Vampire Waltz

France, XVème siècle. L’ordre de la Flamme Eternelle mène une guerre feutrée contre les vampires. La victoire appartiendra à ceux qui survivront à la Nuit...
 
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 Perversité et boissons alcoolisées, ne cherchez pas le succès ! [PV : Calliste De Beaulieu]

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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Perversité et boissons alcoolisées, ne cherchez pas le succès ! [PV : Calliste De Beaulieu]   Lun 14 Mai - 22:23

La quête de vérité de notre barde national le mena dans de multiples lieux, après avoir quitté la charmante chasseuse dans le grenier du Kraken Noyé, il se dirigea d’abord dans sa demeure afin de préparer comme il le fallait son expédition. Il passa par la même occasion voir son cousin Ignác, faisant tourner sa femme Milda dans les airs sous les cris du mari puis le vampire dansa avec les deux adorables filles du couple, d’une quinzaine d’années.

Decebal parla alors à celui qu’il considérait comme un frère, lui contant son aventure avec Anastasia et le marché qu’il en avait découlé. Ignác lui dit dans un soupire que le vampire avait poussé la chance au pied du mur en rencontrant une chasseuse et en ayant gardé sa tête toujours sur ses épaules. Le marchand proposa alors au barde de partir sur le prochain bateau en direction de la chine, là où la chasseuse ne pourrait venir lui faire du mal, au moins pour les cinq ans à venir mais Decebal refusa.

Un marché était un marché après tout.

Le lendemain, le barde embrassa les deux jeunes femmes sur le front, puis ses lèvres se déposèrent sur la joue de Milda et il reçut un coup de pied d’Ignác qui lui demanda tout de même de ne pas se faire tuer.

Decebal déposa une gerbe de rose blanche sur la tombe d’Yseult, observant pendant quelques instants le soleil se lever sur les plaines d’Allos avant de prendre la route, chantonnant, sa mandole dans le dos.

Notre bon vieux vampire se dirigea ensuite en Aquitaine, ayant trouvé la trace de Victor dans un village perdu en forêt, malheureusement pour le barde. Le jeune vampire lui avait échappé de peu, les villageois avaient trouvé louche Victor et l’avait chassés. Evidemment, Decebal subit le même sort, se faisant poursuivre par des fourches en criant à la discrimination juste parce qu’il avait des cheveux blancs et des yeux dorés.

Il ne savait pas vraiment comment mais il était revenu à Paris quelques semaines plus tard, se demandant si c’était vraiment une bonne idée et s’il allait trouver quelque chose. Le barde déambulait désormais dans le quartier marchand, capuche sur la tête et mandole dans le dos, observant les personnes dans la foule, espérant tomber sur un visage familier par pur hasard. Il avait été reçu la veille par son vieil ami Bary, ils avaient même eut l’occasion de boire ensemble, parlant de la chasseuse et d’autres personnes pendant la nuit.

Decebal avait quitté Bary au lever du jour, entièrement reposé, le propriétaire du Kraken Noyé quant à lui n’avait gagné qu’un mal de crâne.

« Pardon ! »

Le barde se décala d’un pas, observant avec son sourire habituel deux jeunes filles courir rapidement vers le fond de la rue, le vampire, ne sachant pas vers où se diriger, il décida de partir dans la même direction qu’elles.

Il arriva dans un coin encore plus rempli de monde que les autres, Decebal se demanda s’il y avait une vente importante ou bien quelque chose d’incroyable à voir et décida, par curiosité, de se rapprocher. Heureusement, sa taille impressionnante et la carrure qui suivait lui permettait de glisser entre les autres personnes sans qu’on ne l’embête.

Le vampire s’arrêta derrière des enfants pauvrement vêtus, certains assis à même le sol boueux. Les yeux dorés observant avec curiosité devant lui ou un homme parlait pour lui-même mais vers la foule. Etrange façon de faire… N’avait-il pas honte de dire ses pensées à voix hautes comme ça ?

Le barde, malgré ses nombreux voyages n’avait jamais vu de scènes comme cela, il se demanda ce que faisait l’homme, sachant qu’il n’avait pas du tout suivit ce qu’il racontait. Et les spectateurs autour de lui n’arrangeaient pas la chose en commentant par-dessus. Peut-être que l’homme était un fou ! Une personne qui avait perdu l’esprit par une étrange maladie, Decebal avait déjà vu un fou, ils étaient imprévisibles et parfois dangereux ! Et il y avait des enfants ! La foule ne savait peut-être pas s’il fallait l’arrêter ou bien le laisser continuer à parler dans le vide.

Puis il la vit.

Le cœur figé par le deuil du vampire se remit à battre vigoureusement dans son torse. Il avait l’impression qu’il redevenait humain juste par la vision de la femme à la chevelure d’or. Mais si elle s’approchait du fou, elle allait être en danger !

Decebal n’attendit pas une seconde de plus, dépassant les enfants d’un grand pas avant de se retrouver rapidement vers la femme, l’attrapant et la collant contre son torse. Le mouvement lui fit tomber sa capuche en arrière, tant pis si le soleil le brûlait, il l’avait retrouvée ! Ah, il avait l’impression qu’il pourrait pleurer de joie !

« Yseult ! Tu es là ! » Sa voix se tordit quand il recula un peu.

Il avait décoiffé la femme, elle lui semblait un peu plus petite que dans ses souvenirs cependant. Il tendit la main mais Yseult recula vivement, et enlevant ses mèches blondes de son visage.

Le visage de Decebal se décomposa alors…
Oups…

« Qui êtes-vous ? » La voix du fou résonna à ses oreilles.

Decebal tourna son regard vers l’homme qui s’était approché de la fausse Yseult, si le vampire avait eu la possibilité de rougir, il serait à cet instant aussi rouge qu’une tomate. En tant que vampire centenaire, et en tant qu’adulte digne de ce nom, Decebal agit avec la plus grande maturité qu’il soit.

Il se déplaça rapidement vers l’ouverture à sa gauche afin de ne pas retourner dans la foule, entrant dans l’endroit où il y avait moins de monde. Mais un malheur arrive jamais seul et nous parlons bel et bien de Decebal, celui-ci rentra donc avec force dans quelqu’un, tombant à la renverse avec la pauvre victime collatérale.

Première chose qu’il vérifia, ce fut si sa mandole n’avait rien subit.
Deuxième chose qu’il vérifia, s'il n'avait pas tué la personne sous la force de l'impact :

« Vous allez bien ? »
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Calliste de Beaulieu

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MessageSujet: Re: Perversité et boissons alcoolisées, ne cherchez pas le succès ! [PV : Calliste De Beaulieu]   Mar 15 Mai - 21:16

Pour la centième fois, ses yeux parcoururent la lettre. Les mots s’étaient imprimés dans sa tête au point qu’il les connaissait par cœur, mais il ressentait toujours le besoin de scruter les caractères noirs inscrits sur le papier parcheminé.

« Calliste, ça va bientôt être à toi. Tu es prêt ? »

D’un geste nonchalant, il rangea la lettre dans sa poche, avant d’offrir un sourire surfait à la femme aux yeux sombres qui l’observait.

« Toujours, Margaret. »

« J’espère que Tristan va s’en sortir avec son soliloque ; c’est la première fois qu’on inclue une si longue tirade dans la pièce. »

Ah Margaret… si perfectionniste.

« Il est tellement habitué à s’écouter parler que je ne doute pas qu’il s’en sorte très bien », commenta le blond.

Margaret leva les yeux au ciel, mais son sourire en disait long sur ses pensées. Il savait qu’il était son préféré, Gunter mis à part. Malgré l’affection qu’elle portait à tous les membres de la troupe, elle jugeait Tristan trop pédant. Calliste ne se privait jamais d’irriter ce dernier, une façon d’animer le quotidien de la troupe.

Le vampire laissa Margaret ajuster son costume de serviteur. Il avait parfois l’impression que même sans jouer le rôle du rival de Tristan, il restait en compétition avec son camarade comédien. Et cela lui plaisait, surtout quand il voyait la mimique contrariée de Tristan. Il avait si peu de second degré que ses réactions amusaient grandement Calliste. Le pauvre comédien était en quelque sorte le jouet préféré du blond.

Tel un chat paresseux, Calliste s’étira, ses yeux bruns se posant sur l’envers du décor. Il adorait jouer sur le marché, au théâtre de plein air ; c’était son endroit préféré. Toutes sortes de gens s’arrêtaient pour assister aux spectacles et les gens de différentes couches sociales se mêlaient, avec au premier rang, les regards ébahis des enfants. C’était le lieu de tous les possibles, où d’un coup de baguette magique, il devenait quelqu’un d’autre l’espace de quelques heures. Il parvenait même à oublier le visage de Rose, bien que son image ne soit jamais bien loin de son esprit. Rose… comment continuer quand tu es partie ? c’est pour te retrouver que je vais devenir célèbre et enfin faire mes premiers pas dans les hautes sphères du royaume. Je jouerais pour les grands, pour ceux qui t’ont ravi à moi.
Calliste se leva, plaçant son chapeau piqué d’une plume de paon sur sa tête. Un paon… c’était un animal qui lui correspondait plutôt bien et il allait bientôt le démontrer.

Le blond se dirigea vers les coulisses, masquées par de lourdes tentures rouges. Colombe était déjà entrée sur scène et Gunter se tenait là, attendant le moment où lui, le père de la belle ingénue, entrerait sur scène pour faire rosser le galant qui voulait la main de sa fille. Heureusement, le malheureux éconduit pourrait compter sur l’aide de son fidèle serviteur pour jouer quelques tours afin de soustraire la demoiselle à l’autorité paternelle. Au passage, il prononcerait quelques insanités cocasses, en adressant un clin d’œil entendu à une femme du public, si possible assez mûre pour avoir déjà vu le loup et assez laide pour tomber en pâmoison au premier regard et le rendre charitable aux yeux de la populace. C’était un métier, ça ne s’inventait pas, se dit-il avec un sourire teinté de cynisme.

L’ouïe fine du vampire le fit cependant sortir de son rôle, car il entendait à présent des exclamations de surprise de la part du public. Il se pressa dans les coulisses pour observer ce qu’il se passait, près d’un Gunter qui ne savait pas encore s’il devait intervenir ou non. Calliste écarquilla les yeux devant l’hurluberlu aux cheveux blancs qui tenait Colombe dans ses bras. Un adorateur un peu dérangé ? Cela arrivait. Colombe était très belle, une agréable façon de compenser un intellect limité aux futilités. Elle était en passe de devenir une comédienne de talent surpassant la grande Margaret, bien que Calli ne soit pas de cet avis. Il n’idéalisait pas Margaret, il la voyait comme elle se présentait, mais il respectait trop cette femme pour penser un seul instant qu’elle puisse être remplacée. Lorsqu’elle quitterait la scène, il savait qu’elle laisserait une place vide que personne ne saurait combler.

« Qui c’est ce gugusse ? » demanda le blond à Gunter, lequel se tourna vers Calliste tout en haussant les épaules.

C’est ce moment que choisit l’homme pour se diriger vers eux, fonçant par la même occasion dans Gunter qui se replaçait au même instant. Le pauvre homme finit par terre et Calliste nota que même lorsqu’il tombait, il conservait une élégance tragique dont lui seul était capable.
L’impact avait dû être plus violent qu’il n’y paraissait car, si l’homme aux cheveux blancs semblait aller bien, Gunter éprouvait bien des peines à se redresser. Sa grimace en disait long.

Dans ce genre de cas, un comédien n’avait qu’une chose à faire : improviser. Calliste se posta à côté de l’homme à la mandole. Un sourire de chat étirait son visage alors qu’il saisissait le bras de l’inconnu.

« Messire, souriez, c’est votre heure de gloire », déclara t-il avec ironie tout en plaçant son chapeau sur la tête de l’homme.

Il l’entraîna à sa suite et fut surpris que la chose ne soit pas si aisée. D’ordinaire, avec sa force de vampire, il parvenait à traîner la plupart des Humains, même les grands gabarits. Il plissa légèrement les yeux, mais ne fit aucun commentaire, s’en tenant à son plan. Sur scène, Tristan vociférait déjà dans tous les sens.

« Qui est ce malotru, ce dévergondé,  qui ose salir de ses mains la blancheur immaculée de ma bien-aimée ! »

Calliste leva les yeux au ciel.

« En voilà un qui n’est pas sorti de son personnage », chuchota t-il, amusé.

Colombe, elle, avait pâli, un peu plus troublée que son compère. Mais compte tenu de son rôle, sa réaction passait plutôt bien. Il ne restait plus qu’à convaincre le public, encore désarçonné par l’intervention de l’inconnu, que tout était sous contrôle. Hors de question que cet individu fasse capoter la représentation. Les Baladins avaient une réputation à tenir, qu’on se le dise !

A peine mit-il le pied sur scène, traînant toujours l’inconnu à sa suite, qu’il se mit dans la peau de son personnage, le serviteur de Tristan.

« Et bien, mon bon sire ! » lança t-il, affable. « Il semblerait que votre belle n’ait été ravie à vos soupirs ! Nul besoin d’en faire des tonnes, tandis qu’il vous pousse déjà des cornes !  »

Tristan rougit sous l’affront, tandis que le public s’esclaffait, se rassurant sur le fait que tout était déjà écrit dans la pièce. Dans la grande pièce du destin, probablement, se dit Calliste. Dans la leur, en revanche, ce n’était pas du tout le cas. Mais Tristan était assez bon acteur pour se prendre au jeu de l’improvisation, tout en y ajoutant quelques petites piques destinées à son homologue :

« Que dis-tu là, fourbe que tu es ! Parle donc, misérable effronté ! ou bien veux-tu que je te rosses et finir avec une bosse !»

Calliste sourit de toutes ses dents, exécutant un geste obscène vers son entrejambe qui amusa le public, fit rougir les pucelles et força les mères à placer leurs mains sur les oreilles de leur progéniture.

« Ne vous souciez point de ma bosse, monsieur ! On dit que quiconque la touche voit exaucer ses vœux ! Mais voyons plutôt ce que ce soupirant vous veut ! N’a-t-il donc point appelé votre belle Yseult ?»

Calliste venait de désigner l’homme aux cheveux blancs d’un geste de la main. Tristan, lui, le toisait avec hauteur, une main placée sur son épée factice, pendue à sa ceinture. L'acteur ne savait pas si ce dernier était bon comédien. Il l’espérait histoire de sauver la pièce.

Colombe s’avança sur le devant de la scène, les mains tendues vers le public.

« De grâce, ne lui faites point de mal ! Car c’est à lui que mon cœur est loyal ! »

Le visage de Tristan se décomposa à tel point que Calliste fut bien incapable de dire s’il jouait en ce moment même son rôle ou s’il était lui-même.

« Que dites-vous, ma mie ? Après toutes ses embûches sur le chemin de notre amour, auriez-vous perdu l’esprit ?»

« Ce n’est point un calembour, mon vaillant ami ! Mais le cœur a ses raisons que la raison ne connait point et c’est à cet homme que j’ai choisi de lier mon destin. »

Sur ce, Colombe s’empara de la main de l’inconnu pour l’entraîner vers les coulisses, sous le regard estomaqué du public qui ne s’attendait pas à un tel revirement de situation. Et moi donc, soupira intérieurement Calliste. Tous deux seuls sur scène, le blond en profita pour s’approcher du brun. Il pouffa exagérément et le regard courroucé que lui lança Tristan déclencha le rire du public. Tristan pouvait être particulièrement drôle, surtout quand il n’en avait pas conscience.

Ils échangèrent quelques petites piques bien senties. « Je crois bien que vous n’aurez d’autre choix que d’offrir votre cœur à votre fidèle serviteur », se moqua Calliste.

« Ne parle pas de malheur ! »

Ils quittèrent la scène sous les applaudissements du public. En coulisse, l’incompréhension était toujours là. Le vampire se tourna vers leur élément perturbateur.

« Venez, allons saluer ! »

Les comédiens se rendirent de nouveau sur scène pour leur moment de gloire. Le  public semblait avoir apprécié la pièce, ils s’étaient amusés et avaient ri, c’était tout ce qui comptait.

« Dommage pour vous, on ne prend plus de nouveaux dans la troupe », souffla Calliste.

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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: Perversité et boissons alcoolisées, ne cherchez pas le succès ! [PV : Calliste De Beaulieu]   Mar 15 Mai - 22:40

L’homme sous Decebal semblait avoir beaucoup plus souffert du choc mais par chance (si l’on pouvait appeler ça comme ça), il était toujours vivant. Pendant que le vampire se secouer le pantalon, ne sachant visiblement pas où se mettre, et il n’y avait pas de trou de souris suffisamment grand pour qu’il puisse s’y glisser.

On lui attrapa le bras brusquement et Decebal tourna la tête en sursauta, fixant la tête blonde de l’inconnu et de son sourire machiavélique. Allait-on le mener près des gardes ? Sa fin était-elle proche ?

« Ma gloire ? »

Decebal porta sa main sur sa tête en essayant de freiner le nouveau personnage de cette honteuse et malencontreuse histoire, touchant avec dégoût le chapeau. Il savait qu’il n’avait pas une tête à chapeau, avec sa grande taille, il ressemblait à un homme effrayant. Quelque chose le choqua alors, l’homme qui le tenait avait beaucoup de force, trop pour qu’un humain normal puisse trainer le barde qui avait la taille d’un ours.

Puis il comprit qu’on le tirait de nouveau vers la fausse Yseult et le fou.

« Non ! » Couina Decebal.

Il espérait qu’un évènement divin arrive à la seconde où il arriva avec l’inconnu de nouveau devant la foule... Et voilà qu’on le traitait de tous les noms.

« On peut encore faire demi-tour ! » Dit le barde à l’intention du blond.

Et là, il comprit que tout ceci n’était qu’une histoire raconté à haute voix. Mais comment il avait pu être aussi stupide ?

« Personnage évidemment… » Le vampire chuchota aussi, troublé. « Des acteurs… »

L’homme se tapa le front en observant la scène à quelques pas, il pouvait encore fuir loin. Mais il ne voulait pas user de la violence et l’autre homme le tenait fermement. D’ailleurs, ou cachait-il cette force ? Certainement pas dans ses bras, ils faisaient presque la moitié de ceux du vampire. Voilà qu’une brindille mettait en doute les capacités physiques d’un vampire centenaire ! Alors qu’il réfléchissait à un plan pour filer sans trop de dégâts, il se retrouva sur la scène, et voilà…

Le blond se mit alors en scène et Decebal dut se faire violence pour ne pas rire. Oh non, il fallait qu’il garde son calme ou il y allait avoir plus de problème que ce qu’il y en avait déjà… l’autre homme répliqua à son tour et le vampire ne put être que surpris du fait qu’ils arrivaient à retomber sur leurs pattes.

« Messires, pas besoin d’arriver aux menaces. »

Le blond gesticula alors sous le regard dépité de vampire, se disant que Anastasia aurait certainement très mal réagit à la scène. Quoi que s’il avait été avec la chasseuse, il n’aurait certainement pas finit dans cette situation quelque peu complexe et gênante, à côté d’un homme aussi dépravé (et ce n’était pas Decebal qui était visé par cette remarque).

« Vu votre carrure, j’ai bien peur du résultat ! » Ricana Decebal en croisant les bras.

Puis il fut désigné et son sourire disparut aussi vite qu’il était apparu. Voilà qu’il devait réagir, non ? Qu’est-ce qu’il pouvait dire ? Et l’autre homme avait la main sur la garde de son épée. Le barde avait l’habitude de l’improvisation quand il devait chanter, mais sans musique, il n’était rien ! Ah ! Voilà la solution !

« Ma mandole sera mon gourdin ! »

Bon, c’était nul…Il n’y avait pas un élément du décor pour dont il puisse se servir ? Ah, voilà un manche, peut-être celui d’un grande et puissante…

« Et ma hache ! »

Le vampire observa le manche du balai… et le reposa comme si de rien n’était.
Decebal n’était pas un comédien pour rien…
Heureusement pour lui, la fausse Yseult prit les devant, clamant qu’il fallait le sauver. Ce n’était pas le contraire d’habitude, le valeureux chevalier qui venait sauver la demoiselle en détresse ?

« Ô incroyable destin ! Toi qui ne laisse pas de place au hasard de l’amour ! Merci de m’avoir offert celle qui partagera ma couche ce so… »

La femme lui attrapa la main, le coupant dans sa médiocre tirade, et Balou fut tiré dans les coulisses sans opposer de résistance et il sentit son estomac vide se dénouer. La jeune fille se tourna vers lui et le vampire se sentit bête, très bête.

Et il n’avait jamais eu aussi honte.

« Pourquoi avez-vous fait ça ? »

Il se racla la gorge, observant du coin de l’œil, l’homme qu’il avait bousculé peu de temps avant. Le vampire avait l’impression d’être comme une bête face à ses prédateurs, alors que c’était censé être lui, l’affreuse et vilaine créature qui terrorisé les humains.

« Je vous ai pris pour quelqu’un... »

C’était donc ça ce qu’on ressentait quand on avait vraiment honte ?

« Ca n’explique rien ! » Dit l’homme plus âgé, fronçant des sourcils.

Derrière eux, les acclamations résonnèrent comme un tonnerre humain. Le blond et l’autre énergumène de mauvaise humeur arrivèrent de nouveau et celui qui avait une force mémorable invita Decebal à venir saluer la foule. Le vampire obéit sans discuter, essayant de trouver quoi dire afin de s’excuser convenablement.

« Je ne compte pas changer de carrière, barde me suffit amplement. »

Decebal observa les spectateurs se dispersé et se tourna vers la petite troupe, observant une femme qu’il n’avait pas encore vu.

« Je suis vraiment désolé d’avoir gâché votre représentation ! C'était la première fois que j'y assiste.. et que j'y participe.. »

Il baissa la tête d’un air penaud avant de tendre son chapeau vers l’étrange personnage.

« Milles excuses, vraiment ! »

Le vampire fit un demi-tour avant de s’arrêter comme si le destin venait de lui souffler une merveilleuse idée dans le creux de l’oreille. Il se retourna et se dirigea vers l’homme blond à la grande force, cette idée que quelqu’un à l’apparence si étrange avait la capacité de retenir le vampire le dérangeait un peu.

« Dîtes moi, messires et mes nobles dames, ne chercheriez-vous pas un barde pour accompagner votre troupe ? »

Decebal fit tourner sa mandole afin qu’elle arrive directement dans ses bras, ses doigts jouèrent de la mélodie pendant qu’il se mit à sourire.

« Je ne suis pas un très bon acteur certes ! Mais quoi de mieux que de la musique pour accompagner vos paroles, afin de mettre les spectateurs encore plus dans l’ambiance de vos histoires ? »

Il espérait vraiment qu’ils disent oui, cela serait tellement plus facile de trouver un vampire appartenant à la Loge si la troupe amassait autant de personne à chaque représentation.

« Je ne réclame pas de salaire ni de nourriture, juste l’amour de la poésie dans toutes ses formes ! »

Decebal continua à jouer la mélodie, priant le fameux destin pour que la troupe accepte.

« Je me nomme Decebal Sutarefson, mais juste Decebal est suffisant ! »
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Calliste de Beaulieu

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MessageSujet: Re: Perversité et boissons alcoolisées, ne cherchez pas le succès ! [PV : Calliste De Beaulieu]   Mer 16 Mai - 19:04

L’homme ne brillait pas par ses talents d’acteur, c’était indéniable. Mais, par chance, il ne s’était pas laissé démonter, ce qui avait permis à Calliste et aux autres de redresser la situation. Le vampire avait toujours été plutôt doué en improvisation, bien qu’à la base, il ne s’agisse que d’un stratagème pour dissimuler à ses compères ses difficultés à lire.

« Aucun problème. Votre incompétence n'a fait que mettre en lumière notre talent. »

Calliste récupéra son chapeau et le plaça sur sa tête avec sa nonchalance coutumière. Son sourire n’avait pas disparu de son visage ; il s’amusait beaucoup, un parfait contraste avec la mine austère de Tristan, qui semblait n’avoir pas vu les latrines depuis des jours.

Le blond regarda l’élément perturbateur s’avancer vers lui, croisant les bras pour le jauger un peu mieux. Il était grand, beaucoup plus grand que lui. Il présentait un physique plutôt original qui aurait fait des miracles dans une troupe de théâtre. Dommage qu’il soit si mauvais acteur…

Sa mandole en main, il joua quelques notes, proposant ses services en tant que barde. Calliste se tourna vers Gunter et Margaret. Généralement, le doyen prenait les décisions, bien que ce soit souvent la comédienne qui influe sur ses choix.
De son point de vue, le vampire trouvait néanmoins étrange que le barde veuille les rejoindre, alors qu’il ne savait pas faire la différence entre une pièce et la réalité. Souvent, il suffisait de jeter un œil à la scène pour comprendre ce qu’il se passait.

« La vérité, c’est que personne ne veut vous engager, c’est ça ? » demanda l’acteur.

« Calli ! » le réprimanda Margaret. « Je me souviens d’un temps où tu étais dans la même situation et tu riais moins. »

Le vampire leva les mains, plaidant coupable. Face à une femme comme Margaret, on n’argumentait pas car elle avait bien souvent raison et savait vous faire culpabiliser. Il lui adressa un sourire charmeur, tout en sachant qu’elle n’était pas du genre à se laisser berner par un tel stratagème.

Quoiqu'il en soit, les Baladins semblaient plutôt indécis face à la proposition. Gunter réfléchissait en se grattant le menton, tandis que Tristan observait d'un oeil noir le barde et que Colombe tressait ses cheveux d'un air indifférent.
Gunter pivota vers Calliste et ce dernier comprit qu'il allait lui demander son avis. Avant même qu'il ne pose la question, le vampire déclara de but en blanc :

« Je suis contre. »

« Ah bon ? Tu avais l'air de bien t'amuser pourtant. »

Calliste haussa les épaules.

« Ceci est une chose, cela en est une autre. »

« Pourquoi ? »

« Je le sens pas, c’est tout », déclara le vampire comme si le principal intéressé ne se trouvait pas à quelques mètres seulement de lui. « Je me plierai cependant à la décision du groupe. »

Gunter soupira. « Et toi, Colombe, qu’en dis-tu ? »

La blonde qui chassa des mèches de son épaule d’un geste de la main.

« Du moment qu’il ne m’enlace plus sans crier gare… »

Margaret tempéra, comme à son habitude :

« Pourquoi ne pas lui laisser une chance de prouver ses talents ? Qu'en dites-vous, Decebal ? »

Gunter hocha lentement la tête, puis il balaya l’air d’un geste vague de la main, se tournant dans un même élan vers le barde :

« Soit, faites comme vous voulez. Mais sachez que nous sommes d’indécrottables perfectionnistes. Nous ferons un essai lors de la représentation de demain soir. Si vous êtes aussi bon que vous le prétendez, je vous autoriserais à nous accompagner, lors de nos prochaines prestations. »

Calliste leva les yeux au ciel devant l’expression inflexible de Gunter, lequel ne parvenait pas à masquer sa bonté de cœur. Margaret surprit son regard et elle se mit à sourire. Le blond la regarda s’approcher de Decebal.

« Vous pourrez prendre vos repas avec nous. La vie est difficile pour tout le monde et l’hospitalité est une denrée rare à laquelle nous, les Baladins, nous tenons. Je me nomme Margaret et voici Gunter, Colombe, Tristan qui boude là-bas –ne vous en faites pas, il ne mord pas- et Calliste, avec le chapeau. »

Calliste se fendit d’une révérence outrancière, tout en ôtant son chapeau. Il jaugeait depuis plusieurs minutes Decebal, dont l’étrangeté titillait sa curiosité. De manière générale, le blond avait toujours aimé se mêler des affaires des autres, avec une préférence pour celles qui ne le regardaient pas.
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: Perversité et boissons alcoolisées, ne cherchez pas le succès ! [PV : Calliste De Beaulieu]   Jeu 24 Mai - 20:36

Brindille vivante (Decebal avait décidé de le surnommer ainsi) demanda sans aucune retenue si le barde avait déjà eu sa demande refusée et cela était arrivé qu’une seule fois ! Le vampire ne voulait pas l’admettre mais il avait tenté sa chance au pire moment, Frederic III avait juste renoncé (façon de dire) à la Hongrie, est-ce que cela avait influencé sur son envie de musique pendant les quelques jours qui avaient suivis ? Certainement… Mais ce n’était pas une raison pour avoir jeté le vampire dehors…

Decebal avait toujours était un solitaire dans son métier, cela ne lui plaisait pas tellement de demander à faire partie d’un groupe mais…
Un marché était un marché.
Et il était capable de faire n’importe quoi pour avoir des informations sur la Loge.

La femme la plus âgée pris la défense du barde et celui-ci se mit à sourire en faisant un clin d’oeil, remerciant par le geste la bonté de la dame.

« La vérité, c’est que c’est la première fois que je demande à entrer dans une troupe, je suis un peu nerveux ! » Répondit avec un petit rire.

Le barde avait beaucoup d’espoir, il était du genre à voir la plus petite étincelle dans un abysse de pénombre et celle-ci était Margaret. Il se dit aussi que l’homme au chapeau lui donnerait peut-être sa chance, après tout, il l’avait laissé partager la scène, ce n’était pas quelque chose de symbolique chez les acteurs ?

Quand celui-ci refusa de façon claire et précise, le vampire perdit tout amusement de son visage. Ah… Voilà qui ne faisait pas parti du scénario qu’il s’était imaginé…
J’avais confiance en toi ! Cria-t-il dans son esprit.
Decebal n’aurait-il jamais de chance dans sa longue et étrange vie ?!
Cependant, il n’était pas le seul à avoir cette surprise face à la décision du fameux Calli.

« Je le pensais aussi… »

Le vampire ne sut pas si c’était une insulte venant de la part de Brindille, heureusement les autres ne laissèrent pas tomber la chance d’avoir un barde dans l’équipe. Quand la jeune Colombe commenta, Decebal fut heureux de ne pas pouvoir rougir. Elle ne ressemblait en rien à Yseult à part la couleur de cheveux…. Quel idiot qu’il était ! Il s’en souviendrait longtemps de son geste stupide et désespéré.
Margaret lui posa une question et le vampire se remit à sourire comme un idiot.

« Une chance que vous ne regretterez pas. »

Si, ils allaient le regretter… Peut-être pas demain mais un jour… Être avec Decebal impliquait de se retrouver dans un tourbillon d’évènements étranges et dangereux dont le seul sortant indemne était Decebal, bizarrement.
Mais ça, il ne le disait pas…

Gunter lui expliqua alors ce qu’il allait se passer, voilà que le barde était mis à l’épreuve ! Evidemment, cela plut fortement à Decebal, toujours prêt à montrer son talent pour la musique !

« Je vous ferais honneur ! »

Il nota que Brindille leva les yeux aux ciels, mais qui était donc cet homme ? Il y a à peine cinq minutes, il semblait enthousiasmé par l’arrivée du barde et maintenant… Il en avait marre ?

Peut-être qu’il préférait que l’attention se porte sur lui... Comme un enfant qui a besoin d‘être le centre du monde.
Oh, cet homme plaisait de moins en moins à Decebal.
Il fut content de ne pas avoir de marché avec lui, il se promit d’ailleurs de ne pas faire quoi que ce soit avec cet énergumène à la chevelure de paille.

Margaret s’approcha du barde et il ne put s’empêcher de la trouver étincelante. Elle était une femme qui avait du vécu, une femme d’expérience qui avait surement d’incroyable à raconter.
Allait-elle être une source d’inspiration pour Decebal ?

Certainement, mais il avait d’abord la chanson sur dame Anastasia à présenter à un public, elle allait donc devoir attendre !

« Je suis ravi de vous avoir rencontré, Baladins. Et j’apprécie vraiment votre hospitalité en sachant que j’aurais pu vous faire du tort ! »

Decebal observa la révérence de Brindille, se disant qu’il devrait peut-être le mener à Anastasia pour qu’elle puisse aussi lui donner des cours de… hum… Bienséance ? C’était comme cela que disait la haute société ? Le vampire tourna son attention sur la dame, souriant amicalement.

« Comme je vous l’ai dit, je ne réclame pas de repas. Cependant je serais heureux de vous accompagner ! J’aimerais beaucoup savoir comment vous vous êtes tous rencontrés ! »

Le barde se tourna vers… voilà qu’il avait oublié le nom de la personne…
Tristan !
C’était Tristan qui boudait toujours ! Le vampire sentait qu’il allait avoir du mal à devenir un membre de la troupe.
Il observa ensuite (tout en évitant Calliste) Colombe qui avait fini de toucher sa chevelure d’or, le vampire se rappelait qu’Yseult passait toujours du temps devant sa coiffeuse le matin pour se préparait… Mais les cheveux de sa défunte femme étaient beaucoup plus beau que ceux de la gamine !

Son regard se reposa sur Gunter, était-il le véritable chef de la troupe ? Où était-ce Margaret ? Il fit un geste de la main pour replacer sa capuche sur son nez.

« Ou doit-on se diriger alors ? Je serais ravi de vous montrer tout mon talent pendant que vous profitez d’un repas chaud et d’une boisson délicieuse ! »
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Calliste de Beaulieu

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MessageSujet: Re: Perversité et boissons alcoolisées, ne cherchez pas le succès ! [PV : Calliste De Beaulieu]   Sam 26 Mai - 20:49

Calliste doutait fortement que le barde soit vraiment nerveux. Il avait l’air plutôt détaché, au contraire. Quoiqu’il en soit, le blond avait décidé de ne pas lui faciliter la tâche. Il prenait même un malin plaisir à le mettre dans l’embarras. Rien que de l’imaginer en train de chercher comment s’extirper de cette situation l’amusait beaucoup. Les choses trop faciles étaient ennuyeuses. Mais Margaret vint rompre cet instant de satisfaction et, par extension, Gunter. Calliste retint une moue déçue. Parfois, il fallait faire durer le plaisir, il faudrait qu’il leur explique un jour son point de vue.  

Le vampire observait l’homme aux cheveux blancs qui considérait visiblement Margaret comme une alliée. Il esquissa un sourire de chat devant les remerciements pompeux de Decebal qui avait visiblement l’habitude d'en faire des caisses ; il ne dénoterait pas avec les Baladins à ce niveau là. Mais c’était justement pour cet instant là qu’il était important que rien ne soit facile : le barde devait avoir l’impression qu’on lui faisait une fleur en lui laissant sa chance, de façon à ce qu’il se montre reconnaissant de l’honneur qu’on lui accordait. Et le blond comptait bien profiter de cette reconnaissance par la suite. Pour l’heure, il le laissait poser ses questions et il accepterait éventuellement d’y répondre. Après tout, il pouvait bien satisfaire un peu sa curiosité :

« Dans un bordel », répondit-il à la question au sujet de leur rencontre.

« Calliste ! » s’offusqua Margaret avec un petit accent mondain qu’adorait le blond, surtout quand elle l’utilisait pour dire son nom.

« Quoi ? C’est en partie vrai, n’est-ce pas, Tristan ? »

Tristan grommela quelque chose tout en prenant un air affecté. Allait-il encore feindre d’avoir oublié cette partie de l’histoire ? Pourtant, c’était bien la réalité : la première rencontre entre Tristan et Calliste s’était faite dans une maison close en province. Et ça avait plutôt mal commencé entre les deux dès cet instant. Margaret se tourna vers Decebal.

« Ne faites pas attention à eux. Tristan aime prendre des airs dramatiques et Calliste a tendance à jouer les fauteurs de trouble. »

« Et Margaret adore jouer les mères poules. »

« Si tu m’appelles Maman, crois-moi que je te ferais manger ton chapeau »

Calliste prit un air choqué et fit disparaître le chapeau théâtralement, ce qui fit rire Colombe, laquelle observait Decebal depuis plusieurs minutes… ou plutôt la musculature de Decebal.  

« Nous devons encore ranger quelques affaires, mais Calliste va vous montrer où nous logeons », indiqua Margaret d’une voix de maitresse de maison.

« Pourquoi moi ? »

La comédienne sourit de toutes ses dents, ignorant le vampire. Il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même, car si le barde avait surgi durant la représentation, c’est Calli qui l’avait ramené sur scène.

« C’est sa façon de montrer qu’il est ravi. »

Calliste se tourna à son tour vers le barde, forçant un sourire.

« Si mon bon Sire veut bien me suivre. »

Ils quittèrent le lieu de la représentation pour se retrouver dans les rues animés du quartier des marchands. Pendant plusieurs minutes, Calliste ne dit rien, comme si son aura avait subitement changé. Il n’avait plus rien d’un pitre, d’un fauteur de troubles ou de quoi que ce soit de théâtral ; il arborait juste un visage fermé qui le vieillit de quelques années. Il n'avait rien contre Decebal, bien qu'il se soit opposé à ce qu'il intègre la troupe, mais il n’aimait pas trop l’idée de devoir jouer les baby-sitters en plein jour. A la rigueur, si Decebal avait été une femme, la chanson n'aurait pas été la même.
Par chance, le temps maussade voilait le soleil, or la lumière du jour, un peu blanchâtre, commençait à le fatiguer et lui faisait mal aux yeux. Il plissa ces derniers, bien déterminé à atteindre l’auberge où ils logeaient, au plus vite.
Justinia lui avait déjà dit qu’étant transformé que depuis trois ans, il aurait plus de difficultés à s’acclimater que les vampires plus âgés. Les effets du jour, la soif de sang, les pertes de contrôle, tout serait plus ardu pour lui. Il n’aimait pas cet état qui avait souvent des conséquences sur son humeur et pouvait le rendre quelque peu lunatique, mais si c’était à refaire, il recommencerait.
Conscient que le contraste entre ce qu’il avait montré jusqu’ici et son attitude présente pouvait être dérangeant, il se tourna vers le barde et reprit un air un peu social :

« Alors, l’ami, pourquoi voulez-vous intégrer la troupe ? Et je parle de vos vraies raisons. »

Il avait beau faire le pitre avec les Baladins, il n’était pas un idiot et il entendait bien le faire comprendre à Decebal d’entrée de jeu.

« Si c’était pour des raisons de survie, vous n’auriez pas refusé les repas ou un salaire. »

Le vampire haussa les épaules d’un air indifférent.

« S’il s’agit de Colombe, nul besoin d’aller aussi loin. Contentez-vous des fleurs. »
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Decebal Sutarefson

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MessageSujet: Re: Perversité et boissons alcoolisées, ne cherchez pas le succès ! [PV : Calliste De Beaulieu]   Lun 4 Juin - 20:51

Brindille dit une surprenante réponse sur l’histoire de leurs rencontres, Decebal pouffa discrètement. Se demandant avec amusement comme avait pu se passer la scène, peut-être l’entendrait-il un jour.

Les deux hommes se regardèrent, il y avait-il de la concurrence entre Calliste et Tristan ? Decebal avait pour l’instant juste compris qu’ils étaient tous les deux bons acteurs mais peut-être l’un d’eux était meilleur… il allait devoir répondre à sa question à la prochaine représentation.

Margaret s’approcha du vampire, s’excusant pour les deux hommes avant que Calliste commente. Au moins, ces deux-là  s’entendaient bien !
Decebal croisa les bras en observant le fameux homme chapeauté, quelque chose en lui était étrange, sa force que le barde avait remarqué plus tôt l’avait assez chamboulé. Il était rare que quelqu’un arrive à tirer le vampire avec autant de facilité. La femme la plus mature du groupe donna indirectement l’ordre à Brindille de montrer le chemin au vampire. Cette femme était beaucoup plus impressionnante que Decebal se l’était imaginé.

« Il n’a pas l’air du tout ravi… » Chuchota-t-il pour lui-même.

En effet, le comédien se forçait tellement à sourire que le vampire se demanda si la mâchoire de l’homme n’allait pas en tomber.

« Avec plaisir. » Mentit Decebal en s’avançant à la suite du comédien.

C’est ainsi que Decebal fut embarqué dans une troupe de théâtre alors qu’il n’y connaissait rien. Pendant qu’ils marchaient dans le quartier des plus vivants, le barde essaya de trouver une stratégie afin d’avancer dans sa propre quête. Ce qu’il devait faire c’est tout simplement trouver un vampire qui fait partie de la Loge. Mais Decebal n’était pas dupe, trouver un vampire était déjà difficile alors qu’en plus il fasse parti d’un clan de vampire spécifique.

C’était chercher une aiguille dans une botte de foin !

Le vampire tourna son regard vers Calliste, il y avait une chance pour que les Baladins connaissent un vampire ? S’ils étaient en voyage dans toute la France, il avait certainement dû en rencontrer un au moins une fois ! Non ?

En parlant de Brindille, le barde haussa un sourcil curieux en observant l’air assez… terrible du comédien. Decebal avait compris qu’ils ne s’aiment pas beaucoup l’un et l’autre mais c’était une raison valable pour tirer cette tête ?

Les yeux jaunes se levèrent vers le ciel pendant qu’il soupira du plus profond de son âme, observant le ciel nuageux, morne… Comme Brindille.

Celui-ci changea soudainement de caractère, faisant presque sursauter le vampire devant cette nouvelle personne. Mais qui était donc Calliste ?

« Mes vraies raisons… je ne sais pas si... »

D’habitude, il n’aurait pas hésité à parler à cœur ouvert mais le comédien ne lui inspirait pas confiance. Decebal hésitait vraiment à cet instant…

« Vous êtes perspicace. » Commenta avec un sourire le barde.

Il regarda l’homme plus fin que lui hausser les épaules. Decebal avait l’impression d’être tantôt en face d’un enfant capricieux, tantôt en face d’un vieil homme grincheux. En entendant le nom de la gamine, Decebal roula des yeux, sa terrible erreur allait-elle le suivre longtemps ?

« Comme je l’ai déjà dit, j’ai confondu Dame Colombe avec quelqu’un d’autres. »

Decebal était gêné même si cela ne se voyait pas, et il était heureux que sa condition de… non vivant. Il observa autour de lui comme un animal aux aguets, les inconnus passant près d’eux sans faire attention au duo d’homme. Le barde allait-il garder le secret plus longtemps que prévu ?

« Pour tout vous dire, je suis à la recherche de quelqu’un, et je me suis dit que faire partie d’une troupe de théâtre itinérante me permettrait de la rencontrer... »

Dis comme ça, son plan n’était pas du tout au point.

« Du moins, avec beaucoup de chance. »

Les sourcils blancs se froncèrent.

« Vraiment beaucoup de chance et rapidement… »

Decebal s’arrêta et posa ses mains devant son visage, l’air complètement paniqué. Sa respiration devint saccadée, comme s’il étouffait.

« Je n’ai aucune chance de revoir une dernière fois Dame Justinia ! Et mon départ pour la Chine est dans un mois ! Que faire ?! »

Le barde plaqua ses cheveux en arrière, reprenant son souffle bruyamment avant de poser son regard sur l’autre homme.

« Je suis désolé de m’être emportée, c’est une femme qui… »

Decebal tourna la tête, fronçant les sourcils en mettant sa main devant ses lèvres, comme pour s’empêcher de parler.

« Sire Calliste, faisons comme si vous n’aviez rien entendu, voulez-vous ? »

Le vampire croisa les bras en soupirant avant de lever son regard vers celui félin de Calliste, souriant légèrement.

« Et si vous me montriez l’endroit où vous loger. Du repos me remettrait les idées en place ! »
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Calliste de Beaulieu

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MessageSujet: Re: Perversité et boissons alcoolisées, ne cherchez pas le succès ! [PV : Calliste De Beaulieu]   Ven 13 Juil - 21:18

Decebal bredouilla et Calliste fut tenté d'y voir le signe de quelqu'un qui a des choses à cacher. Il en savait quelque chose. Le sourire du comédien était semblable à celui d'un chat satisfait lorsqu'il répondit :

«Je sais, on me le dit souvent. Et je suis également beau et amusant», déclara t-il avec une forme d'indifférence, au point qu'il était impossible de deviner s'il blaguait ou non.

Le blond haussa un sourcil devant l'excuse du barde et il ne se priva pas pour afficher un air particulièrement dubitatif. Mais la lumière du jour à travers les épais nuages lui fit plisser les yeux et il se contenta de grimacer. Il se demandait toujours quand il s’habituerait à sa nouvelle condition. Il avait désormais tout le temps pour cela mais il conservait l’impatience propre aux humains, semblerait-il. Vivement qu'ils arrivent à l'auberge !

«Ne dites jamais cela à une femme, malheureux. Leur ego ne pourrait le souffrir.»

Surtout l’égo de Colombe, ajouta t-il mentalement. Elle jouait les fausses modestes alors qu’intérieurement, elle jubilait au moindre compliment. Et elle n’en manquait pas, vu la cohorte de soupirants qu’elle laissait dans son sillage.

Decebal accepta d’exposer la raison de sa présence -inopportune- parmi eux et Calliste jugea que c’était une bonne idée. Il n’aimait pas tourner autour du pot et il ne comptait pas lâcher le barde jusqu’à ce que celui-ci lui ait tout dit. Il pouvait se montrer extrêmement persévérant.

«Votre plan est ridicule, mon ami», commenta t-il, bien qu’on ne lui ait pas demandé son avis sur la question.

Enfin, visiblement le barde en était conscient. Un peu trop même à en juger par sa réaction et Calli craignit un instant qu’il ne se transforme en quelque chose. Il s’apprêtait à lui demander s’il allait bien et s’il voulait s’asseoir un moment -à l’ombre si possible- lorsque le barde prononça un nom un peu trop familier : Justinia. Le sang de Calli ne fit qu’un tour dans ses veines... ou du moins, il l’aurait fait s’il en était encore pourvu. Il ne penserait pas entendre ce nom dans la bouche d’un inconnu, surtout d’une façon si soudaine. Justinia. Justinia. Un nom qui ne semblait pas vouloir le lâcher. Etait-ce bien LA Justinia ?
Le vampire usa de ses talents d’acteur pour dissimuler son trouble comme il le put. Déjà Decebal se reprenait, ce qui n’arrangeait pas le blond, qui aurait apprécié qu’il finisse sa phrase. Se pourrait-il que Decebal soit... un vampire ? Il l'observa longuement. “L’un des miens”, se dit-il, “l’un des miens, combien de fois faudra t-il te le répéter ? Tu n’es plus un humain”. Se pourrait-il également que Decebal sache très bien ce qu’il faisait, malgré ce qu’il disait, et qu’il soit au courant que Calliste faisait partie de la Loge des Vampires ? Avait-il intégré sciemment la troupe pour le trouver lui ? Il ne savait pas vraiment dire pourquoi mais cette idée lui faisait froid dans le dos.  

Calliste se tourna avec un sourire des plus innocents, tout en lui assénant une tape dans le dos, qui ne dut pas lui faire un grand effet vu sa carrure.

«Allons ne vous excusez pas, les femmes sont une source d’emportement, je le sais mieux que quiconque.»

Il lui montra le bout de la rue qu’ils arpentaient.

«Nous arrivons. Ne vous inquiétez pas, une fois dans l’auberge, vous pourrez me payer une bière et me raconter votre chagrin d’amour !» ajouta t-il comme si cela coulait de source. Il n’éprouvait pas la moindre gêne et peut-être ne se rendait-il même pas compte de son impertinence.

L’auberge se dessina avec son mur en pierre et en bois et son balcon à l’étage. Un tonneau servait d’enseigne, les surplombant tandis qu’ils s’avançaient devant l’entrée au grand soulagement de Calliste.  

«Le Tonneau Devin ! Un nom charmant, n’est-ce pas ?»
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MessageSujet: Re: Perversité et boissons alcoolisées, ne cherchez pas le succès ! [PV : Calliste De Beaulieu]   

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Perversité et boissons alcoolisées, ne cherchez pas le succès ! [PV : Calliste De Beaulieu]
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