Vampire Waltz

France, XVème siècle. L’ordre de la Flamme Eternelle mène une guerre feutrée contre les vampires. La victoire appartiendra à ceux qui survivront à la Nuit...
 
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 Eyrah Du Val -

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Eyrah Du Val

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Messages : 17
Date d'inscription : 19/03/2018

MessageSujet: Eyrah Du Val -    Mar 20 Mar - 0:14

Nom
Prénom
Âge : 17 ans
Groupe : Vampire
Métier : Clairvoyante
Etat civil : célibataire
Faction : Flamme Eternelle

▬ ft. personnage de œuvre / artiste

Carnation : pâle
Taille : 1m55
Cheveux : Très long, Carmin foncé
Yeux : Iris bleu, pupille rouge
Style vestimentaire : Elle porte le plus souvent des robes simples, de couleurs clairs, tentant de mettre un peu de luminosité dans sa vie nocture.
Elle déteste porté un corset, malgré le fait que la bienséance lui oblige...
Signe(s) distinctif(s) : Tatouage, tache de naissance, accessoire particulier, etc...

(À lire après l'histoire s.v.p...) Je m’assis finalement sur le bord rembourré de ma fenêtre et mon regard se perdit dans le lever de soleil. Dès que la lumière fut trop intense pour mes yeux noctures, j'en détournais le regard et refermait un peu la lourde teinture, masquant mon visage dans l'ombre. Augustine s’approcha du banc et s’asseyait à son tour, le menton appuyé sur ses genoux. Après plusieurs longues minutes de silence, elle dit :

-Tu deviens toujours pensive et tu te mures dans le silence quand quelque chose te tracasse. Dit moi donc ce qui ne va pas, plutôt que de rester seule dans tes pensées.

Elle me connaissait que trop bien…

-Je manque de sommeil, mais je n’arrive pas à fermer l’œil. Ne t’en fais pas pour moi.

Elle eut un rire jaune et rétorqua :

-Voyons, Ey. Toi et moi savons pertinemment que tu es une très mauvaise menteuse et qu’on peut pratiquer te lire comme un livre ouvert.

J’aimais Augustine pour cette raison. Alors que moi j’étais plutôt renfermée et silencieuse, on m’avait éduquée pour que j’apprenne à me taire lorsque ce que j’avais à dire n’étais pas pertinent, elle, elle n’avait pas sa langue dans sa poche et lorsque la décence le lui permettait, comme en ce moment, elle disait tout ce qui lui passait par la tête. Elle arrivait à oublier les convenances et l’étiquette, ce que je ne me permettais pas. J’étais peut-être trop dure avec moi-même. Je devrais peut-être prendre plus exemple sur elle.

Je commençai à tortiller ma tresse entre mes doigts. Je jouais souvent avec mes cheveux lorsque je devenais nerveuse. Mon amie me tapa légèrement sur la main et s’exclama :

-Arrête de faire ça, tu vas les abîmer!

Je lui souris, dévoilant la pointe de mes crocs blancs. Je perdis rapidement mon sourire par contre, lorsque je repensais à sa question.

-Je n’arrive plus à dormir… Parce que je suis terrorisée. Dès que je ferme les yeux, les visions m’assaillent et tout ce que je vois, ce ne sont que des flammes et des cadavres partout qui jonchent le sol. C’est horrible…

-Mais… Ce ne sont que des rêves n’est-ce pas?

Je plantai mon regard directement dans le sien. C’était ma seule façon pour un tant soit peu déstabiliser les gens qui me toisaient de haut. Certes, je pouvais devenir acerbe lorsqu’on me provoquait, mais tous disaient que j’avais une patience infinie et c’était rare que je m’emportai, alors je n’avais que mes yeux étranges…

Elle couina, en baissant ses yeux verts :

-Arrête de me fixer comme ça… Tu me rends mal-à-l’aise…

Je détournai le regard et le laissais vagabonder sur la forêt avoisinante avant d’éluder sa question par une autre question :

-Depuis quand mes rêves n’ont été que des rêves?

Je n’attendais pas de réponse et il n’en aurait jamais, parce qu’Augustine savait pertinemment de quoi je voulais parler.

On resta là, sans bouger, pendant ce qui me semblait des heures, alors que mon amie regardait le soleil se lever et nimbé d’or la canopée et le petit jardin, alors que seulement quelques minutes passèrent en réalité. La faible lumière tentait ses cheveux de reflets dorés, on aurait dit une gravure parée d'or de la sainte vierge. J'aurais tant voulu pouvoir sortir avec elle et apprécié le soleil comme elle le faisait. J'en étais parfois envieuse de sa vie d'humaine, moins restrictive que la mienne.

Le son des hurlements de ma dernière vision vint bourdonner à mes oreilles et je sentis une larme roulée le long de ma joue.

-Eyrah, tu pleures…

Ce n’était qu’une simple constatation. Mais pour moi, qui ne pleurais pratiquement jamais, c’était presque un choc. J’avais appris à ravaler mes larmes, à quoi bon les montrer, ça ne faisait que nous faire paraitre faible aux yeux des autres, alors qu’en réalité, on pleure parce qu’on a tenté d’entre fort, trop longtemps…

Mon amie s’approcha de moi et me pris dans ses bras pour me bercer. J’essuyai vivement la perle salée, avant de murmurer :

-Tu devrais partir, Augustine…

Elle me répondit, étonnée :

-Mais de quoi parles-tu, voyons? Comme si j’allais te laisser, alors que tu…

Je l’a coupai vivement et dis :

-Tu ne comprends pas! Si tu restes, tu vas mourir!

Elle rétorqua :

-J’ai appris à ne plus la craindre, depuis le temps que je suis avec toi…

Elle aussi, elle agissait comme tous les autres. J’avais averti mes parents et le reste de la Famille que la Flamme Éternelle risquait de débouler pour nous décimer tous, mais ils ont trop confiance en leurs capacités vampiriques pour daignés m’écouter. Ils croyaient que tous ensemble, ils réussiraient à se protéger, ce qui est le but premier de ce rassemblement de vampire. Mais moi je savais que cela n’allait pas être un tout petit raid, comme il en avait déjà eu. Cela allait être un véritable massacre et je ne pouvais rien faire pour l’empêcher. Parce qu’eux, ils souhaitaient à tout prix faire mentir l’une de mes vision et je savais que cela n’arriverais pas. Si un dénouement différent aurait existé, je l’aurais vu, lui aussi. Mes visions ne se trompaient jamais. J’aurais pu m’enfuir, comme une lâche. Mais j’étais tout sauf une lâche. Je n’étais pas du genre à abandonner ceux que j’aimais et vivre dans la honte de les avoir laissés livré à eux-mêmes. Non, plutôt mourir que de partir.

-Par tous les Saints du ciel! Je t’ai déjà dit ce qui risque d’arriver d’ici peu de temps, à tous ceux qui seront encore ici…

-Ne jure pas! Douterais-tu de mon amitié envers toi, Eyrah Du Val?

J’empoignai son visage entre mes mains et la fixai d’un air dur.

-Comment peux-tu oser dire une telle chose? Jamais je ne douterais de toi, Augustine. Mais je ne supporterais pas de les voir te torturer et jouer avec toi pendant des heures…

Elle baissa les yeux avant de dire :

-Tu as un trop grand cœur, Eyrah. Tu devrais aussi penser à toi, avant de penser aux autres dans cette histoire… Imagines que je parte, que voudras-tu que je fasse? Personne dans mon village natal ne voudra de moi, ils savent que j’ai passé près d’une décennie en ta compagnie. Oui, ils vous respectent pour ce que vous faites pour nous et nos mourants, mais ils vous craignent en même temps… Et disons que je rejoigne une grande ville… Il n’y a pas beaucoup d’opportunité qui s’offre à moi. Oui, je pourrais être femme de chambre ou même dame de compagnie, grâce à l’éducation que ta mère m’a offert, mais je m’en voudrais toute ma courte vie de t’avoir laissé derrière. Vous avez tous fait tant de chose pour moi que je me dois de trouver une façon de vous repayez…

Son esprit était trop semblable aux miens. On lui avait inculqué les mêmes valeurs qu’à moi. La famille, l’entraide et bien d’autre. Mais elle en plus, je la savait têtue comme une mule et camper sur ses décisions. Elle ne reviendrait pas en arrière et peu importe ce que je lui dirais, jamais elle ne changerait d’avis.

-Tu dois te reposer.

Son ton était sans équivoque et je la laissais me guider jusqu’à mon lit de plumes et nous nous pressâmes l’une contre l’autre, front contre front. Je murmurais, d’un ton suppliant qui m’étonna presque :

-Tu vas rester avec moi?

Je fermai les yeux et je la sentis sourire.

-Tu es prise avec moi jusqu’à la fin.


France 1463
Je n’ai que peu de temps pour relater dix-sept ans d’existence. Ils seront bientôt là. Je vais probablement mourir avant la fin du jour, la Famille, probablement être réduite à néant et le crépuscule sera rouge de notre sang. J’ignore par où commencer, mais je dois faire vite, si je désire préserver quelque part notre mode de vie, si différent de celui des autres membres de ma race.

Je crois qu’il serait préférable de commencer par mes parents. Étrangement, je sais peu de chose à leurs sujets. Leur histoire est un livre couvert de honte et de sang. Tout ce que je sais, je le relaterais ici, dans ses quelques lignes que j’écris avant que l’aube ne pointe.

Ma mère se nomme Isabeau Du Val. J’ignore son nom de jeune fille, elle ne me l’a jamais dit. Ce que je sais par contre, c’est qu’elle est issue d’une ancienne et très noble famille de chasseur. Elle aurait été élevée dans la plus pure tradition, mais un jour, l’une de ses proies sonnera le glas de sa déchéance. Elle aurait commis l’impardonnable en s’éprenant de la créature qu’elle devait chasser, en devenant un vampire après ma naissance difficile. Elle m’a raconté que sa famille l’avait renié et  avait détruites toute preuve de son existence en l’a faisant passer pour morte. Les années semblaient avoir atténué le chagrin qui avait étreint son cœur, mais je savais que c’était faux. Malgré l’amour inconditionnel qu’elle porte pour Père, je crois qu’elle n’a jamais compris pourquoi son propre clan refusait de voir ce qu’elle arrivait à voir dans les yeux de cet homme. J’ai souvent l’impression qu’elle me cache quelque chose. Je lui ai toujours demandé pourquoi je ne ressemblais aucunement à Père, mais elle n’a jamais voulu me répondre, disant que c’était ainsi que Dieu l’avait voulu pour moi.  

Adrien, mon père, est un vampire. Il ne parle probablement qu’à Mère de son passé. Il m’a un jour raconté, qu’avant de s’éprendre de la chasseresse qui le poursuivait, il était nomade, ayant fui son créateur vampire, un Ancien dont je ne me souviens plus le nom. Il rajouta que lorsqu’il passait quelques jours dans les villages, il se mettait à envier les hommes. Entourés par leurs familles et amis, ils s’entraidaient et se protégeaient mutuellement. Après avoir rencontré Mère, ils forgèrent ensemble ce qui est maintenant la Famille, un clan composé de vampires, désirant vivre paisiblement et s’assurant protection. Il n’y a pas de hiérarchie au sein de la Famille, mais mes parents sont sans contredit les dirigeants.

Moi, je suis Eyrah, l’enfant unique de la famille du Val. J’ai été couvé par ma mère et par toutes les femmes du clan, durant ma tendre enfance et ce,  probablement plus qu’un enfant humain. Il ne s’est jamais rien passé de spécial durant ma petite vie, excepté ses visions épuisantes qui ont commencés à apparaitre peu après que mes crocs aient commencés à poindre. Ces choses que je vois ne sont jamais précises, mais je commence maintenant à en comprendre le sens caché.

D’où cela me vient-il?  

Parfois j’entends les gens murmurer sur mon passage. Certains disent que c’est un don du ciel et qu’un ange m’en aurait fait cadeau, d’autre raconte que c’est une malédiction. Que quelqu’un m’aurait maudite pour quelque chose que mes parents auraient fait. Mais quoi? Ça personne ne le sait. Même en priant, je n’ai jamais obtenu de réponse. Peut-être le ciel a réellement renié les gens de notre espèce? Peu m’importe ces questions de rhétorique pour le moment…

La Famille, notre clan, mon clan,  est réputé dans le village environnant pour ne jamais faire de mal aux gens bien vivant. Plutôt que de s’en prendre aux biens portants, mon père avait souscrit à un traité tacite avec les vampires qui composaient ses membres et si l’un d’eux se dérogeait à cette seule condition, il serait exclu sur le champ. Dans cet accord, seuls les villageois très souffrant ou mourant seraient pris pour cible et ce, seulement avec la bénédiction de leurs familles ou à la demande immédiate du mourant. Très vite, nous fûmes surnommer les anges de la Mort et même que certains villageois venaient nous implorer d’abréger les souffrances de ceux qui leurs étaient chers.

Une nuit de mes huit ans, je parcourais les sentiers de terres battues en compagnie de ma mère. Plusieurs personnes avaient attrapés un étrange mal et ne pouvait être sauvé. C’est à ce moment que je croisais le regard terrorisé d’une autre petite fille, orpheline, qui clamait vivement qu’elle ne voulait pas mourir. Elle n’était pas atteinte par le mal, mais il ne restait personne pour s’occuper d’elle. J’ai supplié ma mère pendant des minutes qui me semblait des heures. Augustine est devenue ma seule amie et était, bien entendu, l’unique humaine de la Famille. Personne n’osait la touché, par peur de représailles. Un jour, peut-être, allait-elle devenir l’une des nôtres, mais pas avant qu’elle ait terminé sa croissance et qu’elle en comprenne les conséquences.

À mes quatorze ans, il s’est passé autre chose d’important dans ma jeune vie.

J’étais sortie en douce du manoir, sans escorte, ce qui ne m’arrivait pratiquement jamais. J’avais ressentie cet intense besoin d’être seule et je parcourais maintenant la forêt brumeuse. La pluie se mit à tomber dru, mais sa fraicheur me fit du bien. J’entendis le bruit lointain d’une meute de loup et je haussai les épaules. Ils ne m’effrayaient pas, bien au contraire. Ils savaient d’instinct qu’une seule créature comme moi pouvait venir à bout de plusieurs d’entre eux.

Une autre partie de la forêt se superposa à mon regard. C’était étrange qu’une vision m’assaille dans un endroit pareil. Mais j’aurais été bien sotte de ne pas la suivre. Je pris donc un tracé différent de celui que je m’étais fixé et je me rapprochais des hurlements que j’avais entendu quelques minutes auparavant. Je marchais d’un pas souple dans la boue, salissant le bas de ma cape. J’allais en entendre parler lorsque je rentrerais…
J’arrivais finalement là où je devais me trouver, coup du hasard? Non, rien n’était jamais dû au hasard en ce qui me concernait.

Malgré la pluie, je remarquai facilement les loups affamés qui encerclait un homme, maigre, blessé. Les bêtes avaient dû sentir sa faiblesse et avaient pensé qu’il ferait une excellente proie, parce qu’ils n’attaquaient que très rarement les hommes, malgré tout ce qu’on pouvait raconter à leurs sujets. Au moment où ils allaient attaqués, je montrais les crocs et je me mis à gronder légèrement. Les omégas baissèrent la queue, intimidés. Seul l’alpha semblait assez courageux pour me tenir tête, mais il changea bien rapidement d’idée lorsque je m’avançais de quelques pas. Les loups reculèrent, mais ne cessèrent de gronder et disparurent derrière l’écran de pluie. J’apercevais parfois la lueur jaunâtre de leurs pupilles, mais ils semblaient rester à prudente distance.

L’inconnu leva ses yeux sur moi et il se mit à trembler de plus belle. Il semblait s’attendre à ce que je me jette sur lui, comme les loups affamés que j’avais fait fuir. Mais je l’avais vu… J’avais vu cet homme dans l’une de mes visions, celle-là même en fait qui me revenait sans cesse depuis quelques jours, chose extrêmement rare. Je l’avais vu avec des crocs et des yeux rougeoyant. Je savais déjà ce qui allait me demander. Je ne savais pas pourquoi, mais quelque chose me poussait à accepter sa requête. Je savais aussi que si ce n’était pas moi qui le transformais, il se ferait dévorer par les loups qui n’attendaient que mon départ pour attaquer.

J’approchais de quelques pas encore. Lorsque je ne fus plus qu’à deux ou trois mètres, sa langue se délia et il se mit à me prier de le transformer. Je n’écoutais pas réellement ce qu’il me raconta. Ses raisons ne m’importaient peu, parce que je savais déjà, au fond de moi, que c’était ce que le destin attendait de ma part.

-Vous allez souffrir…Énormément.

Je suis née ainsi -ce que j’ai toujours trouvé étrange, n’ayant jamais entendue parlé d’un autre enfant vampire dès sa naissance- et je n’ai donc jamais connu la souffrance de la transformation, mais on m’en avait déjà parlé et j’en avais compris suffisamment. Faites que son cœur et son esprit soient assez fort, sinon pour lui, c’était la mort assurée.

Il me rétorqua que cela lui était bien égal de souffrir et j’haussai intérieurement les épaules. Les humains pouvaient être bizarre… Et puis soudainement, une idée me parvient. Pourquoi ne pas tourner cela à mon avantage? Les paroles sortirent de ma bouche, sans que je les contrôles réellement :

-Un service contre un service…

Mon père me disait toujours qu’un homme devait rembourser ses dettes un jour ou l’autre. Cet homme aurait maintenant l’éternité pour me rembourser, ce qui n’était pas si mal, finalement. Je m’approchai encore et je plantai mes crocs dans la chair tendre de son cou. Je n’avais jamais transformé personne encore, mais je savais d’instinct comment faire et puis, j’avais déjà observé Père et Mère quelques fois.

Je commençai à le vider de son sang, jusqu’à ce que son cœur ne cesse de battre et que le goût âcre de la lie emplisse ma bouche. C’était étrange comme chaque sang avait son goût distinctif. Celui de cet homme était légèrement piquant, alors que celui d’Augustine était sucré et doux comme le miel. J’avais déjà tenté de goûter le mien, mais c’était comme si je n’avais avalé que de l’eau qui me laissait un atroce goût métallique dans la bouche…

 Je relâchai sa gorge et je m’éloignai rapidement dans la pluie. Rester ne me servait à rien. Je savais que les loups s’étaient éloignés pour chercher une nouvelle cible, moins dangereuse que l’homme qui était en train de se transformer.

Je sentais que l’aube allait bientôt poindre et je devais absolument rentrer.
Lorsque je fus loin, je léchais le sang qui tâchait encore mes lèvres et reprit la direction du manoir. J’ai laissé Mère me sermonner pendant des heures entières. Elle ne cessa qu’au moment où elle semblait perdre sa voix. Elle ne revint plus jamais sur cet incident, mais m’interdisait de sortir seule, désormais.

En ce moment, où j’écris ces quelques lignes, j’ai maintenant fêté mon dix-septième printemps. J’aimerais tant raconter ce qui m’ait arrivée ces trois dernières années, mais le temps me manque. Je sais qu’ils seront bientôt là et tout sera dévasté…

Je n’ai plus de temps…

Plus personne dans cette maison n’en a…

Ils vont……

Le reste de mon manuscrit se couvrit soudainement d’encre, Augustine m’ayant fait sursauter, en posant sa main sur mon épaule. J’étais si absorbée par mon écrit que je ne l’avais même pas sentit s’approcher. Ma plume dégouta sur le journal, comme du sang qui s’écoulerait d’une blessure.

-Pardonne-moi, Eyrah. Je ne voulais pas t’effrayer.

Je posai ma plume et répondis vaguement :

-Non, ne t’en fais pas, c’est presque terminé de toute façon.

Je me levai et me dirigeai vers les lourds rideaux de velours sombres qui ceinturaient ma fenêtre. La lueur rosée de l’aube pointaient à l’horizon. Il était plus tard que ce que j’imaginais. Mon amie se rapprocha de moi et dit, d’une voix douce :

-Tu devrais aller te reposer. L’aube se lève et tu n’as pas fermé l’œil depuis deux jours…

Je me retournais dans sa direction et je l’a détaillait. Elle semble bien plus épuisée que moi, avec sa chevelure brune en bataille et ses yeux verts, encore brumeux de sommeil. Elle semblait n’avoir dormi que quelques heures.

-C’est plutôt toi qui devrait aller te recoucher, Augustine. Tu oublies souvent que tu as besoin de plus de sommeil que moi…

Elle soupira. Parfois, elle oubliait qu’elle était toujours humaine et tentait de suivre mon rythme de vie, mais c’était de mon devoir de l’a rappelé à l’ordre.

-C’est d’accord, à condition que tu montes dans cette baignoire que j’ai préparé pour toi.

Je ne pus qu’acquiescer. Lutter contre elle aurait été inutile, c’était une tête forte. Je laissai poindre un sourire alors que je l’a laissait me déshabiller. Je laissai échapper un soupir lorsqu’elle détacha finalement mon corset. Ce truc était une véritable machine de torture…

Je montais dans le petit bassin en bois et je me laissai couler sous l’eau, me laissant quelques secondes de sérénité, le bruit étouffé par l’eau, avant de ressortir.

Augustine entreprit de brossé ma longue chevelure ondulée couleur feu. Je repoussai quelques mèches qui s’étaient collés à mon visage et mon amie entreprit de me faire la conversation, mais je n’écoutais pas réellement, perdue que j’étais dans mes pensées. Je me frottai avec le pain de savon, alors qu’elle terminait de tressés mes cheveux détrempés. Je la regardai du coin de l’œil, avant que mon regard ne tombe sur ma poitrine. Il fallait dire que j’étais un peu jalouse de mon amie, parce qu’elle, elle en avait pour deux…

-Tu as faim, me demanda-t-elle, doucement.

Je secouai la tête en signe de négation et je me murai à nouveau dans mon silence.

Lorsque toutes les deux nous eûmes terminé notre tâche, je sortis de l’eau et elle enroulait un drap de bain autour de mon corps menu. Je trouvais souvent que j’avais conservé la silhouette d’une adolescente au visage délicat. Dieu ne m’avait pas vraiment gâté en courbe et en forme…

Après m’être séchée, j’enfilais une robe de nuit en lin blanc et mon regard tomba sur mon reflet dans la grande glace appuyé sur le mur du fond. Ma peau, d’un blanc de lait ordinairement, avait pris une légère teinte rosée par la chaleur de l’eau. Mais ce qui m’étonnait toujours dans mon reflet, c’était mes yeux.

Quelque chose de complètement impossible. Même chez les vampires, avoir de pareils yeux était tout à fait inusité. Mon iris bleuté tranchait vivement sur la pupille rougeâtre qui chatoyait doucement sous la lueur des chandelles mourantes.

Je me dirigeai vers mon armoire et jetai un œil à mes robes. De la soie, du coton fin, du lin et quelques lainages, principalement. Des couleurs claires, variant du blanc au bleu et du rouge ou du noir à quelques endroits. Je n’étais pas une dame compliqué en ce qui touchait les vêtements. Et dire que certaines dames de la cour pouvaient passer des heures entières à choisir leurs robes, je trouvai cela décourageant. Je me détournai finalement en soupirant des tissus et des crinolines. Pour le moment, je préférai restée en robe de nuit, c’était plus confortable que tous ces corsages contraignants.

-Tu ne veux pas changer de toilette? me demanda Augustine.

Je secouai la tête. Pour autant que je sache, je n’aurai pas besoin de sortir de ma chambre avant la nuit prochaine, alors à quoi bon m’endimancher.

Je m’arrêtai quelques secondes devant ma coiffeuse et je glissai les doigts sur mon coffret à bijoux en bois de rose sculpté de rosaces. Je l’ouvris pour prendre la seule chose qu’il contenait : une délicate et ouvragé croix en or fin. Elle trouva aisément sa place au creux de ma gorge. Mère disait qu’une réelle dame n’avait pas besoin d’autres artifices qu’elle-même pour rayonner et que ce n’était que les courtisanes qui devaient se couvrir de parures. Mais elle m’avait tout de même offert ce bijou, en me disant qu’il lui provenait de sa propre mère. Elle n’avait cessé de sourire en me le mettant que je mettais juré de toujours le porter, simplement pour la voir sourire de cette façon à nouveau.
Histoire
Pseudonyme : Vytalia (cosplay), Elënna, Ey', Dya
Âge : 23 et des poussières pour le moment
Découverte du forum : Quelqu'un c'est perdu et m'en a parlé
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Dernière édition par Eyrah Du Val le Mar 20 Mar - 22:18, édité 2 fois
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Lysandre Le Pieux

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Messages : 18
Date d'inscription : 19/03/2018
Age : 23
Localisation : Paris

MessageSujet: Re: Eyrah Du Val -    Mar 20 Mar - 22:10

Et dire que tout est de ma faute ! Ahahahah !
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Eyrah Du Val

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Messages : 17
Date d'inscription : 19/03/2018

MessageSujet: Re: Eyrah Du Val -    Mar 20 Mar - 22:20

Tu devrais éprouver des remords!
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Anastasia Mortegarde
Admin
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Messages : 25
Date d'inscription : 28/02/2018

MessageSujet: Re: Eyrah Du Val -    Mar 20 Mar - 22:23

Ta fiche est validée, jolie Eyrah ! Tu peux dès à présent commencer de nouvelles aventures ! (personnellement, j'aimais bien "otage" comme métier xD)
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MessageSujet: Re: Eyrah Du Val -    

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Eyrah Du Val -
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