rien, commençant à s’avancer pour entrer dans la taverne.

« Lâche-moi Decebal ! Il faut que je lui règle son compte. »

Il entra dans la taverne sous le visage visiblement énervé du tenancier.

« Une chambre, je paye le double du prix ! » Souffla le barde en retenant un gémissement de douleur quand une botte tapa dans le bas de son ventre. Il monta les escaliers alors qu’Eveline continuait à le marteler de coup, beuglant des insultes dont Decebal ne voulait pas connaitre le sens.

« Chambre de droite ! » Cria le gérant en bas des escaliers. « Et ne cassez rien ! »

Le barde poussa la porte avec le pied avant de s’approcher du lit et de poser délicatement la mandole. Puis il jeta son amie sur le plancher dur, alors qu’il enlevait sa cape, il jeta un regard amusé sur Eveline.

« Tu es tombé amoureuse de lui, avoue. »

Un coup de pied atterrit dans sa cheville et Decebal tomba en arrière en hurlant de douleur. Se tenant son membre endoloris avant de se mettre à rire suivit par Eveline.
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Sam 24 Mar - 22:22

La femme qui beuglait dans toute la rue était d’une grande beauté, mais Anastasia la jugea terriblement vulgaire dans sa façon de s’exprimer. Heureusement que Sœur Eugénie n’était pas là…

La chasseuse s’apprêtait à émettre un commentaire sur cette attitude déplacée, lorsque Decebal avoua que cette femme était justement la personne qu’il cherchait. Tasia demeura interdite quelques instants, son regard faisant des allers et retours entre les deux individus. Comment quelqu’un avec un vocabulaire comme le sien pouvait fréquenter une… une… hystérique ? Enfin, elle s’ébroua tout à coup. Après tout, qui était-elle pour juger ? Elle-même comptait des connaissances douteuses, bien qu’il ne s’agisse, pour la plupart, que de simples informateurs.

En tout cas, Anastasia ne pouvait décidément pas s’approcher du duo, surtout maintenant qu’elle savait que son sauveur était une accointance de la femme qui martyrisait Maurice, son informateur.

Elle ne put cependant s’empêcher de marquer un moment d’hésitation lorsque Decebal lui suggéra de se mettre à l’abri. La chasseuse prit le temps d’y réfléchir, mais elle se voyait mal se mêler d’une chamaillerie en pleine rue sans s’attirer d’ennuis. Et puis, à l’époque la « non assistance à personne en danger » n’existait pas encore.

« Oui, je vois très bien ce que vous voulez dire… »

Anastasia entra donc dans la taverne, non sans un malheureux regard en direction de son informateur, toujours aux prises avec l’hystérique. Puisqu’elle ne pouvait –voulait- rien faire pour l’aider, elle comptait au moins lui payer une boisson pour sa peine. Le bougre n’était pas très fortuné, mais elle avait toujours pu compter sur sa discrétion. Enfin, jusqu’à aujourd’hui.

Tasia rejeta la capuche de sa cape en arrière, dévoilant ainsi son visage au regard d’autrui. De toute façon, elle ne craignait rien, l’attention de tous étant tournée vers l’extérieur. Pauvre Maurice, se dit-elle. Il ne restait plus qu’à attendre qu’il en ait terminé avec l’autre femme. Pour occuper son temps, elle se rendit auprès de quelques clients au fond de la pièce, lesquels lui semblèrent plus abordables que les autres. Elle leur demanda s’ils avaient déjà rencontré Lucian, leur révélant un portrait qu’elle avait elle-même dessiné. Devant la mine interloquée de ces hommes et de la femme qui les accompagnait, elle conclut qu’ils ne le connaissaient pas. Elle leur posa encore quelques questions, sans faire attention au grabuge dans la taverne, puis elle rangea son dessin.

Anastasia avait prit la décision d’attendre Maurice dans la chambre qu’il occupait à l’étage.

Elle se dirigea alors vers le tavernier, lequel essuyait ses verres tout en jetant de temps à autre des coups d’œil en direction de l’entrée.

« Et bien, ma p’tite dame ! J’suis pas fâché qu’ces deux là soient sortis ! »

La « p’tite dame » en question ne fit aucun commentaire. Elle se contenta de faire rouler quelques pièces sur le comptoir.

« Où se trouve la chambre de Maurice ? »

« Première porte à gauche.»

La chasseuse hocha distraitement la tête, puis elle prit la direction des escaliers d’un pas déterminé. Parfois, elle se demandait si elle faisait bien de se lancer dans cette traque. Si jamais Lucian apprenait qu’elle le recherchait, il risquait de mal le prendre. Il n’avait jamais trop apprécié qu’on mette le nez dans ses affaires. Mais n’était ce pas légitime pour une disciple sans nouvelle de son mentor de tenter de le retrouver ? Tout ce qu’elle souhaitait, c’est d’être certaine qu’il allait bien. Et puis, les secrets de son père n’arrangeaient rien à son inquiétude.
Tout en grimpant les marches, Tasia pesta contre toute cette boue sur ses chaussures. Elle craignait de glisser à tout moment.

« Il a dit la porte à droite il me semble», murmura t-elle pour elle-même.

Mais lorsqu’elle ouvrit la porte en bois, Anastasia fit face à une scène des plus inattendues. Decebal et la femme se trouvaient dans la même chambre et … par terre. Était-ce... la bagatelle ? Sur le coup, la dame se mit à rougir fortement et elle se signa par mécanisme. Heureusement que Sœur Eugénie n’était pas là…

« Seigneur Dieu ! » s’exclama t-elle. « Euh… excusez-moi, je croyais… je ne voulais pas… »
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Dim 25 Mar - 21:38

Les deux amis avaient finis de rire, Eveline semblait avoir retrouvé un semblant de calme sous le soulagement visible de Decebal. Ils s’étaient tous les deux assis face l’un à l’autre et Eveline caressait sa cape comme si elle câlinait un animal.

« C’était celui qui m’avait transformé qui me l’avait offert.
- Alors on va lui demander de t’en offrir une autre. S'il peut m'en passer une neuve aussi, par la même occasion. Proposa amusé Decebal.
- Impossible, il est mort. »

La barde avait la bonne capacité à mettre les pieds dans le plat. Il souffla un « Ah. » avant de détourner le regard, se grattant le visage, Eveline avait toujours un air calme sur son visage.

« Tout comme la Famille d’ailleurs.
- Pardon ? »

Decebal s’étrangla presque dans sa question, fixant avec des yeux surpris l’autre vampire. Elle le regardait d’un air sombre, un air qui n’allait pas (malgré son caractère) avec sa façon d’être. Eveline était une sang-chaud, vulgaire certes mais Decebal aurait voulu ne jamais voir un visage où la gravité et le sérieux se battaient comme deux démons, attendant de prendre l’ascendant sur l’autre.

« Comment ?
- La Flamme éternelle pardi, qui d’autres peut attaquer autant de vampire ?
- Tu étais là-bas ?
- Oui, enfin presque. J’ai croisé deux humains. Un genre de messager et son garde du corps. Je crois qu’il s’appelait le seigneur des corneilles… Un truc dans le genre.
- Quel nom pompeux. Dit Decebal en croisant les bras. Tu as fait quoi ?
- Je les ai tué, mais avant, j’ai appris qu’ils devaient capturer la fille d’Adrien.
- J’imagine qu’il est mort… Le père du Val.
- Ouaip ! C’est plus qu’un tas de cendre maintenant… Mais je sais où est sa fille !
- Elle saura peut-être le nom de l’Ancien. Donne-moi le lieu !»

Decebal prit un air sombre quand Eveline s’approcha à quatre pattes vers lui, elle posa sa main sur son torse et il déglutit péniblement.

« Alors, monsieur le barde, tu crois vraiment que je vais te donner toutes les informations sans demander payement. J’ai failli me faire tuer.
- Mais tu ne l'es pas… Toi. »

La main baissa un peu plus et Decebal attrapa le poignet en souriant.

« Le lieu ?
- Tu n’es pas marrant ! »

Eveline gonfla ses joues en reculant, s’asseyant sur le sol en prenant un air ronchon. Decebal rit en sentant une goutte de sueur perler sur son front qu’il essuya rapidement.

« Tu connais la famille Le Pieux ?
- Pas du tout, mais ils ont un nom très nul ! Critiqua le vampire sous le soupire d’Eveline.
- Le fils est l’archevêque de la Flamme, c’est avec lui que la princesse vampire est tenue captive. »

Decebal alla parler mais la porte s’ouvrit sur une femme aux chaussures et la robe tâchée de boue. Elle regarda les deux amis avant de se signer et de s’excuser, évidemment, Eveline se mit à rire sans retenue tandis que Decebal fronça les sourcils, se demandant qui était cette personne. Puis, la lumière arriva à tous les étages et le barde se leva d’un bond.

« Dame Anastasia ! Pardon de vous avoir surpris… après que vous nous ayez surpris…En entrant dans la chambre d’Eveline.
- Tu connais cette Sainte ? » Demanda Eveline en se relevant et s’approchant d’eux.

Decebal fit mine de ne pas faire attention envers le surnom d’Anastasia et se tourna vers Eveline, faisant une révérence pour présenter sa nouvelle amie.

« C’est une dame que j’ai rencontré alors que je te cherchais. Sans elle, tu serais encore en train de frapper ce pauvre homme et je n’aurais pas trouvé la taverne. Decebal fit un clin d’œil discret à Anastasia, n’allant pas raconter qu’il lui avait sauvé la peau.
- Il m’a… renversé sa choppe dessus, ce Maltaillé !
- Vraiment ? »

Eveline croisa les bras en se balançant d’un pied sur l’autre et Decebal se redressant, soudainement suspicieux.

« Je l’ai peut-être bousculé sans faire exprès…
- Tu as tapé un innocent...
- Ça on le sait pas, c’est peut-être un tueur sanguinaire ! Elle aussi autant ! » S’écria Eveline, rouge de honte.

Decebal fixa Anastasia comme avant de rire, la dame n'avait rien de quelqu'un de menaçant. Il se reprit et soupira en se frottant l’arête du nez puis il se tourna vers Anastasia.

« Je vous présente, en retard, mon amie, Eveline. Eveline, voici Dame Anastasia, traite-la poliment s’il te plait. »

Eveline alla s’assoit sur le lit en jouant avec les cordes de la mandole. Decebal se tourna vers l’autre femme et sourit, sachant comment reformuler ses mots pour poser sa question.

« Dîtes moi, Dame Anastasia… La taverne aurait-elle changé les emplacements de chambre pour que vous vous retrouviez dans la nôtre ? A moins que vous me cherchiez… Et si oui, pourquoi ? »
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Lun 26 Mar - 19:01

Si Sainte Anastasia avait reconnu Decebal, c’était surtout du fait de sa taille et de la présence d’Eveline. Son visage étant jusqu’ici masqué, elle fut frappé de stupeur en découvrant ses traits pour la première fois. Ses cheveux avaient la couleur de la neige et ses yeux la teinte de l’or. Pourtant, il paraissait bien jeune pour avoir des cheveux blancs. Jamais Tasia n’avait rencontré personne avec une telle apparence. Etait-il possible qu’il fasse partie de ceux qu’on appelait albinos ? Il faudrait qu’elle en touche un mot à Frère Jean. Il était si cultivé qu’il avait toujours réponse à tout.

« Oh non, c’est de ma faute, je n’aurais pas dû entrer comme ça », bafouilla t-elle.

Elle était tellement confuse qu’elle avait recommencé à rougir. La réflexion d’Eveline ne fit rien pour arranger son état et Tasia ne prit même pas la peine de relever l’adjectif « sainte » pour la désigner. Elle n’avait jamais été une sainte, mais il était vrai qu’il lui arrivait de se faire passer pour telle afin d’éviter les soupçons sur sa nature de chasseuse.

Ladite chasseuse fut reconnaissante à Decebal de la présenter comme une aide plutôt que comme un boulet qui s’était accroché à lui dans le but de ne pas (encore) se perdre. La bienséance lui interdit cependant de répondre à son clin d’œil de la même manière. C’était vulgaire. Elle se contenta d’un petit signe de tête, tandis qu’Eveline revenait sur l’incident avec Maurice. Il semblerait que le pauvre bougre ait subi une colère injustifiée.

Anastasia ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Elle allait répliquer sur un ton moralisateur, mais Eveline commença à proférer des hypothèses qui figèrent de stupeur la chasseuse. Lorsqu’elle sentit l’attention de ses deux interlocuteurs se poser sur elle, elle détourna brusquement le regard d’un air qui se voulait innocent. Pour peu, une auréole aurait pu apparaître au-dessus de sa tête.

« Je ne vois pas de quoi… »

Elle n’eut cependant pas le temps de finir sa phrase que Decebal se mit à rire comme s’il trouvait l’idée absurde.  Anastasia se renfrogna légèrement. Certes, il était fort commode pour elle qu’il ne la soupçonne pas d’être une tueuse de vampires, mais elle jugea son hilarité vexante.

« Vous ne devriez pas en rire », maugréa t-elle tout en croisant les bras.

Decebal la présenta alors à Eveline. Anastasia fit une révérence comme l’exigeaient les convenances. Néanmoins, elle se sentait toujours mal à l’aise, du fait qu’elle avait l’impression d’avoir interrompu quelque chose. D’ailleurs, Decebal ne venait-il pas de dire « notre chambre » ?  

« Enfin, Messire Decebal, vous savez bien qu’on ne change pas les emplacements des chambres aussi vite. Non, je pense que ce brave tavernier a dû se tromper… »

Anastasia tenta de faire abstraction du rire d’Eveline qui répétait « Messire Decebal » sur un ton dont l’ironie ne put lui échapper. Elle haussa un sourcil.

« Je ne voulais pas non plus interrompre vos…retrouvailles. »

« Oh ne vous inquiétez pas, Sainte Anastasia », répliqua Eveline dans ce qui semblait être une parodie de Tasia. « Nous n’avions même pas commencé ! »

Pour ponctuer sa phrase, Eveline pinça les cordes de la mandole avec une expression faussement sensuelle.
Anastasia se détourna brusquement, un sourire crispé au visage. Bon sang, mais cet endroit n’était pas un lupanar !

« O-oh je vois. Mais vous n’avez pas besoin de m’appeler comme ça, vous savez…»

« De quoi ? Sainte Anastasia ? Mais ça vous va très bien, n’est-ce pas Messire Decebal ? »

D’accord. Anastasia avait beau être jeune et (relativement) pure, l’idée qu’Eveline était en train de se payer sa tête lui traversa l’esprit.
Soudain, une silhouette apparut dans l’encadrement de la porte.

« Anastasia, je vous ai cherché partout ! » soupira un Maurice exaspéré. « Pourquoi à chaque fois que vous venez me poser des questions, les choses tournent mal ! »

Il n’avait qu’à la traiter ouvertement de chat noir tant qu’on  y était…
En tout cas, pour la discrétion des affaires, c’était loupé.
Maurice s’aperçut alors de la présence d’Eveline et de Decebal. Mais surtout d’Eveline.

« Vous ! » s’exclama t-il, avant de se tourner vers la chasseuse. « Anastasia, j’exige des explications ! Vous connaissez ces personnes ? »

Tasia se serait volontiers fracassé le crâne contre un mur.

« Calmez-vous, Maurice, il n’y a pas lieu de s’énerver après tout. Messire Decebal a gentiment accepté de faire le trajet avec moi pour éviter que je ne me fasse agresser… »

Elle fit semblant de ne pas remarquer l’expression interloquée de Maurice, qui -lui- était certain qu’elle n’avait pas besoin d’escorte.

« … Et il m’a présenté sa compagne, Eveline. »
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Lun 26 Mar - 21:37

Anastasia n’en démordait pas, faisant sourire Decebal quand elle accusa le pauvre tavernier de l’avoir mal dirigé.

« On va aller se plaindre alors. » Dit-il avec amusement quand Eveline se moqua de son appellation.

Il se retourna vers elle, lui tirant la langue et Eveline se mit à rire en recommençant son petit jeu. Anastasia s’excusa encore une fois et Eveline répondit à la place de Decebal, insinuant quelque chose dont le barde n’avait pas du tout envie.

« Nous n’avons rien interrompu car il n’y a rien à commencer. »
Souffla le seul homme en sachant que personne ne ferait attention à lui.

Eveline, qui semblait ne pas avoir assez de jouer avec la mandole de Decebal, semblait avoir trouvé une distraction fort amusante en embêtant la dame. Et en se foutant royalement de son ami, en passant. Decebal tourna sur lui-même pour affronter le regard de son amie, croisant les bras.

« Ne t’ai-je pas dis d’être poli avec elle ?
- Pardon de ne pas être aussi distingué que vous, Messire Decebal. »

Ils se disputèrent du regard, comme deux enfants qui essayent de ne pas faire de vagues devant leurs parents quand quelqu’un d’autre entra. Decebal tourna son regard doré vers l’homme, fixant la joue encore rouge et surement douloureuse, compatissant car il avait eu pareil le matin-même. La victime d’Eveline parla à Anastasia et Decebal comprit alors ce qui avait mené en partie une dame de son rang dans les bas-quartier. Il trouva d’ailleurs le destin fort amusant en faisant se rencontrer l’homme et Eveline d’un côté et Decebal et Anastasia de l’autre.

Quand l’homme reconnu Eveline, celle-ci lâcha la mandole et sauta du lit pour faire atterir ses bottes sur les planches de bois. Elle s’avança, le menton haut, derrière Decebal, et celui-ci se demanda si son amie essayait de cacher sa gêne ou si elle essayait de l’utiliser lui, contre potentiel bouclier.

Anastasia fit les présentations et Eveline et Decebal se regardèrent avant de rire.

« Je ne suis pas sa compagne, Sainte Anastasia !
- Par tous les enfers... » Decebal en tirant une tête dépitée en imaginant le résultat.

Elle fit un pas à côté de Decebal et se retrouva face au dénommé Maurice. Elle était légèrement plus petite que lui et semblait l’analyser du regard.

« Loin de là ! Jamais de la vie ! »

Decebal s’arrêta de rire, fronçant les sourcils tandis qu’Eveline repoussait une mèche de son visage.

« Plutôt brûler vive que d’être avec lui !
- On avait compris…
- Vous savez qu’il utilise les gens qu’il rencontre pour faire ses chansons ! Je dis pas qu’il est nul mais j’en ai entendu des belles sur mes fesses !
- Eveline ! C’est de l’art !
- Ah, le voilà qui recommence ! »

Le barde posa sa main sur son front, essayant de ne pas s’énerver. Il avait dépassé l’âge pour être atteint par de telles accusations qui étaient cependant vraies. Quand il leva les yeux, Eveline avait croisé les bras, fière d’elle, elle ne se le cachait pas et tourna son regard vers  Anastasia, levant son menton.

« Prenez garde, Sainte Anastasia la pucelle, dans quelques jours, les ivrognes chanteront les louanges de vos… »

Eveline observa la dame de haut en bas en se pinçant les lèvres, soufflant avec moquerie.

« Atouts… »

Eveline n’attendit pas en voyant le regard brûlant de colère de Decebal et attrapa la manche de Maurice.

« Quand à toi, idiot-bête, je te paye un coup pour te pardonner de m’avoir renversé ta choppe ! »

Elle tira un peu sur la manche avant de lâcher, sortant de la chambre en dandinant ses hanches comme un félin prêt à attaquer sa proie. Elle savait toujours comment s’y prendre pour se faire pardonner sans le dire, et Decebal avait du mal à l’avouer, Eveline savait être attirante pour inviter les hommes à la suivre sans les forcer.

« Sainte Anastasia, prenez soin de Messire Decebal. »

La chevelure brune d’Eveline disparut dans les escaliers pendant que Decebal se tourna vers Anastasia.

« Ma Dame, je suis désolé pour le caractère de mon amie. N’en tenez pas rigueur, vous êtes très belle ! » Affirma-t-il en croisant les bras et en secouant la tête de haut en bas.

« Votre chanson ne sera pas vulgaire, je vous le promets sur ma mandole ! Elle sera surement mystérieuse et amusante. Mais rien de plus ! Rien de moins ! »

Decebal se mit à sourire.

« Et je ne dirais rien sur les tavernes changent de place et que les taverniers ne savent pas donner d’indications. »

Le vampire reprit cependant son regard sérieux et fixa Anastasia dans les yeux.

« Donc celui que vous cherchiez était Messire Maurice, mais ce n’est pas votre père, n’est-ce pas ? Ou alors vous êtes beaucoup plus jeune que je ne le pensais. Peut-être voulez-vous que je vous aide, je cherche moi aussi quelqu’un. »

Il s’arrêta et se dirigea vers le lit, attrapant sa mandole.

« Quoi de mieux qu’un barde pour faire venir le maximum de personne pour leur demander des renseignements ? Voyez-ça comme une façon de m’excuser pour Eveline. »
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Mar 27 Mar - 21:32

« Oh inutile d’en arriver à de telles extrémités », lança Anastasia.

S’ils se plaignaient au tavernier, ce dernier était capable de nier le fait qu’il ait indiqué la mauvaise chambre… ce qui était bien évidemment vrai !

Decebal et Eveline se mirent à se chamailler tel des enfants –ou comme un couple- et Anastasia se contenta de les observer, toujours interloquée par l’apparence du barde.

Par précaution, elle se plaça entre Maurice et Eveline, de façon à protéger son informateur. Maintenant qu’on savait qu’ils se connaissaient, elle n’avait plus besoin de jouer la comédie. Et puis, elle trouvait que la femme faisait une fixette un peu trop grande sur Maurice. En les présentant, elle avait pensé apaiser les tensions, mais le rire de Decebal et Eveline la déconcerta. Est-ce qu’elle avait dit une bêtise ?  Elle prit alors conscience de son erreur.

« Oh, je m’excuse si j’ai mal interprété. »

Elle s’écarta pour masquer son embarras, ce qui permit à Eveline de se mettre face à Maurice. Tasia trouve que celle-ci insistait beaucoup sur le fait qu’elle n’était pas la compagne du barde. Elle insistait beaucoup et devant Maurice, qui plus est. Un sourire de chat joueur se dessina sur les lèvres de la chasseuse tandis que Decebal s’offusquait de son insistance.

« Je pense que dame Eveline veut faire passer un message », plaisanta la brune.

Elle perdit cependant très vite son sourire lorsqu’elle entendit les révélations d’Eveline à propos du fameux répertoire dont lui parlait le barde un peu plus tôt. Elle coula un regard consterné en direction du concerné.

Eveline la mit en garde tout en la toisant de haut en bas et la chasseuse dut prendre sur elle pour rester polie. Sainte Anastasia la pucelle…
« J’en prends note », répliqua la chasseuse d’un ton acerbe, tandis que la femme enlevait purement et simplement Maurice. Ah ! si en plus elle lui promettait un verre, il ne risquait pas de refuser ! Maurice ne refusait jamais un verre, même si c’était un sanglier qui le lui proposait !

Anastasia se retrouva donc seule avec Decebal. Elle ne savait même pas par où commencer, aussi le laissa t-elle trouver une accroche. Après tout, il était doué avec les mots, non ?

« Ce n’est rien, malgré mon ascendance, j’ai l’habitude de ce langage plus… fleuri.  Ne vous inquiétez pas. Et merci. »

Elle détourna les yeux. Ce n’était pas la première fois qu’on lui faisait ce compliment, raison pour laquelle cela ne lui faisait ni chaud ni froid. A ses yeux, elle voyait presque cela comme une formule de politesse. C’était toujours la première chose qu’on lui disait. Non. En fait, c’était la seule chose qu’on lui disait. On ne vantait jamais son intelligence ou ses aptitudes de chasseuse. En tant que fille de la noblesse, elle devait se contenter d’être jolie.

Anastasia se prit à sourire.

« Mystérieuse et amusante, hein ? Cela me convient ! »

Même si Decebal semblait avoir compris la mauvaise foi dont Tasia faisait souvent preuve pour expliquer son mauvais sens de l’orientation, la jeune femme ne se démonta pas pour autant.

« Oh ? Les bardes savent-ils donc garder des secrets ? »

Elle vit qu’il la regardait avec sérieux, aussi reprit-elle également une attitude plus adaptée. Elle hocha la tête pour confirmer lorsqu’il lui parla de Maurice.

« Merci pour votre proposition. Maurice n’est pas mon père en effet, mais il le connait. »

Son regard s’assombrit légèrement, tandis qu’elle se retranchait dans ses pensées. Une idée lui vint soudain et elle croisa les bras.

« En effet, utiliser vos talent pourrait aider. Accepteriez-vous de chanter une chanson à son sujet. Si quelqu’un le reconnait, peut-être se présentera t-il. »

Elle se mit à arpenter la pièce lentement, réfléchissant à une formule adaptée.

« Puisque les récits de chevalier font partie de votre répertoire, sachez qu’il en est un. Il s’appelle Lucian. On pourrait aussi le définir comme un… chasseur solitaire. »

Son cerveau tournait à plein régime. Il fallait qu’elle trouve le plus de détails possible mais sans faire trop allusion à son véritable métier et à son affiliation avec l’ordre.

« Sa couleur de prédilection est le noir. Il ne craint pas la nuit, ni ses ombres. C’est un homme courageux et brave. Même la Mort ne le fait trembler, du moment qu'il accomplit son devoir. Il va toujours au bout de ses quêtes. »

Bien plus courageux qu’elle-même songea t-elle. Elle avait toujours cru que Lucian n’avait peur de rien.

« Vous pensez pouvoir faire une bonne chanson avec ces éléments ? »
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Mer 28 Mar - 15:29

Decebal fut content qu’Anastasia accepte son aide, il était toujours prêt à chanter pour son public. Même si dans ce cas précis, il savait que personne n’allait lui jeter des fleurs à la fin de sa chanson, peut-être quelqu’un lui payera un peu de bière par la même occasion. L’alcool manquait énormément à Decebal, il cacha donc sa réelle motivation à la dame pendant que celle-ci était en plein réflexion.

« Chasseur, intéressant ! »

Decebal nota le prénom dans un coin de son esprit tout en hochant de la tête, il ne savait pas encore ce qu’il devait jouer comme air pour raconter l’histoire d’un chasseur qui traquait des ombres. Etrange d’ailleurs, c’était une façon de parler d’un animal ? Anastasia décrit son père avec un éclat dans le regard que Decebal trouva admirable, il avait déjà vu ce regard quelque fois quand son cousin racontait des histoires sur l’oncle Gautier.

Decebal se leva, tout sourire sur son visage.

« Nous allons voir ça tout de suite, venez Dame Anastasia ! »

Decebal sortit de la chambre et dévala les escaliers avant de s’arrêter au milieu de ceux-ci, se tournant vers le visage de la femme.

« Restez vers le comptoir, vous pourrez facilement voir les personnes qui semblent intéressé par la chanson. »

Il fit un clin d’œil avant de continuer sa descente, le barde se dirigea vers le comptoir, tapant le bois avec sa main libre.

« Tavernier, je vais chanter ! Prépare de quoi rassasier tes clients et tes poches seront remplis d’argent !
- Je veux pas que tu lance une bagarre. » Dit l’homme en nettoyant une choppe, suspicieux.

Decebal le fixa en fronçant les sourcils avant de se taper sur le torse.

« Moi, Barde Decebal, jamais ne te chanterais une mélodie qui remplirait le cœur de mes spectateurs de rage !
- C’est ce qu’ils disent tous ! »

Le vampire haussa les épaules en se dirigeant vers le fond de la taverne, vers le feu de cheminé, il attrapa en passant un tabouret à une table. Un des hommes assit autour l’insulta mais il ne répondit pas, essayant de trouver des paroles. Son regard se tourna vers Eveline qui buvait en compagnie de Maurice, celle-ci tourna son regard vers Decebal et les yeux se croisèrent. Eveline ouvrit sa bouche d’un air surpris avant de se mettre à rire, soulevant un sourcil interrogateur à son futur amant (car les personnes qui écrivent cette aventure veulent une histoire d’amour passionnée et passionnante entre les deux). Le barde posa bruyamment sa chaise devant l’âtre allumé tout en regardant le monde dans la taverne, il chercha du regard Anastasia en espérant ne pas la décevoir. Son cœur battait la chamade mais il ne reculait pas devant le stress, Decebal s’assit et tapota le sol avec son pied.

https://www.youtube.com/watch?v=DzGfvCEffXo

Le bruit des conversations masquèrent d’abord son tapotement puis ses mains se mirent en position sur la mandole et grattèrent les cordes. Il lança alors un regard à Eveline qui se met à taper des mains avant de crier et de rire, suivit par Maurice. Decebal se trouva avec le cerveau complètement vide, essayant de trouver un début de chanson et se mit à se racler la gorge.

« Approchez, Approchez,
Et venez écouter ce que je vais vous conter.
Et pour que chacun puisse bien apprécier,
Apporter vos verres et les pichets,
Buvez et fredonnez ! »


Certaines personnes firent ce qu’il dit et levèrent les mains pour attirer l’attention du tavernier ou d’une serveuse, Decebal savait que c’était juste pour avoir l’excuse de boire un peu plus plutôt que d’écouter vraiment ce qu’il allait dire. Le barde réajusta sa mandole, se disant que vu le public qu’il avait, aucune raison de s’embêter avec des rimes.

« Approchez, Approchez,
Et n’hésitez pas à me corriger,
Car celui dont je chante les louanges,
Est un mystérieux chevalier habillé de noir,
Un chasseur solitaire, Lucian est son nom. »


Quelques personnes entrèrent dans la taverne, Decebal se dit qu’il allait au moins se faire une renommée dans les bas-quartier à défaut de ne pas avoir de nouvelle du père d’Anastasia.

« Sa bravoure est redoutée,
Par les ombres de la nuit,
Car son courage est sans pareil,
Celui qui n’a peur de rien, c’est lui !

Approchez, Approchez,
Dîtes-moi si vous le connaissez.
Allons, tendez vos verrez,
Buvez pour le chasseur Lucian ! »


Decebal leva son regard en souriant, ses doigts glissant toujours sur les cordes. Quelqu’un contre le mur de droite attira son attention, le barde fixa la personne recouverte d’une cape avant de se reporter vers sa chanson. Se demandant comment il allait la finir.

« La mort à peur de lui mes amis,
Car Lucian accomplira toujours sa quête.
Peut-être l’avez-vous déjà rencontré,
Peut-être vous a-t-il sauvé la vie !

Buvons et levons nos verres,
Que ce soir, coule la bière !
Mais n’oubliez pas celui
A qui je viens de faire l’éloge aujourd’hui ! »


Decebal se leva et quelques personnes applaudirent, pendant que le barde faisait une révérence, il observa Eveline qui semblait être prise d’un fou rire sous le sourire de Maurice et il espérait que ce n’était pas à cause de lui. Le barde se redressa et se dirigea vers le comptoir ou se trouvait Anastasia, mais un homme se trouva sur son chemin. Il se décida donc à longer le mur de droite afin d’accéder directement à la dame. Il était alors à quelques mètres quand on le tira dans une ouverture à droite, le faisant lâcher sa mandole au sol. Decebal se retint de pousser un cri de surprise quand on le plaqua au mur, dans la semi-obscurité du petit espace où il se trouvait avec l’inconnu. Decebal vit juste une personne encapuchonnée.

« J’ai si mal chanté que ça ? »
Demanda Decebal en riant malgré lui de la situation.

La personne qui le tenait par sa chemise était évidemment plus petite que lui, ce n’était pas difficile de l’être d’ailleurs.

« Comment tu connais le chasseur Lucian ? » Demanda la personne sans que le vampire arrive à voir si c’était un homme ou une femme.

« Oh, Dame Anastasia sera heureuse que ma chanson est fonctionnée !
- Répond ou je te vide de ton sang ! »

Decebal se rendit compte que personne ne semblait s’amuser de la situation sauf lui. Il attrapa donc le poignet de la personne et serra suffisamment fort pour que celle-ci lâche en gémissant de douleur. Les yeux dorés du vampire se plissèrent d’un air mauvais tout en observant les doigts de la personne, ressemblant plus à des griffes actuellement.

« On ne menace pas quelqu’un comme ça voyons !
- Lâche-moi ! »

Decebal obéit avant de retirer la capuche du visage de son agresseur.

« Oh… Bonjour petit vampire. »

En effet, deux canines blanches luisaient devant le regard du barde, devant lui, un jeune vampire semblait à deux doigts d’exploser tellement ses veines palpitaient sur son front.

Détail sur la chanson:
 
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Mer 28 Mar - 22:03

Decebal semblait ravi et Anastasia se dit qu’il le serait un peu moins s’il savait à quel type de chasseur appartenait Lucian. Cela reviendrait à lui révéler l’existence des vampires, de quoi lui filer des cauchemars jusqu’à la fin de ses jours.

« Déjà ? », s’étonna la chasseuse, surprise par la réactivité du barde.

Elle le suivit dans les escaliers et acquiesça lorsqu’il lui donna ses instructions. Rester près du comptoir, elle pouvait le faire. Anastasia était assez observatrice pour déceler toute personne susceptible d’être interpellée par la chanson du ménestrel.

Tasia se posta près du tavernier, lequel ne semblait pas partager l’enthousiasme de Decebal. Elle s’amusa des protestations de ce dernier, se faisant la réflexion que son monde serait bien plus coloré s’il existait davantage de Decebal parmi la noblesse. Malheureusement, ses fréquentations mondaines se résumaient à des hommes pétris d’arrogance et des femmes capricieuses.

Decebal prit place et Anastasia commença déjà son observation, les bras croisés. Elle fit un signe de la tête pour encourager le barde et lui sourit. Elle était curieuse de savoir comment il allait tourner les vers. Il ne restait plus qu’à espérer que le portrait soit fidèle à celui de son mentor. Après tout, ce plan pouvait porter ses fruits.

Un vague sourire naquit sur ses lèvres lorsqu’il commença à chanter et elle apprécia le son de sa voix et de la musique. Il avait réussi à composer une chanson rapidement, ce qui la surprit agréablement. Les bardes pouvaient-ils tous composer des morceaux en quelques secondes seulement ?
Mais très vite, la chasseuse fut distraite par les va et viens des clients de l’auberge, lesquels entraient pour écouter la chanson. Parmi ceux là, une silhouette austère, le visage dissimulé par sa cape –décidément !- attira l’attention de la dame. On avait connu moins suspect !

Alors que les applaudissements ponctuaient la fin de la chanson, Tasia vit la silhouette encapuchonnée se diriger vers le barde. Soudainement inquiète, elle se mit à la suivre, se frayant un chemin au milieu des clients de la taverne. Elle porta sa main à sa dague en voyant Decebal se faire plaquer contre le mur. Cet homme était très grand, plus grand que l’autre. Comment ce dernier aurait-il pu trouver la force de le saisir ainsi ? Un mauvais pressentiment assaillit Tasia. Decebal ne semblait pas plus terrifié que ça. Il dévoila le visage de l’individu et les mots qu’il prononça la figèrent de stupeur.

Elle se précipita vers le vampire pour le bousculer, déstabilisant ce dernier qui ne s’était pas attendu à une attaque. Ils tombèrent sur une table qui se brisa sous leur poids puis ils roulèrent à terre.

« Toi ! » s’écria le vampire.  

Les clients se poussèrent au fur et à mesure, tandis qu’Anastasia tentait de maintenir le vampire au sol. Sa robe ne facilitait pas ses mouvements.
 
« Où est Lucian ! »

Elle dénuda sa lame, mais le vampire avait plus de force. Il se mit à rire à gorge déployée et s’approcha pour lui souffler :

« La Loge des Vampires t’adresse ses amitiés, Anastasia.»

La chasseuse voulut lui asséner un coup de dague, mais il la repoussa et la griffa au visage. Anastasia grimaça, portant sa main à sa joue machinalement. Le vampire en profita pour prendre la fuite.

Insensible au sang qui coulait le long de sa joue, Anastasia se redressa à toute hâte pour le suivre, mais on lui barra la route. Un vrombissement d’exclamations avait envahi la taverne. Anastasia, elle, avait son regard braqué vers la sortie, mais elle ne pouvait pas suivre le vampire.

« Laissez-moi passer !! »
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Jeu 29 Mar - 10:43

Decebal allait demander au jeune vampire ce qu’il savait du fameux Lucian quand celui-ci se fit attaqué par surprise.

« Quoi ? Attendez ! Hey ! Ecoutez-moi !»

Le barde fixa sans comprendre Anastasia et le jeune garçon qui s’affalèrent sur une table, la brisant sous le choc. Il s’avança vers eux, fixant au passage si sa mandole était toujours à terre, celle-ci n’avait pas bougé et n’avait pas souffert de la bagarre, cependant il ne l’attrapa pas tout de suite.

« Dame Anastasia, il allait me le dire justement ! » Dit-il à l’encontre de la femme à terre.

Des informations lui sautaient en plein visage tandis que la foule autour des deux combattants s’excitait. Premièrement, le vampire connaissait Anastasia, deuxièmement, celle-ci savait suffisamment se défendre pour arriver à retenir un minimum un vampire. La salive de Decebal fut difficile à avaler pendant qu’il comprenait qui était vraiment la dame et qui devait surement être son père. Le barde essaya de passer entre les clients de la taverne pour essayer d’arrêter les deux personnes.

Le vampire lui répondit quelque chose à propos d’une Loge. Decebal ne comprenait pas ce que c’était et savait que ce n’était pas le moment pour poser des questions, il fallait agir. Les yeux dorés fixèrent pendant quelques instants la dague avant de froncer les sourcils.

« J’avais dit pas de bagarre ! » Hurla le tavernier.

Pour toute réponse, Decebal lui fit un sourire désolé. Le tavernier devint aussi rouge qu’une pivoine sous la colère, une excuse ne suffisait pas mais le barde n’y fit pas attention, se retournant vers les deux combattants.

Il vit alors le jeune vampire partir en courant, les deux personnes se regardèrent pendant un quart de seconde et Decebal su ce qu’il devait faire. Le barde repoussa un dernier ivrogne avant de se mettre devant Anastasia. Celle-ci saignait de la joue et ne semblait même pas se rendre compte que c’était lui qui était sur son passage, Decebal par contre se rappela que ça faisait des dizaines d’années qu’il n’avait pas pu une goutte de sang. Ah, qu’est-ce que j’aimerais en boire… se dit-il avant de sourire comme à son habitude devant la dame.

« Vous êtes une sacré femme, Anastasia. »

Decebal baissa les yeux vers la lame qui reflétait les lumières de la taverne. Il tourna se regard vers Eveline qui s’était approché et qui tenait la manche de Maurice. Le barde savait que son identité à elle n’était pas percée, cependant la sienne était une autre histoire. Et ce sang….

« Vous allez me payer les dommages ! »

La voix du tavernier fut la plus forte dans la pièce, cachant les commentaires amusés ou alcoolisés des clients. Decebal malgré toute la gentillesse et la patience qu’il détenait sentait la colère pointer le bout de son nez. Cependant, il gardait son regard rivé dans les yeux d’Anastasia avant de tendre sa main vers le poignet de celle-ci.

« Vous croyez vraiment que je vais vous laissez passer alors que vous avez essayé de tuer un gamin ?
- Et moi, je vais pas vous laissez partir avant d’avoir payé ! » Cria le tavernier toujours derrière son comptoir.

Il savait qu’elle allait se débattre alors il força plus sa poigne alors que sa deuxième main attrapa la dague par la lame. Il sentit instantanément la sensation particulière de brulure sur ses doigts et sa paume, son visage le montra bien assez pour qu’Anastasia puisse comprendre sans qu’il le dise à voix haute.

« Vous allez me tuer aussi, ma Dame ? »

Il lâcha la lame et le poignet avant de se tourner vers le tavernier, Decebal se déplaça alors vers les escaliers, les gravissant à une incroyable allure. Il arriva devant la chambre, et attrapa sa cape avant de revenir sur ses pas. Alors qu’il avait fini d’attacher sa cape sur son cou, Decebal envoya une bourse de pièce vers le tavernier, lui redonnant un sourire immédiat.

« Tournée générale ! » Cria-t-il avant de se tourner vers la chasseuse.

Son annonce provoqua une cohue générale, les ivrognes oublièrent bien vite ce qu’il se passait pour se diriger en masse vers le comptoir. Eveline et Maurice en profitèrent pour s’approcher de Decebal et Anastasia. Eveline tendit la mandole à Decebal, elle avait eu la gentillesse d’aller la chercher cependant le vampire refusa de la prendre.

« On va vous soigner ça, Sainte Anastasia. Il ne faut pas que ça s’infecte ! » Dit Eveline en fixant la joue de la chasseuse.

Decebal fit un pas en arrière, remettant sa capuche sur son nez.

« Rendez-vous au port ce soir, derrière la taverne du Kraken noyé. Il y a un entrepôt abandonné, je vous attendrais avec notre nouvel ami. Je vous ai dit que je vous aiderais après tout !
- C’est dangereux, je viens avec toi ! Dit Eveline en tendant la mandole à Anastasia.
- Non, tu restes avec eux. Empêche Dame Anastasia de me poursuivre si besoin !»

Les deux vampires se regardèrent avant que la femme se mette à soupirer. Decebal se tourna une dernière fois vers Anastasia.

« Ma mandole est la dernière chose que j’ai d’important dans ce monde, je vous attendrais donc venez me la rendre. »

Decebal se tourna avant de s’arrêter et de nouveau faire face au trio.

« Ne l’utilisez pas comme massue, s’il vous plait. »

Il fit demi-tour et sortit de la taverne en mettant sa main en visière, essayant de voir le gamin. Celui-ci était au détour d’une ruelle à quelques pas de là, dès qu’il aperçut le barde, il disparut dans la ruelle. Notre barde se dirigea droit devant lui, il s’engouffra à son tour et exprima un air dégouté en sentant toutes les mauvaises odeurs de l’endroit, fixant devant lui un morceau de cape qui disparaissait vers la droite. Il tourna donc à la prochaine intersection et suivit ainsi le jeune vampire dans le dédalle de ruelle du bas quartier.

Il ne sut pas combien de temps il courut mais ce fut un Decebal au bout de sa vie qui arriva à une petite place vide, il était en train d’essayer d’avoir une bouffée d’air frais tout en se tenant la poitrine quand il vit que le jeune vampire se tenait droit, calme, l’attendant comme si de rien n’était.

« Je suis plus tout jeune tu sais…
- Pff.. »

Le jeune vampire semblait se moquer de lui, Decebal fit juste un mouvement de main avant de s’effondrer sur un banc en pierre. Rejetant la tête en arrière en montrant qu’il agonisait.

« Donc, on disait quoi avant que tu te fasses attaquer par Dame Anastasia ?
- Tu fais ami-ami avec l’ennemi ? »

Le jeune vampire s’assit à côté de lui et Decebal tourna sa tête, fixant les yeux bleus du jeune garçon.

« Le seul ennemi que j’avais, je lui ai cassé la mâchoire avec ma mandole.
- Pfff.
- Après, on l’appelait le Sans-dent

Le garçon et le barde se mirent à rire tous les deux avant que Decebal ne s’assoit correctement, faisant face au jeune vampire.

« Je me présente, Decebal le barde et toi ?
- Victor.
- Et bien Victor, j’ai cru entendre des choses intéressantes pendant que tu attaquais ma nouvelle amie.
- Elle essayera de te tuer aussi, un jour.
- Surement. »

Victor se mit alors à parler devant l’air sérieux et intéressé de Decebal sur ce qu’était la Loge des Vampires.
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Jeu 29 Mar - 22:33

Anastasia était au comble de l’irritation lorsqu’elle découvrit que l’homme qui lui barrait la route n’était autre que Decebal. Elle ignora les beuglements du tavernier, dardant des yeux de glace sur le barde qui osait la retenir. Il lui sourit, mais ses lèvres à elle demeurèrent scellées.
Il tendit sa main vers elle et elle voulut se dégager, mais il fut plus rapide qu’elle.

« Vous savez comme moi qu’il ne s’agit pas d’un simple gamin. »

C’était un monstre. C’était un cauchemar, comme ceux qui hantaient ses nuits. Anastasia tira sur son bras pour se dégager ; elle sentit la poigne de Decebal se resserrer. Il attrapa la dague qu’elle n’avait pas voulu lâcher et l’évidence s’imposa d’elle-même. Elle ne baissa pas les yeux, mais quelque chose traversa son regard. Du regret peut-être ?

« Pourquoi me poser une question dont vous connaissez déjà la réponse ? »

Il la lâcha et elle récupéra aussitôt son arme. Comme il y avait du monde, elle la glissa sous sa cape. Ils avaient assez attiré l’attention sur eux. De toute façon, Decebal ne semblait pas vouloir engager un combat dans ce lieu, ce que les paroles du barde lui confirmèrent alors qu’il proposait une « généreuse » tournée générale. Un bon moyen de détourner l’attention des ivrognes.
Lorsqu’il revint vers elle, la chasseuse prit soin de s’écarter. Eveline tenta de désamorcer l’ambiance pesante. La sensation de brûlure causée par la griffure du vampire rappela Anastasia à l’ordre. Elle porta machinalement sa main à sa joue, observant les tâches rouges qui maculaient ses doigts.

« Ce n’est qu’une égratignure », répondit-elle.

Ce n’était pas vrai et elle le savait. Cependant, elle avait vu pire. Son dos s’en souvenait encore.
Anastasia écouta Decebal, mais elle n’était pas certaine de pouvoir le croire aussi demeura t-elle silencieuse, sous le regard insistant de Maurice. Il semblait craindre que les choses dégénèrent.

« Anastasia… », insista t-il lorsqu’Eveline tendit la mandole à la jeune femme. La chasseuse soupira devant le ton implorant de son informateur et elle saisit l’instrument.

Decebal allait partir, elle le sentait. Ses pupilles s’étrécirent, alors qu’elle était prête à la retenir, mais Eveline se plaça tel un rempart entre eux deux. Maurice ne semblait pas vouloir laisser la chasseuse se lancer à la poursuite du barde non plus.

« Ça, cela dépendra de vous », répondit-elle.
Il s’enfuit de la taverne et la chasseuse serra les poings.  

« Anastasia, je vous en conjure, ce serait de la folie. Eveline a raison, nous devrions soigner votre blessure. »

Tasia se tourna vers Maurice. Ses yeux sans âge faisaient des allers et retours entre les deux.

« Eveline, hein ? Vous ne perdez pas de temps.»

« Et toi, un peu trop, Anastasia la pucelle. »

Elle n’avait pas tort, cette fois-ci.

« Cela ne dépend pas de moi », bougonna la chasseuse en détournant le regard.

Anastasia remit quelques pièces au tavernier, s’excusant pour les dégâts causés. Celui-ci accepta l’argent, mais il ne semblait pas tranquille pour autant. Il essuya rageusement ses verres, suivant la chasseuse qui retournait auprès de Maurice.
Eveline les quitta quelques instants, tandis qu’ils s’asseyaient à une table.

« La Loge des Vampires », murmura t-elle dans le vide. « Lucian, qu’as-tu fait ? »

« Vous comptez pactiser avec cet homme ? Je pense qu’il dit la vérité, mais je suppose que vous savez à quel risque vous vous exposez ? Est-ce que vous irez au rendez-vous ? »

C’était LA question. La chasseuse tripota les plis de sa robe. Les pans boueux étaient presque déchirés à cause de l’altercation. Elle était bonne à jeter. La jeune femme ne répondit pas tout de suite à Maurice. La situation la rendait bien plus nerveuse que ce qu’elle voulait bien montrer.

« Je l’ignore encore, Maurice. J’ai pour habitude de tuer les vampires, pas de m’allier à eux. »

« Vous avez peur. »

Ce n’était pas une question. Elle ne répondit pas, se contentant de toucher la croix à son cou. Le visage d’Isolda lui revint en mémoire.

« Et voilà, ma p’tite dame ! » s’exclama Eveline, la tirant de ses pensées.

La femme venait de poser sur la table un bol avec de l’eau, un linge propre, et ce qui ressemblait à un baume.

« Maurice, tu t’en charges, la délicatesse et moi, ça fait deux. »

Tasia se demanda si Eveline n’était pas elle-même une vampire. Néanmoins, elle n’avait pas le temps d’enquêter sur la question. Le principal, c’était ce vampire qui avait parlé de la Loge.

« Vous conservez une cicatrice pendant plusieurs semaines, je pense », conclut Maurice après avoir nettoyé la plaie et appliqué le baume. Elle grimaça légèrement, telle une enfant, ce qui fit sourire Maurice et ricaner Eveline.  

« Tu devrais aller au rendez-vous, Sainte Anastasia. Decebal est certes un aimant à problèmes, mais il tiendra parole. »

« Nous verrons bien. » Elle se tourna vers Eveline et Maurice et son visage se détendit quelque peu. « Merci. »

~

Anastasia était retournée aux quartiers de la Flamme, afin de changer de tenue. Si elle devait faire face à nouveau à des vampires, il valait mieux qu’elle soit libre de ses mouvements. Elle avait donc revêtue la tunique noire des chasseurs de vampire, ainsi que son pantalon de chasse et de grandes bottes. Pour se protéger du froid, elle passa sa cape bordée de fourrure sur ses épaules. Elle n’était toujours pas certaine d’avoir fait le bon choix, mais au moins, elle était désormais prête à y faire face.
Les rues la nuit étaient encore plus effrayantes que durant la journée. Les bruits se trouvaient amplifiés, aussi Tasia pressa t-elle le pas. Elle longea les murs en direction du port, ne s’arrêtant jamais, de crainte de se faire aborder par l’étrange population qui peuplait les bas-quartiers dès que le soir tombait.

Bientôt, la taverne du Kraken Noyé fut en vue. La jeune femme se faufila derrière tel un chat, puis elle rabattit sa capuche en arrière une fois qu’elle aperçut l’entrepôt mentionné par Decebal. Cependant, elle demeura dans l’ombre, hésitant à approcher. Elle voulait d’abord s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’un piège.

Au pire, elle tenait la mandole entre ses mains.
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Ven 30 Mar - 14:07

« Tu n’es pas très patient. »

Victor le regarda d’un air mauvais, la capuche rejetée sur les épaules montrait sa chevelure en bataille et ses yeux bleus semblaient luire d’un air surnaturel grâce à la bougie posée sur une vieille caisse. Il ressemblait beaucoup plus à l’idée de ce qu’était un vampire par rapport au barde. Decebal assit sur une autre caisse avait aussi le visage à découvert mais il était emmitouflé dans sa cape, la sensation de vide dans son dos le dérangeait. Cela faisait presque quatre-vingt ans qu’il avait la mandole avec lui, ne pas l’avoir à cet instant était comme s’il s’était lui-même retiré un bras, attendant qu’on lui ramène pour se sentir de nouveau entier. Il n’aimait pas du tout cette sensation mais n’osait pas se plaindre, par peur d’être moqué.

« Et toi, tu es trop gentil ! Tu vas qu’elle va faire quoi la chasseuse ? Elle va prévenir ses amis et ils vont venir nous attraper.
- Je te protègerais ! » Clama Decebal avec le sourire.

Le regard lourd de sens que lui porta Victor confirma le fait qu’il n’avait absolument pas confiance envers le barde. Les sourcils blancs se froncèrent, il avait beaucoup parlé avec le jeune vampire mais très peu rigolé, Victor était un jeune vampire trop sûr de lui et faisant trop peu confiance envers les autres personnes de sa race qui n’appartenait pas à la Loge. Il ressemblait à un jeune loup coincé dans un enclot, essayant de ne pas céder à la panique.

« Cette Dame Justinia, tu penses que je pourrais la voir ? » Demanda Decebal.

Victor arrêta sa marche pour regarder l’autre vampire avant de déclarer d’un ton sombre.

« Ce n’est pas toi qui décidera, ce sera elle quand elle le voudra.
- Oh, une femme forte !
- Elle est plus que ça. »

Decebal ne put s’empêcher de sourire devant l’air fier de Victor, celui-ci avait avoué n’être jamais allé parler directement avec la dirigeante de la loge mais il l’a tenait en haute estime. Le jeune vampire regarda l’ouverture de l’entrepôt, observant les alentours avant de soupirer.

« Elle est en retard.
- Je n’ai pas donné d’heure.
- Elle pourrait quand même se dépêcher… »

Victor reprit son aller et retour pendant quelques minutes, le silence s’installa et Decebal, fatigué de voir le vampire, fixa la flamme de la bougie, hypnotisé avant de sentir la panique le prendre. Et si Anastasia s’était perdue ? Parce qu’il était fort possible qu’Eveline ne l’ait pas accompagnée. Decebal se demanda s’il allait un jour revoir sa mandole et afficha un air tendue, Victor s’en rendu compte avant de parler à son tour.

« Pourquoi tu lui fais autant confiance, tu as dit que tu la connaissais que depuis cette après-midi ?
- Bonne question… Je ne sais pas trop.
- Il y a bien quelque chose qui t’as… attiré.
- Anastasia... m’a fait rire ! Dis Decebal après quelques secondes de recherche.
- Elle ?
- Tu l’as vois comme une ennemie, pas comme une dame. »

Victor fit un air mélangé entre le dégout et l’incompréhension, faisant rire le barde qui attira un peu plus les pans de sa cape contre lui.

« Personne n’est méchant ni gentil Victor, nous agissons tous pour une cause qui nous tient à cœur. Dame Anastasia est pour la Flamme éternelle et tu es pour la Loge.
- Elle tue des vampires.
- Et la Loge n’a jamais tué de chasseur ? »

Silence, Victor savait que Decebal avait raison, cependant Decebal repensa à la phrase d’Anastasia, celle-ci lui avait dit qu’il connaissait la réponse si elle allait le tuer ou non. Il s’était remémoré cette phrase plusieurs fois mais il avait peur de se tromper dans son jugement, la dernière fois qu’il avait vraiment cru quelqu’un dans cette situation, il avait fini les jambes brisées, le bras blessé et orphelin. Celui-ci se releva et étira ses bras en l’air dans un soupire de bien-être, enlevant ses mauvaises pensées de son cerveau de poète. Il avait l’impression d’être une vieille statue en pierre qui prenait vie après des centaines d’années à faire le guet. Victor ne lâcha cependant pas l’affaire.

« C’est facile pour toi de dire ça, tu ne fais partie d’aucun groupe. Tu es juste…
- Un simple civil, j’ai compris. Moi, je n’ai pas de destin incroyable comparé à vous ! »

Decebal fit un air faussement contrarié, faisant sourire discrètement Victor.

« J’ai rencontré Dame Anastasia par hasard, choix du destin ou du monsieur à barbe tout là-haut, c’est comme tu veux.
- Tu n’as jamais été déçu ? De tes rencontres ? »

Ah, voilà une question qui fit réfléchir le barde. Il regarda Victor dans les yeux quand celui-ci s’assit sur le rebord de la caisse où se trouvait la bougie, les deux pupilles bleutés semblèrent remplis d’un doute, mais pour quoi ? Regrettait-il quelque chose ? Victor n’avait pas vraiment parlé de sa vie en tant qu’humain, il était encore jeune vampire, avait-il encore sa famille pas loin ? En vie quelque part et l’attendant peut-être.

« Si, une fois.
- Ah bon ? Qui ? Une humaine ?
- Oui… J’ai rencontré une femme dont je suis tombé éperdument amoureux… »

Decebal allait continuer quand un bruit à l’entrée leurs fit tourner la tête ne même temps. Le barde s’approcha et fixa Anastasia avec un sourire franc, sourire qui s’élargit et dévoila ses dents quand il vit sa belle et fidèle mandole. En un seul morceau ! Il remarqua aussi la nouvelle tenue d'Anastasia, plus pratique pour bouger qu'une robe... Surtout en cas de danger...

« Bonsoir dame Anastasia.
- Tu es en retard ! Cria Victor sur sa caisse.
- Venez-vous asseoir prêt de la lumière, ça sera beaucoup plus agréable pour tous ! » Proposa le barde en faisant un signe de main.

Le barde se demanda si Anastasia avait écouté leurs conversations et si oui, depuis combien de temps. Victor descendit de sa caisse pour aller se mettre sur une autre, plus loin, il n’était à l’évidence pas en confiance.

« Bon, je préviens tout de suite, si ça dégénère. Je prends la tête de l’un pour assommer l’autre ! On est ici pour échanger des informations de façon civilisé ! Et après, chacun part de son côté sans que plus de sang ne coule aujourd’hui ! CI-VI-LI-SE !
- On a compris ! » Ronchonna Victor en croisant les bras.

Decebal porta un regard vers Anastasia, il n’allait pas encore lui demander sa mandole. C’était trop tôt même si les mains du vampire le démangeaient.

« Victor, commence ! »

Le jeune vampire tourna son regard vers Anastasia, ses yeux s’étaient assombris, il n’aimait pas la femme et le montrait du mieux qu’il pouvait.

« Lucian semble enquêter sur la Loge ses derniers temps. »

Decebal fit un mouvement de tête, étant heureux que tout se déroule comme prévue... Du moins, pour l'instant.
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Ven 30 Mar - 21:58

Anastasia avait entendu des voix, aussi s’était-elle dirigée à pas de loups vers l’entrée de l’entrepôt. Elle prit garde à ne pas faire de bruit, les vampires ayant l’ouïe plus fine que les humains.
Decebal et le vampire de la taverne échangeaient quelques mots. La chasseuse n’entendit pas tout, mais l’aveu du barde ne lui échappa pas. Ainsi, Decebal serait tombé amoureux d’une humaine… Quelle folie, songea la dame.

Une brindille craqua sous ses bottes, attirant l’attention des deux vampires. Decebal arbora un sourire radieux, mais Tasia se doutait qu’on devait cette joie soudaine à la mandole.

« C’est vous qui êtes en avance », répliqua t-elle sèchement à l’intention du vampire qui ne semblait pas beaucoup l’apprécier…ce qui était largement réciproque. Elle ne précisa pas qu’elle avait dû faire quelques détours dans les ruelles. La nuit, il était encore plus difficile de se repérer !

Anastasia accepta l’invitation de Decebal et elle alla prendre place dans la lumière. Son arbalète battit contre son dos, une présence rassurante pour la chasseuse. Elle conservait sa méfiance et elle se tint prête à se défendre à tout moment.

« Je suis prête à écouter. Cependant, si ce que j’entends ne me plait pas, je ne promets rien. »

Elle se tourna en suivant vers le dénommé Victor, puisque le barde l’avait désigné pour ouvrir les « hostilités ». La nouvelle voila le regard de la dame. C’était bien ce qu’elle craignait, depuis que Victor avait mentionné la Loge des Vampires dans la taverne. Pourquoi Lucian s’était lancé seul dans cette entreprise ? Pourquoi ne lui en avait-il pas parlé auparavant ? Est-ce qu’il ne lui faisait pas confiance ? Toutes ces questions défilaient dans la tête de la chasseuse et, durant un instant, elle ne dit rien, absorbée par ses pensées. Elle n’en demeurait pas moins sur le qui-vive, ses yeux faisant des allers et retours entre les deux vampires.

« Comment la Loge connait-elle mon nom ? »

Victor haussa les épaules. Il hésita à répondre. Il ne semblait pas particulièrement apprécier le ton impérieux de la dame en noir.

« Je n’en sais rien. Lucian enquête bien sur la Loge, alors elle peut bien avoir enquêté sur lui, non ? »

« Fort bien, dans ce cas, sais-tu qui je suis ? »
Il feula tel un chat.

« Seulement que tu es la disciple de Lucian Von Gareth, Anastasia. C’est tout ce que je sais et il faut entendre par là : c’est tout ce que je dirais. »

Anastasia se redressa.

« Je peux en effet veiller à ce que tu ne prononces plus jamais la moindre parole. »

Elle ne fit cependant pas mine d’exécuter la sentence. Il s’agissait pour le moment d’une mise en garde. La chasseuse se tourna vers Decebal. Elle lui tendit la mandole, mais la ramena contre elle au dernier instant.  

« Je vous la rendrais si vous répondez à une question : pourquoi vous m’aidez ? Qu’avez-vous à y gagnez ? »

S’il croyait qu’elle pourrait le protéger de la Flamme, ce serait bien naïf. Si ce n’était pas elle, alors ce serait un autre chasseur. Il y aurait toujours un autre chasseur. Et si on découvrait qu’elle avait pactisé avec l’ennemi, elle pourrait bien perdre sa vie, elle aussi.

« Ça fait deux questions, là », grommela Victor.  

Anastasia l’ignora, laissant son regard rivé sur celui de Decebal. Elle n'était pas particulièrement hostile à ce moment. Elle avait juste besoin de savoir.

« Vous savez à quel ordre j’appartiens. Vous vous doutez de ce que cela signifie. »
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Sam 31 Mar - 16:59

Le fait qu’Anastasia n’avait pas promis de rester aussi amicale que Decebal l’aurait voulu l’avait mis dans une demi-inquiétude. L’information de Victor ne semblait pas importante aux premiers abords, si ça avait concerné Decebal, celui-ci n’aurait pas su comment utiliser cette nouvelle, cependant ce n’était pas le cas de la dame qui semblait comprendre ce que le barde ne pouvait pas. A défaut de s’immiscer dans cette conversation (qui ne le regardait clairement pas), Decebal se mit à se balancer d’un pied à l’autre tout en regardant les deux personnes chacun leurs tours.

Le petit jeu entre Anastasia et Victor était tendu et rendait Decebal encore plus inquiet, la dame était censé être si connue que ça ? Est-ce que le fait qu’elle était une chasseuse était marqué sur son front mais le barde ne s’en était pas rendu compte. Il se trouva idiot ! S’il faisait partie d’un camp, alors l’information ne lui aurait pas échappé et il aurait peut-être eut moins cette sensation d’être trahi. Mais le vampire avait deux nouveaux renseignements, premièrement, il savait désormais le nom entier du chasseur Lucian, deuxièmement, Victor avait dit qu’Anastasia était la disciple du disparu et non sa fille. Etait-ce un nouveau mensonge de la part de la dame ? Celle-ci se redressa et Decebal s’approcha d’un pas.

« Pas besoin d’arriver à de telles extrémités ! »

Anastasia se tourna vers lui et les yeux du vampire se mirent à briller quand elle lui tendit sa mandole. Ah, sa chère et magnifique mandole ! Son amante de la poésie ! Sa joie de vivre ! Sa mandole était sa lumière ! (après Yseult, évidemment !) Decebal tendit la main, le sourire s’élargissant avant que la dame n’enlève l’instrument de la portée du vampire, le rendant tout penaud.

« Mais… » Commença-t-il.

Anastasia lui posa la question qu’il ne fallait pas poser à Decebal. Sa mandole semblait si loin et pourtant si près, elle était pris en otage tant que le vampire ne répondrait pas.

« Je… »
Commença-t-il.

Decebal retint sa main dans les airs pendant quelques secondes avant de laisser ses bras pendre le long de son corps. Ecoutant le commentaire de Victor.

« Deux questions difficiles en plus de cela. »

Il ne lâcha pas Anastasia du regard, il savait que si ses yeux changeaient de direction, cela signifierait qu’il fuit la vérité mais n’est-ce pas ce qu’il essayait de faire depuis le début ?

« Je sais ce que fait la Flamme éternelle, je le vois depuis bien longtemps. Cela me répugne autant que vous êtes horripilé par la vision d’un vampire. D’ailleurs dans la taverne, vous m’avez dit que je connaissais la réponse mais comment le puis-je, quand je pense commencer à vous connaitre, vous me montrait juste que tout n’est qu’illusion… »

S’il fallait à cet instant être sérieux et franc, alors Decebal le serait. Il croisa les bras, levant son menton tout en fixant d’un air sombre la jeune dame.

« J’ai vu des enfants être brûlés vif parce que des chasseurs pensaient qu’ils étaient des vampires. En cent ans, rien n’a changé, à l’époque, j’ai essayé de faire changer les choses mais je n’étais qu’un humain sans aucun pouvoir mais maintenant… Peut-être que je pourrais pencher la balance. »

Il se massa la paume de la main gauche, la douleur qu’il avait ressentie lorsqu’il avait attrapé la dague de la chasseuse lui revint en mémoire.

« Mais j’ai promis à quelqu’un de ne faire de mal à personne et je tiendrais ma promesse. Donc pour répondre à l’une de vos questions, je n’ai aucune raison de vous aider, ni vous ni Victor.
- Je n’avais pas besoin d’aide ! » S’empourpra le jeune vampire.

Decebal tourna son regard vers le jeune vampire qui s’était approché d’un bond, la fierté de celui-ci serait peut-être aussi sa perte.

« Tu serais mort à cette heure-ci gamin.
- Pourquoi tu veux rencontrer Dame Justinia alors ?
- Pas plus de question que ce qu’il y a déjà Victor ! Decebal se tourna vers Anastasia. Dîtes vous que j’ai agi ainsi jusqu’à présent par gentillesse, je suis un idiot au grand cœur tout simplement. Vous m’avez demandé de l’aide dans cette ruelle, et j’ai accepté. »

Decebal se colla contre le rebord d’une caisse, réajustant le bord de sa cape.

« Cependant, maintenant que nous savons presque qui est qui, nous pouvons mettre nos compétences aux services de l’autre pour s’entre-aider.
- Je veux pas travailler avec elle ! »

Decebal tourna son regard vers Victor, élargissant son sourire.

« Ce n’est un marché qui ne tient que pour Dame Anastasia et moi, le reste ne te regarde plus. Du moins si elle le veut…
- Je m’en vais alors ?
- Si tu le veux. »

Victor se mit à soupirer tout en se déplaçant vers la sortie, pensant qu’il était désormais libre de tout mouvement.

« On se reverra Decebal, si t’es toujours en vie ! Victor prit de nouveau un air mauvais quand il tourna son regard vers Anastasia. Toi, la prochaine fois, ce ne sera pas juste une griffure ! »

Il dépassa l’ouverture avant de disparaitre dans la nuit. L’autre vampire tendit sa main vers Anastasia, l’air solennelle.

« Quand dîtes-vous ma Dame ? »

Il serra et desserra ses doigts, fixant son instrument.

« Je peux la récupérer maintenant ? »
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Sam 31 Mar - 21:48

Decebal ne semblait pas prêt à lui répondre. Cela ne faisait rien, elle était prête à attendre le temps qu’il faudrait. Visiblement, il n’avait pas l’intention de fuir la discussion ; son regard restait franc. Du moins, aussi franc que pouvait l’être un vampire, songea la dame.

Elle écouta sans broncher le barde jeter l’opprobre sur la Flamme Eternelle. Pour être honnête, même aujourd’hui, elle ne parvenait pas à croire que l’ordre puisse tuer des innocents. Etait-elle trop naïve ? Faisait-elle trop confiance en la Flamme, car Alan et Lucian lui renvoyaient une image exemplaire qu’elle comptait suivre du mieux qu’elle le pouvait ?

Tasia ne saurait pas vraiment répondre à ces questions. Elle faisait ce qu’on lui disait de faire, car elle servait le Bien et combattait le Mal. C’est ce qu’elle avait promis. Pourquoi la réalité ne pourrait-elle pas être aussi simple ? Mais il y avait ses remords parfois qui la hantaient, cette idée que peut-être, elle serait condamnée à l’Enfer pour ses crimes. Car après tout, un meurtre restait un meurtre, non ? Les vampires avaient autrefois été humains. Quand elle ne pensait à eux que comme des monstres, la chasseuse avait le sentiment de faire le bien. Seulement…

« Vous ne me connaissez que depuis quelques heures, Messire Decebal », soupira Tasia.

C’était assez peu pour connaître quelqu’un. Assez pour le juger, probablement. Quelque part, elle eut le sentiment d’avoir déçu le barde et cela lui fit un drôle d’effet. Elle se sentit idiote. Après tout, ne lui avait-il pas caché sa nature ? C’était la même chose !

Il lui rappela à nouveau qu’il avait été humain et elle eut envie de se boucher les oreilles. Elle comprenait ce qui rendait difficile son face à face avec Decebal : il ne cachait pas ses sentiments. Il prouvait que les vampires ressentaient des choses, comme les humains qu’ils avaient été, qu’ils n’étaient peut-être pas que des bêtes assoiffés. Mais elle avait peur. Et comme souvent, les humains cherchent à anéantir ce qui les terrifie.  
Elle vit qu’il se massait la main, là où sa dague avait laissé son empreinte. Elle feignit de l’ignorer.

« Vous ne pouvez pas ne jamais faire de mal à personne. Parfois, même en ne faisant rien, vous blessez quelqu’un d’autre. »

Et puis vous êtes un vampire, voulut-elle rajouter. Un jour, vous finirez par attaquer les humains.
Decebal et Victor étaient en train d’échanger quelques mots lorsqu’un nom captura l’attention de Tasia. Elle pivota brusquement vers Victor. Justinia. Qui était-ce ?
Tasia voulut obtenir la réponse, mais le barde s’adressa à nouveau à elle. La chasseuse ne lui répondit pas. Elle ne savait pas quoi dire. Elle ne pouvait pas nier qu’il l’avait aidé. Néanmoins, elle ne lui faisait pas confiance pour autant.
La proposition qu’il lui fit la déstabilisa d’autant plus et, cette fois-ci, elle ne masque pas sa stupeur. S’entre-aider ? Avait-elle bien entendu ? Victor confirma ses doutes.  Il ne put cependant s’empêcher de fanfaronner ce qui eut le don de faire lever les yeux de la dame au ciel.

« Tu seras mort bien avant et ne t’adresse pas à une dame aussi familièrement, petite raclure ! » lâcha t-elle, les mains sur les hanches.

Elle était en train de laisser partir un vampire. L’ordre n’apprécierait pas si cela se savait. Néanmoins, Victor ne semblait être qu’un larbin et elle le croyait quand il disait ne pas savoir grand-chose, bien qu’il ne lui ait pas tout dit. Elle flairait la piste d’un plus gros poisson.
De toute façon, Decebal ne la laisserait jamais l’éliminer et elle n’était pas de taille à affronter deux vampires.

Elle observa la main tendue de Decebal. Elle n’avait pas beaucoup d’alliés dans son enquête. Les chasseurs n’étaient pas particulièrement solidaires. Ils étaient tous plus ou moins solitaires et son propre père refusait de lui révéler ce qu’il savait.
Les révélations de Victor lui donnaient désormais une direction à prendre, mais elle devrait la prendre seule, en sachant qu’elle risquait à son tour de disparaître si elle devait pénétrer les secrets de la Loge des Vampires.
Elle pourrait toujours contacter le nouvel archevêque qu’elle n’avait jamais rencontré. Cela dit, il lui faudrait des informations plus solides pour solliciter une entrevue avec Lysandre le Pieux.
Jusqu’ici, Anastasia n’avait jamais hésitée à s’allier avec des ivrognes, des prostituées, des voleurs et des marginaux en tout genre. Pourquoi pas un vampire ? Au moins, elle le tiendrait à l’œil au cas où il tente quelque chose.

Elle prit une grande inspiration et tendit sa main vers le barde, avant de se rendre compte qu’il ne voulait pas lui serrer la main, mais récupérer son instrument.

Embarrassée, Tasia lui fourra la mandole dans les bras d’un geste un peu brusque destiné à masquer sa honte.

« T-tenez la voilà ! »

Elle croisa les bras en se demandant combien de fois elle allait se ridiculiser devant Decebal. Pas étonnant qu’il ne la prenne jamais au sérieux.

« J’accepte votre proposition. Mais je me dois de vous prévenir que la Loge des Vampires veille jalousement sur ses secrets. Je risque de disparaître à mon tour, voire d’y laisser la vie. J’ignore quel sort ils pourraient vous réserver pour m’avoir aidé. »

Elle expira lentement, ses épaules se voûtant légèrement.

« Êtes-vous certain de vouloir vous engager dans cette histoire ? Je suis une chasseuse de vampires. Vous ne gagnerez pas grand-chose en me côtoyant et vous risquez de vous faire rejeter par les autres vampires. »

Elle fit quelques pas dans l’entrepôt.

« Il y a autre chose. Je tue principalement sur contrat, lorsque l’ordre fait appel à moi. Tous les chasseurs ont leur propre fonctionnement ; celui-ci est le mien. »

Anastasia avait choisi de ne pas passer son temps sur les routes à chasser les vampires, car elle avait un autre rôle à tenir ; celui d’une dame de la noblesse. Certains devoirs lui incombaient en tant qu’héritière d’Alan. Elle exécutait donc les désirs de la Flamme afin d’obtenir la rédemption promise à sa famille, mais elle agissait rarement d’elle-même. Retrouver Lucian, c’était sa toute première initiative.

« Si un jour vous apparaissez sur mon contrat, je promets de vous prévenir auparavant. Je vous ferais parvenir un message dans les plus brefs délais, pour vous laisser le temps de fuir. »

Ses yeux sans âge se reportèrent sur Decebal.

« Ensuite, je vous traquerais jusqu’à ce que je vous trouve. »
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Dim 1 Avr - 16:51

Decebal attrapa sa mandole avant de sourire, ne disant rien sur le fait qu’Anastasia s’était trompé sur son geste. Il avait peut-être faire un peu exprès mais ce n’était pas fait méchamment, juste pour changer un minimum l’atmosphère.

« Merci bien. »

Il la regarda de haut en bas, il ne savait pas vraiment dans quelle affaire dangereuse il venait de se fourrer mais cela pourrait l’occuper pendant quelques temps. Et peut-être une chanson en ressortirais un jour, du moins s’il était toujours en vie.

« Je suppose que je dois m’attendre à quelque chose de pire que la mort. Les vampires ont beaucoup d’imagination dans ce domaine. »

Pas autant que la Flamme éternelle mais quoi de mieux qu’un vampire pour savoir comment faire mal à un autre de son espèce.

« Oui. » Répondit-il simplement.

Il regarda la dame faire le même chemin qu’avait fait Victor peu avant, Decebal était prêt à tout particulièrement depuis qu’il savait qu’il n’avait plus rien à perdre. Du moins, il le pensa à ce moment précis.

« Oh, je n’étais pas au courant. »

Decebal se sentit honteux, il avait une image très sauvage des chasseurs en vérité, peut-être parce qu’il n’avait jamais parlé avec l’un d’eux. Il les avait toujours imaginé les tueurs de vampire comme une meute, attaquant sans réfléchir avec juste une idée en tête : Tuer. Dans l’imagination du barde, c’était principalement des hommes, habillé de noir, levant leurs haches et leurs torches, hurlant et grognant comme des animaux. Ce qu’il voyait devant lui était une façon de lui dire qu’il devait peut-être voir que le monde changeait. Peut-être pas en bien ni en mal, mais juste que toute cette histoire évoluait.

« Merci, c’est gentil… Enfin, si on oublie le moment où vous essayerez de me tuer. »

Decebal glissa sa mandole dans son dos, se rendant compte qu’il n’avait plus cette sensation de froid et de vide dans son corps. Il se redressa et passa ses mains sur ses vêtements, afin d’enlever un minimum de saleté.

« Bien, comme vous l’avez si bien dit. Nous nous connaissons que depuis quelques heures. Même si je l’avoue, j’avais l’impression de me faire trahir par une vieille amie. »

Il croisa les bras avant d’afficher un visage paniqué et de secouer les mains, adoptant une pose d’excuse.

« Pas que vous êtes vieille, loin de là ! Dans le sens où être à vos côtés me semblait très… naturel. »

Il se dirigea vers la sortie de l’entrepôt, ouvrant la marche.

« Mais vous devez avoir faim et soif ! Le tavernier du Kraken noyé est un bon ami, il nous offre le couvert et les boissons pour cette nuit. Autant en profiter ! Quoi de mieux qu’un ventre plein pour faire vraiment connaissance ? »

Decebal se tourna vers Anastasia, la regardant de haut en bas, le tavernier n’allait pas se poser des questions en voyant la tenue de la femme car il en avait surement vu des centaines dans son auberge. Ils se dirigeaient tout deux vers l’entrée de la taverne,

« Mais je vous préviens, il a un caractère de cochon. Donc ne cassez pas de table et ne critiquez pas les plats ! »

Decebal poussa la porte de la taverne comme un joyeux luron, il s’approcha du comptoir ou le tavernier de dos était en train de remplir une choppe. Le barde tapa sur le bois, souriant comme un idiot.

« Bary ! J’ai mené la dame dont je t’ai parlé ! »

Le tavernier se retourna, son nez retroussé et sa grosse barbe lui donnait l’apparence d’un sanglier. Decebal se souvenait de la première fois qu’il avait vu le tavernier, il avait crié et reculant d’un pas, croyant qu’une sorte de loup-garou-cochon venait l’attaquer.

« Hum ?
- Dame Anastasia, je t’ai prévenu cette après-midi qu’elle viendrait avec moi manger et boire ! »

Le tavernier se colla contre le comptoir, posant sa choppe rempli à ras bords à sa droite, il releva son double menton avant de sourire.

« Ah, oui ! Enchanté Dame Anastasia ! Bienvenue dans le Kraken Noyé ! »

Il tourna son regard, deux petits yeux noirs cachés sous ses épaisses paupières vers Decebal.

« Allez-vous installer où vous le souhaitez ! J’apporte le repas du jour ! »

Decebal se tourna dans un geste vers la chasseuse, souriant.

« Charmant homme, n’est-ce pas ? »
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Dim 1 Avr - 21:41

Un sort pire que la mort. Oui, c’était fort possible. De toute façon, les vampires avaient déjà expérimenté ce processus une fois. Tasia s’était toujours demandée ce que cela faisait, mais elle ne se voyait pas le demander à un vampire.
La chasseuse s’interrogeait toujours autant sur les intentions du barde. D’après ses dires, il était prêt à encourir les risques. Mais pourquoi ? Il ne lui avait toujours pas répondu à ce sujet et la jeune femme prit conscience un peu tardivement qu’il avait cherché à l’embrouiller pour justement ne pas lui répondre.

Anastasia détourna subitement le regard.

« Je n’ai rien fait qui mérite vos remerciements. »

Après tout, l’arbalète était toujours dans son dos. Elle ne s’en servirait cependant pas pour l’instant, elle l’avait promis.

Une vieille amie. La remarque arracha une expression perplexe à Anastasia.

« Je ne suis pas l’amie de beaucoup de gens », répondit-elle, avant de se mordre la lèvre. Elle s’en voulait de livrer ainsi quelque chose qu’elle pensait vraiment et son regard parla de lui-même. Il fallait qu’elle se reprenne. Être à ses côtés était loin d’être une chose naturelle, encore moins pour un barde, encore moins pour un vampire. Néanmoins, l’aveu la troubla. Cela faisait bien longtemps que personne n’avait apprécié sa compagnie, du moins autrement que de façon superficielle et en sachant ce qu’elle faisait officieusement. Isolda lui manquait souvent. Lucian aussi, bien que leur relation soit plus maître/élève. Il y avait plusieurs années qu’Anastasia ne s’était sentie proche de personne. Le fait d’en prendre conscience aussi subitement la déstabilisa. Cependant, elle ne savait toujours pas si elle pouvait faire confiance à Decebal et à ses paroles. Il était barde, il savait manier les mots et embobiner aisément. Peut-être cherchait-il justement à ce qu’elle baisse sa garde.

« Je croyais que les vampires ne ressentaient ni la faim ni la soif », laissa échapper Tasia devant la proposition de Decebal.

« Enfin, si c’est généreusement offert, je ne me vois pas faire insulte à cet homme. »

Car c’était uniquement pour cette raison. Ben voyons…

« Ce n’est pas mon genre. Vous vous adressez à une dame », répliqua Tasia, vexée qu’il lui parle comme à une enfant. « Bon, peut-être que j’ai un peu abusé pour la table dans l’autre taverne… », ajouta t-elle en tripotant ses doigts.

Sauf que tout était de la faute de Victor ! Elle décida quand même de faire profil bas, car elle avait un peu honte de s’être donnée en spectacle. Une dame ne faisait justement pas ce genre de choses. Brunehilde, sa mère, aurait fait un malaise en la voyant se conduire ainsi. La jeune femme se pinça l’arrête du nez, essayant de chasser ces images.

Anastasia emboita le pas de Decebal. Elle s’évertua à rester derrière lui, car il était tout simplement hors de question de l’avoir dans son dos. On ne sait jamais. Au moins, elle pouvait le surveiller. En le voyant se comporter dans la taverne, Tasia mit le doigt sur ce qui l’étonnait le plus chez le barde ; il se conduisait avec une jovialité et une spontanéité qu’elle n’avait jamais rencontré chez d’autres vampires. Généralement, les proies qu’elle traquait étaient du même acabit que celui qui avait ôté la vie d’Isolda. Des créatures violentes, brutales, parfois orgueilleuses et méprisantes. Rien à voir avec Decebal. Parfois, elle croyait voir un humain, si l’on excluait son apparence si particulière.

Il s’adressait au tavernier, un certain Bary. Anastasia ne s’intéressa pas tout de suite au profil de l’homme, car les propos de Decebal captèrent toute son attention. Elle le tira légèrement par la manche et s’approcha pour lui souffler :

« Dites, vous l’avez prévenu sans être sûr que je viendrais ? »

Si ça se trouve, il la prenait pour quelqu’un de prévisible. L’était-elle ? Elle n’eut guère le loisir de se pencher sur la question car son regard se tourna vers Bary et elle cligna des yeux devant son allure de sanglier des bois. Il avait plus une tête de brigand que de tavernier, mais elle n’oserait jamais le lui dire en face.

« Tout le plaisir est pour moi, Messire Bary. Je vous remercie de nous accueillir si généreusement dans votre établissement. »

Et je ne casserai pas vos tables, promis…
Anastasia se tourna vers le barde aux cheveux blancs. Pour la première fois depuis qu’ils avaient révélé leur véritable nature, la chasseuse esquissa un fin sourire :

« En effet », acquiesça t-elle, avant de balayer la salle du regard. « Cette table là-bas, près du feu, me semble bien. Je vous avoue que cette nuit est un peu fraîche et il n’est pas bon de se restaurer en ayant froid… »

Elle s’arrêta brusquement, se rappelant que le barde ne devait plus vraiment se rappeler ces sensations. De plus les vampires, n’appréciaient pas trop les flammes en général. De toutes sortes. Elle n’avait vraiment aucune expérience en communication avec des vampires. La chasseuse se racla la gorge, désignant une table juste derrière.

« C-celle-la, qu’en dites-vous ? », balbutia t-elle.« Nous aurons un point de vue d’ensemble sur la salle. »

Elle prit place tout en scrutant la salle. Toutes les tables n’étaient pas prises, mais il y avait quand même du monde de passage. Les rires et les éclats de voix couvraient le crépitement du feu et il planait une odeur d’alcool et de viande rôtie.
Comme le silence la gênait, Anastasia décida de prendre la parole.

« Vous êtes né ainsi, Messire Decebal ? Je veux dire, est-ce que vous êtes un albinos ? Frère Jean m’en a déjà parlé, mais je n’en ai jamais vu. »

Elle leva les yeux au ciel, songeuse. Peut-être se montrait-elle trop curieuse, mais c’était dans sa nature. Tasia posait souvent des questions. Beaucoup de questions. C’était à se demander comment un taciturne tel que Lucian avait pu la supporter.

« J’aime bien le blanc. C’est ma couleur préférée. »

Elle jeta un œil rapide à sa tenue et un sourire ironique fendit ses lèvres.

« Bon, je n’ai pas eu mon mot à dire dans le choix vestimentaire de l’ordre. »  
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Lun 2 Avr - 11:57

Pendant les présentations, Anastasia se pencha vers le barde en lui tirant la manche. C’était normal de se demander pourquoi le vampire avait prévu de finir la soirée dans la taverne avec la chasseuse, il aurait pu se passer tout et n’importe quoi dans le vieil entrepôt. A commencé avec la mort de notre barde préféré mais l’histoire se serait arrêté ici et les lecteurs auraient été déçus.

« Disons que je suis prévoyant. » Dit Decebal avec son habituel sourire.

La tête qu’afficha la dame en voyant l’apparence porcine de Bary donna une envie irrésistible au barde de rire, celui-ci détourna la tête et fit semblant de tousser pendant qu’Anastasia se présentait telle une grande dame de la cour qui se jette sur les tables de temps en temps.

La dame acquiesça sur le fait que Bary était la description même du mot charmant et elle proposa au vampire à s’assoir près du feu. L’idée plut aussitôt au vampire, s’imaginant déjà la chaleur des flammes.

« Ça serait parfait ! »
Souffla-t-il avec un air satisfait, comme un chat qui se fait caresser le menton.

Malheureusement pour le bien être du vampire, la dame changea brusquement d’avis. Decebal ne la contredit pas cependant, il savait par expérience qu’il ne fallait au grand jamais contredire une femme. Il la suivit donc, fixant la chaise près du feu qui lui faisait de l’œil.

« Un point de vue sur la salle, vous pensez vraiment à tout. » Dit le barde en posant sa mandole contre sa chaise avant de se poser.

Un silence s’installa pendant quelques instants, ce n’était pas grand-chose pour le vampire qui réfléchissait comment il pouvait entamer la conversation mais ce fut Anastasia qui prit d’abord la parole. L’heure de l’interrogatoire avait donc commencé !

« Albinos ? »

Decebal fronça ses sourcils blancs en plissant les yeux. Il ne s’était jamais fait la réflexion jusqu’à présent et cela le chamboulait. On lui avait donné beaucoup de surnom mais jamais Albinos n’était venue dans le répertoire du barde.

« Je suis.. Content que ma couleur vous plaise. »

Il regarda le sourire de la femme… Il était Albinos ? Vraiment ? C’était grave ?

« Je suis mal placé pour parler mais le blanc est trop salissant pour votre… travail. »  

Le barde posa ses deux mains sur la table, les fixant comme s’il les découvrait pour la première fois.

« Je suis albinos ? Vous croyez que c’est plus grave d’être vampire ou albinos ?
- Tu es surtout un idiot ! Pousses tes mains !»

Le regard doré se leva vers les deux petites billes noires de Bary tout en obéissant, celui-ci déposa une assiette copieuse devant la dame ainsi que deux choppes de bières. Decebal n’attendit pas et attrapa la sienne en sirotant la boisson. Ah, le gout de la bonne bière !

« Du civet de sanglier ! Bon appétit Dame Anastasia !  Le tavernier se tourna vers le vampire. Ne la fais pas trop boire ! »

Bary se tourna et se dirigea vers une autre table sous le regard ennuyé du barde qui décida de faire comme si le tavernier ne s’était pas moqué de lui.

« Bref ! Mon physique est mon héritage de mon père, je ne sais pas du tout si je suis un albinos ou... Quoi que ce soit d’autre. Mais mon père était beaucoup plus pâle que moi, un vrai fantôme ! Ahaha ! »

Le vampire sentit l’odeur de la viande, il avait oublié ce que ça faisait de manger un bon repas. Un vrai... Un sourire fendit ses lèvres, dévoilant ses dents pendant qu’il se penchait vers Anastasia, le fait qu’il allait dire une bêtise se voyait sur son visage.

« Entre nous, est-ce que vous pensez que c’est pas une forme de cannibalisme si Bary donne du sanglier à ses clients ? »

Decebal but une autre gorgée de bière, la fierté lui faisant pétiller les yeux. Il posa son verre sur la table, s’essuyant les lèvres avec la main.

« Ah, que j’aimerais goûter à l’ivresse une dernière fois. » Se plaignit-il sincèrement.

Il tourna son regard vers la salle, fixant les autres occupants avant de tourner son regard vers Anastasia.

« Et vous Dame Anastasia, à ce que j’ai compris, Lucian Von Gareth n’est pas vraiment votre père. Du moins, par le sang. Qui êtes-vous alors ? Comment une jeune femme peut-elle devenir chasseuse ? »

Decebal posa son menton sur sa main, attendant que la dame raconte son histoire.


Dernière édition par Decebal Sutarefson le Sam 5 Mai - 16:20, édité 1 fois
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Anastasia Mortegarde
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   Lun 2 Avr - 22:19

Prévoyant... Tiens donc. Tasia se demandait s'il n'essayait pas encore de l'embobiner avec son sourire. Elle lui jeta un œil suspicieux, le genre de regard qui signifie "on me la fait pas à moi !" mais en plus noble. Car oui, il ne fallait pas oublier qu'elle était une dame.

Penser à tout... oui il le fallait bien. Mais elle ne sut s'il la complimentait ou s'il était ironique. Parfois, elle ne saisissait pas toujours la nuance, selon les personnes.

« Oui, vous avez remarqué ? »glissa t-elle avec un sourire malicieux, avant d'observer le barde.

Il ne semblait pas gêné par le silence et Tasia l'envia. En fait, il ne semblait gêné par rien du tout. Ou alors il cherchait quoi dire. Peut-être aurait-il mieux valu qu'elle lui laisse entamer la conversation, mais il était trop tard pour revenir en arrière désormais.
Decebal ne semblait pas savoir ce qu’était un albinos et ça, c’était vraiment un problème, car Anastasia ne pouvait plus compter sur lui pour répondre à sa question existentielle. Elle esquissa une moue déçue.

« C’est vrai. Et le noir reste une couleur seyante. »

Pour ce qui était du pire entre un vampire et un albinos, elle aurait dit un vampire, mais elle n’en savait pas assez sur les albinos. Il faudrait vraiment qu’elle demande des précisions à Frère Jean.

« Oh ! Je pourrais vous emmener voir Frère Jean ! Il sait tout sur tout ! Il pourra vous répondre mieux que moi ! »

Mouais. Frère Jean n’appartenait pas à l’ordre de la Flamme. Il faisait partie de l’Eglise classique. Néanmoins, lui amener un vampire n’était peut-être pas l’idée du siècle. Et puis, il risquait de lui poser des questions gênantes sur la nature de ses liens avec le barde et Anastasia ne se voyait pas lui expliquer en détails leur rencontre et leur… pacte ? entente ? alliance ? … chose ?

Bary vint vers eux pour déposer les plats et les boissons, non une petite pique à l’adresse du barde qui fit sourire la chasseuse. Le fumet qui s’échappait des assiettes la fit saliver et elle se rendit compte qu’elle commençait à avoir très faim.

« Oh, je suppose que la réponse à cette question devra attendre plus d’éclaircissements », releva t-elle, tandis que Decebal lui expliquait les raisons héréditaires de sa pâleur et de ses cheveux.

Decebal se pencha subitement vers elle, tandis qu’elle s’apprêtait à manger. Elle recula légèrement, car elle n’aimait pas trop avoir un homme trop près d’elle. Les gens pouvaient jaser, même si personne dans cette taverne ne leur prêtait la moindre attention.
La remarque du barde coupa l’élan de la chasseuse et elle fit semblant de considérer le morceau de viande piqué sur sa fourchette comme si elle venait d'avoir une révélation.

« Si c’est nous qui les mangeons, je ne vois pas de problème », finit-elle par répondre le plus naturellement du monde.

Elle mit la viande dans sa bouche et se mit à mâcher avec ardeur avant de sourire au barde, d'un air purement satisfait.

« Les amis de Bary ont bon goût ! »

Elle leva sa chope, faisant mine de trinquer, mais Decebal se désolait du fait qu'il ne puisse plus ressentir les effets de l'ivresse. Personnellement, cela ne dérangeait pas Tasia qui ne goûtait guère les hommes ivres.

« Oh on croirait entendre Maurice quand il n'a plus un sou en poche ! Messire Decebal, vous n’avez qu’à vous trouver une autre forme d’ivresse. Et pas dangereuse », ajouta la chasseuse sur le ton de la réprimande.

La question plus personnelle qu'il lui posa la déstabilisa quelque peu. Elle reposa sa fourchette et se mit à boire une gorgée de bière. Puis elle soupira en reposant lourdement la chope sur la table.

« Quand elle est la seule héritière d’une famille de traîtres à qui la Flamme a promis la rédemption. Au départ, j’aurais pu entrer dans les ordres et servir en tant que sœur, mais ma famille est issue de la chevalerie, alors ce titre m'est échu. »

Elle fit une pause.

« Notre prestige s’est bien estompé avec le temps. Moi-même je n’ai pas les épaules d’un chevalier. Mais j’ai quelques talents au tir. »

Si jamais elle devait le chasser, elle pourrait lui faire une démonstration, mais elle jugea que c’était une blague peu amusante et un peu morbide.

« Vous avez raison, Lucian n’est pas mon père. C’est lui qui m’a formé. Il ne le voulait pas, mais Père l’y a… obligé, en quelque sorte. »

Elle eut un rire jaune et se mit à boire une nouvelle fois.

« Vous devez très mal le juger, n’est-ce pas ? Ce n’est pas un mauvais homme, mais le poids que nos ancêtres font peser sur ses épaules est parfois lourd à porter. »

Tasia vida sa chope d’une traite, puis interpela une serveuse.

« Mademoiselle ! une autre ! »

Elle se tourna alors vers Decebal avec un sourire énigmatique que démentait son regard revenu de tout.

« Et vous ? Qu’est-ce qui vous amène ici ? »  
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MessageSujet: Re: [Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]   

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[Terminé] Il n'y a jamais de petits mensonges [PV Decebal]
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